Pétition contre la francophobie au Canada

http://francophobie.org/formulaire.php

Cliquez sur le lien ci-dessus pour signer la pétition contre la francophobie.

 

UNI-E-S CONTRE LA FRANCOPHOBIE

Au Québec, dans tous les milieux, on condamne de plus en plus haut et fort la misogynie, l’homophobie, l’intimidation, l’islamophobie et les préjugés contre les Autochtones. Une autre forme de discrimination, la francophobie, tend à réapparaître. Aujourd’hui, nous unissons nos voix pour la dénoncer!

La période post-référendaire sur la question linguistique a été qualifiée par certains de « paix linguistique ». Ce fut aussi l’époque du mouvement « partitionniste » et du « Québec bashing » que des sociologues ont reconnu comme des dérapages racistes à l’égard du Québec. On a tenté de réprimer toute réaction aux affaiblissements de la Charte de la langue française et au déclin du français au Québec et au Canada en les qualifiant pour les minimiser de « vieilles chicanes stériles ».

Le fait de défendre la langue et la culture françaises a été taxé de fermeture d’esprit, de repli culturel et de passéisme. Pourtant, avoir une langue et une culture commune est un facteur d’inclusion de tous les citoyens à une société d’accueil. Il existe des lois linguistiques partout dans le monde, soit dans quelque 190 États et 110 pays, dont le Canada et les États-Unis. Pourquoi le Québec ferait-il exception à la règle?

En somme, les indépendantistes, les francophones, les francophiles, le Québec français au grand complet sont qualifiés d’intolérants, sinon de racistes, dans plusieurs médias anglophones au Québec et au Canada, y compris dans certains médias francophones.

Plusieurs de ces médias auraient peut-être un certain examen de conscience à faire. Nous ne saurons probablement jamais s’il y a eu un lien de causalité entre l’attentat et le meurtre perpétré le soir de l’élection du Parti québécois le 4 septembre 2012 et la campagne francophobe véhiculée dans certains médias, mais, chose certaine, nous pouvons affirmer qu’elle n’a pas contribué et ne contribue toujours pas à faire baisser la tension. Aujourd’hui, nous condamnons l’agression du 4 septembre et les propos qui auraient pu encourager le présumé auteur à agir!

Ce n’est pas d’hier qu’au Canada anglais on tente d’intimider et de culpabiliser les promoteurs et les défenseurs de la langue française. L’opposition à des services en français pour les communautés francophones et acadiennes y est souvent exprimée avec acrimonie.

Ces allégations contre l’aménagement linguistique québécois sont éminemment discriminatoires, car une même politique est jugée différemment selon qu’elle s’applique au Québec ou au Canada anglais. L’accès à tous les services en anglais pour toute la population en tout temps et partout au Québec serait un droit fondamental, alors que dans le reste du Canada, on passe sous silence l’absence généralisée des services en français aux francophones. Voilà un bel exemple des deux poids, deux mesures. Et on omet de rappeler qu’à partir des débuts du régime britannique jusqu’aux années 1960, des provinces canadiennes sont devenues majoritairement anglophones en ayant recours à des lois prohibant l’usage du français aux francophones dans les écoles et dans les institutions publiques. Plus de 75% des francophones hors Québec ont été anglicisés par ces mesures assimilationnistes.

Depuis quelques années, malgré ce discours dénigrant, plusieurs personnalités sont sorties publiquement pour s’opposer aux reculs du français et de l’aménagement linguistique. Voyant les défenseurs de la langue française se mobiliser, le vrai visage de la francophobie se dévoile peu à peu. Depuis que le Parti québécois parle de bonifier la Charte de la langue française, la diabolisation des francophones va jusqu’à associer au nazisme les groupes pacifiques de défense et de promotion du français. Les injures ont atteint une rare et inquiétante intensité dans le cadre du débat sur la laïcité au Québec.

Ces étiquettes accolées aux francophones entretiennent des préjugés de façon durable. Ces accusations abusives créent la division en suscitant la peur et la méfiance chez les nouveaux arrivants et les anglophones, les aliénant de la société québécoise ou canadienne-française. Elles tendent à délégitimer le français comme langue commune et d’intégration, et le droit du peuple québécois à l’autodétermination.

Nous n’affirmons pas qu’il y ait plus ou moins de racisme ou d’intolérance au Québec qu’ailleurs. Aujourd’hui, nous unissons nos voix pour dire que nous n’accepterons plus de nous faire intimider en nous laissant qualifier collectivement de racistes! Nous considérons que le dénigrement généralisé n’est acceptable envers aucun groupe d’appartenance ou de communauté culturelle.

Aujourd’hui, nous invitons les citoyennes et les citoyens du Québec, du Canada et de partout à se lever pour rejeter le discours d’intimidation et de mépris et clamer bien haut qu’un débat démocratique doit se fonder sur le respect et la dignité.

SOURCE : http://francophobie.org/declaration.php

Forum mondial de la langue française (Québec, 2012)

Déclaration du Mouvement Québec français

à l’occasion du Forum mondial de la langue française

Juillet 2012

Nous, citoyennes et citoyens regroupés dans le Mouvement Québec français, lançons un appel pressant à la mobilisation et à l’action!

Au regard des faits, la situation actuelle du français est claire : le pouvoir d’attraction de l’anglais reste largement supérieur à celui du français. Le français n’est pas la langue commune. Alors que la population francophone est maintenant sous les 50 % à Montréal et sous les 80 % dans l’ensemble du Québec, il est impérieux qu’un mouvement national pour le français voit le jour.

Nous avons joué à l’autruche assez longtemps, il est urgent que le débat linguistique se fasse partout au Québec car l’anglicisation a déjà un impact important dans l’ensemble de notre territoire.

Nous voulons combattre le défaitisme ambiant, qui pousse à l’inaction et à la capitulation devant la fragilité du français en Amérique du Nord.

Il ne faut plus accepter que les employés de toutes les régions et les travailleurs issus de l’immigration voient leur droit de travailler en français bafoué même quand leurs emplois ne nécessitent pas de communication avec l’extérieur du Québec.

Nous dénonçons le surfinancement des cégeps, des universités, des hôpitaux et des autres institutions anglophones à Montréal, qui se fait au détriment du financement gouvernemental de ces institutions dans les autres régions.

Faire du français la langue publique commune et assurer son avenir doit constituer l’axe central d’une mobilisation de toutes les composantes de la société civile dans l’ensemble du Québec.

Les Québécoises et les Québécois n’ont pas à se culpabiliser de vouloir-vivre en français. Il existe des lois et des modes d’aménagement linguistique partout au monde. Dans la plupart des États, sur un territoire donné, l’éducation et les services gouvernementaux sont offerts dans la langue officielle et commune.

En tant que citoyens et citoyennes du Québec, nous avons aussi la responsabilité d’exiger que des moyens adéquats permettent l’apprentissage du français pour les nouveaux arrivants comme pour tous les citoyens.

La Charte de la langue française visait à faire du français « la langue de l’État et de la loi aussi bien que la langue normale et habituelle du travail, de l’enseignement, des communications, du commerce et des affaires ».

La loi 101 n’a pas été conçue contre le bilinguisme individuel, mais contre le bilinguisme institutionnel. Elle visait à faire du français non pas l’une des langues officielles, mais plutôt la seule langue officielle du Québec. Elle devait faire du français non pas la langue des seuls francophones, mais la langue commune de tous les Québécois. Le français comme langue commune du Québec est essentiel à la cohésion sociale et à l’inclusion de tous les citoyens.

Il s’agit d’une condition essentielle pour assurer l’avenir du français au Québec, seul État majoritairement francophone de l’Amérique du Nord.

En tant que citoyens et citoyennes du monde, nous avons la responsabilité de défendre et de promouvoir la différence culturelle et linguistique du Québec.

