Le Parc des Meubliers, à Montréal.

 

 

Le Parc des Meubliers, photographié en octobre 2017 par Roger Martel

 

Le Parc des meubliers a été nommé ainsi « en hommage aux artisans des petites fabriques de meubles d’autrefois ».

Trouver sur son chemin un parc qui évoque des artisans peut surprendre un peu : on donne si souvent aux lieux publics le nom d’un personnage de l’histoire, grande ou petite. Le patronyme d’un député qui a collecté des fonds auprès d’entreprises comptant sur un renvoi d’ascenseur, par exemple, ou le nom d’une personnalité condamnée pour harcèlement psychologique, ou le nom d’un voleur de fonds publics. Découvrir un parc qui rappelle les modestes fabricants de meubles d’autrefois, ça fait plaisir.

Roger Martel

 

Meublier (canadianisme de la langue familière ou folklorique, selon le Bélisle.)

Fabricant de meubles. Marchand de meubles. Ébéniste.

(Louis-Alexandre Bélisle, Dictionnaire général de la langue française au Canada, deuxième édition, 1971, p. 775)

Chronique du journaliste et historien Jean-François Nadeau sur l’histoire de Montréal.

Le 15-18 est une émission consacrée à l’actualité et diffusée du lundi au vendredi sur les ondes d’ICI Radio-Canada dans la région de Montréal (CBF-FM). Chaque mercredi, les auditeurs p…

Source : Histoires montréalaises – Patrimoine, Histoire et Multimédia

 

Les étudiants et la police [Montréal, 1909] | Patrimoine, Histoire et Multimédia

Plusieurs constables s’attaquent à la jeunesse étudiante, rue Saint-Jacques, à Montréal…

 

viaLes étudiants et la police [Montréal, 1909] | Patrimoine, Histoire et Multimédia.

 

 

Les Méganticois reçoivent un cadeau du Chairman of the Board, The Montreal, Maine & Atlantic.

En guise de cadeau du Jour de l’An, Monsieur Edward A. Burkhardt, Chairman of the Board, The Montreal, Maine & Atlantic, a annoncé aux citoyens de Lac-Mégantic que sa compagnie utiliserait désormais des locomotives pouvant se transformer instantanément en pompe à incendie, si jamais c’est nécessaire (naturellement, M. Burkhardt a pris soin d’assurer à son auditoire qu’une catastrophe comme celle du 2013 ne se reproduira pas, propos salués par maints applaudissements des membres de nombreuses Chambres de commerce présentes).

locomotive servant de pompe a incendie_accident ferroviaire

Savez-vous que le Chairman of the Board, The Montreal, Maine & Atlantic, pratique l’art vocal et qu’il adare les chansons de gore. M. Burkhardt enseigne même le chant, c’est un spécialiste de la musique qui dévale rapidement ainsi que des signes qui indiquent une élévation ou un abaissement de tons dans le courant d’un morceau, signes mieux connus sous le nom d’accident. Parolier à ses heures, le Chairman of the Board, The Montreal, Maine & Atlantic, a écrit Dans l’train pour Mégantic, une idée que lui a apportée le souffle de l’explosion de son train dans le cœur de Lac-Mégantic; en exclusivité, je vous en présente les premiers vers :

Tchou, tchou

Dans l’train pour Mégantic

Le conducteur avait débarqué

Hélas y avait des explosifs

Et l’train filait cent mille à l’heure

Pauvres gens de Mégantic

Boum, boum

Pauvres gens de Mégantic

Rappel 

« Le 6 juillet 2013, vers 1 h 14, un train de 72 wagons-citernes transportant du pétrole brut et de 5 locomotives de la compagnie Montreal, Maine & Atlantic déraille dans le centre-ville de Lac-Mégantic. Cinq wagons-citernes explosent et un incendie ravage la ville, forçant l’évacuation d’environ 2 000 personnes. Le 19 juillet 2013 , La Sûreté du Québec confirme son bilan de 47 morts notant que cinq corps n’avaient pas été retrouvés. » (Wikipedia, http://fr.wikipedia.org/wiki/Lac-M%C3%A9gantic)

« Lac-Mégantic – La course folle d’un train en flammes aura fait de Lac-Mégantic une ville en deuil, qui se retrouve à souffrir en même temps toutes sortes de morts: disparition de dizaines de victimes []; dévastation totale d’un centre-ville historique; économie touristique grevée et des gens sans emploi, sans maison; jusqu’à une grande fragilité environnementale, les déversements de pétrole ayant porté atteinte à la majesté du lac et la rivière qui se trouve à son embouchure.

