Les prix de journalisme au Québec…

Lévis, le 4 juillet 2018

Monsieur Bryan Milnes, éditorialiste et directeur

Le Devoir

Monsieur,

Le 7 juin dernier, le Conseil supérieur de la langue française (CSLF) a remis le Prix Jules-Fournier à Mme Mylène Moisan, chroniqueuse au quotidien Le Soleil de Québec. L’an dernier, l’un des journalistes du Devoir, M. Jean-François Nadeau, a reçu le même Prix; Le Devoir l’a souligné bellement le 23 mars 2017. Cette année, Le Devoir ne dit rien (je pense avoir bien fait ma recherche) de l’attribution du Prix à Mme Moisan. Pourtant, Le Devoir connaît la lauréate : elle a travaillé pour lui (mais pendant seulement trois ou quatre mois, et c’était il y a longtemps), et en 2013, quand la Fédération professionnelle des journalistes du Québec (FPJQ) lui a donné le Prix Judith-Jasmin, réputé prestigieux par plusieurs, vous étiez, Monsieur Milnes, le président de la FPJQ. Pourquoi Le Devoir n’a-t-il pas félicité Mme Moisan cette année? (J’aimerais que vous disiez aux bons journalistes expérimentés du Devoir qui n’ont jamais reçu de prix de ne pas s’arracher les cheveux : l’oubli des jury ne signifie pas qu’ils sont moins méritants que Mme Moisan.)

Roger Martel, citoyen de Lévis

P.-S. Ce message sera publié au http://www.lepasseurdelacote.com, comme votre réponse, si vous voulez bien me répondre, Monsieur Milnes.

Le quotidien Le Soleil de Québec et l’une de ses journalistes, et la crédibilité des organes d’information.

Le 11 mars 2017, Madame Mylène Moisan publie, dans l’édition Internet de son journal, Le Soleil, une chronique intitulée La « petite liqueur » qui dérange (cette chronique paraîtra le lendemain dans l’édition papier). Elle écrit qu’ « Au CHSLD [L’auteure parle du Centre du Christ-Roi, situé à Québec. CHSLD : Centre d’hébergement et de soins de longue durée], neuf résidents avaient l’habitude, au souper, de boire une «petite liqueur ». Elle mentionne que ces neuf personnes « ont fait ça toute leur vie », « toute leur vie », boire une « petite liqueur » au souper; elle ajoute qu’une directive de 2016 a pour conséquence de les priver de ce bénéfice. Madame Moisan dit aussi que le président du comité des usagers du CHLSD a fait des démarches auprès de la direction et que cette dernière « [s’était] engagée à réévaluer la décision », et que, après, un «  comité de consultation, un autre, [avait] été créé pour donner son avis, le gros bon sens ayant visiblement été perdu en chemin », commente Madame Moisan, qui a manifestement estimé posséder assez d’informations pour pouvoir conclure que la direction avait manqué de bon sens.

Madame Moisan contrevient à des dispositions majeures du Guide de déontologie de la Fédération professionnelle des journalistes du Québec. Elle enfreint celle-ci : « Les journalistes basent leur travail sur des valeurs fondamentales telles que l’esprit critique qui leur impose de douter méthodiquement de tout, l’impartialité qui leur fait rechercher et exposer les divers aspects d’une situation »; elle enfreint cette autre : « Les journalistes ont l’obligation de s’assurer de la véracité des faits qu’ils rapportent au terme d’un rigoureux travail de collecte et de vérification des informations » (Note 1). Madame Moisan, dans son article, donne la version des faits que lui a livrée le président du comité des usagers; quels efforts a-t-elle déployés pour « s’assurer de la véracité des faits » ? Aucun, si l’on en juge par son article. Son devoir lui imposait pourtant d’interroger la direction du CHLSD et celle du CIUSSS, et de présenter à ses lectrices et lecteurs la version des faits de ces directions. (Le CHSLD du Christ-Roi relève du CIUSSS de la Capitale-Nationale.)

Le quotidien Le Soleil, avec son article La «petite liqueur» qui dérange, viole une autre disposition du Guide de déontologie de la FPJQ, celle qui stipule que « Les titres et présentations des articles et reportages ne doivent pas exagérer ni induire en erreur. » (Note 1)

La légende de la photo qui accompagne l’article La «petite liqueur» qui dérange dans Internet, et celle de l’édition papier du journal, contreviennent à la disposition susmentionnée.

Dans la Toile, la légende se lit ainsi : « Du jour au lendemain, au CHSLD du Christ-Roi, on a décidé d’abolir la « petite liqueur » que neuf résidents avaient l’habitude de recevoir au souper ». La lectrice et le lecteur comprennent qu’il est maintenant interdit au CLSC de boire de la boisson gazeuse au souper; or, ce n’est pas le cas : les résidents peuvent boire de la boisson gazeuse au CHSLD; ce qui a changé, c’est ceci : le CHSLD ne fournira plus de la boisson gazeuse aux résidents; ces derniers devront s’en procurer eux-mêmes (avec l’aide, au besoin, d’un parent, d’un ami, d’un autre résident, du Comité des usagers). La légende induit donc en erreur [mais l’article « a fait grand bruit dans les médias sociaux », écrit une compagne de travail de Madame Moisan dans Le Soleil, le 12 mars (note 2)], l’article a peut-être fait vendre davantage d’exemplaires du journal, au grand plaisir des annonceurs).

À la une de l’édition papier du journal publiée le 12 mars 2017, l’article La «petite liqueur» qui dérange est présenté ainsi : La « petite liqueur » qui dérange. Dans un souci d’uniformité, des résidents d’un CHSLD ont perdu l’un de leurs rares plaisirs : une liqueur au souper. Une chronique de Mylène Moisan. » La vérité est la suivante, je le répète : les résidents qui veulent boire de la boisson gazeuse au souper peuvent toujours le faire, mais ils doivent se procurer leur « petite liqueur » eux-mêmes ou avec l’aide de quelqu’un. La présentation induit donc en erreur (mais l’article a peut-être fait vendre davantage d’exemplaires du journal, au grand plaisir des annonceurs, et il « a fait grand bruit dans les médias sociaux »).

Le journalisme est-il malade?

En 2005, dans l’avant-propos de son livre Il ne faut pas toujours croire les journalistes, l’expérimenté journaliste Mario Cardinal écrit : « Si ce livre a un fil conducteur, il faut le chercher dans la crainte qui m’anime que le journalisme perde sa crédibilité »; page 262, la dernière, il dit :

« L’exigence éthique voudrait que le lecteur, l’auditeur, le téléspectateur trouve l’information dont il a besoin pour comprendre l’inhumanité des grands leaders politiques de ce monde et l’horreur qu’elle engendre.