Comme le disait Pierre Bourgault, « quand nous défendons le français chez nous, ce sont toutes les langues du monde que nous défendons contre l’hégémonie d’une seule. »

Mais la loi 101 a été férocement combattue dès son adoption. La constitution canadienne de 1982, signée sans l’accord du Québec, a ouvert la voie à l’invalidation de plusieurs de ses articles. La Charte de la langue française a subi plus de deux cents modifications depuis son adoption.

Le dernier coup a été donné par la Cour suprême du Canada qui a invalidé la loi 104 contre les écoles passerelles, loi adoptée à l’unanimité par l’Assemblée nationale du Québec.

NOUS, citoyens de toutes les régions du Québec, prévaudrons si nous sommes solidaires, et c’est solidaires qu’aujourd’hui nous demandons au gouvernement du Québec un renforcement majeur de la loi 101 et son application prioritaire dans les secteurs de l’éducation, des services publics et des milieux de travail.

Portant bien haut le flambeau de la langue française en Amérique du Nord, nous disons :

Vive la loi 101, Vive le Québec français!

(Source : http://quebecfrancais.org/declaration)


 Manifestation du Mouvement Québec Français, le 2 juillet 2012, à Québec.
Photos : Le Passeur de la Côte (Roger Martel)

LA SITUATION LINGUISTIQUE, LA LANGUE FRANÇAISE ET LA LANGUE ANGLAISE AU QUÉBEC ET AU CANADA

QUELQUES CITATIONS

NOTE IMPORTANTE : La plupart des citations suivantes sont tirées d’un manuscrit terminé vers 1975. Avant le 7 juillet 2012, on les trouvera aussi, avec beaucoup d’autres, au  http://lequebecpardescitations.wordpress.com/

LA CHARTE DE LA LANGUE FRANÇAISE

La Charte en ligne :

http://www2.publicationsduquebec.gouv.qc.ca/dynamicSearch/telecharge.php?type=2&file=/C_11/C11.html

http://fr.wikipedia.org/wiki/Charte_de_la_langue_française

http://www.tlfq.ulaval.ca/axl/amnord/quebecmodif.htm

http://www.oqlf.gouv.qc.ca/charte/reperes/reperes.html

http://www.cslf.gouv.qc.ca/vivre-en-francais-au-quebec/politique-linguistique-et-charte-de-la-langue-francaise/

Langue distinctive d’un peuple majoritairement francophone, la langue française permet au peuple québécois d’exprimer son identité. L’Assemblée nationale reconnaît la volonté des Québécois d’assurer la qualité et le rayonnement de la langue française. Elle est donc résolue à faire du français la langue de l’État et de la Loi aussi bien que la langue normale et habituelle du travail, de l’enseignement, des communications, du commerce et des affaires. L’Assemblée nationale entend poursuivre cet objectif dans un esprit de justice et d’ouverture, dans le respect des institutions de la communauté québécoise d’expression anglaise et celui des minorités ethniques, dont elle reconnaît l’apport précieux au développement du Québec. L’Assemblée nationale reconnaît aux Amérindiens et aux Inuit du Québec, descendants des premiers habitants du pays, le droit qu’ils ont de maintenir et de développer leur langue et culture d’origine.Ces principes s’inscrivent dans le mouvement universel de revalorisation des cultures nationales qui confère à chaque peuple l’obligation d’apporter une contribution particulière à la communauté internationale.

Charte de la langue française, 1977,, L.R.Q., chapitre C-11, Préambule

C’est une chose que l’anglais soit une langue séduisante puisqu’elle facilite les échanges sur cette petite planète, c’en est une autre qu’une société aussi particulière que la nôtre ne préserve pas collectivement son identité linguistique. On connaît maintenant les limites de la Charte, c’est un devoir de les corriger.

Josée Boileau, Charte de la langue française – Se réveiller, Le Devoir, 29 mars 2012

LA LANGUE

Pour qu’une langue et une culture survivent, il faut un peuple qui les porte et un milieu qui les supporte.

ARÈS. Richard. Relations, octobre 1964.

La conservation de la langue est absolument nécessaire à la conservation de la race, de son génie, de son caractère et de son tempérament.

BOURASSA, Henri. La langue française et l’avenir de notre race, 1913.

[…] au sein d’une organisation sociale qui accorde priorité à une langue dans une société pluraliste, les langues secondaires deviennent de moins bons instruments de culture que la langue dominante.

BRAZEAU, Jacques. Différences linguistiques et carrières, The Canadian Journal of Economics and Political Science, novembre 1958.

Une langue ne peut se maintenir et exprimer une culture que si ceux qui la parlent ont la liberté et les moyens d’exister comme collectivité distincte. Des individus isolés qui conservent par piété filiale ou par entêtement une langue en voie de disparition ne constituent pas une société.

BRUNET, Michel. L’itinéraire des Français en Amérique du Nord et les accidents de l’histoire, La Presse, septembre 1970.

La langue est un bien commun, et c’est à l’État comme tel de la protéger. L’État protège les orignaux, les perdrix et les truites. On a même prétendu qu’il protégeait les grues. L’État protège les parcs nationaux, et il fait bien : ce sont là des biens communs. LA LANGUE AUSSI EST UN BIEN COMMUN, et l’État devrait la protéger avec autant de rigueur. Une expression vaut bien un orignal, un mot vaut bien une truite.

DESBIENS, Jean-Paul. Les Insolences du frère Untel, Éditions de l’Homme, 1960.

Depuis le début de l’histoire moderne, les nations se sont définies avant tout en fonction de la langue. La sociologie et la psychologie nous font connaître l’importance du facteur linguistique dans la formation des individus et des groupes. La langue est le premier élément de la culture : elle comporte tout un réseau de symboles collectifs et de valeurs inconscientes; elle est un instrument quotidien d’échanges et de communication, le véhicule de la pensée; elle façonne l’être humain en profondeur et l’insère dans la société.

ÉTATS GÉNÉRAUX DU CANADA FRANÇAIS. Les Cahiers des États généraux du Canada français, octobre 1967.

[…] en utilisant une langue qui fourche, on pense en boiteux.

MAJOR, André. À joual donné… Le Devoir, novembre 1969.

La langue pour un peuple a un caractère de nécessité absolue.

MIRON, Gaston. Cité par Luc Perrault, La Presse, juin 1973.

[…] chaque race trouve en sa langue le miroir de ses conceptions et l’instrument approprié de sa vie. C’est dire que le droit à la langue est fondé sur la constitution de l’homme, que c’est donc un droit naturel. […] La langue appartient tellement au patrimoine de la race et à la substance de ses droits que tous les peuples s’en sont montrés particulièrement jaloux, et que plusieurs d’entre eux qui, par la force des choses, durent en subir la perte, se font gloire aujourd’hui d’y revenir, et estiment leur sort lié et leur honneur associé à la résurrection de l’idiome national.

PAQUET, L.-A. Études et appréciations, 1918.

Une langue est d’autant plus vivante et bien conservée qu’elle correspond à une nécessité constante de la vie quotidienne privée et publique, et cela sous sa forme écrite aussi bien que sous sa forme orale… Sans cet arrière-plan et ces motivations sociologiques, l’enseignement de la langue maternelle à l’école aboutira toujours plus ou moins à une impasse.

RAPPORT PARENT, 1963-1966.

Pour s’imposer et survivre, une langue doit de toute nécessité être tenue par ceux qui la parlent pour langue utile et langue de promotion sociale, sans quoi elle risque de deviner à plus ou moins brève échéance langue folklorique ou objet de musée…

SOCIÉTÉ SAINT-JEAN-BAPTISTE, 27e congrès annuel, octobre 1963.