« Désolation. C’est devenu le maître mot utilisé à la ronde par plusieurs depuis qu’un train de la Montreal, Maine and Atlantic Railway Inc. a littéralement enflammé le cœur de la ville vers 1 h samedi, dans une série d’explosions à la force destructrice. Il exprime tant la détresse des proches des disparus, évalués par les autorités à environ quarante, que l’ampleur du sinistre urbain, municipal, environnemental et historique. » (Marie-Andrée Chouinard , Lac-Mégantic, ville dévastée, le Devoir, 8 juillet 2013, http://www.ledevoir.com/societe/actualites-en-societe/382465/lac-megantic-ville-devastee)

Note 1 : La French Language Version du site web de l’entreprise The Montreal, Maine & Atlantic ne compte qu’une dizaine de lignes en français. D’où l’utilisation dans ce texte de Chairman of the Board, The Montreal, Maine & Atlantic.
Note 2 : L’illustration es tirée de la revue La Science et la Vie, tome 1, numéro 1, avril 2013, p. 83.

Roger Martel (le Passeur de la Côte)

Denis Coderre, candidat à la mairie de Montréal

Denis Coderre, homme de trop peu de caractères ?

 

On peut le penser après avoir lu l’éditorial de Bernard Descôteaux paru le 17 mai 2013 dans Le Devoir. M. Descôteaux écrit : « Le député libéral de Montréal-Bourassa lançait ce jeudi sa campagne à la mairie d’une manière propre à soulever des doutes quant au maire qu’il pourrait être. Il nous a révélé si peu de sa vision de l’avenir de Montréal qu’il faut croire que tout se résume en sa personne. (…) Véritable roi des tweets, il fera de Twitter son principal canal de communication. Ici aussi, le médium est le message. Réduit à 144 caractères, une pensée ne peut être que sommaire. (…)  Ce lancement de campagne a raté sa cible. Le député de Montréal-Bourassa le préparait depuis si longtemps qu’on attendait qu’il soit davantage convaincant. Pour le moment, on est obligé de conclure que ce que l’on voit est ce que l’on aura, soit un parti virtuel qui n’existe ni par son organisation ni par sa pensée. » (Source : http://www.ledevoir.com/politique/montreal/378458/un-faux-depart)

Roger Martel, Lévis, 17 mai 2013

 

Le port du masque interdit à Montréal – Réactions

Le Soleil > Opinions > Éditoriaux > Psychose masquée

Publié le 20 mai 2012 à 05h00 | http://www.lapresse.ca/le-soleil/opinions/editoriaux/201205/19/01-4527002-psychose-masquee.php

 

 

Pierre Asselin (éditorialiste), Le Soleil

 

(Québec) Le conseil municipal de Montréal a finalement adopté le règlement interdisant à tout participant de se couvrir le visage «sans motif raisonnable» durant une manifestation. Si c’était une bonne idée au départ, compte tenu des manifestations étudiantes qui ont dégénéré, le remède en place est pire que la maladie qu’on veut soigner.

 

On a certes raison de vouloir neutraliser les «casseurs» qui perturbent un rassemblement légitime, exposant policiers et citoyens à des risques de blessures graves et de séquelles permanentes.

 

Mais quand Montréal, tout comme la Ville de Québec d’ailleurs, rend illégale toute manifestation dont le lieu et l’itinéraire n’auront pas été d’abord approuvés par le service de police, on porte atteinte à nos droits constitutionnels. Le bâtonnier du Québec, Louis Masson, l’a souligné dans une lettre, cette semaine, où il cite un arrêt de la Cour européenne des droits de l’Homme, qui a jugé qu’interdire un rassemblement pour la seule raison qu’il n’a pas été préalablement approuvé «constitue une restriction disproportionnée à la liberté de réunion pacifique».

