Comment peut-on faire l’éloge de la charia, une « loi » de l’islam, au Québec?

 

LE 18 MAI 2017, L’IMAM DE LÉVIS, M. KARIM ELABED,

A FAIT L’ÉLOGE DE LA CHARIA

DEVANT UN PUBLIC

COMPOSÉ PRINCIPALEMENT DE QUÉBÉCOIS DE SOUCHE.

L’événement avait été organisé conjointement par

la Mosquée de Lévis

et Le Tremplin, Centre pour personnes immigrantes et leurs familles.

Le Tremplin est subventionné par la Ville de Lévis,

le Gouvernement du Québec,

le Gouvernement du Canada

et Centraide, entre autres;

il est censé être une organisation areligieuse.

La Mosquée de Lévis et l’imam Karim Elabed appartiennent

à la religion musulmane (la charia est la loi divine de l’islam, loi à laquelle tous les musulmans doivent absolument obéir,

affirment des musulmans).

Le 18 mai 2017, lors de l’activité susmentionnée, au cours de laquelle seuls deux musulmans ont pris la parole,

la Mosquée et le Tremplin

ont fait de la propagande religieuse en faveur de l’islam.

Le maire, Gilles Lehouillier, et le conseil municipal de Lévis continuent de subventionner Le Tremplin.

Veuillez noter que le conseil d’administration du Tremplin comptait deux musulmans à l’époque où l’activité du 18 mai 2017 a été organisée et s’est déroulée. Ces personnes sont M. Elhadji Mamadou Diarra, qui présidait le Conseil (en mai 2019 il le préside toujours), et Mme Nawel Bahria (qui a quitté le conseil). En mai 2017, M. Diarra et Mme Bahria, étaient présentés par le Tremplin comme des employés de l’entreprise Mouvement Desjardins, dont le président directeur général est M. Guy Cormier. Informé De la situation, M. Cormier n’a pas réagi (le pdg Guy CorMier n’est pas tenu de respecter le code de déontologie de son entreprise, faut-il croire).

L’APPLICATION DE LA CHARIA DANS UN ÉTAT COMME LE CANADA

Les États du monde occidental où les populations identifiées comme musulmanes sont minoritaires, d’implantation récente, mais en forte progression démographique, sont de plus en plus régulièrement confrontés à des problématiques juridiques et des revendications qui mettent un jeu une normativité islamique. Ces États, de tradition laïque ou séculière, paraissent plus ou moins bien armés pour répondre à cette demande de normativité islamique, dans un contexte général de défiance à l’égard de la charia, entretenu par des représentations réductrices et simplificatrices du droit islamique, auxquelles les musulmans ne manquent d’ailleurs pas de contribuer eux-mêmes.

[]

… l’arrangement est impossible quand l’application de la charia (tout du moins celle qui découle des représentations que s’en font les acteurs communautaires du droit) conduit à des violations explicites du droit positif * , ce qui renvoie au cas de figure des mariages forcés, des mariages exclusivement religieux, sans procédures civiles, des mariages polygames, des répudiations ou des crimes d’honneur. Mais c’est dans les zones grises que surgissent de la manière la plus vive les affaires publiques, quand la liberté contractuelle est susceptible de constituer le défaut de virginité de l’épouse en cause d’annulation du mariage (l’affaire du mariage de Lille), quand les sharia councils britanniques sont suspectés de n’être rien d’autre que des sharia courts, formant un isolat judiciaire communautaire, avec les conséquences attendues sur la condition juridique des femmes et des enfants. Et d’en appeler au retour de la loi, à la restriction des libertés contractuelles ou du champ de l’arbitrage…

* « … ensemble des règles applicables dans un espace juridique déterminé qu’il s’agisse d’un Etat unitaire comme la France, ou d’un ensemble d’États comme la Communauté Européenne » (Serge Braudo, Définition de Droit positif, https://www.dictionnaire-juridique.com/definition/droit-positif.php)

(Jean-Philippe Bras*, in La charia aujourd’hui. Usages et référence au droit islamique, sous la direction de Baudoin Dupret **, Paris, La Découverte, 2012, p. 287 et 289-290)

* Professeur de droit à l’Université de Rouen. Ancien directeur de l’Institut de recherche sur le Maghreb contemporain)

** « Baudouin Dupret est le directeur du centre Jacques-Berque à Rabat (Maroc), directeur de recherche au Centre national de la recherche scientifique (France)


(http://www.editionsladecouverte.fr/catalogue/index-La_charia-9782707174246.html )

LA CHARIA DANS LE MONDE.

CONSTATATIONS D’UNE ÉTUDE RÉALISÉE DE 2008 À 2012

PAR LE PEW RESEARCH CENTER.

« Une majorité des musulmans dans le monde veulent que la charia, la loi islamique, devienne la loi de leur pays, tout en montrant des opinions disparates sur ce qu’elle recouvre, indique mardi une étude de l’institut Pew.

« Cette vaste étude, réalisée de 2008 à 2012 auprès de 38 000 personnes dans 39 pays, porte sur le thème de Religion, politique et société dans la communauté musulmane, forte de 1,6 milliard d’individus, la deuxième religion au monde après la religion chrétienne.

« Une majorité des musulmans notamment en Asie, Afrique et Moyen-Orient, veulent l’établissement de la charia, avec des disparités géographiques – 8 % en Azerbaïdjan, mais 99 % en Afghanistan -, affirme Pew qui l’explique par l’histoire des pays et la séparation de l’Église et de l’État.

« L’étude montre que l’application de la charia est surtout souhaitée dans la sphère privée, pour régler les affaires familiales ou foncières, par les musulmans habitant des pays où siègent déjà des cours religieuses de ce type.

« L’exécution de musulmans convertis à une autre religion ou les supplices des coups de fouet ou des mains coupées pour les voleurs recueillent une minorité d’avis favorables, sauf pour une forte majorité en Afghanistan et Pakistan et un peu plus d’une personne sur deux au Moyen-Orient et Afrique du Nord.

Source : Agence France-Presse, Une étude de l’institut Pew – Une majorité des musulmans pour la charia, mais laquelle? 1 mai 2013, Le Devoir, https://www.ledevoir.com/monde/377020/une-majorite-des-musulmans-pour-la-charia-mais-laquelle

Pew Research Center is a nonpartisan fact tank that informs the public about the issues, attitudes and trends shaping the world. It conducts public opinion polling, demographic research, media content analysis and other empirical social science research. Pew Research Center does not take policy positions. It is a subsidiary of The Pew Charitable Trusts. (https://www.pewresearch.org/global/) – Pew Research Center, https://www.pewresearch.org/

The Pew Charitable Trusts est une organisation à but non lucratif indépendante et non gouvernementale fondée en 1948. Elle dispose aujourd’hui de plus de 5 milliards de dollars d’actifs. Sa mission est de se mettre au service de l’intérêt public pour « améliorer les politiques publiques, informer le public et stimuler la vie civique »1. (https://fr.wikipedia.org/wiki/The_Pew_Charitable_Trusts)


Ligue des droits humains (Belgique)

http://www.liguedh.be/position-de-la-ligue-des-droits-de-lhomme-concernant-le-voile-islamique/

L’article 18 de la DÉCLARATION UNIVERSELLE DES DROITS DE L’HOMME énonce :

Toute personne a droit à la liberté de pensée, de conscience et de religion ; ce droit implique la liberté de changer de religion ou de conviction [il est interdit aux musulmans de renoncer à leur religion] ainsi que la liberté de manifester sa religion ou sa conviction, seule ou en commun, tant en public qu’en privé, par l’enseignement, les pratiques, le culte et l’accomplissement des rites.”

Par ailleurs, si l’on se réfère à l’article 29 paragraphe 2 de cette Déclaration :

Dans l’exercice de ses droits et dans la jouissance de ses libertés, chacun n’est soumis qu’aux limitations établies par la loi exclusivement en vue d’assurer la reconnaissance et le respect des droits et libertés d’autrui et afin de satisfaire aux justes exigences de la morale, de l’ordre public et du bien-être général dans une société démocratique”.



Bruno Bertrand, magistrat, François Braize, Inspecteur général des affaires culturelles honoraire et Jean Petrilli, avocat, Les 4 principales questions que pose l’islam radical à notre Etat de droit, Marianne, 12/01/2017, https://www.marianne.net/debattons/tribunes/les-4-principales-questions-que-pose-l-islam-radical-notre-etat-de-droit

IV – Peut-on, au delà des interdictions existant déjà en France[9], prohiber davantage les signes religieux ostensibles afin de lutter contre le prosélytisme de l’islamisme radical ?

Notre Etat de droit (Déclaration des droits de l’Homme et du citoyen de 1789 et Convention européenne des Droits de l’Homme) nous interdit, du fait de la liberté de conscience et de la liberté individuelle, d’instaurer une prohibition générale des signes religieux dans l’espace public, ou, du fait des principes d’égalité et de non discrimination, de ne les interdire que pour certaines confessions et pas pour d’autres. […]

En revanche, notre Etat de droit nous autorise à étendre, en défense de nos principes fondamentaux, les interdictions qui existent déjà (aujourd’hui, dans les services publics et à l’école en conformité avec notre Etat de droit) à d’autres domaines pourvu que de nouvelles interdictions soient nécessaires et proportionnées aux objectifs et enjeux[10] *. De telles extensions pourront être envisagées d’autant mieux qu’on aura renforcés nos principes et valeurs fondamentaux en codifiant dans la Convention européenne des droits de l’homme la jurisprudence de la Cour de Strasbourg sur l’islam radical et la charia, ou, à défaut, en le faisant dans la loi française[11] **.

