Demande à la Commission municipale du Québec – Déclarations extrêmement graves du maire de Hampstead.

L’accusé de réception/réponse de la Commission municipale du Québec est publié après la demande.

 

Lévis, le 5 avril 2019

Commission municipale du Québec

10, rue Pierre-Olivier-Chauveau, Mezzanine, aile Chauveau

Québec, (Québec) G1R 4J3

Objet : Déclarations extrêmement graves du maire de Hampstead, M. William Steinberg.

 

Madame ou Monsieur,

À propos du projet de loi 21 sur la laïcité déposé récemment à l’Assemblée nationale du Québec, le maire de la municipalité de Hampstead, M. William Steinberg, a dit, le 5 avril 2019, que le projet de loi  :

« est une tentative de faire partir ceux qui pratiquent des religions minoritaires, ne laissant que des non-croyants et des chrétiens au Québec. C’est du nettoyage ethnique – pas avec un fusil, mais avec une loi. C’est raciste et c’est ignoble. »1

« C’est raciste et méprisable », a ajouté M. Steinberg pour qualifier la volonté du gouvernement Legault de bannir les symboles religieux auprès des employés de l’État en position d’autorité.»2

Circonstance aggravante, les paroles de M. William Steinberg ont été prononcées lors d’une conférence de presse (donc devant des journalistes) à laquelle participaient, à Côte-Saint-Luc, des élus de tous les paliers de gouvernement opposés au projet de loi.

M. Simon Jolin-Barrette, ministre du gouvernement du Québec, a déclaré : « Des propos comme ceux-ci ne sont pas acceptables et des accusations comme celles-ci, elles n’ont pas leur place. »

Les affirmations du maire William Steinberg sont extrêmement graves (je laisse le soin aux experts de déterminer si M.William Steinberg a enfreint le Code criminel du Canada ou une autre loi) étant donné que « Les experts appréhendent le nettoyage ethnique comme une pratique contraire au droit international qui consiste à rendre une zone ethniquement homogène en utilisant la force ou l’intimidation pour faire disparaître de la zone en question des personnes appartenant à des groupes déterminés ».3

Je demande que la Commission municipale du Québec destitue M. William Steinberg de sa fonction de maire ou demande au gouvernement du Québec, si c’est lui qui a le pouvoir de destituer un maire, de faire les actions nécessaires pour priver M. William Steinberg de sa fonction de maire.

Recevez, Madame ou Monsieur, mes sentiments les meilleurs.

Roger Martel, citoyen de Lévis

 

1. Pierre Saint-Arnaud, Sidhartha Banerjee, Laïcité: le projet de loi qualifié de «nettoyage ethnique» par un élu, La Presse, 5 avril 2019, https://www.lapresse.ca/actualites/politique/201904/05/01-5221078-laicite-le-projet-de-loi-qualifie-de-nettoyage-ethnique-par-un-elu.php.

2. Projet de loi sur la laïcité: le maire de Hampstead évoque un «nettoyage ethnique», Le Journal de Montréal, https://www.journaldemontreal.com/2019/04/05/le-ministre-jolin-barrette-denonce-les-propos-inacceptables-du-maire-de-hampstead-1).

3. Émile Ouédraogo, Génocide et « nettoyage ethnique » : quelle différence en droit international pénal ? http://www.quidjustitiae.ca/blogue/genocide-et-nettoyage-ethnique-quelle-difference-en-droit-international-penal,

23 décembre 2014. M. Émile Ouédraogo est chercheur en études stratégiques et diplomatiques, Chaire Raoul-Dandurand, Université du Québec à Montréal.

 


Accusé de réception/réponse de la Commission municipale du Québec

5 Commission municipale_Plainte Maire de Hampstead Steinberg_04-2019 4 - Version 2

Le maire de Lévis (Québec) peut-il rester muet comme un poisson?

Lévis, jour de la Fête de l’Immaculée-Conception, 2014

Monsieur Gilles Lehouillier, maire de Lévis

Lévis (Québec)

Monsieur le maire,

Me permettrez-vous de vous rappeler que vous n’avez pas répondu au courriel que je vous ai envoyé le 27 octobre 2014 et que, par conséquent, vous n’avez pas relever le défi que je vous lançais ce jour-là. Le passage suivant de mon courriel du 27 octobre dernier vous rappellera quel était ce défi :

« JE DÉFIE LE MAIRE GILLES LEHOUILLIER DE ME RÉPONDRE PAR ÉCRIT. Je lui dis : « Si vous pensez que je me trompe ou que je mens, je vous mets au défi de le dire, je vous mets au défi de démontrer que l’affirmation* que je reproche à la Société d’histoire régionale de Lévis d’avoir faite est parfaitement fondée, de démontrer que la SHRL n’a pas tenu deux expositions financées entre autres par la ville de Lévis, la Caisse Desjardins de Lévis, les Musées de la civilisation de Québec et la Commission de la Capitale nationale du Québec qui ont abouti à diffuser une affirmation infondée qui a induit en erreur ses membres ainsi que la population de Lévis, du Québec et du Canada. Je vous défie de convaincre les Lévisiens qu’ils doivent accepter béatement que leur maire reste immobile et silencieux devant l’action malheureuse de la Société d’histoire régionale de Lévis. »

Vous ne pouvez pas rester muet comme un poisson, Monsieur le maire, quand vous constatez que l’argent des citoyens de votre ville n’est pas employé d’une manière acceptable. J’attends donc votre réponse.