 

Il faut tracer une frontière entre l’exercice légitime de droits dont nous sommes fiers et les abus qui risquent de pervertir cette expression. Et les abus ne sont pas toujours causés par des jeunes gens cachés derrière un masque.

 

Le Bureau du directeur indépendant de l’examen de la police de Toronto nous l’a rappelé mercredi, dans un rapport où il conclut que les policiers municipaux ont bafoué les droits fondamentaux lors du Sommet du G20, en 2010, par des arrestations massives et aveugles. Il n’y a pas que les manifestations qui dérapent. Le gouvernement fédéral, avec le projet de loi privé C-309, qui criminalise le port d’un masque lors d’une émeute ou d’un attroupement illégal, a lui aussi perdu tout sens de la mesure. C-309 est un amalgame douteux entre les articles qui traitent d’attroupements illégaux, d’émeutes, et ceux qui traitent de cambriolage.

 

Le résultat? Alors que la participation à une émeute est un crime passible d’un maximum de deux ans de prison, le maximum pour le simple port d’un masque lors de cette même émeute sera de 10 ans de prison. Pour arriver à cette conclusion tordue, on invoque «l’harmonisation» avec les articles du Code criminel qui traitent du déguisement, mais dans le contexte de vol par effraction.

 

Le sujet a amené Peter Worthington, cofondateur du Toronto Sun, à écrire dans le Huffington Post que porter un masque lors d’une manifestation est l’équivalent d’avoir en sa possession un fusil chargé («loaded gun»). Vraiment? Et les verres fumés? Ou les pancartes?

 

Ce raccourci un peu paranoïaque cause plus de tort que bien des manifestations.

 

Le port du masque, tout comme le déguisement, fait partie de nos moyens d’expression. En janvier dernier, des députés polonais se sont couvert le visage avec le masque d’Anonymous, en plein parlement, pour protester contre l’adoption d’une loi antipiratage.

 

Évidemment, se couvrir le visage pour lancer un cocktail Molotov est autre chose. Mais il doit y avoir moyen de contrer cet abus sans pour autant sacrifier nos libertés.

 

On devrait songer à un mécanisme par lequel les autorités auraient à déclarer, comme elles le font pour un attroupement illégal, que le port de masques ou de déguisements ne sera pas autorisé dans un cas précis, en fonction de critères légaux. À cet égard, la loi 78 a au moins le mérite d’avoir une limite dans le temps.

 

C’est mieux que la psychose sécuritaire qui est derrière le projet C-309.

 

 

Contre l’interdiction de porter le masque lors d’une manifestation

LE FASCISME AU BOUT DE LA MATRAQUE

PAR VICTOR-LÉVY BEAULIEU

(Qui est M. Beaulieu? – Romancier, dramaturge, poète et essayiste prolifique, né au Québec en 1945. Éditeur important jusque dans les années 1980. Lauréat de nombreux prix : Prix du Gouverneur général du Canada (1974) pour Don Quichotte de la Démanche, Prix Québec-Paris pour Monsieur Melville (1979), Prix Arthur-Buies (1987), Prix Canada-Belgique (1980) et Prix Duvernay (1981) pour l’ensemble de son œuvre, Grand Prix de théâtre du Journal de Montréal (1993) pour Sophie et Léon. Le prix Athanase-David (2011) couronne l’ensemble de sa carrière littéraire.)

Depuis que les étudiants sont en grève, le pouvoir politique, les autorités policières et les « généraux » des escouades anti-émeute n’ont pas cessé de nous dire quel travail admirable policiers et escouades anti-émeute accomplissent « avec discipline, discernement et sans user de force excessive » », selon les mots mêmes du directeur de la Sûreté du Québec. Sauf quelques exceptions, les journalistes, commentateurs et chroniqueurs se sont rangés du côté de ce qu’ils ont appelé la nécessité de faire respecter la loi et l’ordre quand on vit en démocratie.