De la sorte, en conformité avec notre Etat de droit ainsi renforcé, la loi française pourrait :

faire prévaloir l’intérêt du petit enfant sur l’intérêt confessionnel des parents en interdisant les signes religieux ostensibles dans tout le cadre pré-scolaire, public ou privé,

faire prévaloir la protection de l’intérêt de l’enfant mineur vis-à-vis des idéologies contraires à nos valeurs démocratiques ou à nos principes fondamentaux en soumettant à autorisation d’exercice et à un contrôle par l’Etat les établissements d’enseignement privés et en prévoyant une exigence plus importante pour ceux bénéficiant d’un financement public,

considérer les parents accompagnateurs d’activités ou de sorties scolaires de l’enseignement public comme des collaborateurs du service public soumis aux mêmes obligations de neutralité que les agents publics,

donner aux universités, aux entreprises, aux affectataires des bâtiments des services publics, ainsi qu’aux associations, la faculté de prévoir dans leur règlement intérieur d’une part des limites à l’expression en leur sein des convictions notamment religieuses comme cela a été prévu pour les entreprises par la loi du 8 août 2016 (dite loi Travail) et, d’autre part, d’interdire l’expression des idéologies déclarées contraires aux valeurs démocratiques et à nos principes fondamentaux, identifier les signes religieux prosélytes, notamment vestimentaires, exprimant une idéologie récusant les valeurs démocratiques ainsi que nos principes fondamentaux (et notamment le principe d’égalité entre les femmes et les hommes) et interdire de tels signes dans l’espace public tout comme cela a été fait pour l’idéologie nazie (actuel article R 645-1 du code pénal).

* [10] Article 9-2 de la CEDH qui n’admet les restrictions à l’expression des convictions que si cette expression est contraire à « à la sécurité publique, à la protection de l’ordre, de la santé ou de la morale publiques, ou à la protection des droits et libertés d’autrui »

** [11] Codifier une jurisprudence consiste à inscrire dans un texte normatif (loi ou convention internationale), les principes posés par le juge pour l’interprétation et l’application de ce texte. Ici, en codifiant la jurisprudence de la CEDH sur l’islam radical et la charia, que cette Cour a déclaré contraires aux valeurs démocratiques et à nos principes fondamentaux, on habiliterait clairement les Etats à agir plus efficacement contre la propagation de cette idéologie.


LA

CHARIA

« loi islamique divine »

Selon le chercheur Mohamed-Chérif Ferjani :

« Parler d’une loi islamique, d’origine divine, est une mystification. Une lecture historique appelle à distinguer ce qui relève des croyances fondamentales et ce qui relève de l’histoire et des enjeux socio-politiques. »

(Mohamed-Chérif Ferjani, Islam, paix et violence, 1er avril 2004, Revue Projet, https://www.revue-projet.com/articles/2004-4-islam-paix-et-violence/7272. –

(« Mohamed-Chérif Ferjani est professeur à l’Université Lyon 2, chercheur au Gremmo*, à la Maison de l’Orient méditerranéen de la même université et au Ceriep-Centre de politologie de l’Institut d’études politiques de Lyon. Source : https://www.revue-projet.com/auteur_revue/ferjani-mohamed-cherif/6429)

* Groupe de Recherches et d’Études sur la Méditerranée et le Moyen-Orient

Un autre professeur et auteur, Mohamed Charfi, a écrit ceci :

La charia est pour le monde musulman ce qu’est le droit romain pour l’Europe continentale. Œuvre de grandes esprits, les deux droits ont été des monuments juridiques admirables et qui ont, en leur temps, rendu les meilleurs services. Aujourd’hui les circonstances les ont dépassés. Les Européens ont pu évacuer, sans grand déchirement, une bonne partie des conceptions romaines inadaptées à notre temps. Pour nous, cette évolution est plus difficile à cause de la couleur religieuse qui a été donnée au droit musulman. Depuis un siècle, c’est le problème fondamental qui se pose aux sociétés musulmanes.

(Mohamed Charfi : l’écrasement des mu’tazilites et la fin de l’ijtihad, Extrait du livre « Islam et liberté : Le malentendu historique » paru en 1999, http://fr.institut-kheireddine.org/2013/02/mohamed-charfi-lecrasement-des-mutazilites-et-la-fin-de-lijtihad/)

Mohamed Charfi : Professeur émérite à la faculté des sciences juridiques de Tunis, ministre de l’éducation de 1989 à 1994, ancien président de la Ligue tunisienne des droits de l’homme (LTDH), une cause dont il resta toute sa vie un fidèle militant…

(Quotidien français LE MONDE, https://www.lemonde.fr/disparitions/article/2008/06/12/mohamed-charfi-ministre-de-l-education-tunisien-de-1989-a-1994_1057212_3382.html


La Charia est-elle compatible avec la démocratie ?

Par la Société internationale des Droits de l’Homme

http://www.sidh-france.org/la-charia-est-elle-compatible-avec-la-democratie/

La SIDH, Société internationale des Droits de l’Homme est une ONG internationale également connue sous le sigle de l’ISHR (International Society for Human Rights). Elle fonde son travail sur la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme proclamée par les Nations Unies le 10 décembre 1948.

La SIDH rassemble, à l’échelon international, environ 30 000 adhérents dans 26 pays. Elle a le statut d’observateur auprès du Conseil de l’Europe et du Conseil Economique et Social (ECOSOC) des Nations Unies.

La Charia est-elle compatible avec la démocratie ?

Dans les pays du golfe où les pratiquants de la « Charia » sont au pouvoir, c’est l’autre question qui se poserait (et que l’on ne pose pas tellement la réponse est évidente) : les valeurs de la République, les droits de l’homme et les libertés qu’elle défend, sont-ils compatibles avec la « Charia » laquelle sert par ailleurs de loi fondamentale ? Et un éclat de rire servirait de réponse.

[…]

La République s’interdit d’empêcher de croire et s’interdit d’empêcher les croyants de toutes les religions de célébrer collectivement leur foi dans des édifices cultuels, églises, temples, synagogues, mosquées.

Mais en respectant la liberté de croire et la liberté de culte, la République ne s’est jamais imposé de mettre en œuvre aucune règle édictée par les églises, les systèmes religieux et les autorités de ces derniers. Surtout quand ces règles ont vocation à s’appliquer au delà de la sphère privée et en dehors des édifices cultuels.

[…]

Si d’aventure les cléricaux de l’Islam n’arrivaient pas (c’est leur problème), comme les cléricaux du Catholicisme ont choisi -ou ont été dans le passé contraints de le faire-, à s’accommoder des principes de la République et à les accepter, acceptation mesurée aux pratiques, il faudrait nécessairement en tirer une constatation. Celle que les pratiquants de la « Charia », ont le cas échéant, un comportement incompatible avec les principes et les lois de la République. (Comme il en serait allé avec les Chrétiens si ces derniers avaient continué à laisser agir les tribunaux de la « Sainte Inquisition » et à réclamer que les hérétiques périssent sur les bûchers ).

[…]

Le Catholicisme a survécu à la suppression de l’Inquisition comme à l’enlèvement des crucifix dans les écoles ou à la disparition des aumôneries dans les lycées. Les Catholiques s’arrangent pour s’alimenter le « vendredi-saint » lorsqu’il n’y a que de la viande au menu de leur cantine. Et pendant le temps où les prêtres se sont vus refuser l’accès à l’agrégation, les Catholiques ont compris qu’il était légitime que la République évite le mélange des genres dans les cerveaux, et laisse ouverte au genre humain, la possibilité de ne pas descendre forcément d’Adam et d’Eve ( la planéité de la terre ayant été sortie antérieurement des dogmes de l’Eglise).

Les Catholiques ne l’auraient pas compris, c’eût été leur problème. Pas celui de la République.

Il n’y a pas de différence à faire entre les adeptes des « Evangiles » et ceux de la « Charia ».

En guise de conclusion :

Le débat sur la comptabilité entre la « Charia » et les valeurs installées par la République, ou les droits de l’homme et les libertés fondamentales –ce qui est proche- nous paraît pour une grande part être un faux débat, duquel ne peuvent sortir que de mauvaises réponses.

Affirmer que les institutions de l’Etat doivent être indépendantes de tout autre pouvoir, notamment religieux, et rappeler que les valeurs de la République sont (par principe) supérieures à celles figurant dans des dogmes quels qu’ils soient, règle ipso facto la question de la compatibilité de la « Charia » (parmi d’autres règles d’une semblable nature) avec les droits, les libertés et la démocratie. Puisque toute règle religieuse doit céder devant les règles de la République. (Pas besoin de faire l’exégèse des textes « sacrés » -ce que nous n’avons volontairement pas fait- pour poser ou ré affirmer ce principe).


Le Devoir, https://www.ledevoir.com/opinion/idees/71755/lettres-charia-la-negation-de-l-evidence

Lettres: Charia, la négation de l’évidence

Vida Amirmokri – Le 31 décembre 2004

Je mets Nemer Ramadan au défi de donner un seul exemple précis de ce qu’il appelle « noircir la loi respectée par les musulmans » dans une lettre parue le 23 décembre dernier commentant mon opinion publiée dans Le Devoir du 17 décembre. J’affirme avec force que je n’ai fait que présenter les règles de la charia telle qu’elles sont formulées dans les sources authentiques.