« Pourtant, pas différente de celle qui se pratique dans la plupart des pays industrialisés, l’information canadienne et québécoise poursuit plutôt son petit bonhomme de chemin, avec très peu d’analyse, accrochée trop souvent à l’incendie du coin de la rue et à la hausse du prix de l’essence, péripatéticienne obligée entre l’amusement et le service à la clientèle. Dans ce dérapage voulu et contrôlé, où sont les journalistes? Que font-ils? Englués dans leur docilité, ont-ils encore le droit de rêver de crédibilité? » (Note 3)

En 2000, un autre journaliste, André Pratte, entré à La Presse en 1986, porte ce jugement sévère :

« Que faisons-nous [Pratte parle des médias, des journalistes] à part critiquer, dénoncer et accuser? Aidons-nous la population à comprendre la complexité des choses? Au contraire, nous renforçons ses préjugés. Aidons-nous ceux qui nous lisent et nous écoutent à dégager l’important de l’insignifiant? Rarement, puisque nous les inondons de tonnes de renseignements futiles, allant de sondages bidon aux élucubrations de nos vedettes en passant par les sports, auxquels nous accordons décidément une place démesurée. Contribuons-nous à aiguiser le sens critique du public? Non, car notre propre sens critique est détraqué, nous faisant passer sans crier gare de la dénonciation violente à l’admiration béate. » (Note 4)

L’an dernier, Josée Boileau, journaliste, trente ans de métier passés à La Presse, au Devoir (comme rédactrice en chef et directrice de l’information), a témoigné à son tour :

« Collectivement, les troupes [les journalistes] broient du noir, elles se préoccupent de ce qui attend la profession, inquiètes de la dégradation de l’information. J’ai beau avoir un tempérament qui me porte naturellement à l’enthousiasme, je ne peux pas faire abstraction de ce marasme.

« Je te l’ai dit [Josée Boileau s’adresse à une jeune journaliste], je ne veux pas te parler longuement de modèles d’affaires, car le contenu y compte pour trop peu : tu l’as compris, comme la chute des revenus publicitaires est la principale cause des problèmes des médias, bien des dirigeants d’entreprises de presse sont plus préoccupés de plaire aux annonceurs que de répondre aux besoins du public.

[…]

« Moi aussi, comme tant d’autres, je râle, et comme je suis accro à l’information, je râle beaucoup – tous les jours, ma foi! » (Note 5)

La maladie du journalisme est intolérable.

Ce n’est pas avec La «petite liqueur» que Le Soleil va remonter le moral des journalistes que Josée Boileau appelle « ces professionnels respectés qui quittent le métier par ras-le-bol, admis ou camouflé, de la pression et de la superficialité », ce n’est pas avec La «petite liqueur» que Le Soleil va requinquer les journalistes qui restent et qui « sont débordés, ne creusent plus ». (Note 5)

Dans toute société, la liberté d’expression et le droit des citoyennes et citoyens à l’information sont vitaux, la pratique du journalisme respectueuse de la liberté d’expression et du droit des citoyennes et citoyens à l’information est essentielle. Le signataire de ce texte en a la conviction; c’est pourquoi, aujourd’hui, il a fait grincer sa plume.

Roger Martel, citoyen de Lévis

 

Supplément

Le 14 mars 2017, Le Soleil revient sur le sujet de la «petite liqueur» qui dérange. Pourtant, Le Soleil n’est pas un journal qui parle beaucoup des adultes et des enfants qui, sur le territoire qu’il couvre, sont parfois ou souvent privés de « petite liqueur », mais aussi, surtout, de pain, de viande. Parlant de Lévis, j’aimerais demander quand Le Soleil, pour respecter le droit du public à l’information, fera connaître à ses lectrices et lecteurs certains mensonges publics que le maire et tout, oui, tout le conseil municipal de Lévis infligent aux Lévisiennes et aux Lévisiens, quand Le Soleil, pour respecter le droit du public à l’information, interrogera le maire de Lévis, M. Gilles Lehouillier, au sujet de ces affirmations troublantes du vérificateur général de sa ville, M. Yves Denis : a) « la ville [de Lévis] ne possède pas une connaissance suffisante de l’état actuel du marché afin de s’assurer qu’elle paie un juste prix »; b) Le degré de fiabilité des estimations des projets n’est pas défini et aucune ressource n’est dédiée pour documenter d’éventuels stratagèmes de collusion ou encore pour connaître l’évolution des prix sur le territoire de la Ville de Lévis »; c) « la ville se prive […] de possibilités d’obtenir de meilleurs prix » [Rapport annuel 2015, chapitre 3 (note 6)]. Le rapport du vérificateur a été rendu public le 13 juin 2016. Quels médias se sont attardés pour la peine sur le fait que le vérificateur avait écrit, dans ce rapport, que Lévis était incapable de « s’assurer qu’elle paie un juste prix », que Lévis était mal outillée pour détecter les stratagèmes de collusion?

Notes

1 https://www.fpjq.org/deontologie/guide-de-deontologie/#pt4

2 http://www.lapresse.ca/le-soleil/actualites/societe/201703/12/01-5078132-petite-liqueur-refusee-dans-un-chsld-une-decision-locale-juge-barrette.php

3 Mario Cardinal, Il ne faut pas toujours croire les journalistes, Bayard Canada Livres, © 2005, pages 8 et 262

4 André Pratte, Les Oiseaux de malheur. Essai sur les médias d’aujourd’hui, Montréal, VLB Éditeur, © 2000, pages 13-14

5 Josée Boileau, Lettre à une jeune journaliste, Montréal, VLB Éditeur, © 2016, p. 93

6 Rapport annuel du vérificateur général au conseil municipal 2015, https://www.ville.levis.qc.ca/fileadmin/documents/pdf/verificateur/2015/Rapport_annuel_2015_du_verificateur_general.pdf

 

Propos de François-Marc Bernier, professeur de journalisme et ancien journaliste, rapportés le 3 mars 2017 par un journaliste du quotidien Le Soleil, Jean-François Cliche :

« …. si les médias traditionnels avaient su garder leur crédibilité,

les Breitbart* et cie n’auraient jamais connu de succès.

Et pour cette perte de crédibilité,

les journalistes ne peuvent pas blâmer grand-monde

hormis eux-mêmes. »

(http://www.lapresse.ca/le-soleil/actualites/societe/201703/03/01-5075435-les-fake-news-ou-le-permis-de-mentir.php)

*Breitbart est le « média conservateur que dirigeait Stephen Bannon, le nouveau conseiller stratégique de Donald Trump »; ce média « est accusé d’être raciste, antisémite, suprémaciste ».

(En savoir plus sur http://www.lemonde.fr/elections-americaines/article/2016/11/16/qu-est-ce-que-breitbart-news-le-site-antisemite-que-dirigeait-le-nouveau-conseiller-de-trump_5032379_829254.html#zpLezCeiZqvfKRmK.99)

La chroniqueuse Mylène Moisan et son trois et demi, Claude Robillard et le Sommet des Amériques (Québec, 2001).

Lévis (Québec), dimanche 8 mai 2016

Mylène Moisan, chroniqueuse et vedette du quotidien Le Soleil publié dans la capitale de la province de Québec, a tenu à consacrer toute une chronique à la parution d’un livre de l’ancien journaliste Claude Robillard.