On a déjà oublié comment la violence a commencé : par des bidons d’essence soi-disant trouvés par la police devant les maisons de certains ministres, de faux cocktails Molotov lancés à l’intérieur des bureaux du gouvernement et des tas de briques jetés sur les rails du métro de Montréal. Les autorités policières et le pouvoir politique ont immédiatement associé les étudiants à ces actions « terroristes » et promis d’arrêter promptement les coupables de ces actions. Ce qui devrait nous sembler curieux, c’est que les autorités policières sont restés depuis absolument silencieuses là-dessus et, à ma connaissance, aucun journaliste ne s’est inquiété de la chose.

Mais l’effet de ces actions « terroristes » se sont rapidement répandus dans la population, particulièrement auprès des personnes plus ou moins âgées dont les sondages faits auprès d’elles révèlent ceci : les soins de santé et la sécurité à tout prix sont leurs priorités. Dans les foyers et les centres d’accueil qu’ils habitent, les gens préfèrent vivre comme des prisonniers (portes extérieures et intérieures fermées à clés 24 heures par jour, couvre-feu et gardien de sécurité en permanence), de sorte que leur univers est celui d’un camp concentrationnaire. La moindre violence dont ils entendent parler les remplit de terreur.

Aussi faut-il poser la question : les premiers actes de violence commis devant les maisons des ministres, leurs bureaux et dans le métro, de qui sont-ils l’œuvre? Des étudiants, des casseurs ou de la police elle-même? Ça ne serait pas la première fois qu’elle se livrerait ainsi à la provocation dans les conflits syndicaux!

Des dirigeants de la Sûreté du Québec et des escouades anti-émeute ont avoué devant les caméras de télévision que plusieurs de leurs agents avaient infiltré le milieu étudiant, aussi bien dans leurs assemblées que dans leurs manifestations. Posons donc une deuxième question : la première pierre lancée dans une vitrine de magasin l’a été par qui? Il est tout de même curieux qu’avec tous les moyens dont elles disposent, les forces policières n’aient pu remonter à ce premier casseur.

Il est aussi curieux que la Sûreté du Québec et les escouades anti-émeute, qui fichent depuis des années les membres des groupes radicaux, les ont d’abord laissé agir en toute impunité. Doit-on comprendre qu’elles se sont servi d’eux pour mieux avoir recours à une force excessive dans le but d’apeurer aussi bien les manifestants qu’une population qui mange mou et pense mou?

Tandis qu’on nous montrait à la télévision ces terribles images de policiers matraquant sans discernement des étudiants qui ne faisaient que crier des slogans, le directeur de la Sûreté du Québec déclarait que ses policiers et ses escouades anti-émeute « ne faisaient pas un usage excessif de la violence ». Sagement réfugié au quartier-général de ses troupes, ce n’était évidemment pas lui qu’on matraquait!

En regardant ces images et en entendant le directeur de la Sûreté du Québec, je me suis souvenu de ce jour où Maurice « Mom » Boucher a été arrêté. Ce criminel, responsable de plusieurs meurtres (dont ceux d’enfants et de gardiens de prison), est sorti de chez lui, escorté gentiment par des policiers dont certains lui ont même demandé des autographes! Et quand Maurice « Mom » Boucher est monté dans l’auto patrouille, un policier lui a délicatement mis la main sur la tête pour qu’il ne heurte pas le cadre de la portière! Qu’est-il advenu de ces policiers qui ont transgressé le code de la déontologie policière? Je ne crois pas qu’on en ait beaucoup parlé par la suite.

À mon avis, cela est fort éclairant sur notre système policier : quand nos escouades ont affaire à des bandits armés que rien n’arrête, surtout pas l’assassinat, ça file plutôt doux dans les quartiers-généraux de nos casernes! Mais quand on a devant soi de simples étudiants, on peut les gazer, leur lancer à bout portant des grenades assourdissantes, leur tirer au hasard des balles de caoutchouc, les poivrer à trois pieds de distance et les matraquer férocement comme s’ils étaient les pires gangsters qui soient!