À l’appui de chacun des points mentionnés, je peux produire des références précises, tirées de la jurisprudence islamique et des lois appliquées au nom de l’islam entre autres à plus de 30 millions de femmes iraniennes aujourd’hui même. Par ailleurs, la source de ce que j’ai cité dans mon texte est facilement accessible sur le site même de la Canadian Society of Muslims à l’adresse http://muslimcanada.org/ch11hamid.html.

La réaction de M. Ramadan présente un exemple parfait d’un type de polémique caractérisé par la négation de l’évidence et par le déplacement de l’objet du débat (sur le racisme et le sentiment antiarabe) pour camoufler la pauvreté du discours et des arguments sur la question principale en cause. Dans ce cas, la question principale est la consécration des règles profondément discriminatoires à l’endroit des femmes par la jurisprudence islamique (alias la charia) constituée sur la base des textes du Coran et de la tradition du Prophète de l’islam. Je demande à M. Ramadan ce qu’il a à dire sur le texte du verset 34 de la sourate 4 du Coran. Ce texte fait-il partie de mes fantasmes ou existe-t-il bel et bien dans n’importe quelle édition du livre sacré?

Je demande à M. Ramadan sur quelle base il prétend que la République islamique d’Iran a décrété, «dans le respect de l’esprit de la charia, l’égalité entre l’homme et la femme en matière d’héritage». J’affirme que ce propos est totalement sans fondement. La République islamique étant ce qu’elle est, elle n’a jamais décrété ni ne peut jamais décréter quoi que ce soit à l’encontre des textes coraniques clairs qui fixent les parts de l’héritage de chacun des parents du défunt.

Je ne sais pas si l’écrasante majorité des musulmans et surtout des musulmanes accepte et respecte les normes discriminatoires de la charia envers les femmes. Je connais des musulmanes qui ont fait de la lutte contre cette discrimination le combat de leur vie sous peine d’être frappées d’ostracisme par les défenseurs de la loi prétendument divine. Mais même si ces règles sont largement acceptées et respectées, ce n’est pas une raison pour nier l’évidence, prétendre qu’elles ne sont pas discriminatoires et affirmer que les exposer telles qu’elles sont équivaut à vouloir noircir la loi divine. Il incombe aux lecteurs de juger ce que l’honnêteté intellectuelle impose dans ce cas.


Tatiana Pignon, La naissance du droit musulman et sa mise en place dans les premiers siècles de l’islam (extraits), Les Clés du Moyen Orient, https://www.lesclesdumoyenorient.com/La-naissance-du-droit-musulman-et.html, 03/02/2012

Extraits

La charia ou loi islamique est aujourd’hui la source la plus importante du droit dans les sociétés islamiques, même si elle peut être une source partielle ou totale selon les pays. Définie par le Coran et la Sunna du Prophète, elle touche tous les secteurs de la société puisqu’elle l’organise sous tous ses aspects – social proprement dit, familial, économique, judiciaire – et qu’elle règle les aspects publics et privés de la vie des fidèles. C’est au Moyen-Âge, dans les premiers siècles de l’Islam (VIIe – Xe siècle) que la Loi naît avec la Révélation coranique, puis s’impose progressivement comme l’ultime instance religieuse, et finit par s’institutionnaliser avec la formation de quatre principales écoles juridiques.

(…)

Six cents versets du Coran, c’est-à-dire 10% du texte intégral, sont consacrés aux questions juridiques : c’est dire dès l’abord l’importance de la place occupée par la Loi en islam. Le Coran, ces paroles dictées par Dieu via l’ange Gabriel à Muhammad, présente en effet une voie à suivre : le fidèle est celui qui mène sa vie en se conformant à la loi divine – le terme de charia en contexte religieux musulman signifie « chemin pour suivre la loi ». Ainsi, la loi islamique met sur le même plan ce qui, dans nos sociétés occidentales, relève de l’ordre juridique au sens strict et ce qui relève de l’ordre moral, en établissant un certain nombre de devoirs et d’obligations dont le caractère impératif trouve sa légitimité dans la religion.


LA CHARIA UTILISÉE POUR INTERPRÉTER

OU CLARIFIER

LES DROITS HUMAINS EN ISLAM

Selon la Déclaration Islamique des Droits de l’Homme :

« Art. 25 – La Loi islamique est la seule source de référence pour interpréter ou clarifier tout article de cette Déclaration. »

( Source : La Déclaration Islamique des Droits de l’Homme suivie de leurs spécificités dans la charia islamique, https://islamhouse.com/fr/articles/223244/ vu le 28 mai 2018 )

(La Charte arabe, dans sa version de 2004, est entrée en vigueur le 15 mars 2008. Dix Etats membres de la ligue arabe l’ont jusque-là ratifiée. Il s’agit de la Jordanie, le Bahreïn, l’Algérie, la Syrie, la Palestine, la Libye, le Qatar, l’Arabie Saoudite, le Yémen et les Emirats arabes unis. Source : https://www.humanrights.ch/fr/droits-humains-internationaux/regionaux/arabe/)


Collectif d’auteurs, Charia au Québec

Des propos qui méritent d’être dénoncés

http://sisyphe.org/spip.php?article405, 91, décembre 2011

Le 22 novembre dernier, le Téléjournal de Radio-Canada rapportait les propos ahurissants de l’imam du Centre communautaire de Brossard, Foudil Selmoune, propagandiste de la charia au Québec.

Ses déclarations ont de quoi alerter les autorités politiques et policières. Dans un état de sérénité totale, Foudil Selmoune explique que la charia commande de couper la main aux voleurs parce que « ça sert de leçon aux autres et ça crée une société et une ambiance où il y a la paix et la justice ». Mais l’imam sait faire preuve de discernement et précise qu’on ne doit pas couper la main « à celui qui vole pour manger, mais seulement à ceux qui ont de l’argent et qui volent ». Nous sommes rassurés !

Selmoune ajoute que la lapidation des femmes, « c’est aussi dans la charia. Il faut voir pourquoi Dieu a fait ces lois : c’est pour créer une société saine, pure, claire, équilibrée et balancée. C’est pour éviter les crimes, éviter les malentendus. […] Ce n’est pas nous qui nous donnons ce droit ; ce sont des lois de Dieu et on ne peut pas les changer. »


Source : Le Journal de Lévis, 19 mai 2017



ECJL = European Center for Law and Justice

L’ECLJ est titulaire du statut consultatif spécial auprès des Nations Unies / ECOSOC depuis 2007. L’ECLJ agit dans les domaines judiciaires, législatifs et culturels et défend en particulier le droit à la liberté religieuse, la vie et la dignité des personnes devant la Cour européenne des droits de l’homme et à travers les autres mécanismes offerts par les Nations-Unies, le Conseil de l’Europe, le Parlement européen et l’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE).


Un imam de la région de Paris dit aux musulmans :

« Si vous êtes pour la charia, partez ! »

[La Libre Belgique, http://www.lalibre.be/actu/international/imam-de-drancy-si-vous-etes-pour-la-charia-partez-51b8fdbde4b0de6db9cac59e, 7 juin 2013]

Hassem Chalghoumi, imam de la mosquée de Drancy, en banlieue de Paris, est « connu pour son hostilité à l’intégrisme et sa volonté d’apaiser les tensions entre musulmans et Juifs »

(revue Le Monde des religions, 20-06-2012, http://www.lemondedesreligions.fr/actualite/des-musulmans-appellent-a-la-demission-de-hassen-chalghoumi-20-06-2012-2548_118.php. – Entretien à France 24 : https://www.france24.com/fr/20100914-drancy-mosquee-imam-freres-musulmans-france


La liberté religieuse, droit de l’homme fondamental,

devra remettre en cause la charia

(organisation islamique de la vie, notamment en société)

François Jourdan, prêtre eudiste, islamologue, docteur en théologie, en histoire des religions et en anthropologie religieuse, a déclaré ceci en 2016 :

« On entretient la confusion qui arrange tout le monde: les musulmans et les non-musulmans. C’est du pacifisme: on masque les réalités de nos différences qui sont bien plus conséquentes que ce qu’on n’ose en dire, et tout cela par peur de nos différences. On croit à bon compte que nous sommes proches et que donc on peut vivre en paix, alors qu’en fait on n’a pas besoin d’avoir des choses en commun pour être en dialogue. Ce forcing est l’expression inavouée d’une peur de l’inconnu de l’autre (et du retard inavoué de connaissance que nous avons de lui et de son chemin). Par exemple, la liberté religieuse, droit de l’homme fondamental, devra remettre en cause la charia (organisation islamique de la vie, notamment en société). Il va bien falloir en parler un jour entre nous. On en a peur: ce n’est pas «politiquement correct». Donc ça risque de se résoudre par le rapport de force démographique… et la violence future dans la société française. Bien sûr on n’est plus dans cette période ancienne, mais la charia est coranique, et l’islam doit supplanter toutes les autres religions (Coran 48,28; 3,19.85; et 2,286 récité dans les jardins du Vatican devant le Pape François et Shimon Pérès en juin 2014). D’ailleurs Boumédienne, Kadhafi, et Erdogan l’ont déclaré sans ambages.

François Jourdan, Le Figaro, 22/01/2016, http://www.lefigaro.fr/vox/religion/2016/01/22/31004-20160122ARTFIG00344-islam-et-christianisme-les-impasses-du-dialogue-interreligieux.php) – Le père

François Jourdan a enseigné la mystique islamique à l’Institut Pontifical d’Études Arabes et islamiques de Rome (1994-1998), et l’islamologie pendant 15 ans à l’Institut Catholique de Paris, et 10 ans à l’École Cathédrale. Il a été délégué du diocèse de Paris pour les relations avec l’islam (1998-2008).