L’habile chroniqueuse suspend le lecteur à ses lèvres dès le début son texte : « La première fois que j’ai rencontré Claude Robillard, écrit-elle, c’était chez moi, dans un petit trois et demi qui jouxtait le périmètre de sécurité. »

« La première fois que j’ai rencontré Claude Robillard, c’était chez moi… » Le lecteur pense : Mylène n’avait jamais rencontré Claude… Savait-elle que Claude était dans son appartement quand elle l’a vu en chair et en os pour la première fois? Qu’est-ce qui avait amené Claude sous le toit de Mylène? Ses intentions étaient-elles avouables? Claude travaillait-il à Radio-Canada à l’époque?

« dans un petit trois et demi »… Le lecteur pense : Pourquoi la chroniqueuse précise-t-elle qu’elle habitait « dans un petit trois et demi »? Si cette information était sans importance, Madame Moisan ne l’aurait pas donnée. Pourquoi la livre-t-elle au lecteur, à la lectrice, peut-être plus au lecteur pervers qu’à la lectrice exempte de toute souillure morale? Et, surtout, pourquoi la chroniqueuse dit-elle que son trois et demi était petit? Les trois et demi sont petits, non? Elle voulait peut-être souligner avec insistance l’étroitesse des lieux, étroitesse propice au rapprochement des corps et au déferlement de déclarations folles : « Osez! Mes seins voluptueux sont friands de vos lèvres Et de larmes d’amour veulent être arrosés »? Encore une fois, Monsieur Robillard travaillait-il à Radio-Canada à l’époque?

« qui jouxtait le périmètre de sécurité »… Le lecteur pense : Pourquoi un périmètre de sécurité au pied de l’appartement de Madame Moisan? Voulait-on protéger la chroniqueuse contre la société ou la société contre la chroniqueuse? Chose certaine, le périmètre de sécurité n’avait certainement pas été créé pour protéger Madame Moisan contre Monsieur Robillard : à l’époque, on vient de le confirmer dans les réseaux sociaux, le journaliste Robillard ne travaillait pas à Radio-Canada.

Ah! l’habile chroniqueuse… Mais il faut absolument que j’ajoute quelque chose qui ne plaira pas à la chroniqueuse.

Je traverse une mauvaise passe : je ne résiste pas à la tentation d’être honnête. En ce limpide matin dominical, je dois, pour être honnête, faire un reproche à Madame Mylène Moisan, celui d’avoir reproduit dans son article, sans pousser un cri d’étonnement ou d’ahurissement, une opinion indéfendable de Monsieur Robillard, que l’on trouve dans ce passage de l’article : « Dans la perspective historique, on voit que cette liberté [de la presse] a été rendue possible par la disparition de contraintes et, aujourd’hui, on observe et on cautionne des tentatives pour lui en imposer de nouvelles. On tend vers une liberté d’expression qui serait accordée aux personnes qui se comportent bien, qui ont des opinions raisonnables, qui « méritent » d’avoir ce droit.» […] « C’est le même droit de pouvoir dire au roi : « Tu m’emmerdes! » que le droit de dire des niaiseries, des imbécilités, même de diffuser des fausses nouvelles. Ce n’est pas aux juges de déterminer ce qui est vrai ou faux, ce qui est de bon goût ou pas. T’as le droit de dire des niaiseries et j’ai le droit de dire que je pense que c’est des niaiseries. »

Évidemment, il ne devrait pas être nécessaire d’écrire dans les codes de conduite des journalistes qu’on les enverra paître en enfer s’ils mentent à leurs lecteurs… Le Guide de déontologie de la Fédération professionnelle du Québec (FPJQ) contient néanmoins une section intitulée Vérité et rigueur; « Les journalistes, y lit-on, ont l’obligation de s’assurer de la véracité des faits qu’ils rapportent au terme d’un rigoureux travail de collecte et de vérification des informations. Ils doivent corriger leurs erreurs avec diligence et de façon appropriée au tort causé » (la FPJQ sait que les conditions de travail des journalistes les rendent fragiles et vulnérables).

Après avoir lu ce qui précède, vous n’aurez sans doute pas envie d’ouvrir le livre de M. Claude Robillard, que Madame Mylène Moisan ne montre pas sous un jour défavorable.

Monsieur Claude Robillard était le secrétaire général de la Fédération professionnelle des journalistes du Québec quand cette dernière a décerné le prix Judith-Jasmin à Madame Mylène Moisan. Le président de la FPJQ était alors M. Bryan Milnes, depuis peu directeur du journal Le Devoir; le vice-président était M. Pierre Craig, qui vient de quitter l’émission radio-canadienne La Facture. Madame Moisan a reçu le prix Judith-Jasmin peu de temps après avoir écrit un article particulièrement médiocre qui montre sa capacité de manquer de rigueur intellectuelle.  (Pour comprendre,allez au :

https://lepasseurdelacote.com/2014/01/30/quand-la-federation-professionnelle-des-journalistes-du-quebec-fpjq-attribue-un-prix-a-un-journaliste-ca-ne-veut-pas-dire-que-ce-journaliste-est-competent-dit-la-fpjq-est-ce-vrai-m-brian-myles/ )

Roger Martel (le Passeur de la Côte), citoyen de Lévis

Le Sommet des Amériques à Québec, 20-22 avril 2001

Le 21 avril 2001, à Québec, j’ai participé à une manifestation contre le projet de Zone de libre-échange des Amériques (ZLEA). J’ai marché et pris des photos pacifiquement. Je ne ne souviens pas d’être entré dans le trois et demi de Madame Moisan.

Roger Martel

Sommet des Amériques a Qc 200109052016 - Version 3

 

Sommet des Amériques a Qc 2001_b - Version 5

 

Sommet des Amériques a Qc 2001_b - Version 3

 

Sommet des Amériques a Qc 200109052016 - Version 4

Photos prises le 21 avril 2001

Les prix de la Fédération professionnelle des journalistes du Québec

La Fédération professionnelle des journalistes du Québec a remis récemment un prix  à Monsieur X.

 

Je ne doute pas du tout que M. X mérite qu’on lui rende dommage. Je regrette que son prix provienne d’une organisation qui, l’an dernier, a attribué un prix Judith-Jasmin à une chroniqueure qui avait publié quelques mois plus tôt un texte médiocre, inacceptable. J’en parle au https://lepasseurdelacote.com/2014/01/27/3120/.

 

Roger Martel (le Passeur de la Côte)

19 novembre 2014

Modifié le 22 novembre 2014

Quand la Fédération professionnelle des journalistes du Québec (FPJQ) attribue un prix de journalisme à un journaliste, ça ne veut pas dire que ce journaliste est un trésor du journalisme, dit la FPJQ.

