Nathalie Normandeau, Gilles Lehouillier et Jean Charest, à la belle époque

Il arrive à Nathalie Normandeau, ex-vice-première ministre sous Jean Charest, de dire des choses qu’il vaut la peine de répéter. Le 6 septembre 2016, elle a déclaré :

« Philippe Couillard, lorsque je l’écoute parler, on dirait que pour lui, il y a deux Parti libéral du Québec. Mais ce qu’il oublie, c’est qu’il n’y a qu’un seul Parti libéral du Québec, a-t-elle insisté. C’est comme si Philippe Couillard essayait de nier, de mettre sous le tapis tout ce qui s’était passé avant qu’il devienne chef du Parti libéral du Québec. Mais il ne faut pas oublier que Philippe Couillard a fait partie d’un gouvernement où j’étais à l’époque, et il était ministre de la Santé. »*

À l’époque où elle faisait partie du gouvernement, Nathalie Normandeau avait aussi pour compagnons de travail Jean Charest, chef du Parti libéral du Québec, et Gilles Lehouillier, député libéral de la circonscription de Lévis.

M. Charest, M. Lehouillier et la plupart des autres députés libéraux se sont opposés pendant environ deux ans et demi à la création d’une commission d’enquête sur la construction :

« À l’Assemblée nationale, les libéraux ont voté 11 fois contre des motions réclamant qu’une commission d’enquête soit mandatée »**

 

 

En mars 2016, Nathalie Normandeau a été accusée de sept chefs de complot, de corruption, d’abus de confiance et de fraude. (Il est important de rappeler que Mme Normandeau n’a pas été déclarée coupable de quoi que ce soit. Elle se présentera en cour en septembre 2016.)

 

Roger Martel, citoyen de Lévis

 

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Jean Charest et Gilles Lehouillier

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Gilles Lehouillier et Philippe Couillard

*source : http://www.ledevoir.com/politique/quebec/479368/nathalie-normandeau-l-upac-m-a-declare-la-guerre?utm_source=feedburner&utm_medium=feed&utm_campaign=Feed%3A+fluxdudevoir+(Le+fil+de+presse+du+Devoirvu le 07-09-2016

** (http://ici.radio-canada.ca/sujet/elections-quebec-2014/2014/03/23/011-plq-commission-charbonneau-charest.shtml vu le 07-09-2016).

Charbonneau reçoit Normandeau – L’échec de Normandeau (2)

 La coïncidence des intérêts

Chronique de Michel David, Le Devoir, 19 juin 2014 |

Source : Le Devoir, http://www.ledevoir.com/politique/quebec/411423/la-coincidence-des-interets

EXTRAITS

À première vue, 32 interventions [de la ministre Normandeau] pour imposer l’octroi ou la majoration d’une subvention sur un total de 708 dossiers semblent constituer un pourcentage très raisonnable, voire modeste. Le problème est que les bénéficiaires de ces subventions étaient presque toujours les mêmes firmes de génie-conseil, notamment le groupe Roche, dont les représentants fréquentaient assidûment les cocktails de financement de Mme Normandeau. […]

Elle [Mme Normandeau] n’est tout de même pas née de la dernière pluie. À l’en croire, son ancien chef de cabinet, Bruno Lortie, en qui elle avait une « confiance absolue », aurait tout manigancé derrière son dos avec l’ancien ministre Marc-Yvan Côté, alors vice-président au développement des affaires chez Roche et grand collecteur de fonds du PLQ.

Si elle ignorait que les deux hommes se considéraient comme père et fils, elle savait néanmoins qu’ils étaient bons amis, et la réputation de M. Côté, expulsé à vie du Parti libéral du Canada à la suite des révélations de la commission Gomery sur les commandites fédérales, n’était plus à faire. Dans les circonstances, un minimum de vigilance aurait dû s’imposer, mais Mme Normandeau n’a pas eu de « discussion spécifique » à ce sujet avec son chef de cabinet.

[…]

Elle a dit ignorer que les contributions des firmes de génie-conseil dans sa circonscription de Bonaventure, le groupe Roche au premier chef, avaient grimpé en flèche quand elle est devenue ministre des Affaires municipales et que les avantages obtenus par ces firmes avaient augmenté en proportion. Qui plus est, M. Côté participait activement à l’organisation de ses activités de financement.

 

Charbonneau reçoit Normandeau – L’échec de Nathalie Normandeau (I)

 

Le mur et les valises – Éditorial d’Antoine Robitaille, 19 juin 2014

Source : Le Devoir, http://www.ledevoir.com/politique/quebec/411375/normandeau-devant-charbonneau-le-mur-et-les-valises

EXTRAITS

Pour interpréter le témoignage tant attendu de Nathalie Normandeau devant la commission Charbonneau, il n’y a pas 10 hypothèses possibles. Deux suffisent : soit elle fut une ministre libérale naïve jusqu’à l’inconscience, soit elle a opté, dans son témoignage de mercredi, pour une technique fréquente chez certains élus lorsque leur conduite est remise en question : transformer l’entourage en bouc émissaire pour se disculper. Nous penchons vers la seconde. […]

Pour Mme Normandeau, son chef de cabinet était l’équivalent de ses bras « droit… et gauche ». Elle et lui étaient inséparables, mais elle n’a rien vu, rien entendu des pratiques de favoritisme de M. Lortie. Contradictoire. […]

Mme Normandeau semblait tomber des nues mercredi. Les « magouilles » de financement des firmes de génie ? Une découverte récente, qui la « révolte ». De 2009 à 2011 pourtant, d’innombrables faits lui ont été présentés par les oppositions, les médias, etc. […]

Que dire du « mur » éthique sur lequel l’ex-ministre a insisté hier ? Où était-il lorsqu’elle a accepté les faveurs d’entrepreneurs ?… lorsqu’elle laissait son M. Lortie piloter son financement politique ?… lorsqu’elle favorisait, grâce à son pouvoir discrétionnaire, les mêmes firmes de génie ? Le seul mur qu’on l’a vraiment vue défendre, à l’époque, c’est celui qui se dressait devant le vérificateur général (Renaud Lachance !) l’empêchant d’entrer à Hydro-Québec.

[…] On imagine même très bien Mme Normandeau dire (comme un intervenant l’a twitté hier) : « En tant qu’ancienne ministre du Tourisme, je suis habituée de prendre les gens pour des valises. »