LA CHARIA EN IRAN

« Si le mouvement de revendication des femmes est aussi important et aussi populaire aujourd’hui [en Iran], ce n’est pas seulement parce que la Sharia [charia], telle qu’elle est inscrite dans le code civil iranien, légitime l’inégalité sociale et juridique des sexes. La conscience de genre est avant tout le résultat de nouvelles expériences sociales des femmes qui découvrent la logique inégalitaire des rapports sociaux de sexe dans toutes les sphères de la vie sociale et familiale (Voir Nouchine Yavari-d’Hellencourt, « Féminisme post-islamique en Iran », Revue du Monde Musulman et de la Méditerranée, n° 85-86, 1999, pp. 99-119). Les femmes qui se sont engagées comme les hommes dans la révolution, dans l’effort de guerre et dans les mouvements sociaux et politiques ont bien entendu plus de mal à accepter une infériorité juridique imposée au nom de l’islam. »

(Nouchine Yavari D’Hellencourt, Islam et démocratie: de la nécessité d’une contextualisation. L’exemple iranien, Cahiers d’études sur la Méditerranée orientale et le monde turco-iranien [En ligne], 27 | 1999, mis en ligne le 16 mai 2005. URL : http://journals.openedition.org/cemoti/656 )


VIVRE ENSEMBLE : plus facile à dire qu’à faire…

Par Roger Martel, citoyen de Lévis

À Lévis, vivons ensemble

(et tous soumis à la charia?)

Le 18 mai 2017, à Lévis, devant des gens de Lévis, à côté d’une Québécoise de souche convertie à l’islam, l’imam de Lévis a fait l’éloge de la charia…

Quand les non-musulmans se seront tous convertis à l’islam, ils pourront tous s’installer dans une maison avec une musulmane et tous les biens de consommation essentiels : lave-vaisselle, aspirateur, lit double…; sans leur conversion, cela leur serait impossible parce que les hommes musulmans interdisent aux femmes musulmanes d’épouser un non-musulman. Convertis à l’islam, les anciens non-musulmans jouissent aussi, contrairement aux non-musulmans, de pouvoir mettre les pieds dans les mosquées aussi librement que les musulmans peuvent entrer sans se déchausser dans une église catholique. De plus, les hommes convertis à l’islam auront le bonheur, le temps venu, d’être enterrés dans un cimetière musulman où ils « côtoieront » d’autres musulmans, des sunnites et des chiites s’ils sont dans un lieu qui accueille des membres des deux branches, mais chacun dans sa section naturellement (ennemis depuis toujours, chiites et sunnites sont incapables de vivre ensemble).


LA CHARIA ET L’APPLICATION OU LA NON APPLICATION DU PACTE INTERNATIONAL RELATIF AUX DROITS CIVILS ET POLITIQUES

La charia en terre musulmane

https://fr.wikipedia.org/wiki/Charia

NOTAMMENT CONCERNANT LES ARTICLES 18 PRÉVOYANT LA LIBERTÉ DE CHANGER DE RELIGION ET 23 POSANT LE PRINCIPE DE L’ÉGALITÉ ENTRE ÉPOUX. TOUTEFOIS, MÊME LES ÉTATS ARABO-MUSULMANS AYANT ADHÉRÉ À LA CHARTE DES DROITS DE L’HOMME ET AU PACTE INTERNATIONAL SANS RÉSERVES PRIVANT CEUX-CI DE LEUR SUBSTANCE ÉPROUVENT DES DIFFICULTÉS À RETRANSCRIRE CES PRINCIPES DANS LEUR SYSTÈME JURIDIQUE, EN RAISON DE LA PRÉGNANCE PLUS OU MOINS GRANDE DE LA CHARIA DANS LEURS SOURCES DE DROIT. POUR LES MÊMES RAISONS, TRÈS PEU D’ENTRE EUX ONT ADHÉRÉ À LA CONVENTION SUR L’ÉLIMINATION DE TOUTES LES FORMES DE DISCRIMINATION À L’ÉGARD DES FEMMES 63.

QUELQUES PAYS APPLIQUANT LA CHARIA ONT REFUSÉ DE RATIFIER LE PACTE INTERNATIONAL RELATIF AUX DROITS CIVILS ET POLITIQUES OU NE L’ONT SIGNÉ QU’AVEC DES RÉSERVES…


ARTICLE 2.1 DU PACTE INTERNATIONAL RELATIF AUX DROITS CIVILS ET POLITIQUES (adopté par les Nations-Unies)

Article 2. 1. Les Etats parties au présent Pacte s’engagent à respecter et à garantir à tous les individus se trouvant sur leur territoire et relevant de leur compétence les droits reconnus dans le présent Pacte, sans distinction aucune, notamment de race, de couleur, de sexe, de langue, de religion, d’opinion politique ou de toute autre opinion, d’origine nationale ou sociale, de fortune, de naissance ou de toute autre situation.


Répétons-le:


Dans un livre publié en 2011, Sami Aoun, originaire du Liban, professeur à l’École de politique appliquée de l’Université de Sherbrooke, auteur entre autres des livres Aujourd’hui l’Islam Fractures, intégrisme et modernité et L’islam entre tradition et modernité, dit ceci :

« En ce qui concerne l’islam, les divergences entre ses groupes et courants peuvent atteindre le degré de la violence sectaire. Le cas le plus illustre est celui de l’Irak où, sur la toile du chaos, se dessine le conflit religieux entre sunnites et chiites [deux branches de l’islam]. L’histoire de la rancune y devient plus présente et est exacerbée par l’idéologisation du religieux. En outre les conflits entre l’interprétation de la charia et les droits de l’homme sont multiples. La charia n’a pas permis d’abolir carrément et expressément l’esclavage, même si ses règles font de la libération d’un esclave converti un acte méritoire et récompensé. Les châtiments corporels (hudûd) vont à l’encontre des droits de l’homme, mais sont prescrits explicitement par la charia. Peu de pays – l’Arabie saoudite et l’Afghanistan sous les talibans en font partie – les considère dans leur règle de droit puisqu’ils ne correspondent plus à la morale de la majorité des musulmans d’aujourd’hui. []

« La liberté de culte est également problématique dans ce contexte. En effet, le verset coranique édictant qu’il n’y a point de contrainte dans la religion ne peut pas faire oublier d’autres prescriptions coraniques discriminantes envers ceux considérés comme apostats, tel : « Quand vous rencontrerez les infidèles, tuez-les jusqu’en faire un grand carnage. Et serrez les entraves des captifs que vous aurez faits. » (Coran 47 : 4). Il en va de même de la situation de la femme qui comprend la légitimité religieuse du port du voile. Ce dernier est sujet de débat jusqu’à aujourd’hui entre une mouvance majoritaire soucieuse de préserver le voile de la femme comme un ordre divin, et une autre, religieuse aussi, mais dissidente, qui le rejette expressément. La polygamie perçue comme une injustice par la Déclaration des droits de l’homme de 1948, reste une pratique sauvegardée par les dispositions de la charia et perpétuée par le droit interne des pays de l’espace musulman. La même perception s’applique à la procédure du divorce par l’homme et la demande du divorce par la femme, ainsi qu’à la question de l’héritage où la charia a institué un droit de la femme à hériter la moitié de la part du garçon.

Sami Aoun, Le Retour turbulent de Dieu. Politique, religion et laïcité, Médiaspaul, © 2011, p. 109-111

« les droits de l’homme, seul garant du « vivre ensemble » (Sami Aoun)


CONTRE DES TRIBUNAUX ISLAMIQUES AU CANADA

Vida Amirmokri *, Le débat sur les tribunaux islamiques, Le Devoir, 17 décembre 2004, https://www.ledevoir.com/opinion/idees/70908/le-debat-sur-les-tribunaux-islamiques-va-t-on-permettre-l-application-d-un-systeme-repressif-a-l-endroit-des-musulmanes-au-canada

* L’auteure, d’origine iranienne, est titulaire d’une licence en droit de l’Université de Téhéran et d’une maîtrise en droit de l’Université Laval (Prix d’excellence du meilleur mémoire de maîtrise décerné par l’Association des professeurs de droit du Québec). Elle poursuit [en 2004] des études de doctorat à l’Institut des hautes études internationales de Genève.

Le débat sur les tribunaux islamiques – Va-t-on permettre l’application d’un système répressif à l’endroit des musulmanes au Canada?

(…)

l’instauration de tels tribunaux serait-elle une option convenable pour une société comme la société canadienne, dont l’égalité des sexes constitue une des valeurs les plus fondamentales? Il me semble que la réponse à cette question ne peut qu’être négative.


Jean-François Roussel, professeur à la faculté de théologie et des sciences des religions de l’Université de Montréal, Lettre ouverte à mes amis musulmans, 17 décembre 2004, https://www.ledevoir.com/opinion/idees/70909/lettre-ouverte-a-mes-amis-musulmans

C’est avec incrédulité que j’ai trouvé à la première page de mon journal, samedi matin, cette nouvelle: des leaders musulmans de Montréal tentent d’obtenir, de la part du gouvernement du Québec, l’officialisation des tribunaux religieux chargés de rendre des jugements en matière familiale, suivant la loi islamique.