( Le Passeur de la Côte fera comprendre à ses lecteurs le titre de la présente page, un jour prochain. Mais M. Brian Myles, président en 2013 de la FPJQ, s’en chargera peut-être rapidement, ce qu’aimerait le Passeur. )

Lévis (Québec), le 30 janvier 2014

Monsieur Brian Myles, journaliste, ancien président de la Fédération professionnelle des journalistes du Québec

Aux bons soins du journal Le Devoir, Montréal

Monsieur,

Le 27 janvier 2014 je vous ai envoyé un courriel concernant l’attribution d’un prix par la Fédération professionnelle des journalistes du Québec (FPJQ), à l’époque où vous la présidiez, à une journaliste qui a montré son manque de compétence. J’ai reçu une réponse qui n’a pas été écrite par vous, et dans laquelle votre nom ne figure pas. Je vous demanderais de me dire si vous êtes d’accord avec tout ce qui est dit dans la réponse, écrite par un employé de la FPJQ à votre demande (je présume que c’est à votre demande qu’il l’a écrite, et que cette réponse vous a été transmise).

Changement de propos. – Vous avez lu la déclaration du président de la FPJQ, M. Pierre Craig, dans laquelle il peste contre les maires qui nuiraient au travail des journalistes, et invite la première ministre du Québec, la porte-parole de Québec solidaire, etc., à prendre « tous les moyens, y compris législatifs, pour permettre aux journalistes du Québec de jouer leur rôle : celui de sentinelles de la démocratie ». Je lui répondrais ceci : «  Les lecteurs ne peuvent pas percevoir les journalistes comme des sentinelles de la démocratie quand ces derniers montrent qu’ils n’appliquent pas leur attention à ne rapporter que des faits exacts et qu’ils écrivent des faussetés qui, si elles ne sont pas toujours pyramidales, sont toujours importantes pour eux puisqu’elles les induisent en erreur. Or, en 2013, la FPJQ, à l’époque où M. Craig en était le vice-président (si ma mémoire est bonne), a remis un prix de journalisme à une chroniqueuse qui n’attache pas d’importance à l’article suivant du Guide de déontologie de la FPJQ, [VOTRE Fédération, Monsieur Myles] : « Les journalistes ont l’obligation de s’assurer de la véracité des faits qu’ils rapportent au terme d’un rigoureux travail de collecte et de vérification des informations ». Maintenant que vous présidez la FPJQ, M. Craig, prenez donc tous les moyens requis pour que vos membres respectent le Guide de déontologie de la FPJQ (VOTRE Fédération), et pour que la FPJQ tapent sur les doigts de ses membres qui écrivent des faussetés au lieu de les récompenser par un prix. » Et vous, Monsieur Myles, quel commentaire feriez-vous?

Veuillez, Monsieur, agréer mes salutations distinguées.

Roger Martel, membre de plusieurs sociétés d’histoire, ancien membre du conseil d’administration de la Société d’histoire régionale de Lévis, membre de l’Ordre des traducteurs, terminologues et interprètes agréés du Québec de 1981 à 2007, citoyen de Lévis depuis 1978

72, rue Fraser, Lévis, G6V 3S3 – Téléphone : 418-833-2587

lepasseurdelacote.com.

P.-S. Ce message et la réponse attendue seront publiés au lepasseurdelacote.com.

………………….

REPRODUCTION DU COURRIEL ENVOYÉ À M. BRIAN MYLES LE 27 JANVIER 2014 :

Lévis (Québec), le 27 janvier 2014

Monsieur Brian Myles, président de la Fédération professionnelle des journalistes du Québec en 2013

Aux bons soins du journal Le Devoir, Montréal

Monsieur,

En novembre 2013 j’ai envoyé un message à la Fédération professionnelle des journalistes du Québec (FPJQ) au sujet de l’attribution d’un important prix de journalisme à la chroniqueuse Mylène Moisan, employée du journal Le Soleil; la FPJQ ne m’a pas répondu. En décembre dernier, j’ai expédié un message semblable à M. Pierre Craig, président depuis peu de la FPJQ; M. Craig ne m’a pas répondu. Aujourd’hui, Monsieur Myles, je m’adresse à vous : vous étiez le président de la FPJQ quand cette dernière a remis un prix à Mme Mylène Moisan. (J’aimerais savoir pourquoi la FPJQ et M. Pierre Craig n’ont pas répondu à mes messages du mois dernier.)

Mme  Moisan a reçu le prix attribué dans la catégorie Opinion pour son article intitulé Treize minutes de trop. Je vous pose la question suivante : L’attribution du prix à Mme Moisan signifie-t-elle que la FPJQ n’a pas trouvé, dans les médias de 2012, de réalisation de plus grande valeur que la chronique Treize minutes de trop, pour la catégorie Opinion? Doit-on comprendre que la FPJQ juge qu’aucun éditorial publié au Québec en 2012 n’est supérieur à la chronique de Mme Moisan, qu’aucune analyse publiée au Québec en 2012 n’est supérieure à la chronique de Mme Moisan, qu’aucun commentaire publié au Québec en 2012 n’est supérieur à la chronique de Mme Moisan, qu’aucun billet publié au Québec en 2012 n’est supérieur à la chronique de Mme Moisan et qu’aucune caricature publiée au Québec en 2012 n’est supérieure à la chronique de Mme Moisan? (La catégorie Opinion, lit-on dans le site web de la FPJQ, couvre les éditoriaux, les chroniques, les billets, les commentaires, les analyses et les caricatures.)

L’attribution d’un prix de journalisme à Mme Mylène Moisan par une organisation que je croyais sérieuse et digne de confiance (la FPJQ) a fortement attiré mon attention parce que Mme Moisan a démontré aux lecteurs du journal Le Soleil, en 2013, qu’elle n’a pas appris ou n’a pas retenu que la « fonction première [des médias et des professionnels de l’information] est de livrer à la population une information exacte, rigoureuse, complète […] » (Conseil de presse du Québec, Droits et responsabilités de la presse, Troisième édition, novembre 2003), que les journalistes « doivent […] prendre tous les moyens à leur disposition pour s’assurer de la fiabilité de leurs sources et pour vérifier, auprès d’autres sources indépendantes, l’authenticité des informations qu’ils en obtiennent » (Conseil de presse du Québec, Droits et responsabilités de la presse, Troisième édition, novembre 2003) et que « Les auteurs de chroniques, de billets et de critiques ne sauraient se soustraire aux exigences de rigueur et d’exactitude » (Conseil de presse du Québec, Droits et responsabilités de la presse,Troisième édition, novembre 2003).

DÉMONSTRATION du manque de compétence de la chroniqueuse Mylène Moisan

L’été dernier, un texte de Mme Mylène Moisan dans Le Soleil m’a fait sursauter. J’ai réagi, j’ai envoyé la lettre suivante au journal :

Lévis n’a pas attendu Mme Mendez Ishii pour s’intéresser à l’histoire de sa Terrasse

Un historien, un vrai historien, n’écrit pas l’histoire d’une époque, d’un pays, d’une ville, en s’appuyant uniquement sur des textes de journalistes ou de propagandistes publiés dans des périodiques. Sans l’avoir voulu, la journaliste Mylène Moisan illustre pourquoi dans son article intitulé « En face, c’est Lévis, il n’y a rien… » (Le Soleil, 31 juillet 2013).