Monsieur le maire, je vous concède qu’aucune loi ne vous obligeait à répondre à mes communications antérieures (mais dans quel monde vivrions-nous s’il n’y avait que des lois pour nous guider!). Pour quelle raison ne me répondriez-vous pas? Pour éviter de mentir? pour ne pas avoir à dire la vérité? pourquoi? Cette fois, il faudrait, me semble-t-il, que vous répondiez. Allez, tentez la chance de réussir à convaincre que vous êtes un maire soucieux de bien gérer l’argent des citoyens de sa ville, un maire comme on les aime, quoi!

Je vous prie, Monsieur le maire, d’agréer l’expression de mes sentiments les meilleurs.

Roger Martel, Lévis

*Quelle affirmation? Le passage suivant du courriel que j’ai écrit pour vous le 27 octobre dernier, Monsieur Lehouillier, en parle : « il est faux de dire que la SHRL [Société d’histoire régionale de Lévis] a trouvé la cage « ayant servi à exhiber le corps de Marie-Josephte Corriveau », […] ceux qui font cette affirmation induisent tout le monde en erreur, les citoyens de Lévis et les autres Québécois. La SHRL a été contredite souvent, notamment par les Musées de la civilisation ainsi que par Dave Corriveau et Catherine Ferland […], auteurs d’un livre sur Madame Corriveau paru en 2014. »

 

Ce message sera publié au lepasseurdelacote.com; la réponse du destinataire aussi, s’il répond.

 

Musée du Collège de Lévis (58) A Laliberté_Le Sauvage et son diablotin

 

Le Sauvage et son diablotin, sculpture d’Alfred Laliberté sur laquelle Mgr Loïc Bernard a longtemps veillé en tant que conservateur du Musée du Collège de Lévis

Photo de Roger Martel

Les régimes de retraite au Québec – L’hypocrisie de nos élus

 

Source : Le Devoir, http://www.ledevoir.com/politique/quebec/411732/l-hypocrisie-de-nos-elus vu le 24 juin 2014

Libre opinion

 

L’hypocrisie de nos élus

 

23 juin 2014 | Sébastien Robert – Syndicaliste dans le milieu de la santé, étudiant à la maîtrise en Relations industrielles à l’Université de Montréal, l’auteur a été candidat de Québec solidaire. | Québec

Le gouvernement du Parti libéral du Québec a déposé le projet de loi 3 sur les régimes de retraite des employés municipaux. Ces régimes de retraite qui couvrent 172 000 Québécois, dont 50 000 retraités, font actuellement face à des déficits actuariels de 3,9 milliards de dollars. Le projet de loi vise à corriger cette situation, prétendument parce que les contribuables n’ont pas les moyens de payer de tels régimes.

Deux mesures importantes pour diminuer le coût des régimes sont prévues au projet de loi. D’abord, le coût de base des régimes devra être limité à 18 % du salaire (20 % pour les pompiers et les policiers). Ensuite, les régimes devront être financés à 50 % par les employés et à 50 % par les villes. La logique des élus municipaux et de l’Assemblée nationale : les employés municipaux doivent faire des sacrifices pour soulager les contribuables et un régime coûtant 18 % du salaire, financé à 50/50, est « raisonnable ».

Le Régime de retraite des élus municipaux

 Les élus municipaux ne versent que 6,15 % de leur salaire dans leur régime de retraite. La Ville, financée par les contribuables, de son côté, doit verser 20,73 % du salaire dans le régime de retraite. Le coût des retraites de nos élus municipaux est donc 26,88 % de leurs salaires, soit 50 % plus coûteux que la limite de 18 % que les élus veulent imposer à leurs employés municipaux.

 De plus, leur régime est financé à 77 % par les contribuables, un élu municipal ne payant que 23 % de sa retraite. C’est beaucoup plus avantageux que le financement 50/50 imposé aux employés municipaux par le projet de loi 3. Régis Labeaume et Denis Coderre, qui plaident le fait que leurs employés municipaux ont des régimes de retraite trop généreux, devraient d’abord regarder leur propre régime.

Le Régime de retraite des membres de l’Assemblée nationale

Les députés de l’Assemblée nationale versent quant à eux 9 % de leur rémunération dans leur régime de retraite. Selon un comité d’experts, qui a qualifiéle régime de « Ferrari », les cotisations des députés ne représentent que 21 % du coût de leurs retraites. Les contribuables paient donc 79 % du régime de retraite des députés, un montant déraisonnable selon la logique derrière l’imposition du financement 50/50 prévu au projet de loi 3.

 Cela veut aussi dire que le régime de retraite des députés coûte 42,86 % de leur salaire. C’est 2,4 fois plus élevé que le maximum de 18 % prévu au projet de loi 3. Avant d’adopter le projet de loi 3 et de mettre la hache dans les régimes de retraite des employés municipaux, les députés devraient se demander si leur propre régime respecte la capacité de payer des contribuables.

Une colère justifiée

Le projet de loi 3 diminuera les conditions de travail et de retraite des employés municipaux. Alors qu’on voit défiler à la commission Charbonneau des politiciens et leurs amis qui se sont rempli les poches d’argent provenant des contribuables, voir ces mêmes politiciens demander des sacrifices importants aux employés municipaux pour soulager les contribuables sonne faux. D’autant plus que ces élus se refusent à faire le moindre sacrifice malgré le fait qu’ils profitent de régimes de retraite beaucoup plus avantageux. Dans ces conditions, je comprends les sacrifiés d’être en colère devant l’hypocrisie de ceux qui veulent leur imposer des sacrifices.