Il faudrait avoir une piètre compréhension de la société québécoise pour s’étonner du ressac probable qui répondra à ce voeu. Ce ressac fragilisera encore davantage les relations toujours fragiles entre la communauté musulmane et la société québécoise en général.

(…)

J’ai grandi au Québec, au cours de la Révolution tranquille. Je suis attaché aux valeurs fondamentales de ma société — ce qui ne m’empêche pas de la critiquer parfois, comme n’importe quel citoyen d’ailleurs. Le gouvernement que vous sollicitez en ce moment a pour principes directeurs, pour références «sacrées», la Charte canadienne des droits et libertés, la Charte des droits de la personne du Québec et la Charte des droits de l’homme des Nations unies.

Vous appréciez le fait de vivre dans un pays où la discrimination pour des motifs religieux est interdite. (…)

L’idée d’une reconnaissance gouvernementale des tribunaux religieux va à l’encontre d’une évolution faite au nom de ce qui garantit les libertés de tous (y compris les vôtres). Non sans heurts, la sécularisation des sociétés a permis de faire de nos pays des lieux où la liberté religieuse est possible, sans que les minorités religieuses doivent obtenir le droit d’asile de quelque pape ou primat.

Encore à la fin du XIXe siècle, Pie IX condamnait l’idée que les minorités religieuses en pays de culture catholique jouissent d’une liberté de culte. Pour que vous puissiez fréquenter une mosquée à Montréal, il a fallu que l’État devienne neutre du point de vue religieux, au grand déplaisir des autorités catholiques d’alors.

(…)

Quant au gouvernement, il n’est concerné que par deux choses: l’application des lois civiles et le respect les libertés fondamentales. Vous devez comprendre cela et accepter le prix requis pour la préservation de vos libertés religieuses, c’est-à-dire la non-ingérence de l’État dans les affaires des communautés de foi.


DES TRIBUNAUX ISLAMIQUES AU CANADA ?

Yvan Cliche, Commentaires de lecture > Essai > Des tribunaux islamiques au canada ?magazine Nuit blanche, numéro 102, publié le 1 mars 2006 à 16 h 41 | mis à jour le 2 décembre 2014

L’auteur :

« Yvan Cliche est titulaire d’une maîtrise en administration des affaires (MBA) de l’Université Concordia et d’une maîtrise en science politique de l’Université de Montréal. Il est l’auteur d’un livre Initiation au développement international (2006)… » (https://grenier.qc.ca/nouvelles/17880/yvan-cliche-nouveau-directeur-executif-de-relations-publiques-sans-frontieres)

Ce court ouvrage composé de chapitres écrits par Vida Amirmokri, Homa Arjomand, Élaine Audet, Micheline Carrier et Fatima Houda-Pepin vise à présenter et à condamner la menace que pose l’introduction de tribunaux islamiques au Canada. Il a été rédigé avant la décision ontarienne d’abandonner ce choix (…) Rappelons qu’au Québec, l’Assemblée nationale a adopté unanimement une motion, instruite par la députée (de religion musulmane) Fatima Houda-Pepin (et une auteure de ce livre) rejetant l’instauration de tribunaux islamiques. C’était en mai 2005.

(…)

« La menace d’implantation de tribunaux islamiques au Canada, au nom de la liberté religieuse, de la tolérance et de la relativité culturelle, doit être prise au sérieux et dénoncée comme une nouvelle tentative, de la part de groupes islamiques, d’institutionnaliser la domination masculine, l’apartheid sexuelle, la xénophobie et la loi coranique à travers le monde. »

Le livre s’en prend au lobby et au jeu menés par les activistes qui agissent derrière cette tentative d’islamiser les tribunaux de droit de la famille. (…) La pratique musulmane étant foncièrement, à l’heure actuelle, discriminatoire envers les femmes, l’introduction de la charia remet clairement en cause l’égalité des sexes reconnue dans les Chartes canadienne et québécoise visant à protéger les droits et libertés de la personne. Sans compter que l’application d’un tel code religieux sur le plan civil contribuerait à « guettoïser » la communauté musulmane et, possiblement, à la rendre ouvertement victime de préjudices à caractère racial.


Mina Kaci, Les féministes unies contre la loi islamique au Canada, 29 octobre 2005, http://sisyphe.org/spip.php?article2046

Jusqu’où peut conduire une société basée sur le multiculturalisme ? L’État de l’Ontario, au Canada, était sur le point d’accepter l’instauration des tribunaux islamiques censés arbitrer les litiges familiaux, selon les principes de la charia, au sein de la « communauté » musulmane. Au nom de la différence, on instituait ainsi une différence de droits. Une entreprise déjouée par des Canadiennes, essentiellement de confession ou de culture musulmanes, après deux ans de lutte qui a largement dépassé le cadre national.

(…)

Le comble pour Homa Arjomand : avoir choisi le Canada pour s’exiler d’Iran, précisément pour son multiculturalisme, espérant vivre dans une société respectueuse des cultures des minorités. « J’ai vite compris qu’elle privilégiait les droits des communautés au détriment des droits individuels. » Fuyant l’intégrisme dans son pays d’origine, elle se retrouve des années plus tard à combattre, en Ontario, les islamistes qui ont profité du système pour revendiquer des tribunaux islamiques décidant des gardes d’enfants lors d’un divorce, des pensions alimentaires ou des désaccords concernant l’héritage. Or, la loi coranique avantage systématiquement les hommes dans ces affaires.


Josée Boileau, Un projet délirant, Le Devoir, 9 septembre 2005, https://www.ledevoir.com/non-classe/89964/un-projet-delirant

Il était heureux, hier, de voir des femmes de partout manifester leur opposition à l’instauration de tribunaux islamiques en Ontario. (…)

Dommage que le gouvernement ontarien n’ait pas sa Fatima Houda-Pépin. Une députée en mesure de dire: l’instauration au Canada de tribunaux islamiques ne découle pas de la liberté religieuse, ni de l’égalité entre les communautés culturelles, mais d’une stratégie politique qui vise à isoler la communauté musulmane, à la rendre plus malléable aux mains d’idéologues et à saper notre système de justice.

Cette compréhension des enjeux aura permis à l’Assemblée nationale, en mai, de se prononcer sans équivoque contre l’implantation de tribunaux islamiques au Québec et au Canada. La motion relevait du symbole — d’une part parce qu’ici, contrairement à l’Ontario, le droit familial ne peut relever d’un arbitrage privé, d’autre part parce que l’Assemblée nationale n’a aucun pouvoir sur ce qui se passe dans les autres législations canadiennes. Mais cette déclaration est l’équivalent des manifestations d’hier: un ferme rappel que l’uniformité de la justice et les droits des femmes ont le rang d’intouchables.


Coalition internationale de groupes, Déclaration sur l’arbitrage religieux en droit de la famille, 22 juin 2005, http://sisyphe.org/spip.php?article1847

À la suite du rapport [ontarien] de Madame Marion Boyd intitulé « Résolution des différents en droit de la famille : pour protéger le choix, pour promouvoir l’inclusion », les organismes suivants se sont unis pour faire entendre leurs objections concernant l’application de toute loi religieuse aux questions familiales en vertu de la Loi sur l’arbitrage de l’Ontario.

(…) Nous sommes d’avis que les recommandations de ce rapport sanctionnent l’érosion des droits à l’égalité des femmes, au moyen des lois de l’Ontario. Nous croyons que la Loi sur l’arbitrage n’a jamais été conçue pour répondre aux problèmes familiaux mais qu’elle est plutôt un véhicule pour les disputes commerciales. Même avec les balises proposées par Mme Boyd, le recours à l’arbitrage dans un tel contexte met en péril des décennies de réforme législative égalitaire.

Nos organismes sont d’avis que :

Les conflits familiaux doivent être décidés par un recours exclusif au droit de la famille, sans égard à la religion, l’origine ethnique ou la culture.

l’arbitrage religieux ne devrait en aucun cas être permis en matière familiale, ni aucun autre principe qui porterait atteinte aux droits à l’égalité énoncés dans la Charte.


Droits et Démocratie *, L’arbitrage religieux en droit de la famille peut contrevenir aux obligations internationales du Canada, 17 avril 2005, http://sisyphe.org/spip.php?article1724

* Organisme non partisan investi d’un mandat international, Droits et Démocratie a été créé en 1988 par le Parlement canadien pour encourager et appuyer les valeurs universelles des droits humains et promouvoir les institutions et pratiques démocratiques partout dans le monde.

Autoriser l’application de règles de droit religieuses dans l’arbitrage en matières familiales en Ontario pourrait contrevenir aux obligations internationales du Canada relatives aux droits humains et établir un précédent dangereux susceptible de mettre en péril les droits à l’égalité des femmes, à l’échelle nationale et internationale, estime Droits et Démocratie.

Dans une lettre adressée à Michael Bryant, procureur général de l’Ontario, Droits et Démocratie unit sa voix à celle du Conseil canadien des femmes musulmanes et de l’Association nationale de la femme et du droit pour dénoncer les conclusions de Marion Boyd, ex-procureure générale de l’Ontario chargée par le gouvernement ontarien d’étudier la question de l’arbitrage à fondement religieux en droit familial et successoral.

Approuver l’arbitrage religieux de différends en droit familial en vertu de la Loi sur l’arbitrage, comme le recommande le rapport Boyd, aurait pour effet de privatiser le droit de la famille. Ce faisant, le gouvernement ontarien délèguerait les obligations qui lui incombent en matière de droits humains aux autorités religieuses, culturelles et politiques qui instaurent des procédures d’arbitrage dans leurs communautés.