À quoi cela tient-il? Pourquoi certains policiers acceptent-ils de faire partie d’une escouade anti-émeute? Comment les choisit-on? Quelle formation leur donne-t-on?

Quand je suis allé vérifier la chose sur le site web de la Sûreté du Québec, une surprise m’attendait : était hors d’usage l’onglet « Pelotons d’intervention », qui est la façon élégante que la SQ a de nommer ses escouades anti-émeute. Le lendemain de la manifestation de Victoriaville, une autre surprise m’attendait : non seulement l’onglet « Pelotons d’intervention » était-il hors d’usage, mais il avait complètement disparu de l’écran radar de la SQ.

Dans une communication faite à l’Université de Montréal sur le Troisième sommet des Amériques (avril 2001), Jean-Pierre Poirier de la Sûreté du Québec nous révèle que l’objectif ultime que l’on vise dans la formation des policiers qui feront partie des escouades anti-émeute est L’EFFICACITÉ (l’emploi des majuscules est de lui). Au fond, peu importe comment on s’y prend, c’est l’efficacité qui prime.

En 2004, le Code criminel du Canada a été réformé, notamment pour encadrer cette fameuse efficacité, autant chez les policiers que chez toute personne ayant autorité dans notre société :

« Il incombe à quiconque dirige l’accomplissement d’un travail ou l’exécution d’une tâche ou est habilité à le faire de prendre les mesures voulues pour éviter qu’il n’en résulte de blessures corporelles pour autrui. »

Malgré les recherches que j’ai entreprises, aucun policier ni aucun membre des escouades anti-émeute n’ont été poursuivis au nom de l’article 217.1 du Code criminel. Est-ce à dire qu’ils n’ont jamais rien à se reprocher? Que pas un seul parmi eux n’abuse du pouvoir qu’il a? Ce sont de bons pères de famille comme nous tous, a déclaré un représentant de la Sûreté du Québec après la manifestation de Victoriaville. De bons pères de famille sans doute, mais pourquoi deviennent-ils membres des escouades anti-émeute? Une première réponse : la paie qui est substantiellement plus élevée que ce qu’ils toucheraient s’ils étaient de simples policiers, et les alléchants bénéfices marginaux qui vont avec. Demandez à ces policiers qui sont leurs héros. Gandhi? Le Dalaï-lama? Ça serait plutôt Rambo, Terminator, Captain America ou Man of Steel. Psychologiquement, leur entraînement de soldat, nous dit encore Jean-Yves Major, leur apprend  « le pur respect des ordres

et de la ligne de commandement ». Autrement dit, le policier d’une escouade anti-émeute ne doit pas penser : ça réfléchit mal quand on est costumé et armé comme le sont Terminator et Man of Steel. On aura beau avoir reçu la meilleure des formations, il n’en demeure pas moins que personne ne peut être soldat s’il n’a pas en lui, sous le vernis de son éducation, une violence certaine. Les soldats américains en Irak et en Afghanistan en ont fait la preuve absolue.

Depuis le début de la grève étudiante, les escouades anti-émeute l’ont aussi démontré : faire gicler du poivre de Cayenne en plein visage d’un manifestant qui se tient à quatre pieds de vous vous rend imputable selon l’article 217.1 du Code criminel; être au volant d’une auto patrouille et foncer à toute allure sur un groupe de manifestants (comme cela a été le cas à Victoriaville) vous rend imputable selon l’article 217.1 du Code criminel; lancer à ce point des gaz irritants sur des manifestants qu’on a failli (toujours à Victoriaville) évacuer l’hôtel où se tenait le congrès du Parti libéral, est imputable selon l’article 217.1 du Code criminel; utiliser des bombes assourdissantes et des balles de plastique (jugées trop dangereuses par les Américains, ce qui est tout dire), est imputable aussi selon l’article 217.1 du Code criminel.