Mme Moisan fait cette affirmation catégorique : « La Terrasse [Chevalier de Lévis] n’avait pas d’histoire [avant l’arrivée à Lévis de Claudia Mendez Ishii qui est membre depuis quelques années du conseil d’administration de la Société d’histoire régionale de Lévis ou SHRL]. Personne ne s’était jamais demandé comment elle est arrivée là. Claudia est allée à la Société d’histoire régionale de Lévis, rien. »

Cette affirmation de la journaliste est erronée. Quelle est la source de Mme Moisan? On peut penser qu’il s’agit de Mme Mendez Ishii. [Disons en passant que Mme Mendez Ishii est copropriétaire d’un service de visite touristique avec un ancien membre du conseil d’administration de la SHRL, Mme Manon Pelletier.] Mais qu’importe quelle est la source : la vérité est que Mme Mendez Ishii aurait dû trouver à la SHRL un texte facilement trouvable puisqu’il a été publié dans la revue de la SHRL (son compagnon de vie, M. Claude Genest, historien et ancien président de la SHRL, ne l’a probablement pas guidé dans sa recherche, mais sait-on jamais). Le texte en question s’intitule « Du parc Shaw à la Terrasse Chevalier de Lévis »; il est signé Marcel Léveillé, à qui la Société d’histoire doit beaucoup; il a paru en 1987, dans le numéro 25 de la revue « La Seigneurie de Lauzon » produite par la SHRL, pages 19-23. Le texte de M. Léveillé est d’autant plus facile à trouver qu’il est l’article principal du numéro et que la page de titre de cette dernière affiche une grande photo faisant voir Lévis et sa terrasse. Naturellement, le texte de M. Léveillé ne figure pas dans les références qui accompagnent le texte que Mme Mendez Ishii a écrit avec l’appui de son compagnon.

Je pourrais dire trois ou quatre autres choses sur les affirmations de Mmes Mendez Ishii et Moisan. Je vais n’en ajouter qu’une. – La journaliste dit : « Quand elle [Mme Mendez Ishii, qui vit à Lévis depuis 2005, écrit Mme Moisan] a fini son cours en tourisme, il n’y avait personne qui faisait des visites touristiques de Lévis. Elle n’en revenait pas. Depuis 2006, elle en fait, toujours un peu plus chaque année ». Or, dans le numéro du 26 juillet 2006 (oui, 2006) du « Journal de Lévis », nous voyons que : « Tous les mercredis et vendredis soirs jusqu’au 1er septembre, la Ville de Lévis offre une visite guidée du Vieux-Lévis… une occasion pour les amateurs d’histoire et d’architecture de découvrir des aspects ignorés de ce quartier reconnu entre autres pour son église Notre-Dame » (http://www.journaldelevis.com/1068/787/Le_Vieux-Levis_a_la_chandelle_un_voyage_dans_le_temps_.journaldelevis). L’un des animateurs de ces visites appelées Le Vieux Lévis à la Chandelle, M. Étienne Vézina, allait bientôt devenir le président de la SHRL.

Renseignement complémentaire : dans « Le Centenaire de Lévis 1861-1961 » (1961), dans « Le Centenaire de Notre-Dame de Lévis, 25-30 juillet 1950 (1950), dans « IIIe Centenaire de la Rive Sud, région de Lévis, 21 au 26 juin 1947 (1947), la Terrasse n’est pas ignorée, preuve que les Lévisiens connaissent son importance depuis longtemps.

Les écrits restent; c’est merveilleux ! Sachons les utiliser !

Roger Martel, Lévisien, ancien membre du conseil d’administration de la Société d’histoire régionale de Lévis

(Note : Peu après avoir écrit la lettre ci-dessus, il m’a été confirmé que des visites guidées étaient offertes à Lévis avant que M. Étienne Vézina n’en organise.)

AUTRE DÉMONSTRATION du manque de compétence de la chroniqueuse Mylène Moisan

Le 10 janvier 2014 Mme Mylène Moisan signait la chronique Et puis, quoi de neuf ? dans Le Soleil (http://www.lapresse.ca/le-soleil/opinions/chroniqueurs/201401/09/01-4727209-et-puis-quoi-de-neuf.php). Je vous présente un extrait de cette chronique :

« Mes vieux lecteurs ont de la mémoire

J’ai écrit, en parlant de ces lecteurs qui m’écrivent sur du vrai papier, que le timbre pour une lettre coûtait 10 ¢ en 1920. J’ai pris l’info sur le site du Musée canadien de l’histoire, j’y ai lu ça : « Le tarif de recommandation des lettres et autres pièces de courrier postées au Canada est fixé à 10 ¢ la lettre, en vigueur le 15 juillet. » Formulé comme ça, je n’ai pas pigé que c’était le prix pour le courrier recommandé.

Mes vieux lecteurs m’ont rappelé à l’ordre, gentiment. Comme cette femme. « Il y a 50 ans, les lettres de mes amoureux portaient un timbre de 0,04 $ et de 0,05 $. Dommage que je ne sache pas utiliser le fax, car je vous ferais parvenir l’enveloppe. » Une lectrice m’a envoyé l’image d’une carte postale envoyée le 16 septembre 1947 à sa mère, « alors collégienne à l’École Normale de L’Islet ». Vous voyez, madame, le prix du timbre? Quatre sous.

Je suis retournée sur le site de la Banque du Canada, où j’avais calculé le prix du timbre avec l’inflation. Je voulais savoir si Postes Canada, en l’augmentant à 1 $, était raisonnable. Si 10 ¢ en 1920 valent aujourd’hui 1,09 $, 4 ¢ en 1947 valent 45 ¢ maintenant.

Voilà qui change tout. »

Dans sa chronique Et puis, quoi de neuf ?, Mme Mylène Moisan confesse qu’elle s’est trompée dans une chronique précédente : ce n’est pas vrai que « le timbre pour une lettre coûtait 10 ¢ en 1920 », contrairement à ce qu’elle avait affirmé. La journaliste prétend qu’elle a « pris l’info sur le site du Musée canadien de l’histoire ». C’est faux : cette affirmation ne se trouve pas dans le site du Musée. La vérité est que Mme Moisan n’a pas compris une phrase publiée dans le site du Musée. Cette phrase est pourtant très claire, le lecteur comprend dès le début qu’il y est question du courrier recommandé; lisons-la : « Le tarif de recommandation des lettres et autres pièces de courrier postées au Canada est fixé à 10 ¢ la lettre, en vigueur le 15 juillet. » Mme Moisan cherche à justifier son erreur; elle dit, parlant de la phrase qu’elle n’a pas su comprendre  : « Formulé comme ça, je n’ai pas pigé que c’était le prix pour le courrier recommandé ». La phrase est formulée correctement, la lectrice a été incapable de la comprendre (ce qui l’a conduit à communiquer une information inexacte à ses lecteurs); un point, c’est tout.