Élaine Audet, L’Association des femmes iraniennes de Montréal contre des tribunaux islamiques au Canada

Une entrevue avec la présidente, Elaheh Chokrai, 2005, article1566http://sisyphe.org/spip.php?

. Elaheh Chokrai, présidente fondatrice de l’Association des femmes iraniennes de Montréal (AFIM), affirme que son association est en désaccord total avec l’instauration de tribunaux islamiques (…) Elaheh Chokrai estime que ce n’est pas en les [les femmes musulmanes] ghettoïsant, en leur disant d’aller régler leurs problèmes entre musulmans qu’on y arrivera. « C’est une forme de racisme sous les apparences de l’ouverture multiculturelle. Qui a formé ces tribunaux, qui les a élus, qui les connaît ? Il n’y a pas de transparence, aucune garantie qu’ils vont être démocratiques. En tant que Québécoises, serions-nous d’accord pour que nos litiges familiaux soient tranchés par l’Église ? », demande la militante…


Wired for Women’s Rights, Les Marocaines réagissent au rapport Boyd sur les tribunaux islamiques au Canada, 2005, http://sisyphe.org/spip.php?article1569

Au moment où les femmes marocaines ont réussi, après des années de combat, à faire abolir la KIOUAMA (entretien contre obéissance), fondement de l’ancien Code du Statut Personnel (CSP) inspiré d’une interprétation patriarcale de la Charia, comme c’est le cas dans la majorité des pays musulmans légitimant les inégalités des droits entre les hommes et les femmes ;

Au moment où les femmes algériennes mènent un combat national et international sous le slogan « Vingt ans barakat, vingt ans ça suffit », pour l’abolition du CSP ;

Au moment où les femmes dans le monde musulman se battent pour le changement des CSP discriminatoires confinant les femmes dans une situation d’infériorité ;

Au moment où certains pays européens sont en train de réviser les accords bilatéraux (qui autorisent l’application de la loi du pays d’origine même si cette loi est contraire au principe de l’égalité des droits entre hommes/femmes) de façon à se conformer aux conventions et traités internationaux et notamment à la convention CEDAWE (convention pour l’élimination de toute forme de discrimination à l’égard des femmes) ;

Une certaine ex-procureure générale de l’Ontario (Canada ) présente un rapport réduisant les femmes musulmanes à des objets, esclaves entretenues par les hommes, justifiant la polygamie et la discrimination envers les femmes au nom du relativisme culturel. Elle donne une légitimité à l’instauration de tribunaux d’arbitrage en matière familiale, en se basant sur une interprétation patriarcale du moyen âge de l’islam, et recommande ainsi au gouvernement l’institutionnalisation des inégalités entre les hommes et les femmes.

Nous femmes musulmanes, nous femmes libres tout court :

– Nous dénonçons les propos de ce rapport, le complot intégriste contre les acquis et les projets en cours qui visent l’instauration de l’égalité des droits entre hommes et femmes dans les pays « musulmans ».

– Nous condamnons le prétexte du respect du relativisme culturel qui institutionnalise la discrimination et les inégalités entre hommes et femmes.

– Nous réitérons les recommandations du Congrès international des femmes marocaines – d’ici et d’ailleurs – pour l’Egalité (Casablanca 26-27 septembre 2003 ), sur la révision des conventions bilatérales et multilatérales et l’abolition de toute disposition contraire aux engagements internationaux dans les pays d’accueil, dans le respect de l’égalité des droits entre les hommes et les femmes.

– Nous appelons toutes les associations de femmes au plan international à se mobiliser afin de faire avorter ce complot qui menace de faire basculer le Canada, terre du respect des droits humains, dans le camp des pays légitimant les inégalités des droits ».

Casablanca, le 27 décembre 2004.


Michèle Vianès, présidente de Regards de femmes, Nouvelle offensive islamiste contre les femmes au Canada, 2005, http://sisyphe.org/spip.php?article1447

« Les femmes musulmanes auditionnées ont rappelé, d’une part, qu’il y avait de nombreuses interprétations de la sharia et que le modèle patriarcal perpétué par les traditions s’opposait frontalement aux principes du droit canadien : possibilité d’épouser 4 femmes, répudiation unilatérale par le mari, les enfants appartiennent à la famille paternelle, l’époux peut « corriger » son épouse, les femmes doivent obéissance à leur mari et demander des autorisations pour se déplacer, avoir un tuteur de mariage, pas de pension alimentaire, le témoignage d’une femme vaut seulement la moitié de celui d’un homme, donc le témoignage du mari l’emportera sur celui de sa femme, etc. Homa Arjomand a déclaré : « Nous avons besoin d’un Etat laïque et d’une société laïque qui respectent les droits de la personne. Il est crucial de s’opposer à la loi de la sharia et de subordonner l’islam au laïcisme et aux Etats laïques qui reposent sur le principe selon lequel le pouvoir appartient aux personnes et non à Dieu. La sharia n’est pas seulement une religion, elle est aussi intrinsèquement liée à l’Etat. Elle contrôle tous les aspects de la vie de individus, depuis la menstruation des femmes. L’individu n’a d’autre choix que d’accepter la règle s’il veut éviter des conséquences extrêmes car les non-croyants ne sont pas tolérés. »


Canadian Council of Muslim Women, Tribunals Will Marginalize Canadian Muslin Women and Increase Privatization of Family Law, 2004, http://sisyphe.org/article.php3?id_article=1462

Toronto, September 15, 2004 -The Canadian Council of Muslim Women (CCMW) recommends that family matters are best settled under Canadian and Ontario family law statutes and regulations. Separate arbitration tribunals to settle family matters under Sharia/Muslim family law will ghettoize and further marginalize vulnerable women.

(…)

« What is apparent is that Canadian Muslim women risk being ghettoized and their equality rights seriously violated in a country that is known in the world for its commitment to human rights, » said Pascale Fournier, the author of the study, who has studied the application of Sharia in several predominantly Muslim countries, as well as in Europe and North America. (…)

« Our preference is to see family matters being settled through existing family laws and the justice system being sensitized to the needs and aspirations of Canadian Muslim women. »

(Canadian Council of Muslim Women is a pro-faith organization committed to equity, equality and empowerment of Canadian Muslim women.)







LE 18 MAI 2017, L’IMAM DE LÉVIS, M. KARIM ELABED,

A FAIT L’ÉLOGE DE LA CHARIA

DEVANT UN PUBLIC

COMPOSÉ PRINCIPALEMENT DE QUÉBÉCOIS DE SOUCHE.

L’événement avait été organisé conjointement par

la Mosquée de Lévis

et Le Tremplin, Centre pour personnes immigrantes et leurs familles.

Le Tremplin est subventionné par la Ville de Lévis,

le Gouvernement du Québec,

le Gouvernement du Canada

et Centraide, entre autres;

il est censé être une organisation areligieuse.

La Mosquée de Lévis et l’imam Karim Elabed appartiennent

à la religion musulmane.

Le 18 mai 2017, lors de l’activité susmentionnée, au cours de laquelle seuls deux musulmans ont pris la parole,

la Mosquée et le Tremplin,

ont fait de la propagande religieuse en faveur de l’islam.

Le maire, Gilles Lehouillier, et le conseil municipal de Lévis continuent de subventionner Le Tremplin.


Les citoyens et les contribuables de Lévis, du Québec et du reste du Canada attendent des explications

de l’imam de Lévis (M. Elabed),

du président du conseil d’administration du Tremplin (M. Diarra),

du maire de Lévis (M. Lehouillier).





Des terroristes musulmans

aiment la charia

Des terroristes musulmans, tous peut-être, aiment la charia; l’une de leurs organisations porte le nom Ansar Al-Charia, traduit en français par  « Les défenseurs de la charia ».

Extrait de Révolutions arabes et jihadisme, ouvrage de Hatem M’rad :

« La civilisation, c’est d’ailleurs le seul combat qui vaille la peine. Ceui qui détermine les caractères propres de la vie culturelle, morale et matérielle des nations. Les modernistes, attachés à la sécularité de l’État et de la société, à la démocratie, aux libertés individuelles, font face dans le monde arabo-musulman à des islamistes et des fanatiques barbares et crimibels, adeptes du califat et de la chariâ, institutions provenant du 7e siècle, qui font de la politique une religion, de la religion une arme criminelle, et de l’être humain un objet de sacrifice à Dieu (comme les tribus vivant dans les forêts ou des les cavernes quu faisaient des offrandes humaines aux divinités pour calmer leur colère).

« Les jihadistes-terroristes nient la modernité, le progressisme, les droits humains, l’individualité de l’être et les valeurs démocratiques. Ils sont déterminés à trancher le conflit avec les mdernistes par la voie du sabre, du jihad, du meurtre, du terrorisme et de la « solution fnale ». Il leur est difficile de gagner ce combat par la voie démocratique. Les électeurs libres n’ont pas l’habitude de voter pour les adeptes dela terreur.

« En démocratie, on peut se conformer au choix de la majorité, comme ne pas s’y conformer. On peut encore, comme le dirait le philosophe radical Alain, obéir et résister, être responsable et être libre en même temps. Le décret islamo-terroriste ne vous laisse guère le choix. Il vous pousse à vous conformer à la « loi » de Dieu ou à mourir misérablement. Une sorte de manichéisme d’ordre humano-divin. L’hésitation même du « croyant » est condamnable. Elle est hérésie, comme toute autre individualité. Ele est une manière de jeter le doute sur la voie de Dieu.

