Le monde regorge de beautés. Exemple : les moments de la vie avec nos petits anges avec nous dans le grand lit.

Extrait du ivre  Les plaisirs et les jeux. Mémoires du Cuib et du Tioup, oeuvre de Georges Duhamel (1884-1966), médecin et écrivain qui souhaitait « instaurer le « règne du coeur »  en morale, en politique et en philosohie » (Le petit Robert 2, Paris, Le Robert, 1989).

Paris, Mercure de France, XXVI, rue de Condé, XXVI. Copyright by Mercure de France, 1922. Printed in Canada. Cette édition a été imprimée en vertu d’une entente entre Les Éditions Variétés de Montréal et Le Mercure de France, Paris, France.- La présente édition a été achevée d’imprimer pour LES ÉDITIONS VARIÉTÉS le cinq juin, mil neuf cent quarante-six à Montréal, Canada en vertu d’une entente privée avec Mercure de France)

 

[ « Comme il serait agréable d’avoir les petits anges avec nous dans le grand lit ! » ]

 

«… Cela trouble la cervelle tendre des enfants, de les esveiller le matin en sursaut, et de les arracher du sommeil, auquel ils sont plongés beaucoup plus que nous ne sommes, tout à coup et par violence. » C’est Montaigne qui parle et j’aime cette sollicitude chez celui qui doute de tout. Il ajoute, et il s’agit de son père : « Il me faisait esveiller par le son de quelque instrument et ne fus jamais sans homme qui m’en servist. »

 

A ma honte, j’avoue qu’il ne m’ arrive jamais de prendre ma flûte pour éveiller les petits hommes. Endormis dès sept heures du soir, ils gazouillent avec le jour. Ce n’est pas nous qui les éveillons en musique; c’est le concert de leurs chansons et de leurs rires qui, dès l’aube, nous tire du sommeil, nous, les travailleurs du soir.

 

Le matin, nous pensons donc, chacun par devers soi : « Comme il serait agréable d’avoir les petits anges avec nous dans le grand lit ! » Parfois, le désir est trop fort, il s’exprime et, d’un commun accord, nous crions :

— Envoyez-nous les petits anges !

 

Ils arrivent, angéliques en vérité. Ils se glissent dans le grand lit : c’est une faveur, ils ne l’ignorent point. Et, immédiatement, la lutte s’engage. Les petits anges sont de petites bêtes fauves.

 

Ils nous arrachent les cheveux, nous fourrent leurs pieds dans la bouche, explorent, d’un index aventureux, nos oreilles et nos narines, nous appliquent d’énergiques coups de genoux aux endroits les plus sensibles, s’abattent comme des masses sur nos poitrines et surtout là, au creux de l’estomac. Ils s’amusent au jour et à la nuit en manipulant sans lassitude le commutateur électrique; ils organisent des campements sous la tente, des combats d’oreillers. S’ils construisent des navires, nous sommes l’océan, des maisons, nous sommes le sol, des trains, nous sommes la voie, des usines, nous sommes la matière première, des moulins, nous sommes le blé, des batteuses, nous sommes toujours ce qui est battu, des machines à écraser les cailloux, c’est nous qui figurons les cailloux, bien entendu.

 

La rémunération est faible. De temps en temps, nous embrassons, au vol, une petite nuque; nous caressons un pied, un bras, au péril de notre œil ou de notre nez. L’opération se solde, en définitive, par un nombre si considérable de meurtrissures, d’ecchymoses et de points de côté que vaincus, contus, courbatus, nous prenons la fuite, abandonnant le grand lit aux fauves triomphants.

 

L’expérience est un leurre. Demain, dimanche, réveillés dès la pointe du jour par nos jeunes musiciens, nous penserons, tous deux : « Comme ce serait agréable d’avoir nos petits anges avec nous dans le grand lit ! » Le désir grandira, finira par s’exprimer. On nous apportera les petits anges et… Prière de se reporter quelques lignes plus haut.

 

Peinture de Frederick Morgan (1847-1927)

 

On trouve Les plaisirs et les jeux au https://archive.org/stream/oeuvresd04duha/oeuvresd04duha_djvu.txt

 

Le monde regorge de beautés. Exemple : « Sainte Marguerite gardant les moutons ».