La journaliste Mylène Moisan, donc, n’a pas compris une phrase facile à comprendre. Malheureusement, on doit ajouter qu’elle exprime très mal sa pensée quand elle écrit : « J’ai pris l’info sur le site du Musée canadien de l’histoire ». Le lecteur comprend que la journaliste ne veut pas dire que l’information erronée qu’elle a transmise dans une chronique se trouve dans le site du Musée (autrement, on pourrait dire qu’elle cherche à induire ses lecteurs en erreur); elle veut dire que la lecture d’un texte publié dans le site du Musée l’a amené à croire que « le timbre pour une lettre coûtait 10 ¢ en 1920 ». (Madame Moisan n’arrive pas à comprendre une phrase simple, on vient de le voir, et elle en écrit qui sont incompréhensibles, voyez : « C’est une ville militaire [il est question de Lévis] dont on ne parle à peu près pas. Il y a cinq forts ici, que les Anglais ont construits parce qu’ils avaient profité du fait que les Français l’avaient mal défendue. » (Je rappelle que trois des forts de Lévis ont été construits entre 1865 et 1872, plus de cent ans après le départ des Français, et que les forts Upper Martinière et Lower Martinière ont été érigés encore plus tard, le premier dans les années 1900, le second en 1910. Que viennent donc faire les Français dans le décor ? Soit que Mme Claudia Mendez Ishii connaisse mal l’histoire de sa ville, soit que la chroniqueuse l’ait mal citée. Je ne pense pas que Mme Moisan saisissait clairement ce qu’elle écrivait.)

Les chroniques du 10 janvier 2014 (Et puis, quoi de neuf ?) et du 31 juillet 2013 (En face de Lévis, il n’y a rien…) de Mme Moisan nous renseignent sur la qualité de son travail. La journaliste démontre qu’elle ne se soucie pas autant qu’elle le devrait, loin de là, de l’exactitude des informations qu’elle transmet et qu’elle manque de rigueur intellectuelle et professionnelle, « synonyme d’exactitude, de précision, d’intégrité, de respect des personnes et des groupes, des faits et des événements » (Conseil de presse du Québec, Droits et responsabilités de la presse, Troisième édition, novembre 2003). Que l’on n’objecte pas que Mme Moisan n’écrit pas des éditoriaux ou des analyses, que ses textes sont seulement des chroniques : les journalistes vraiment dignes de porter ce titre, à l’instar du Conseil de presse, réfuteraient sans hésiter cette objection : « Les auteurs de chroniques, de billets et de critiques ne sauraient se soustraire aux exigences de rigueur et d’exactitude » (Conseil de presse du Québec, Droits et responsabilités de la presse, novembre 2003).

« La rigueur intellectuelle et professionnelle

dont doivent faire preuve les médias et les journalistes

représente la garantie d’une information de qualité. »

(Conseil de presse du Québec, Droits et responsabilités de la presse, novembre 2003).

J’attends de vous, Monsieur, que vous tentiez de démontrer que la Fédération professionnelle des journalistes du Québec n’a pas été en-dessous de sa réputation d’organisation sérieuse et digne de confiance quand elle a décidé d’attribuer en 2013 un important prix de journalisme à Mme Mylène Moisan, employée du journal Le Soleil. Je vous demanderais aussi de bien vouloir expliquer comment la FPJQ en est arrivé à décider d’attribuer un important prix à Mme Mylène Moisan, de dire, par exemple, qui, le premier (membre ou non de la FPJQ), a mis le nom de Mme  Mylène Moisan sur la table.

Pour terminer, je vous rappelle deux passages du Guide de déontologie des journalistes du Québec établi par la Fédération professionnelle des journalistes du Québec, VOTRE Fédération :

« Les journalistes ont l’obligation de s’assurer de la véracité des faits qu’ils rapportent

au terme d’un rigoureux travail de collecte

et de vérification des informations. »

« Dans les genres journalistiques comme les éditoriaux, les chroniques et les billets

ou dans le journalisme engagé,

où l’expression prend une large place,

les journalistes doivent tout autant respecter les faits. »

Je vous prie, Monsieur, d’agréer mes salutations distinguées.

Roger Martel, membre de plusieurs sociétés d’histoire, ancien membre du conseil d’administration de la Société d’histoire régionale de Lévis, membre de l’Ordre des traducteurs, terminologues et interprètes agréés du Québec de 1981 à 2007, citoyen de Lévis depuis 1978

72, rue Fraser, Lévis (Québec)

lepasseurdelacote.com

P.-S. Cette lettre et la réponse attendue seront publiées au lepasseurdelacote.com.

Magnifique 31 janvier 2014 à Lévis et à Québec

Québec et St-Laurent vus de Terrasse Lévis

Photo de Roger Martel

Le photographe se promenait sur la Terrasse du Chevalier de Lévis. C’est à cet endroit que se trouve un panneau d’interprétation sur lequel figurent le nom de la Société d’histoire régionale de Lévis et celui de sa vice-présidente, Madame Claudia Mendez Ishii (qui offre des visites touristiques guidées payantes à Lévis). La Commission de la capitale nationale du Québec (CCNQ) semble incapable de justifier l’inscription de ces noms sur le panneau : depuis septembre dernier, le Passeur de le Côte a écrit trois fois à la présidente de la CCNQ, Madame Françoise Mercure, pour lui demander une explication; Madame Françoise Mercure ne répond pas.

Roger Martel

Au sujet d’un important prix de journalisme attribué par la Fédération professionnelle des journalistes du Québec en 2013

Lévis (Québec), le 27 janvier 2014

Monsieur Brian Myles, président de la Fédération professionnelle des journalistes du Québec en 2013

Aux bons soins du journal Le Devoir, Montréal

Monsieur,

En novembre 2013 j’ai envoyé un message à la Fédération professionnelle des journalistes du Québec (FPJQ) au sujet de l’attribution d’un important prix de journalisme à la chroniqueuse Mylène Moisan, employée du journal Le Soleil; la FPJQ ne m’a pas répondu. En décembre dernier, j’ai expédié un message semblable à M. Pierre Craig, président depuis peu de la FPJQ; M. Craig ne m’a pas répondu. Aujourd’hui, Monsieur Shields, je m’adresse à vous : vous étiez le président de la FPJQ quand cette dernière a remis un prix à Madame Mylène Moisan.