Le terrorisme islamisle est au fond, lui aussi, un choix de « civiisation », tout comme la modernité elle-même. Mais une « civiisation » à reculons. Une civilisatuon négatrice de l’histoire, celle du nomadisme et du bédouinisme qu’on tente d’incoculer dans la civilisation du numérique au moyen de la violence. Même s’is ne se privent pas de recourir à la technologie numérique pour faire un bond rapide en arrière. C’est cela le véritable « clash » des civilisations, un clash cette fois-ci à l’intéreur même de la civilisation arabo-musulmane. »


Des penseurs musulmans poussent leurs coreligionnaires

à « se délivrer de la charia »

« Mohamed Talbi [1921-2017, auteur d’une trentaine d’ouvrages] était un historien, penseur et islamologue tunisien. Professeur émérite à l’université de Tunis, Mohamed Talbi a consacré une grande partie de sa vie au dialogue entre les religions et les cultures. » (https://www.franceculture.fr/emissions/questions-dislam/kalthoum-saafi-et-ghaleb-bencheikh-rendent-hommage-mohamed-talbi)

Talbi 1Pour Mohamed Talbi, « l’islam est compatible avec la démocratie, les musulmans doivent se délivrer de la charia, la liberté prime… »

(Florence Beaugé, Mohamed Talbi, libre penseur de l’islam, quotidien français Le Monde, 22 septembre 2006, https://www.lemonde.fr/europe/article/2006/09/22/mohamed-talbi-libre-penseur-de-l-islam_815801_3214.html)

Talbi 2 « Il n’y a que le Coran qui m’oblige », écrivait-il dans Penseur libre en islam (Albin Michel, 2002). « Je ne crois qu’au Coran et pas à la charia », déclarait-il à Jeune Afrique en 2015. Le premier est l’œuvre de Dieu, la seconde n’est qu’une « production humaine » qui « n’a rien à voir avec l’islam » et dont les musulmans « doivent se délivrer », affirmait-il au Monde dès 2006.

(Frédéric Bobin, Mohamed Talbi, l’éclaireur du Coran, Le Monde, 5 mai 2017, https://www.lemonde.fr/afrique/article/2017/05/05/mohamed-talbi-l-eclaireur-du-coran_5123219_3212.html)

Talbi 3 Un musulman peut-il vivre et pratiquer sa religion dans n’importe quelle société, aussi permissive soit-elle ? Oui, absolument, répond l’historien et penseur tunisien. Mais à une condition : l’abandon pur et simple de la Loi islamique telle qu’elle a été.

« Moi, Mohamed Talbi, je peux vivre ma vie et mon éthique de musulman dans n’importe quelle société, aussi permissive soit-elle. Parce que je m’assume en conscience sans m’immiscer dans les affaires des autres. »

(La charia ou l’islam, il faut choisir, Propos recueillis à Tunis par Dominique Mataillet, Jeune Afrique, 02 janvier 2006, http://www.jeuneafrique.com/68602/archives-thematique/la-charia-ou-l-islam-il-faut-choisir/


L’égalité des sexes à l’heure de la charia

Martine Letarte, Droits et justice – L’égalité des sexes à l’heure de la charia, Le Devoir, 5 mars 2005, https://www.ledevoir.com/societe/76127/droits-et-justice-l-egalite-des-sexes-a-l-heure-de-la-charia

La charia est sujette à diverses interprétations puisqu’elle n’est pas clairement écrite et codifiée. Elle est appliquée différemment dans chaque pays musulman, mais certaines règles familiales demeurent semblables.

Par exemple, contrairement à l’homme, la femme n’a pas le droit de demander le divorce. Si le couple se sépare, les enfants reviennent au père dès que le garçon a 7 ans et la fille, 9 ans. En matière d’héritage, la femme reçoit beaucoup moins que l’homme s’ils ont un lien de parenté égal avec le défunt.

(…)

«L’utilisation de la loi musulmane en droit de la famille est problématique puisqu’elle est souvent interprétée par des gens très conservateurs qui ne respectent pas les droits des femmes», constate Nuzhat Jafri, du Conseil canadien des femmes musulmanes.

Dans les deux provinces, on tente d’endormir la population en faisant valoir l’existence de tribunaux rabbiniques. Comme si on pouvait comparer l’extrême marginalité des juifs ultra-orthodoxes qui ont recours à ces tribunaux avec la demande actuellement sur la table. La communauté musulmane est en pleine expansion au Canada, dans un contexte international où plusieurs de ses membres se radicalisent et sont en mission contre les «impies». Les musulmans modérés ont beau les dénoncer, des politiciens les écoutent et on voit même des féministes cogiter sur la faisabilité d’une charia à la canadienne…

On croyait que la mort de Duplessis nous en avait guéri, il faudra donc le répéter: la religion n’a pas sa place dans la gestion de la Cité. Pour mieux s’en convaincre, le ministre Dupuis devrait demander à sa collègue Fatima Houda-Pépin, députée libérale et musulmane, d’assister à la rencontre. Il y a 20 ans déjà, elle combattait des leaders musulmans désireux d’établir au Québec un régime juridique fondé sur la charia. La lutte n’a pas changé.

Josée Boileau, Ne charrions pas ! (éditorial), Le Devoir, 14 décembre 2004, https://www.ledevoir.com/opinion/editoriaux/70700/ne-charrions-pas


Certes, l’État en France est encore extraordinairement solide. (…) Mais déjà de profondes fissures apparaissent dans cette construction qu’est la nation. Des quartiers entiers se transforment ainsi en communautés culturellement homogènes qui risquent de devenir, comme c’est le cas pour le quartier de Tower Hamlets à Londres, des enclaves fondamentalistes où se regrouperont les extrémistes de ces communautés immigrées.

Certaines diasporas** exigent maintenant une représentation politique propre, comme c’est le cas en Grande-Bretagne pour le parti Respect qui représente des électeurs musulmans d’origine asiatique. Une logique multiculturelle peut justifier la mise en place de systèmes juridiques distincts, comme c’est le cas au Liban et comme le suggéra il y a quelque temps l’archevêque de Canterbury. Risquent alors d’apparaître de mini-califats gérés selon la charia, qui pourraient provoquer dans notre pays le type même de rejet collectif susceptible de porter l’extrême droite au pouvoir. Le nihilisme qui anime déjà nombre de jeunes Français issus de cette immigration, tentés par une interprétation rigoriste de l’islam et pour certains par le djihad, constitue un risque additionnel et peut le cas échéant provoquer de graves déchirures dans notre tissu social déjà très fragilisé.

Serge Michailof *, Un questionnement sur le multiculturalisme, 2015, http://www.fondation-res-publica.org/Pouvons-nous-devons-nous-accueillir-tous-les-migrants_a936.html

* Serge Michailof, chercheur associé à l’IRIS [Institut de Relations Internationales et Stratégiques], auteur de « Africanistan: L’Afrique en crise va-t-elle se retrouver dans nos banlieues ? » (14 octobre 2015, éd. Fayard) au colloque « Le modèle français d’intégration » du 23 novembre 2015. M. Serge Michailof est Chevalier de la Légion d’Honneur, de l’Ordre du Mérite français, et de l’Ordre du Lion sénégalais.


« La shari’a [charia] a donc connu bien des interprétations diversifiées : l’histoire nous dit qu’elle n’a été appliquée entièrement que très rarement et les Sunnites ont toujours su transiger avec les exigences du moment ou du pouvoir. Il n’empêche qu’elle demeure un idéal d’autant plus désiré que les musulmans se trouvent aujourd’hui en conflit avec d’autres mondes politique ou religieux: paradoxalement ce sont les signes symboliques du vêtement ou des habitudes alimentaires qui prennent alors une importance démesurée. C’est bien là ce que prônent de nos jours les fondamentalistes, prenant comme modèle de la vie sociale celle qui est vécue en Arabie saoudite. »

(Maurice Borrmans, Pour comprendre les musulmans, Paris, © Médiaspaul, 2010, p. 36 – Édition originale : ABC per capite i musulmani, Milano, © Edizioni San Paolo s.r.l. 2007)


« … les conflits entre l’interprétation de la charia et les droits de l’homme sont multiples. La charia n’a pas permis d’abolir carrément et expressément l’esclavage, même si ses règles font de la libération d’un esclave converti un acte méritoire et récompensé. Les châtiments corporels (hudûd) vont à l’encontre des droits de l’homme, mais sont prescrits explicitement par la charia.

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« La liberté de culte est également problématique dans ce contexte. En effet, le verset coranique édictant qu’il n’y a point de contrainte dans la religion ne peut pas faire oublier d’autres prescriptions coraniques discriminantes envers ceux considérés comme apostats, tel : « Quand vous rencontrerez les infidèles, tuez-les jusqu’en faire un grand carnage. Et serrez les entraves des captifs que vous aurez faits. » (Coran 47 : 4). Il en va de même de la situation de la femme qui comprend la légitimité religieuse du port du voile. Ce dernier est sujet de débat jusqu’à aujourd’hui,hui entre une mouvance majoritaire soucieuse de préserver le voile de la femme comme un ordre divin, et une autre, religieuse aussi, mais dissidente, qui le rejette expressément. La polygamie perçue comme une injustice par la Déclaration des droits de l’homme de 1948, reste une pratique sauvegardée par les dispositions de la charia et perpétuée par le droit interne des pays de l’espace musulman. La même perception s’applique à la procédure du divorce par l’homme et la demande du divorce par la femme, ainsi qu’à la question de l’héritage où la charia a institué un droit de la femme à hériter la moitié de la part du garçon.