[…] l’inutilité d’une langue et son manque de prestige mène à l’abâtardissement du lexique et de la syntaxe puis finalement à l’abandon progressif. Un peuple ne parle pas une langue par patriotisme; il faut que les structures économiques et l’organisation sociale l’y poussent.

TREMBLAY, Jean-Noël. Mieux dire, octobre 1966.

LA LANGUE FRANÇAISE

Le français est le langage de l’âme. Tout le monde a une âme. Tout le monde se mettra au français.

CLOUTIER, Eugène. Hôtel Hilton, Pékin

Le français dispose d’un vocabulaire technique aussi riche, aussi précis que l’anglais…

CORBEIL, Jean-Claude. Propos rapportés par Pierre Turgeon, Perspectives, octobre 1973.

Le français n’est pas plus difficile que l’anglais; et il a des ressources d’expression dont ne jouira jamais son rival.

D’ANJOU, Joseph. Relations, no 273.

La langue française est robuste, convaincante, électrisante même, lorsque l’honneur et le patriotisme l’animent. […] La langue française, joyau de la civilisation, est la langue de la culture, d’où, dans ce domaine, sa vocation à l’universalité. C’est la reine de la ruche bourdonnante des peuples.

PICARD, Gérard. Brève histoire de la langue française, La Presse, 1er et 2 août 1973.

LA LANGUE FRANÇAISE AU CANADA ET AU QUÉBEC

[…] au Québec en général et à Montréal en particulier, les francophones sont en voie de devenir minoritaires surtout parce que la quasi-totalité des immigrants s’assimilent à la majorité anglophone. Ce phénomène, qui est probablement unique au monde, est la conséquence de notre infériorité économique et de notre dépendance politique ainsi que de l’absence d’une politique linguistique sérieuse.

À bas le bill 63! édition spéciale du Pouvoir, no 4, 1971.

Il ne s’agit nullement de savoir s’il faut imposer le français pour protéger les intérêts de la collectivité québécoise. Il s’agit tout simplement de constater que le Québec est français et que comme dans tous les pays normaux du monde, l’enseignement public doit se donner dans la langue du pays. Tout simplement, un point c’est tout.

ANGERS, François-Albert. Lettre, Le Devoir, 1972.

Le français peut et doit devenir la première langue tant de l’État que de la société québécoise et la seconde langue des autres groupes ethniques qui habitent le Québec.

ARÈS, Richard, 1963.

Le problème de la défense du français au Canada nous semble à nous se présenter dans l’ordre suivant : 1. L’apprendre, ce que, à l’heure actuelle, 999 de nos compatriotes sur 1 000 ne font pas; 2. S’en servir pour son compte, ce que, dans leurs relations avec les Anglais, quatre-vingt-quinze pour cent des Canadiens français des classes dirigeantes négligent de faire; 3. Travailler ensuite, sans aigreur et sans jactance, verbale ou autre, à la faire respecter partout où son usage est de droit naturel ou constitutionnel. Par malheur, nous ne remplissons pas les deux premières de ces conditions.

ASSELIN, Olivar. L’Ordre, avril 1934.

Pour assurer à la langue française la place qui lui revient en Amérique du Nord, nous devons la faire régner dans un pays libre : c’est là ma conviction inébranlable.

BARBEAU, Raymond. Le Québec bientôt unilingue? Éditions de l’Homme, 1965.

If French Canadians want to spread their language, they should do it themselves. Bilingualism is a dream in western Canada.

BENNETT, W.A.C. Cité par John Marshall, The Telegram, avril 1969.

[…] le français doit bénéficier d’une attention prioritaire dans ce Québec nouveau que nous voulons bâtir. La langue nationale des Canadiens français ne saurait être un dialecte appauvri, terne, inharmonieux, corrompu dans sa syntaxe et restreint dans son vocabulaire. Il faut qu’elle soit une langue de qualité internationale, qui nous permette de communiquer pas seulement entre nous, mais aussi avec les trente autres pays où le français a rang de langue officielle. Il faut de plus qu’elle soit une langue vivante, capable d’exprimer les multiples aspects de la réalité quotidienne, et non pas une langue purement livresque et dissociée de la vie réelle. Ce qui veut dire qu’au Québec, le français devrait être normalement la langue de travail de la très grande majorité de la population.

BERTRAND, Jean-Jacques. Discours, septembre 1969.

Le jour où nous aurions perdu notre langue, nous serions peut-être des Anglais médiocres, des Écossais passables, ou de mauvais Irlandais, mais nous ne serions plus de véritables Canadiens.

BOURASSA, Henri. Discours, 1912.

Dans un contexte où il est marginal, il faut donner au français le maximum de chances et de protection en territoire québécois. On ne peut assurer vigueur et dynamisme au français qu’avec le soutien de l’État.

COMMISSION GENDRON. Rapport, 31 décembre 1972.

[…] le français des Canadiens (le français parlé, par opposition au français écrit) est une des variétés innombrables du français authentique, mais […] il ne saurait être un dialecte ni un patois.

DAVIAULT, Pierre. Encyclopédie Grolier, 1947-1948.

L’État québécois devrait exiger, par loi, le respect de la langue française, comme il exige, par loi, le respect des truites et des orignaux.

DESBIENS, Jean-Paul. Les Insolences du Frère Untel, Éditions de l’Homme, 1960.

L’usage du français comme critère de l’identité dépasse aujourd’hui en importance la religion, la résidence territoriale, le nom de famille ou même le lieu de naissance. La notion de nation canadienne-française est elle-même liée à l’idée de la priorité de la langue française comme signe de l’identité nationale.

GARIGUE, Philippe. L’Option politique du Canada français, Éditions du Lévrier, 1963.

Si, dans les autres provinces du Canada, tous les citoyens doivent nécessairement posséder une connaissance suffisante de l’anglais du fait qu’il s’agit de la langue de la majorité, il doit en être de même pour tous les citoyens québécois quant au français. Comme il s’agit, dans les deux cas, de langues à caractère international, nous ne croyons pas léser les citoyens québécois de langue anglaise en leur facilitant l’étude et l’usage du français, bien au contraire.

GOUVERNEMENT DU QUÉBEC. Mémoire présenté lors de la conférence fédérale-provinciale de février 1968.

notre petit peuple, celui de l’usine, des quartiers ouvriers, est une grande victime, non coupable. Qu’a-t-on fait pour lui ménager l’évolution, pour amoindrir le choc? On lui a prêché sur tous les tons l’étude de l’anglais, encore de l’anglais, toujours plus d’anglais. […] Et, sans doute, fallait-il de l’anglais, mais en fallait-il au détriment du français? Fallait-il oublier que peu de têtes peuvent porter deux langues sans les mêler?

GROULX, Lionel. Le Devoir, décembre 1960.

Il [Dunn] me demande de prononcer dans une autre langue que ma langue maternelle, le premier discours que j’ai à prononcer dans cette chambre! Mais je dois informer l’honorable membre […] que quand même la connaissance de la langue anglaise me serait aussi familière que celle de la langue française, je n’en ferais pas moins mon premier discours dans la langue de mes compatriotes canadiens-français.

LAFONTAINE, Louis-Hippolyte. Discours, 1842.

Le sort du français est donc décidé à l’avance : c’est notre langue qui finira par sortir de l’usage… Là où il parle aussi facilement l’anglais que le français, le Canadien français – classe moyenne, peu instruite – en vient à parler le français à l’anglaise (grammaire et phrase), de surcroît, il pense en anglais.

LALIBERTÉ, J. L’Action nationale, février 1959.

L’aliénation de notre langue est peut-être notre réalité la plus tragique, non seulement parce qu’elle fait de nous des êtres diminués, prisonniers d’un silence que les jurons les plus brutaux rompent à peine, à la manière des grognements d’un sourd-muet, mais encore parce qu’elle entraîne un réflexe d’hostilité qui rend suspecte toute communication difficilement amorcée et nous porte à fuir.