Madame Moisan a reçu le prix attribué dans la catégorie Opinion pour son article intitulé Treize minutes de trop. Je vous pose la question suivante : L’attribution du prix à Madame Moisan signifie-t-elle que la FPJQ n’a pas trouvé, dans les médias de 2012, de réalisation de plus grande valeur que la chronique Treize minutes de trop, pour la catégorie Opinion? Doit-on comprendre que la FPJQ juge qu’aucun éditorial publié au Québec en 2012 n’est supérieur à la chronique de Madame Moisan, qu’aucune analyse publiée au Québec en 2012 n’est supérieure à la chronique de Madame Moisan, qu’aucun commentaire publié au Québec en 2012 n’est supérieur à la chronique de Madame Moisan, qu’aucun billet publié au Québec en 2012 n’est supérieur à la chronique de Madame Moisan et qu’aucune caricature publiée au Québec en 2012 n’est supérieure à la chronique de Madame Moisan? (La catégorie Opinion, lit-on dans le site web de la FPJQ, couvre les éditoriaux, les chroniques, les billets, les commentaires, les analyses et les caricatures.)

L’attribution d’un prix de journalisme à Madame Mylène Moisan par une organisation que je croyais sérieuse et digne de confiance (la FPJQ) a fortement attiré mon attention parce que Madame Moisan a démontré aux lecteurs du journal Le Soleil, en 2013, qu’elle n’a pas appris ou n’a pas retenu que la « fonction première [des médias et des professionnels de l’information] est de livrer à la population une information exacte, rigoureuse, complète […] » (Conseil de presse du Québec, Droits et responsabilités de la presse,Troisième édition, novembre 2003), que les journalistes « doivent […] prendre tous les moyens à leur disposition pour s’assurer de la fiabilité de leurs sources et pour vérifier, auprès d’autres sources indépendantes, l’authenticité des informations qu’ils en obtiennent » (Conseil de presse du Québec, Droits et responsabilités de la presse,Troisième édition, novembre 2003) et que « Les auteurs de chroniques, de billets et de critiques ne sauraient se soustraire aux exigences de rigueur et d’exactitude » (Conseil de presse du Québec, Droits et responsabilités de la presse,Troisième édition, novembre 2003).

DÉMONSTRATION du manque de compétence de la chroniqueuse Mylène Moisan

L’été dernier, un texte de Madame Mylène Moisan dans Le Soleil m’a fait sursauter. J’ai réagi, j’ai envoyé la lettre suivante au journal :

Lévis n’a pas attendu Mme Mendez Ishii pour s’intéresser à l’histoire de sa Terrasse

Un historien, un vrai historien, n’écrit pas l’histoire d’une époque, d’un pays, d’une ville, en s’appuyant uniquement sur des textes de journalistes ou de propagandistes publiés dans des périodiques. Sans l’avoir voulu, la journaliste Mylène Moisan illustre pourquoi dans son article intitulé « En face, c’est Lévis, il n’y a rien… » (Le Soleil, 31 juillet 2013).

Mme Moisan fait cette affirmation catégorique : « La Terrasse [Chevalier de Lévis] n’avait pas d’histoire [avant l’arrivée à Lévis de Claudia Mendez Ishii qui est membre depuis quelques années du conseil d’administration de la Société d’histoire régionale de Lévis ou SHRL]. Personne ne s’était jamais demandé comment elle est arrivée là. Claudia est allée à la Société d’histoire régionale de Lévis, rien. »

Cette affirmation de la journaliste est erronée. Quelle est la source de Mme Moisan? On peut penser qu’il s’agit de Mme Mendez Ishii. [Disons en passant que Mme Mendez Ishii est copropriétaire d’un service de visite touristique avec un ancien membre du conseil d’administration de la SHRL, Mme Manon Pelletier.] Mais qu’importe quelle est la source : la vérité est que Mme Mendez Ishii aurait dû trouver à la SHRL un texte facilement trouvable puisqu’il a été publié dans la revue de la SHRL (son compagnon de vie, M. Claude Genest, historien et ancien président de la SHRL, ne l’a probablement pas guidé dans sa recherche, mais sait-on jamais). Le texte en question s’intitule « Du parc Shaw à la Terrasse Chevalier de Lévis »; il est signé Marcel Léveillé, à qui la Société d’histoire doit beaucoup; il a paru en 1987, dans le numéro 25 de la revue « La Seigneurie de Lauzon » produite par la SHRL, pages 19-23. Le texte de M. Léveillé est d’autant plus facile à trouver qu’il est l’article principal du numéro et que la page de titre de cette dernière affiche une grande photo faisant voir Lévis et sa terrasse. Naturellement, le texte de M. Léveillé ne figure pas dans les références qui accompagnent le texte que Mme Mendez Ishii a écrit avec l’appui de son compagnon.

Je pourrais dire trois ou quatre autres choses sur les affirmations de Mmes Mendez Ishii et Moisan. Je vais n’en ajouter qu’une. – La journaliste dit : « Quand elle [Mme Mendez Ishii, qui vit à Lévis depuis 2005, écrit Mme Moisan] a fini son cours en tourisme, il n’y avait personne qui faisait des visites touristiques de Lévis. Elle n’en revenait pas. Depuis 2006, elle en fait, toujours un peu plus chaque année ». Or, dans le numéro du 26 juillet 2006 (oui, 2006) du « Journal de Lévis », nous voyons que : « Tous les mercredis et vendredis soirs jusqu’au 1er septembre, la Ville de Lévis offre une visite guidée du Vieux-Lévis… une occasion pour les amateurs d’histoire et d’architecture de découvrir des aspects ignorés de ce quartier reconnu entre autres pour son église Notre-Dame » (http://www.journaldelevis.com/1068/787/Le_Vieux-Levis_a_la_chandelle_un_voyage_dans_le_temps_.journaldelevis). L’un des animateurs de ces visites appelées Le Vieux Lévis à la Chandelle, M. Étienne Vézina, allait bientôt devenir le président de la SHRL.

Renseignement complémentaire : dans « Le Centenaire de Lévis 1861-1961 » (1961), dans « Le Centenaire de Notre-Dame de Lévis, 25-30 juillet 1950 (1950), dans « IIIe Centenaire de la Rive Sud, région de Lévis, 21 au 26 juin 1947 (1947), la Terrasse n’est pas ignorée, preuve que les Lévisiens connaissent son importance depuis longtemps.

Les écrits restent; c’est merveilleux ! Sachons les utiliser !

Roger Martel, Lévisien, ancien membre du conseil d’administration de la Société d’histoire régionale de Lévis

(Note : Peu après avoir écrit la lettre ci-dessus, il m’a été confirmé que des visites guidées étaient offertes à Lévis avant que M. Étienne Vézina n’en organise.)

AUTRE DÉMONSTRATION du manque de compétence de la chroniqueuse Mylène Moisan

Le 10 janvier 2014 Madame Mylène Moisan signait la chronique Et puis, quoi de neuf ? dans Le Soleil (http://www.lapresse.ca/le-soleil/opinions/chroniqueurs/201401/09/01-4727209-et-puis-quoi-de-neuf.php). Je vous présente un extrait de cette chronique :

« Mes vieux lecteurs ont de la mémoire

J’ai écrit, en parlant de ces lecteurs qui m’écrivent sur du vrai papier, que le timbre pour une lettre coûtait 10 ¢ en 1920. J’ai pris l’info sur le site du Musée canadien de l’histoire, j’y ai lu ça : «Le tarif de recommandation des lettres et autres pièces de courrier postées au Canada est fixé à 10 ¢ la lettre, en vigueur le 15 juillet.» Formulé comme ça, je n’ai pas pigé que c’était le prix pour le courrier recommandé.