« En conclusion, il faut noter que les sujets de controverse, aussi bien du côté chrétien que du côté musulman, constituent un blocage sérieux pour le dialogue islamo-chrétien, qui exige de respecter la liberté de conscience de l’interlocuteur. Ce dialogue est appelé à englober les droits de l’homme, seul garant du « vivre ensemble ».

Sami Aoun *, Le Retour turbulent de Dieu. Politique, religion et laïcité, Médiaspaul, © 2011, p. 109-111

* Politologue, spécialiste du Moyen-Orient, Sami Aoun est professeur titulaire à l’École de politique appliquée de l’Université de Sherbrooke (Québec). Il a écrit plusieurs livres : Aujourd’hui l’Islam Fractures, intégrisme et modernité;  L’Islam entre tradition et modernité; Mots-clés de l’islam; etc.


« Les wahabites ont une lecture salafiste de la charia, c’est-à-dire une interprétation qui correspond aux premiers siècles de l’islam. Mais ils prônent une application progressive de la charia pour ne pas détourner le peuple de leur projet politique ou susciter l’animosité face à leur pratique comme cela s’est passé ailleurs (Afghanistan, Soudan, Algérie…)»,

ajoute Mathieu Guidère. (Slate Afrique, http://www.slateafrique.com/94717/la-charia-comment-sapplique-t-elle-dans-le-nord-du-mali)


CHARIA ET DÉCLARATION DES DROITS DE L’HOMME

« Il était une fois la déclaration universelle des droits de l’homme. Ce texte […] reste en vigueur même si, dans la pratique, il n’a guère été respecté sinon par une minorité d’Etats de par le monde. Mais aujourd’hui, une majorité de pays membres de l’ONU refusent de reconnaître l’universalité des droits de l’homme.

«Depuis une douzaine d’années, la référence à des droits universels reconnus par tous les Etats a été graduellement marginalisée au profit d’une référence aux droits des « cultures, des civilisations et des religions, censés converger vers une paix perpétuelle grâce à la vertu miraculeuse du « dialogue »», écrit Jeanne Favret-Saada, anthropologue et psychanalyste, dans un livre court mais dense [Jeux d’ombres sur la scène de l’ONU, L’Olivier, 86 pp.]. […] les plus lucides des hauts fonctionnaires onusiens n’en reconnaissent pas moins qu’avec les rapports de force entre les 192 pays représentés à l’ONU, il serait aujourd’hui impossible d’adopter le texte de la déclaration universelle des droits de l’homme voté en 1948.

« Le glissement commence en 1990 quand 57 pays de l’ONU regroupés dans l’Organisation de la conférence islamique (OCI) adoptent la Charte du Caire posant que « l’Ummah islamique dont Dieu a fait la meilleure communauté» constitue un modèle pour toute l’humanité. Et qu’en dernière analyse la charia (la loi islamique) reste «la référence suprême » pour l’interprétation des articles de ce texte fondateur. « Or ces droits universels de l’homme dans l’islam ne comportent pas pour l’individu le droit de professer la religion de son choix, de quitter sa religion ou de n’en avoir aucune », rappelle Jeanne Favret-Saada soulignant que ce précédent a ouvert la voie : « L’ONU n’a pas pu, ou pas voulu, contraindre l’OCI à adopter les normes qui fondent l’ordre international, de sorte que rien ne s’opposera par la suite à ce que certains Etats de l’OCI président les cessions du comité des droits de l’homme de l’ONU, fassent des rapports sur la situation de ces droits dans le monde ou exigent des sanctions contre tel ou tel pays. »

(Marc Semo, Religions, ONU soit qui mal y pense, Libération. 28 août 2010, http://www.liberation.fr/planete/2010/08/28/religions-onu-soit-qui-mal-y-pense_674903)


À propos, encore une fois, de la Soirée d’échange avec la communauté musulmane tenue à Lévis (Québec)

Lévis (Québec), le 27 juillet 2018

Monsieur Elhadji Mamadou Diarra

Président du conseil d’administration

Le Tremplin Centre pour personnes immigrantes et leurs familles

Lévis (Québec)

Monsieur,

Permettez-moi de vous inviter à lire cette déclaration :

Pour le bien des citoyennes et des citoyens du Québec et du « pays » qu’ils forment, il est essentiel de dénoncer les faux dialogues entre les musulmanes et les musulmans, d’une part, et les non-musulmanes et les non-musulmans, d’autre part, de même que les affirmations inexactes, approximatives, inacceptables faites dans le cadre de ces dialogues ou dans d’autres contextes. Faux dialogues, demi-vérités et mensonges mènent à un cul-de-sac. La mauvaise foi n’est pas le fait d’amis.

Le 18 mai 2017, à Lévis, des citoyennes et des citoyens ont participé à une activité appelée « Vivre ensemble : Soirée d’échange avec la communauté musulmane », organisée par la Mosquée de Lévis et Le Tremplin Centre pour personnes immigrantes et leurs familles. L’imam de la Mosquée locale, M. Karim Elabed, et la porte-parole de la communauté musulmane de Québec, Mme Marie-Josée Coulombe (qui a dit être une Québécoise de souche convertie à l’islam), ont été les principaux protagonistes de cette soirée. Je vous ai déjà écrit au sujet de cette soirée.

Je vous ai rappelé que l’activité « Vivre-ensemble : Soirée d’échange avec la communauté musulmane » devait servir à M. Elabed et à Mme Coulombe, selon Le Tremplin, à atteindre le but suivant : « démystifier la religion musulmane et la culture islamique, faisant le rapprochement entre les valeurs islamiques et les valeurs de la société québécoise ».

Je vous ai dit que Le Tremplin et son conseil d’administration avaient commis une erreur en faisant appel uniquement à des musulmans pour « démystifier » l’islam et la culture des musulmanes et des musulmans (comme si l’islam était pratiqué de la même façon partout, comme si la culture des adeptes de l’islam français était identique à celle des musulmanes et des musulmans de l’Arabie saoudite), et ce, devant un auditoire qui ne pouvait pas savoir si ces musulmans avaient la formation requise pour remplir leur mission convenablement (que savaient ces musulmans de la théologie musulmane et de la théologie catholique, par exemple?), sans savoir s’ils étaient capables de faire l’examen du christianisme et des valeurs québécoises, et de faire l’examen de leur religion et de leurs valeurs, qu’ils vénèrent sans doute, sans les embellir, devant un auditoire probablement composé surtout de catholiques ou de personnes ayant grandi auprès de parents catholiques, des personnes, faut-il ajouter, qui n’avaient peut-être jamais tenu un exemplaire du Coran entre leurs mains, jamais lu un livre sur l’islam, et qui peuvent difficilement trouver quelque chose à redire à des musulmanes ou à des musulmans qui leur parlent, du haut d’une estrade, de points de doctrine, de dogmes, de droits humains islamiques, de la loi islamique (charia) présentée sous un très beau jour, le 18 mai 2017, par l’imam Elabed qui devait pourtant : savoir que la charia est la « Loi canonique islamique régissant la vie religieuse, POLITIQUE, SOCIALE et individuelle, appliquée de manière stricte dans certains États musulmans », écrit Larousse (https://www.larousse.fr/dictionnaires/francais/charia/14756); M. Elabed devait pourtant savoir que la charia est la traduction juridique du Coran (Mohammed Arkoun, professeur d’histoire de la pensée islamique à la Sorbonne, ABC de l’islam, Paris, Éditions Grancher, © 2007, p. 86); M. Elabed devait pourtant savoir que, en 2014, « La Tunisie tourne le dos à la charia », lit-on dans Le Monde, au https://www.lemonde.fr/international/article/2014/01/07/la-tunisie-officialise-le-renoncement-a-la-charia_4343892_3210.html, « La Tunisie s’affranchit de la charia », lit-on au https://www.lesechos.fr/08/01/2014/LesEchos/21600-030-ECH_la-tunisie-s-affranchit-de-la-charia.htm, « La Tunisie rejette la charia », lit-on dans le quotidien montréalais La Presse, au http://www.lapresse.ca/international/afrique/201401/04/01-4725613-constitution-la-tunisie-rejette-la-charia.phà.

– NOTE importante : « La grande majorité des Tunisiens sont des musulmans sunnites », écrit l’Observatoire de la liberté religieuse, au http://www.liberte-religieuse.org/tunisie/.

Servirait-il à quelque chose que nous dialoguions, vous et moi? Je pense que oui. Mais pas en tête-à-tête entre quatre murs, bien sûr; il y a beaucoup mieux à faire : je vous propose que nous nous exprimions tous les deux par écrit, que nous échangions des lettres, et que toutes nos paroles soient rendues publiques dans le site web du Tremplin ainsi que dans mon blogue, www.lepasseurdelacote.com; de cette façon, nos dires parviendraient à un certain nombre de nos concitoyennes et concitoyens (et à d’autres personnes, le web étant ce qu’il est), et ils pourraient leur être utiles; ils seraient beaucoup plus utiles que si nous les gardions pour nous deux. Qu’en pensez-vous?

Cette lettre et votre réponse, si vous me répondez, seront publiées au WWW.LEPASSEURDELACOTE.COM.

Recevez, Monsieur, mes salutations distinguées.

Roger Martel, citoyen de Lévis (Québec)

P.-S. Ce message sera transmis à des employés du Tremplin.