LANGEVIN, André. Liberté, mars-avril 1964.

Les gallophiles extrémistes optent pour l’identification. Ils soutiennent que notre langue (phonétique, vocabulaire, syntaxe) doit s’identifier complètement au français parisien. Les partisans de l’indépendance absolue affirment au contraire que nous devons recréer un français au moins original à même notre langue populaire, sans égard à l’usage de la métropole sinon en opposition avec lui […] de ces deux modes réactionnels (identification, opposition), l’attitude de l’imitation libre semble plus normale.

LAURENCE, Jean-Marie. Littérature et patriotisme, 1953.

Au Québec, singulièrement, et à moins de se réfugier dans l’académisme pur, l’avenir ou mieux le salut du français est lié étroitement à la transformation de la situation politique et constitutionnelle comme au relèvement de la condition économie-sociale du peuple canadien-français. Plus qu’ailleurs l’état de la langue est le reflet de la situation globale.

LÉGER, Jean-Marc. Le bien commun de tous les francophones, Le Devoir, 1968.

Parlez français chez vous si vous voulez, mais pas à l’école.

LE JUGE LENNOX. Paroles adressées au sénateur Belcour, défenseur de la cause de la majorité canadienne-française de la commission des écoles séparées d’Ottawa, 1914.

[All Canadians] except the French people themselves, shall be relieved of any obligation to carry on their business or conversation in French.

MARITIME LOYALIST ASSOCIATION. Cité par Robert Macdonald, The Telegram, mai 1969.

En faisant graduellement du Québec une province authentiquement française, on protégera la langue et la culture française […]. Qu’adviendra-t-il des Québécois de langue anglaise? Ils auront tout simplement à apprendre la langue de la société dans laquelle ils vivent, comme toutes les minorités à travers le monde. Ils conserveront leur langue maternelle, feront éduquer leurs enfants dans cette langue (ce que les Canadiens français du Manitoba n’ont pas le droit de faire) et continueront à employer largement l’anglais comme langue seconde au travail, ainsi que dans leurs loisirs.

McGill Daily, février 1965.

[] le français ne s’épanouira au Québec que s’il assure à ceux qui le parlent des avantages matériels suffisants.

MEYNAUD, Jean et BOUTHILLIER, G. Le Choc des langues, Les Presses de l’Université du Québec, 1972.

La langue française va se corrompant dans le Québec; elle perd ses qualités naturelles; elle devient méconnaissable; elle s’abâtardit. Elle n’est pas le «lieu précis» de notre esprit. La décadence de notre langue est-elle irrémédiable? Notre langue, elle sera bonne ou mauvaise, selon le rapport qu’elle aura avec la pensée française ou avec la pensée étrangère (anglo-américaine).

Mieux dire, 1964.

Si les Canadiens français veulent affermir leur solidarité économique en constituant un groupe homogène et vigoureux, qu’ils pratiquent l’intégrité de leur langue. Rien ne vaut cette discipline. La langue, même dans le monde des affaires, même dans le rayon des intérêts matériels est un motif puissant au service du bien commun. Tant que nous n’aurons pas la fierté de la langue nous n’aurons pas les autres fiertés.

MONTPETIT, Édouard. L’Avenir économique des Canadiens français, février 1935.

Le Québec étant francophone à plus de 80 %, il est légitime que le français y soit reconnu comme langue de la vie courante et du travail, mais la responsabilité d’une telle entreprise ne peut incomber seulement aux particuliers : c’est d’abord la responsabilité de l’État, gardien de la langue, puisque gardien du bien commun.

MOUVEMENT QUÉBEC FRANÇAIS. Notes explicatives sur les projets de loi présentés le 18 février 1972 au premier ministre du Québec, Le Devoir, janvier 1972.

Que la gang du bon parler français mange de la marde.

PÉLOQUIN, Claude. Mets tes raquettes, Éditions La Presse, 1972.

Notre langue a des droits : droits naturels, droits constitutionnels. Nous voudrions qu’ils ne restent pas lettre morte, nous voudrions surtout que nos compatriotes soient les premiers à les respecter. Et comme leur abandon provient le plus souvent du laisser-aller, de l’insouciance, de l’inertie, c’est à ces plaies que la ligue (des droits du français) va d’abord s’attaquer.

PERRAULT, Antonio. GROULX, Lionel. HOMIER, Pierre. Consignes de demain, 1921.

[] il y a à Ottawa des gens qui voient dans la renaissance du français un obstacle au plan de centralisation et d’assimilation qu’ils ourdissent depuis 1839.

TREMBLAY, Jean-Noël. Discours, 1966.

Nous parlon français.

TURENNE, Augustin. Nous parlon français, Éditions La Presse, 1973.

Il faut comprendre que nous ne demeurerons pas français, si nous ne pouvons pas construire des assises financières qui nous appartiennent, que si nous contrôlons et servons ainsi les intérêts multiples d’un Québec français.

VENNAT, P.-J.-G. Comment reprendre notre part, La Prospérité, novembre 1966.

LA LANGUE QUÉBÉCOISE

Le français québécois en ligne :

http://fr.wikipedia.org/wiki/Histoire_du_français_québécois

Il existe une langue française, il n’y a pas de langue canadienne.

DUGAS, Marcel. Littérature canadienne, aperçus, Firmin-Didot, 1929.

Il existe autant d’écart entre le québécois et le français qu’entre l’américain et l’anglais. Quand tu fais parler un personnage en joual, il pense différemment du français.

GERMAIN, Jean-Claude. Cité par Michel Beaulieu, Le Joual, c’est la substance même de notre drame, Perspectives, février 1973.

LE JOUAL

Le joual, c’est un rajeunissement du Français! […] De toute façon, le joual, c’est un faux problème. On est là-dedans; on n’a pas le choix, il faut s’en servir, car c’est un élément de notre vie collective, une particularité qui nous est propre […]. Si nous étions 200 millions à parler le joual et à l’écrire, personne ne s’en formaliserait.

BEAULIEU, Victor-Lévy. Propos recueillis par Jean-Claude Trait, La Presse, novembre 1972.

Le joual […] veut faire triompher la langue du conquérant sur celle du conquis.

BEAUDRY, Pierre. La Presse, décembre 1972.

[] le joual est une langue de tous les jours, simple et sans nuances, qui n’est pas faite pour rendre toutes les subtilités de la pensée ou pour soutenir un raisonnement un peu profond. […] Le français québécois doit nécessairement se distinguer du français parlé en France parce qu’il reflète une réalité, voire une culture différente.

BEAUDRY-LOSIQUE, Mimi. Le problème du « joual » : essai d’analyse scientifique, La Presse, juin 1974.

Le joual n’est pas un phénomène de langue : c’est un parler qui reflète les conditions négatives de la communication au Québec. C’est l’envers canadien-français de cette parole qui ne peut exister. Le joual témoigne de notre impossibilité de nous assumer […].Mais il n’est pas appelé à remplacer le français […]. Ce qu’il s’agit justement de faire, c’est d’édifier une parole québécoise, c’est-à-dire utiliser les ressources du français d’une façon qui soit nôtre.

BROCHU, André. Propos recueillis par Normand Cloutier, Culture vivante, 1967.

Plus on avance dans cette recherche comparative, que ce soit dans le domaine de la prononciation, des anglicismes ou de la syntaxe, plus la réalité d’une langue «joual» apparaît comme chimérique. Il existe bien un français du Québec, comme un français de Haïti, de Marseille ou de Bordeaux […] mais ce phénomène se prête simplement à une étude sereine et minutieuse de la part des linguistes, plutôt qu’à un débat public attisant toutes les passions. [] Si le joual n’a aucune portée sur le plan linguistique, il correspond, en revanche, à des conflits politiques et sociaux.