Pourtant, à la conférence de presse donnée par la Sûreté du Québec le 15 mai dernier, aucun journaliste n’a fait état de l’article 217.1 du Code criminel. Quant à la Sûreté du Québec, elle a affirmé que les citoyens qui se croyaient lésés par les interventions des escouades anti-émeute pouvaient porter plainte dans le cadre du Code de déontologie policière. Évidemment, le porte-parole de la SQ a oublié de mentionner le décret 357-2012 du gouvernement du Québec du 4 avril dernier (autre hasard?) qui rend les procédures des plaintes présentées si compliquées et si bureaucratiques qu’il faut être vraiment naïf pour croire qu’un citoyen peut en bout de ligne avoir gain de cause, et d’autant plus que les policiers y sont en même temps juges et parties.

Depuis le début de la grève étudiante (qui est légale, rappelons-le), les média radiophoniques et télévisuels ont fait appel abusivement à tous ces prétendus experts issus des corps policiers qui n’ont cessé de faire l’éloge des escouades anti-émeute. Tous ces prétendus experts ont admis que les organisations étudiantes étaient infiltrées par des espions, qu’on les trouvait aussi au cœur des manifestations, que la majorité des membres des groupes radicaux étaient fichés depuis longtemps. Pourquoi alors les a-t-on laissé agir? Par stratégie? Pour que les manifestations étudiantes déraillent et qu’on puisse faire avaliser par cette grande partie de la population qui mange mou et pense mou toutes les actions de la police et des escouades anti-émeute?

Les sondages nous disent que cette stratégie a été fort efficace. Le dangereux sénateur Boisvenue voudrait qu’Ottawa punisse de dix ans de prison toute personne portant un masque dans une manifestation! L’hystérique maire de Montréal présentera vendredi prochain un « règlement anti masque » qui va interdire à tout manifestant d’avoir le visage couvert, par un masque, une cagoule ou… un simple foulard! L’hystérique maire de Montréal semble encore ignorer que les étudiants se sont mis à porter masques, cagoules et foulards pour assurer leur sécurité face à des escouades anti-émeute qui les poivraient et les gazaient de façon éhontée.

Souvenons-nous qu’au milieu des années 1960, cet autre maire hystérique que fut Jean Drapeau avait fait adopter un règlement anti-manifestations, règlement qui fut jugé anticonstitutionnel, et ne put donc être appliqué. Celui que propose l’hystérique maire de Montréal ne contrevient-il pas à nos chartes des droits et libertés et, bien loin de protéger les citoyens pacifiques, ne donne-t-il pas encore plus de pouvoir arbitraire à un système policier qui en a pourtant déjà trop?

Si ce règlement absurde devait être adopté, je m’engage, au nom de la liberté qui est le gage de la démocratie, à faire tout ce que je pourrai pour mettre en échec une telle initiative, y compris le recours aux tribunaux. J’invite donc toutes celles et tous ceux qui craignent pour l’avenir de notre démocratie à manifester activement leur désaccord. Devant l’injustice, l’iniquité et l’abus du pouvoir, on n’a pas le droit de rester les bras croisés. L’injustice, l’iniquité et l’abus du pouvoir sont les portes qui nous mènent tout droit au fascisme.

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Texte ajouté par le Passeur de la Côte :

La Ligue des droits et libertés défend le droit du port du masque ou du déguisement lors d’une manifestation, affirmant que leur usage est un plein exercice de la liberté d’expression.

Le président de la Ligue des droits et libertés, Dominique Peschard, explique que la liberté d’expression et le recours à divers moyens d’expression sont des droits fondamentaux qu’il faut protéger. À son avis, le masque est un moyen d’expression dans bien des cas.

Il craint qu’en cas de modification de la loi, les policiers auront le pouvoir d’arrêter les gens masqués même si ceux-ci n’ont aucune intention criminelle et de mettre fin à un rassemblement pacifique.

Quant à l’obligation de livrer à l’avance aux autorités le parcours d’une manifestation, il s’agit, selon la Ligue, d’une forme d’imposition de permis de manifester et une limite à la liberté d’expression. L’organisme rappelle que les manifestations peuvent se former spontanément, comme ce fut récemment le cas des travailleurs d’Aveos, à Montréal.

(Ce texte du journal La Presse se trouve au http://www.lapresse.ca/actualites/quebec-canada/national/201204/11/01-4514135-manifestations-la-ligue-des-droits-defend-le-port-du-masque.php)