Fouquet Jean_Sainte Marguerite gardant les moutons_Photo Louvre - Version 2

( Photo : Louvre,

http://arts-graphiques.louvre.fr/detail/oeuvres/11/111494-Sainte-Marguerite-gardant-les-moutons-max. )

Jean Fouquet, peintre et enlumineur français du XVe siècle (1415/1420 – 1478/1481)

 Sainte Marguerite et Olibrius, dit aussi Marguerite gardant les moutons

Heures d’Étienne Chevalier, enluminées par Jean Fouquet
Paris, musée du Louvre, département des Miniatures et Enluminures, M. I. 1093, © Photo RMN

Cet épisode de la vie de sainte Marguerite est emprunté à la Légende dorée de Jacques de Voragine. Fouquet a saisi le moment où le préfet Olibrius regagnant son château se détache de sa suite pour contempler Marguerite, dont il est subitement tombé amoureux. Indifférente au regard qui se pose sur elle, la jeune bergère, debout auprès de ses compagnes, file la quenouille en gardant les bêtes de sa nourrice devant un paisible paysage de campagne, où les champs s’étendent à perte de vue.

(Texte publié au  http://expositions.bnf.fr/fouquet/grand/f122.htm)

Le monde regorge de beautés. Les diamants dans la gravelle, par exemple.

Extraits d’un article de Frédérique Doyon :

« Avec sa nouvelle pièce [Les mains dans la gravelle], Simon Boulerice rappelle aux enfants que la beauté est partout, même dans l’indigence. »

« Simon Boulerice puise dans ses souvenirs d’enfance pour aborder une réalité de l’ombre, la pauvreté, ou plutôt la perception parfois altérée qu’en ont les enfants. »

« J’avais surtout envie de parler de la perception de la pauvreté : quand on est enfant, on a souvent un regard biaisé sur les choses », dit celui qui, petit, se croyait riche avec sa maison et sa cour asphaltée, alors qu’« Isabelle vivait dans un logement avec sa mère avec une cour de gravelle que j’ai associée à la pauvreté. J’avais envie de rétablir la justice, alors j’ai inversé l’histoire ».

« Il y a une phrase de Vincent Van Gogh qui synthétise l’idée que j’ai envie de dire aux enfants : “Trouve beau tout ce que tu peux.”

Source : Frédérique Doyon, Des diamants dans la gravelle, Le Devoir, 15 avril 2013 –

http://www.ledevoir.com/culture/theatre/375715/des-diamants-dans-la-gravelle

Simon Boulerice est comédien-danseur et auteur. Les mains dans la gravelle, destinée aux enfants de 7 à 10 ans, mise en scène par Serge Marois, est présentée à la Maison Théâtre du 17 avril au 2 mai 2013 (c’est à Montréal).

Adresse de la Maison Théâtre : http://www.maisontheatre.com/fr/mains.php

Le monde regorge de beautés. Exemple : What a Wonderful World |

Cliquez sur le lien suivant (la vidéo, adorable ! irrrésistible ! est précédée d’un court message publicitaire, malheureusement) :

What a Wonderful World | Playing For Change – YouTube.

 

Les paroles de What a Wonderful World

WHAT A WONDERFUL WORLD

(George Weiss / Bob Thiele)

I see trees of green, red roses too

I see them bloom for me and you

And I think to myself, what a wonderful world

I see skies of blue and clouds of white

The bright blessed day, the dark sacred night

And I think to myself, what a wonderful world

The colours of the rainbow, so pretty in the sky

Are also on the faces of people going by

I see friends shakin’ hands, sayin’ « How do you do? »

They’re really saying « I love you »

I hear babies cryin’, I watch them grow

They’ll learn much more than I’ll ever know

And I think to myself, what a wonderful world

Yes, I think to myself, what a wonderful world

Oh yeah

(Source : http://www.mathematik.uni-ulm.de/paul/lyrics/louisa~1/whataw~1.html)

PAROLES FRANÇAISES

Quel monde merveilleux

J’aperçois des arbres verts

Des roses rouges également

Je les vois s’épanouir

Pour toi et moi

Et je me dis comme pour moi-même

« Quel monde merveilleux »

Je vois des cieux bleus

Et de blancs nuages

L’éclatant jour béni

La sombre nuit sacrée

Et je me dis comme pour moi-même

« Quel monde merveilleux »

Les couleurs de l’arc-en-ciel

Si jolies dans le ciel

Sont aussi sur les visages

Des passants

Je vois des amis se serrer la main

Se dire « comment vas-tu »

En réalité ils se disent « je t’aime »

J’entends des bébés pleurer

Je les vois grandir

Ils apprendront bien plus

Que je n’en saurai jamais

Et je me dis tout bas

Quel monde merveilleux

Je me dis comme pour moi-même

« Quel monde merveilleux »

{Traduction fournie par riri_22}

(Source http://www.paroles-musique.com/traduction-Louis_Armstrong-What_a_Wonderful_World-lyrics,t37364)

……………………..