CORBEIL, Jean-Claude. Cité par Pierre Turgeon, Le joual, ça n’existe pas, Perspectives, février 1973.

[] parler joual, c’est précisément dire joual au lieu de cheval. C’est parler comme on peut supposer que les chevaux parleraient s’ils n’avaient pas déjà opté pour le silence et le sourire de Fernandel. (…) C’est toute notre civilisation qui est jouale. On ne réglera rien en agissant au niveau du langage lui-même [] c’est au niveau de la civilisation qu’il faut agir.

DESBIENS, Jean-Paul. Les Insolences du frère Untel, Éditions de l’Homme, 1960.

Cette langue-là – car c’est bel et bien une langue, une langue qui appartient à un milieu qui veut s’affirmer et se défendre – je lui découvre une légitimité et une signification profondes. J’ajouterais que le joual a un apport spécifique à apporter à la francophonie, l’avenir le prouvera.

DESBIENS, Jean-Paul. Propos recueillis par Jean-Claude Trait, La Presse, novembre 1972.

Le joual, ça ne s’écrit pas. S’il a une dignité, cette dignité sera de servir de jargon à une conspiration.

FERRON, Jacques. Lettre, publiée dans Le Devoir, octobre 1965.

Je dirai que le «joual» dans la littérature québécoise c’est tout simplement de la littérature-vérité. Et que c’est probablement ce qui sera arrivé de plus fécond pour la littérature québécoise depuis l’influence de Voltaire.

GODIN, Gérald. Le Devoir, novembre 1965.

Le bon français c’est l’avenir souhaité du Québec, mais le joual c’est son présent.

GODIN, Gérald. Le joual et nous, Parti Pris, janvier 1965.

Faire triompher le joual, c’est du sabotage. C’est l’envers d’un nationalisme sain. C’est suicidaire.

JASMIN, Claude. Laura Cadieux, Michel Tremblay et le joual, Actualité, juillet 1973.

C’est essentiellement la langue du sous-groupe social le plus touché par l’aliénation culturelle et l’infériorité économique []. Le « joual », c’est un échantillon privilégié, un exemple insigne de la victoire d’une langue étrangère sur une langue autochtone []. Ce qui est grave ici, c’est qu’il s’agit d’une victoire culturelle allant jusqu’à transformer l’esprit des inférieurs.

LEFEBVRE, G.-R. Le Devoir, octobre 1965.

C’est le jeu du colonisateur que de faire accepter le joual car il mène à l’anglais à plus ou moins long terme.

PERREAULT, Luc. Le cinéma n’a encore trouvé son joual, La Presse, juin 1973.

Le joual, c’est, je crois, alternativement, une langue de soumission, de révolte, de douleur.

RENAUD, Jacques. Comme tout le monde ou Le post-scriptum, Parti Pris, janvier 1965.

Quelqu’un qui a honte du joual, c’est quelqu’un qui a honte de ses origines, de sa race, qui a honte d’être Québécois.

TREMBLAY, Michel. Propos recueillis par Jean-Claude Trait, La Presse, juin 1973.

[] « le joual ». C’est la langue des faibles, des humiliés, des offensés; langue propre à émettre des cris, des blasphèmes. Cependant, le « joual » est en voie de disparition car ce langage reflète la réalité d’un certain milieu canadien-français, milieu qui est en pleine transformation.

TURCOTTE, Michel et DAIGNEAU, Louis. Introduction à la première partie de Québec : hier et aujourd’hui, ouvrage publié sous la direction de L. L. Lapierre, The Macmillan Company, 1967.

LA LANGUE ANGLAISE AU CANADA ET AU QUÉBEC

Nous avons toutes les preuves que pour les francophones l’anglais est une langue indispensable. Il faut assurément nuancer cette affirmation et rappeler que la contrainte de l’anglais s’exerce surtout dans quelques secteurs déterminés. Mais il faut noter qu’il s’agit de secteurs de pointe.

COMMISSION GENDRON. Rapport, décembre 1972.

Quand un Canadien français a bu, il se sent riche, important, étranger et il parle anglais

DORÉ, Marc. Le Raton laveur

La langue anglaise gagne du terrain comme le fera naturellement la langue des riches et des employeurs […] Il doit s’écouler, comme de raison, beaucoup de temps avant que le changement de langue puisse s’étendre à tout un peuple.

LORD DURHAM. Rapport, 1839.

Il est résolu que : 2 : il n’y ait pas d’enseignement de l’anglais au niveau primaire dans les écoles primaires, sauf dans les écoles de la minorité anglophone.

ÉTATS GÉNÉRAUX DU CANADA FRANÇAIS. Les Cahiers des États généraux du Canada français, novembre 1967.

Les immigrants ont compris depuis déjà fort longtemps que la langue du pouvoir économique, la langue de prestige, la langue des postes de commande, la langue qui vous ouvre toutes les portes, même au Québec, c’est l’anglais.

FÉDÉRATION DES TRAVAILLEURS DU QUÉBEC. À bas le bill 63! édition spéciale du Pouvoir, 1971.

J’ai pensé comme bien d’autres qu’il fallait savoir l’anglais, qu’il fallait dès le jeune âge apprendre l’anglais à nos enfants, mais j’en suis revenu! Il faut d’abord apprendre notre langue maternelle, il faut se former à notre discipline française et ce n’est que plus tard, lorsque le combat de la vie nous atteint, que nous devons nous tourner vers la connaissance de l’anglais utilisant même l’anglais à parfaire notre vocabulaire français par le jeu des comparaisons.

MONTPETIT, Édouard. L’avenir économique des Canadiens français, février 1935.

L’UNILINGUISME AU QUÉBEC

L’unilinguisme français, en accord profond avec les données de notre histoire, serait la plus haute affirmation de notre vouloir-vivre collectif, de notre devenir national. L’unilinguisme français sortirait tout un peuple de l’ombre et de la décadence; la suprématie du français au Québec découlerait des principes démocratiquement reconnus universellement. [] la nation québécoise sortirait de l’aliénation où elle vit depuis deux siècles. Elle accéderait à un statut international.

BARBEAU, Raymond. Le Québec bientôt unilingue? Éditions de l’Homme, 1965.

Si le Québec impose l’unilinguisme français sur le marché du travail, nous fermerons nos portes et déménagerons dans une autre grande ville canadienne, probablement Toronto.

CANADIAN BECHTEL. Dit devant la Commission Gendron, septembre 1969.

[] l’imposition de l’unilinguisme français dans les entreprises commerciales et industrielles du Québec sectionnerait les artères de viabilité de ces entreprises, nuirait à leur habileté de pouvoir concurrencer et résulterait en un ralentissement immédiat du développement économique du Québec.

CANADIAN WESTINGHOUSE. Dit devant la Commission Gendron, septembre, 1969.

La solution la moins radicale qui puisse avoir quelque efficacité consisterait à imposer l’unilinguisme français au Québec. Une telle mesure ne refoulerait certes pas la langue anglaise dans quelques foyers de Westmount, mais elle redonnerait à la langue française le minimum de dignité que nous sacrifions tous les jours par un aberrant esprit de tolérance. Si c’est cela faire montre de racisme, tous les peuples en sont coupables qui exigent qu’on parle chez eux leur propre langue. Et les neuf autres provinces nous ont indiqué la voie il y a longtemps. Je vois mal qu’on puisse considérer comme du fanatisme le refus de se suicider.

LANGEVIN, André. La Revue de la Société du bon parler français, mai 1965.

[] l’unilinguisme de l’État du Québec est évidemment un objectif fondamental.

LÉGER, Jean-Marc. Dans Le Français parlé, Éditions Alerte, 1963.