Mes vieux lecteurs m’ont rappelé à l’ordre, gentiment. Comme cette femme. «Il y a 50 ans, les lettres de mes amoureux portaient un timbre de 0,04 $ et de 0,05 $. Dommage que je ne sache pas utiliser le fax, car je vous ferais parvenir l’enveloppe.» Une lectrice m’a envoyé l’image d’une carte postale envoyée le 16 septembre 1947 à sa mère, «alors collégienne à l’École Normale de L’Islet». Vous voyez, madame, le prix du timbre? Quatre sous.

Je suis retournée sur le site de la Banque du Canada, où j’avais calculé le prix du timbre avec l’inflation. Je voulais savoir si Postes Canada, en l’augmentant à 1 $, était raisonnable. Si 10 ¢ en 1920 valent aujourd’hui 1,09 $, 4 ¢ en 1947 valent 45 ¢ maintenant.

Voilà qui change tout. »

Dans sa chronique Et puis, quoi de neuf ?, Madame Mylène Moisan confesse qu’elle s’est trompée dans une chronique précédente : ce n’est pas vrai que « le timbre pour une lettre coûtait 10 ¢ en 1920 », contrairement à ce qu’elle avait affirmé. La journaliste prétend qu’elle a « pris l’info sur le site du Musée canadien de l’histoire ». C’est faux : cette affirmation ne se trouve pas dans le site du Musée. La vérité est que Madame Moisan n’a pas compris une phrase publiée dans le site du Musée. Cette phrase est pourtant très claire, le lecteur comprend dès le début qu’il y est question du courrier recommandé; lisons-la : « Le tarif de recommandation des lettres et autres pièces de courrier postées au Canada est fixé à 10 ¢ la lettre, en vigueur le 15 juillet. » Madame Moisan cherche à justifier son erreur; elle dit, parlant de la phrase qu’elle n’a pas su comprendre  : « Formulé comme ça, je n’ai pas pigé que c’était le prix pour le courrier recommandé ». La phrase est formulée correctement, la lectrice a été incapable de la comprendre (ce qui l’a conduit à communiquer une information inexacte à ses lecteurs); un point, c’est tout.

La journaliste Mylène Moisan, donc, n’a pas compris une phrase facile à comprendre. Malheureusement, on doit ajouter qu’elle exprime très mal sa pensée quand elle écrit : « J’ai pris l’info sur le site du Musée canadien de l’histoire ». Le lecteur comprend que la journaliste ne veut pas dire que l’information erronée qu’elle a transmise dans une chronique se trouve dans le site du Musée (autrement, on pourrait dire qu’elle cherche à induire ses lecteurs en erreur); elle veut dire que la lecture d’un texte publié dans le site du Musée l’a amené à croire que « le timbre pour une lettre coûtait 10 ¢ en 1920 ». (Madame Moisan n’arrive pas à comprendre une phrase simple, on vient de le voir, et elle en écrit qui sont incompréhensibles, voyez : « C’est une ville militaire [il est question de Lévis] dont on ne parle à peu près pas. Il y a cinq forts ici, que les Anglais ont construits parce qu’ils avaient profité du fait que les Français l’avaient mal défendue. » (Je rappelle que trois des forts de Lévis ont été construits entre 1865 et 1872, plus de cent ans après le départ des Français, et que les forts Upper Martinière et Lower Martinière ont été érigés encore plus tard, le premier dans les années 1900, le second en 1910. Que viennent donc faire les Français dans le décor ? Soit que Madame Claudia Mendez Ishii connaisse mal l’histoire de sa ville, soit que la chroniqueuse l’ait mal citée. Je ne pense pas que Madame Moisan saisissait clairement ce qu’elle écrivait. )

Les chroniques du 10 janvier 2014 (Et puis, quoi de neuf ?) et du 31 juillet 2013 (En face de Lévis, il n’y a rien…) de Madame Mylène Moisan nous renseignent sur la qualité de son travail. La journaliste démontre qu’elle ne se soucie pas autant qu’elle le devrait, loin de là, de l’exactitude des informations qu’elle transmet et qu’elle manque de rigueur intellectuelle et professionnelle, « synonyme d’exactitude, de précision, d’intégrité, de respect des personnes et des groupes, des faits et des événements » (Conseil de presse du Québec, Droits et responsabilités de la presse,Troisième édition, novembre 2003). Que l’on n’objecte pas que Madame Moisan n’écrit pas des éditoriaux ou des analyses, que ses textes sont seulement des chroniques : les journalistes vraiment dignes de porter ce titre, à l’instar du Conseil de presse, réfuteraient sans hésiter cette objection : « Les auteurs de chroniques, de billets et de critiques ne sauraient se soustraire aux exigences de rigueur et d’exactitude » (Droits et responsabilités de la presse, novembre 2003).

« La rigueur intellectuelle et professionnelle

dont doivent faire preuve les médias et les journalistes

représente la garantie d’une information de qualité. »

(Conseil de presse du Québec, Droits et responsabilités de la presse, novembre 2003).

J’attends de vous, Monsieur, que vous tentiez de démontrer que la Fédération professionnelle des journalistes du Québec n’a pas été en-dessous de sa réputation d’organisation sérieuse et digne de confiance quand elle a décidé d’attribuer en 2013 un important prix de journalisme à Madame Mylène Moisan, employée du journal Le Soleil. Je vous demanderais aussi de bien vouloir expliquer comment la FPJQ en est arrivé à décider d’attribuer un important prix à Madame Mylène Moisan, de dire, par exemple, qui, le premier (membre ou non de la FPJQ), a mis le nom de Madame Mylène Moisan sur la table.

Pour terminer, je vous rappelle deux passages du Guide de déontologie des journalistes du Québec établi par la Fédération professionnelle des journalistes du Québec, VOTRE Fédération :

« Les journalistes ont l’obligation de s’assurer de la véracité des faits qu’ils rapportent

au terme d’un rigoureux travail de collecte

et de vérification des informations. »

« Dans les genres journalistiques comme les éditoriaux, les chroniques et les billets

ou dans le journalisme engagé,

où l’expression prend une large place,

les journalistes doivent tout autant respecter les faits. »

Je vous prie, Monsieur, d’agréer mes salutations distinguées.

Roger Martel, membre de plusieurs sociétés d’histoire, ancien membre du conseil d’administration de la Société d’histoire régionale de Lévis, membre de l’Ordre des traducteurs, terminologues et interprètes agréés du Québec de 1981 à 2007, citoyen de Lévis depuis 1978

lepasseurdelacote.com

P.-S. Cette lettre et la réponse attendue seront publiées au lepasseurdelacote.com.