« What a Wonderful World (de l’anglais signifiant littéralement « Quel monde merveilleux ») est une chanson de Bob Thiele et George David Weiss, enregistrée pour la première fois par Louis Armstrong et sortie sous forme de single au début de l’automne 1967. Elle a fait l’objet de nombreuses reprises.

« Dans les paroles, le narrateur décrit à la première personne les différentes choses de la vie quotidienne qu’il voit, et considère comme belles (les arbres et les roses, le ciel, la lumière du jour et la noirceur de la nuit, les couleurs de l’arc-en-ciel, les bébés qui grandissent et représentent l’avenir) avant de conclure avec optimisme, dans un refrain qui donne son titre à la chanson : « and I think to myself, what a wonderful world » (« et je me dis au fond de moi, quel monde merveilleux »).

« En 1993, Israel Kamakawiwo`ole en a réalisé un medley avec Over the Rainbow : Over the Rainbow / What a Wonderful World. La reprise « punk » de Joey Ramone a été utilisée pour des publicités en France, et figure dans la bande originale de la comédie française Moi, Michel G, Milliardaire, Maître du monde.

« À noter que cette chanson fut un succès au printemps 1968 (n°1 au hit-parade de la BBC) puis popularisée à nouveau vingt ans plus tard par le film Good Morning, Vietnam. »

(Wikipedia, http://fr.wikipedia.org/wiki/What_a_Wonderful_World)

 

What a Wonderful World

Le Passeur de la Côte vous propose d’aller voir un autre enregistrement  merveilleux :

http://www.youtube.com/embed/auSo1MyWf8g?rel=0

(Cliquez sur le lien ou, au besoin, tapez l’adresse dans votre moteur de recherche.)

Le monde regorge de beautés. Exemple : tout ce qui est plus doux que les plaisirs de la vie.

 » L’exercice que j’avais fait dans la matinée et la bonne humeur qui en est inséparable me rendaient le repos du dîner très agréable ; mais quand il se prolongeait trop et que le beau temps m’invitait, je ne pouvais si longtemps attendre ; et pendant qu’on était encore à table, je m’esquivais et j’allais me jeter seul dans un bateau que je conduisais au milieu du lac quand l’eau était calme, et là, m’étendant tout de mon long dans le bateau les yeux tournés vers le ciel, je me laissais aller et dériver lentement au gré de l’eau, quelquefois pendant plusieurs heures, plongé dans mille rêveries confuses mais délicieuses, et qui sans avoir aucun objet bien déterminé ni constant ne laissaient pas d’être à mon gré cent fois préférables à tout ce que j’avais trouvé de plus doux dans ce qu’on appelle les plaisirs de la vie. Souvent averti par le baisser du soleil de l’heure de la retraite, je me trouvais si loin de l’île que j’étais forcé de travailler de toute ma force pour arriver avant la nuit close. D’autres fois, au lieu de m’écarter en pleine eau je me plaisais à côtoyer les verdoyantes rives de l’île dont les limpides eaux et les ombrages frais m’ont souvent engagé à m’y baigner. Mais une de mes navigations les plus fréquentes était d’aller de la grande à la petite île, d’y débarquer et d’y passer l’après-dînée, tantôt à des promenades très circonscrites au milieu des marceaux, des bourdaines, des persicaires, des arbrisseaux de toute espèce, et tantôt m’établissant au sommet d’un tertre sablonneux couvert de gazon, de serpolet, de fleurs, même d’esparcette et de trèfles qu’on y avait vraisemblablement semés autrefois, et très propre à loger des lapins qui pouvaient là multiplier en paix sans rien craindre et sans nuire à rien. Je donnai cette idée au receveur qui fit venir de Neuchâtel des lapins mâles et femelles, et nous allâmes en grande pompe, sa femme, une de ses soeurs, Thérèse et moi, les établir dans la petite île, où ils commençaient à peupler avant mon départ et où ils auront prospéré sans doute s’ils ont pu soutenir la rigueur des hivers. La fondation de cette petite colonie fut une fête. Le pilote des Argonautes n’était pas plus fier que moi menant en triomphe la compagnie et les lapins de la grande île à la petite, et je notais avec orgueil que la receveuse, qui redoutait l’eau à l’excès et s’y trouvait toujours mal, s’embarqua sous ma conduite avec confiance et ne montra nulle peur durant la traversée. « 

 

( Jean-Jacques Rousseau (1712-1778), Les Rêveries du promeneur solitaire, Cinquième promenade, Lausanne, Éditions Rencontre, c. 1963, p. 131-133. )

Les Rêveries ont été écrites entre 1776 et 1778.