L’unilinguisme des institutions avec le bilinguisme relatif des individus, c’est la solution normale, nécessaire et réaliste pour garantir l’avenir du français au Québec dans le respect des droits de chacun et sans doute le seul moyen de coexistence pacifique entre le peuple français du Québec et les autres peuples de l’Amérique qui comptera en l’an 2 000, 360 millions d’anglophones et 780 000 000 de Latins.

MOUVEMENT POUR L’INTÉGRATION SCOLAIRE. Mémoire, février 1969.

Le gouvernement du Québec se proclame dès maintenant unilingue français, imitant à l’inverse les autres gouvernements provinciaux qui ne reconnaissent que l’anglais comme langue officielle.

RASSEMBLEMENT POUR L’INDÉPENDANCE NATIONALE. Premier congrès annuel, octobre 1961.

I see nothing retrograde in that French-speaking Canadians should decide that as a group they are essentially unilingual, just the same as in the west or Ontario or in the Maritimes they may largely be unilingual English-speaking Canadians.

TRUDEAU, Pierre Elliot. Cité par Peter Thomson et Fraser Kelly, The Telegram, 21 avril 1969.

LE BILINGUISME

Le bilinguisme apparaît toujours comme un état confusionnel où deux langues se croisent un moment : celle qui sort et celle qui entre.

BELLEAU, André. Liberté, mars-avril 1964.

Le bilinguisme national ne nous semble ni possible, ni souhaitable. Il est la phase de transition exigée par un peuple qui ne peut faire autrement. Pratiquement inaccessible pour la majorité de la population, il demeure toujours l’indice de la soumission pour un peuple qui aspire à la liberté.

BIBEAU, Gilles. Nos enfants parleront-ils français? Éditions Actualité, 1966.

Le bilinguisme en Belgique et en Suisse apparaît donc, paradoxalement, comme un parallélisme linguistique régional, c’est-à-dire comme la coexistence, côte à côte, de deux ou plusieurs portions du territoire national où est pratiqué, dans le domaine des affaires et de la vie courante, l’UNILINGUISME français, allemand ou italien comme en Suisse, ou français et flamand comme c’est le cas en Belgique. À certaines variantes près, les choses se passent d’une façon identique en Finlande et en Union Sud-Africaine. BROCHU, Michel. La réalité du bilinguisme au Canada, 1962.

La psychologie a démontré qu’en général les individus voyaient leur rendement intellectuel diminuer quand ils devaient raisonner avec des concepts tirés d’une langue étrangère.

CORBEIL, Jean-Claude. Propos recueillis par Pierre Turgeon, Perspectives, octobre 1973.

C’est l’État qui doit être bilingue plutôt que l’individu puisque c’est l’État qui est fait pour les hommes et non ceux-ci pour l’État.

GAGNON, Jean-Louis. Le Petit Journal, juillet 1960.

[…] peu de têtes peuvent porter deux langues sans les mêler. GROULX, Lionel, Le Devoir, décembre 1960.

Tous les peuples libres du monde assurent, à l’enfant, la maîtrise suffisante de la langue maternelle, en ne permettant d’aborder l’étude d’une seconde langue qu’après l’obtention du certificat d’études primaires. Seuls font exception les pays en tutelle où l’on impose l’étude d’une seconde langue dès l’école primaire. HART, G.K. Laurentie, mai 1960.

D’aucuns saisissent mal la nocivité du bilinguisme parce qu’ils ne se rendent pas compte qu’il consiste effectivement dans le modelage de l’esprit de l’enfant au moyen de deux moules divers de pensée. LACHANCE, Louis. Les Cahiers de l’Académie canadienne-française, 1960.

À quelques très rares exceptions près, on n’a institué l’enseignement d’une langue seconde au cycle primaire dans aucun pays du monde occidental, justement parce que l’enfant, même en milieu national «normal», n’est pas suffisamment apte à manier sa propre langue et conséquemment à la faire servir de support à l’étude sommaire d’une langue seconde. Or, une communauté doit résister d’autant plus aux pressions en faveur de l’enseignement dès le primaire d’une langue seconde que cette langue est celle d’un groupe humain infiniment plus nombreux qu’elle.

LÉGER, Jean-Marc. Le Devoir, septembre 1963.

Le bilinguisme généralisé est la phase naturelle de transition vers le règne de l’unilinguisme []. la formation de l’esprit humain exige une seule langue, comme instrument de pensée.

LÉVESQUE, Albert. La Dualité culturelle au Canada, Éditions Albert Lévesque, 1959.

[] si connaître une langue seconde est un enrichissement culturel et une précieuse utilité sociale, vivre pour l’essentiel dans une telle langue c’est toujours commencer à changer de pensée, de culture, de mœurs, de civilisation et d’identité.

LORRAIN, R. La Mort de mon joual, Éditions du Jour, 1966.

Le milieu de bilinguisme est une serre qui asphyxie même les unilingues. [] Seuls le colonisateur ou le colonisé inconscient prônent la nécessité du bilinguisme.

OUELLETTE, Fernand, Liberté, mars-avril 1963.

[] l’histoire confirme que l’état de bilinguisme collectif est un stade forcément transitoire aboutissant toujours à un nouvel état de bilinguisme, celui de la langue dominante. Ainsi, un Québec bilingue évolue nécessairement vers l’unilinguisme anglais.

UNIVERSITÉ DU QUÉBEC À MONTRÉAL. Mémoire du département de linguistique, 1974.

[] la présence d’un bilinguisme et d’un biculturalisme approfondit la connaissance de deux cultures et permet à l’homme de s’améliorer et de s’élever intellectuellement.

UNIVERSITÉ McGILL. Mémoire, 1965.

LE BILINGUISME AU CANADA ET AU QUÉBEC

On a longtemps voulu faire croire que la fortune souriait aux bilingues, mais une célèbre enquête de la Commission BB nous a appris que les unilingues anglophones font plus d’argent que les francophones bilingues. À bas le Bill 63! Édition spéciale du Pouvoir, décembre 1971.

Le bilinguisme non seulement demeure le fait d’une petite minorité et n’a réalisé aucun progrès depuis vingt ans, mais il est même en régression. [] si le pourcentage des bilingues diminue, ce n’est pas que les Canadiens français n’apprennent pas l’anglais, c’est qu’ils ne savent plus que l’anglais et qu’ils sont devenus unilingues. ARES, Richard. La Presse, février 1965.

[] c’est nous qui faisons les frais du bilinguisme alors que notre langue se détériore, s’anglicise d’une façon alarmante. BARBEAU, Raymond. J’ai choisi l’indépendance, 1961.

Le bilinguisme bien compris est un exercice qui doit se pratiquer à deux, c’est-à-dire constituer un but à atteindre aussi bien pour les anglophones que pour les francophones. BELL CANADA. Mémoire, 1969.

Il est injuste et inexact de prétendre que notre pays soit bilingue. [] Le Canada compte deux langues officielles, mais il n’est pas un pays bilingue. BENNETT, R.B. Débats, Communes du Canada, 1936.

If French Canadians want to spread their language, they should do it themselves. Bilingualism is a dream in western Canada. If it helps Canada to dream, then let them. BENNETT, W.A.C. Cité par John Marshall, The Telegram, avril 1969.

[] que tous les prêtres (du Canada) s’appliquent à posséder la connaissance et la pratique de l’une et l’autre langue, anglaise et française, et qu’écartant toute susceptibilité ils se servent tantôt de l’une, tantôt de l’autre, selon les besoins des fidèles. BENOÎT XV. 1918.

[…] le bilinguisme c’est une utopie et il faut arrêter d’y croire […]. Soyons bilingues comme individus. Mais comme peuple, exigeons le respect de la langue et de la collectivité francophone du Québec. BERTRAND, Guy. 1967.

Les Canadiens d’origine française ont beaucoup plus besoin d’apprendre une langue seconde pour leur développement économique que les Canadiens d’origine anglaise. BOUCHARD, T.D. Débats, Sénat du Canada, 1944.

[…] le bilinguisme généralisé leur enlèverait (aux Canadiens français) beaucoup d’emplois dans le commerce, dans les services de relations extérieures, dans le fonctionnarisme fédéral et dans l’industrie. (…) De plus, a-t-on songé aux effets assimilateurs du bilinguisme intégral? BRUNET, Michel. La Présence anglaise et les Canadiens, Beauchemin, 1958.

Le Canada est réputé bilingue, mais en fait il n’est bilingue que dans le Québec et au Parlement fédéral. KEN BRYDEN.

C’est une grande et belle chose que de parler les deux plus belles langues des temps modernes, celles des deux plus grandes nations de l’Europe. C’est même un immense avantage, au point de vue du développement de l’intelligence; car là où double la peine, double aussi est le récompense. CHAUVEAU, Pierre-Joseph-Olivier. Discours, 1969.

Les collets blancs francophones doivent être bilingues. Les anglophones peuvent être unilingues. CRANE CANADA. Mémoire, 1969.

Au Canada, ce qu’on appelle bilinguisme équivaut le plus souvent au massacre des deux langues. D’ANJOU, J. Relations, no 252.

Avant d’enseigner une langue seconde, il faut avoir besoin de l’enseigner. Le besoin canadien d’enseigner le français est purement politique et l’économie n’embarque pas. À coup de millions, le gouvernement essaie de jeter de la poudre aux yeux de la population du Québec (ou au mythe de la population canadienne). DEMERS, P.-J. L’enseignement politique des langues à Ottawa, Le Devoir, mai 1972.

Nous comprenons tous l’anglais dans la législature! [] C’est vous qui ne voulez parler que votre langue! C’est vous qui méprisez la langue que vos compatriotes, at home, se font gloire de parler! La langue qui est devenue la langue universelle, la langue des traités, parce qu’elle est plus précise et plus exacte que la vôtre! C’est vous qui, après quinze années passé dans le Bas-Canada, pouvez à peine dire bonjour en français! [] vous détestez instinctivement tout ce qui porte un nom français! [] Qui donc, montre de l’hostilité de race, de la déraison nationale? DESSAULLES, Louis-Antoine. Le Pays, décembre 1891.

Mais le Québec est le seul parmi les gouvernements provinciaux, pour qui le bilinguisme soit autre chose qu’un mot. ENCYCLOPÉDIE GROLIER, tome 2, 1947-1948.

[…] les Canadiens français bilingues deviennent de plus en plus unilingues anglais en dehors du Québec. ÉTATS GÉNÉRAUX DU CANADA FRANÇAIS. Les cahiers des États généraux du Canada français, 1963.

[…] si le Québec demeure un État bilingue, où les deux langues sont reconnues officiellement, la vie française en Amérique, au lieu de s’épanouir, diminuera de génération en génération. ÉTATS GÉNÉRAUX DU CANADA FRANÇAIS. Mémoire, 1969.

Si vous chercher ligne connu, service, qualité, et plus bas prix applez «Garnet» aujourd’hui. Nous sont pas nombre un encor mais sais prendre pas trop temps encore. Applez mainenant et verifier Demande pour voir la ligne Detson. FEUILLET PUBLICITAIRE, 1974.

Quand les deux principales langues du pays seront d’un usage courant d’un océan à l’autre, nous aurons tellement multiplié les ponts de contact entre nos deux races que beaucoup de nos difficultés auront disparu d’elles-mêmes. GODBOUT, Adélard. Discours, 1940.

On nous enseigne à l’école deux langues. Nous ne saurons jamais parfaitement ni l’une ni l’autre. GRIGNON, Claude-Henri. Ombres et clameurs, Éditions Albert Lévesque, 1932.

Le régime fait à la langue française dans tous les services fédéraux (…) constitue l’application la plus déloyale du pacte fédéral. (…) Dans la plupart des provinces où dominent des majorités anglophones, l’État s’est montré ce qu’il a été dans toutes les fédérations : il a tendu à l’uniformité, par tous les moyens, y compris ceux de la force arbitraire. GROULX, Lionel. 1922.

[] le bilinguisme en Ontario ne fera pas du français la langue de la finance, du commerce, des affaires et du travail à Toronto tandis que le bilinguisme au Québec maintient l’anglais comme langue de la finance, des affaires, du commerce et du travail à Montréal. GROULX, Yvon. Rapport du président général, Société Saint-Jean-Baptiste de Montréal, 1967-1968.

[] le bilinguisme est souvent un stade vers l’unilinguisme de la langue du groupe conquérant et dominant. Je n’éprouve pas le besoin excessif d’insister sur l’espèce d’unilinguisme que nous aurions au Québec si la position sociale et économique du français n’était pas renforcée dans un bref délai. LEFEBVRE, Gilles. Telle langue, tel peuple, Culture vivante, 1968.

Il est temps que soit proclamée une conception sérieuse du bilinguisme : la coexistence avec droits égaux de deux langues, de deux nations, le gouvernement central étant, lui, bilingue. [] La minorité française hors du Québec doit utiliser la langue de la majorité, comme l’expression normale et unique du milieu; la minorité anglophone doit faire de même quant au français. LÉGER, Jean-Marc. Le Devoir, septembre 1963.

La seule façon de garder le Canada uni est d’avoir pour chacun une politique de bilinguisme saine et juste. MARCHAND, Jean. L’Action, mars 1969.

D’ailleurs, l’odieux, c’est que l’étude du français améliore l’usage de l’anglais alors que c’est le contraire qui se produit dans notre sens, notre langue se trouvant déformée, dévastée par les tournures, les ellipses, les structures de la langue anglaise. MARTIN, Claire. Propos recueillis par Alain Pontaut, La Presse, septembre, 1966.

J’ai retrouvé au Canada une version d’un phénomène à peu près constant dans la plupart des situations coloniales, et que j’ai appelé : le bilinguisme colonial. Une langue officielle, efficace, qui est celle du dominant, et une langue maternelle, qui n’a aucune prise ou presque sur la conduite des affaires de la cité. Que les gens parlent deux langues ne serait pas grave, si la langue la plus importante pour eux n’était pas ainsi écrasée et infériorisée. Ce qui différencie le bilinguisme colonial du bilinguisme tout court. MEMMI, Albert. Portrait du colonisé, Éditions de l’Étincelle, 1972.

Dans un pays comme celui-ci où deux langues sont d’une égale nécessité, les enfants pourront avec avantage fréquenter une école mixte, surtout pour habituer leur organe aux sons particuliers de la langue qui leur est la moins familière. MORIN, A.-N. De l’éducation élémentaire.

[] le bilinguisme du Québec n’a été rien d’autre que l’obligation pour la majorité d’apprendre la langue de la minorité. MOUVEMENT POUR L’INTÉGRATION SCOLAIRE. Mémoire, 1969.

It is a matter of simple justice to place both official languages in Canada on the same basis. But it is also a matter of life and death for Canada if it wishes to survive as a political entity distinct from the United States. The presence of French language and culture within our borders clearly constitutes the most original element of Canadian identity. PELLETIER, Gérard. Discours, 1969.

Une compagnie d’huile progressive demande deux représentants pour l’huile à chauffage bilingue. PETITE ANNONCE.

The Quebecor learns this in his daily life : being bilingual means that priority is given English as a working language. [] bilingualism in Quebec favors the continuation of the status quo, that is the slow but inexorable weakening of the French Fact. PIOTTE, Jean-Marc. Quebec’s language Fears, The Montreal Star, septembre 1969.

Le Québec est, sans doute avec l’Acadie, le région la plus bilingue du Canada, et la seule province qu’on puisse dire bilingue. RAPPORT PARENT. 1964.

Le bilinguisme divisera le pays au lieu de l’unir. SHEPHERD, Jonas. Cité par Rosaire Morin, L’Immigration au Canada, Éditions de l’Action nationale, 1966.

Y a-t-il encore des gens qui croient que le Canada puisse devenir un jour un pays bilingue de l’Atlantique au Pacifique? Le Canada n’a jamais été bilingue et il l’est de moins en moins. (…) Seul le Québec est bilingue. SOCIÉTÉ SAINT-JEAN-BAPTISTE DE MONTRÉAL. Le statut de la langue française au Québec, 1967.

Le bilinguisme au Québec serait la perte du français. [] Introduire le bilinguisme dans les instances politiques et administratives des provinces anglophones, c’est une aumône faite au français, en contrepartie du bilinguisme au Québec. STRAKA, G. Propos recueillis par Claire Roy, Le Nouvelliste, décembre 1968.

La Suisse est une réalité composée d’au moins trois territoires officiellement unilingues, et c’est uniquement l’État fédéral qui se définit comme officiellement trilingue. Quant à lui, l’État fédéral canadien se définit bien comme officiellement bilingue mais le Québec, seul, est un territoire bilingue alors que les neuf autres provinces sont des territoires unilingues. UNIVERSITÉ DU QUÉBEC À MONTRÉAL. Mémoire du département de linguistique, 1974.

LES MINORITÉS CANADIENNES-FRANÇAISES

L’évolution de la situation linguistique canadienne dont témoignent les résultats du recensement de 1971, nous amène à conclure que loin de connaître un regain de vie, les minorités francophones éloignées du Québec courent au-devant de leur assimilation complète. Les phénomènes sociaux contemporains tels l’urbanisation, la pression des mass média et la grande mobilité des individus semblent avoir donné un coup fatal au français ailleurs qu’au Québec et dans se périphérie.

CASTONGUAY, Charles. La dynamique de l’assimilation au Canada, La Presse, mai 1974.

[…] les minorités, et je pense en tout particulier à la franco-ontarienne, sont psychologiquement prêtes à accepter l’anglicisation. La présence d’un groupe homogène au Québec freine le processus d’assimilation.

ÉTHIER-BLAIS, Jean. L’être minoritaire, Liberté, mars 1962.

Quelle lamentable histoire que celle de ces minorités françaises en butte, sur le palier scolaire, aux persécutions cauteleuses, tantôt brutales, tantôt féroces, émanant d’un authentique racisme! C’est merveille qu’elles aient pu, qui plus ou moins, s’entêter à survivre, dans un climat si hostile, et même, en certains cas, accroître leurs effectifs.

MARION, Séraphin. Le pacte fédératif et les minorités françaises au Canada, Ferland, 1964.

Raconter l’histoire des minorités françaises au Canada, ce serait, depuis 1760, parcourir tristement une longue route jalonnée de brimades et d’ostracismes dont furent victimes notre catholicisme et notre culture française; ce serait entendre d’incessantes et d’opiniâtres revendications; ce serait chanter les victoires du redressement tenace et de la résistance constructive; hélas! et par trop souvent, ce serait rouvrir des plaies mal cicatrisées par des législations cruellement arbitraires et mollement équitables, et ce serait renouveler des douleurs lancinantes; ce serait entonner l’hymne des louanges solennelles à l’endroit de notre esprit de justice et de charité; ce serait enfin, par une opposition malencontreuse, mettre à nu de malicieuses conspirations machinées par le fanatisme et la bigoterie qui bannissent et qui tuent.

MORIN, Wilfrid. Nos Droits minoritaires, Fides, 1943.

French-speaking people outside Quebec should have the same rights as English-speaking people in Quebec. So, what the French give to the English in Quebec, they can expect to get outside.

SMITH, G.I. Cité par Robert Macdonald, The Telegram, mai 1969.

L’ANGLICISATION AU QUÉBEC ET AU CANADA

Nous vivons dans un milieu anglo-saxon. [] L’anglais nous pénètre par tous nos pores. Même les mieux prémunis en sont victimes […]. À force de respirer, de sentir, de voir, d’entendre, de toucher anglais, nous finissons par adopter tantôt un terme anglais, tantôt une tournure anglaise. C’est une prise de possession sournoise. [] Notre position géographique ne favorise guère notre langue. BARBEAU, Victor. Le Ramage de mon pays, Éditions Valiquette, 1939.

Si, dès 1878, on avait planifié l’anglicisation et l’assimilation [des Canadiens français], on n’aurait pu espérer de meilleurs résultats.

CHAMBRE DES NOTAIRES DU QUÉBEC. La Presse, 1 décembre 1965.

Aujourd’hui on ne se donne guère de soin pour trouver des mots français; on s’empresse d’adopter les mots anglais. Qui voudra prétendre que c’est une amélioration? GÉRIN-LAJOIE, Antoine. Jean Rivard le défricheur, 1862.

Les chiffres démontrent la progression de l’assimilation des Canadiens français. En 1921, 3.5% des Canadiens français avaient adopté l’anglais comme langue maternelle. En 1961, la proportion s’élève à 9.2%. 68,339 Canadiens français du Québec ne parlent plus le français et 34.3% des Canadiens français établis en dehors du Québec ne parlent plus français.

MORIN, Rosaire. L’Immigration au Canada, Éditions de l’Action nationale, 1966.


Manifestation du Mouvement Québec Français (MQF) au Forum mondial de la langue française – 2 juillet 2012

N’oubliez pas, le 2 juillet 2012 est un jour férié !

Québec :Le lundi 2 juillet à partir de 12 h, rassemblement à la place de l’Université-du-Québec, angle boul. Charest Est et rue de la Couronne, devant l’ÉNAP à Québec ; marche jusqu’en face du Centre des congrès avant l’ouverture du Forum mondial ; retour devant l’ÉNAP où il y aura conférences, kiosques d’information, spectacle avec poèmes, lecture de textes et musique. Plusieurs personnalités et artistes participeront à la marche et au spectacle.



Autobus partant de…



Montréal :Départ: Lundi 2 juillet à 8 h 30 à la Maison Ludger Duvernay (82, rue Sherbrooke Ouest, métro Place-des-Arts); contribution volontaire de 25 $ ; réservez au 1-888-285-7644
Retour: vers 23 h



Repentigny :Départ: Lundi 2 juillet à 9 h 40 au Pétro-Canada, au 95, boul. Brien (à l’angle du boul. Brien et de la rue Leclerc, près de la 40, près des Galeries Rive Nord) ; contribution volontaire de 25 $ ; réservez au 1-888-285-7644
Retour: vers 22 h 15

Drummondville:
Départ:Stationnez-vous au Promenades Drummondville (575 boul. René-Lévesque) et rendez-vous au Tim Hortons (angle boul. René-Lévesque et boul. Saint-Joseph) où l’autobus vous attend à 10 h 15 ; réservez au 1-888-285-7644
Retour: vers 21 h 30

Jonquière :Départ: Lundi 2 juillet à 9 h 15 à Jonquière au Tim Horton à l’angle de la 170 et de la rue Mathias ; contribution volontaire de 25 $ ; réservez au 1-888-285-7644
Retour: vers 22 h

Chicoutimi:Départ: 9 h 30 au stationnement du Costco, à l’angle de la 170 et de la 175 ; contribution volontaire de 25 $ ; réservez au 1-888-285-7644Retour: vers 22 h



Pour réserver des places dans un autobus, veuillez nous laisser un message avec votre nom, votre numéro de téléphone et le nombre de places à réserver en composant le 1-888-285-7644, ou en envoyant un courriel à info@quebecfrancais.org.




À Québec :

Lundi 2 juillet à midi à la place de l’Université-du-Québec, angle boul. Charest Est et rue de la Couronne, devant l’ÉNAP à Québec.



Voir sur le site du MQF.