L’hiver dernier, une amende pour un embellissement surprenant de P. K. Subban, joueur de hockey costaud. En août 2017, pourquoi la vedette du football Ronaldo a-t-il été expulsé?

Nous sommes en août 2017. Il y a quelques mois :

Un « embellissement » surprenant dans le quotidien Le Devoir de Montréal, le 11 mai 2017 : « Le flamboyant défenseur des Predators de Nashville [P. K. Subban] a écopé d’une amende de 2 000 $ pour embellissement. » Le lecteur est perplexe. M. Subban aurait-il, par exemple, entre deux périodes, remplacé ses vêtements de joueur de hockey par un habit à queue et nœud papillon blanc (on sait que M. Subban aime beaucoup les vêtements élégants); c’est peu vraisemblable. Se pourrait-il qu’il ait embelli un adversaire, embelli d’un coup de bâton? C’est plus vraisemblable, malheureusement.

Les organes d’information ont écrit dans le passé que M. Subban avait reçu des amendes pour « plongeon », pour « réactions exagérées », pour « avoir joué la comédie »; ils ont même dit une fois qu’il avait été déclaré coupable d’avoir eu une « réaction exagérée dans le but de provoquer une pénalité »; pire : un média électronique a écrit que M. Subban avait été « amendé pour une simulation ».

EXPLICATION

Que signifie donc le mot embellissement?

Le 10 mai 2017, CBS Sports a écrit « Subban has been fined $2,000 for his embellishment act in Game 4 against the Blues on May 2, NHL.com reports ». embellissement serait-il l’équivalent d’embellishment?

L’article 64 du Règlement de la Ligue nationale de hockey contient ce passage : « Les sanctions supplémentaires associées au règlement 64.3 (Plongeon/Exagération) seront révisées afin d’attirer l’attention sur les joueurs (et les équipes) qui plongent et exagèrent à répétition dans le but de voir une pénalité être décernée, et afin de pénaliser ces joueurs plus sévèrement ». L’embellissement serait donc « une manière de jouer qui, par souci de la victoire, va à l’encontre de l’esprit du jeu (qu’il soit sportif ou intellectuel) ou ne laisse aucune chance aux adversaires » (Wikipedia). Or, il existe un mot bien français qui désigne cette « manière de jouer »; le mot antijeu (« jeu ne respectant pas l’esprit sportif », Le Petit Robert).

EXEMPLES D’EMPLOI DU MOT ANTIJEU TROUVÉS DANS INTERNET :

Faire de l’antijeu, ne pas respecter la règle du jeu, commettre des irrégularités. (Larousse, http://www.larousse.fr/dictionnaires/francais/antijeu/4115)

Le match de l’Euro 2016 disputé lundi entre la Belgique et l’Italie a été émaillé de fautes d’antijeu [],faut-il renforcer les sanctions contre les fautes d’antijeu ? (http://sport.francetvinfo.fr/euro/debat-faut-il-renforcer-les-sanctions-contre-les-fautes-d-antijeu-340173)

Si l’on considère que le sport doit véhiculer des valeurs tels que le respect, le fair-play et mettre en valeur des gestes techniques ou collectifs plutôt que des gestes d’antijeu, il serait peut-être temps de changer les esprits. Ou alors, on change de sport ! (http://sport.francetvinfo.fr/euro/debat-faut-il-renforcer-les-sanctions-contre-les-fautes-d-antijeu-340173)

Embellissons notre salon d’une photo du flamboyant P. K. Subban, mais ne lui attribuons pas un embellissement quand il « joue la comédie ».

J’OUBLIAIS RONALDO : Août 2017 : « entré en jeu, il [Cristiano Ronaldo, footballeur du Real Madrid] a redonné l’avantage à son équipe d’une superbe frappe et fêté son but en enlevant son maillot face aux tribunes. Cela lui a coûté un carton jaune qui a eu un écho important puisqu’il a été expulsé pour un deuxième jaune après simulation. » (Ronaldo avait simulé une chute dans la surface de l’adversaire.)

Roger Martel, Lévis (Québec)

NOTE : En Suisse, amender a le sens d’infliger une amende.

* Cyril Morin, http://www.eurosport.fr/football/supercoupe-d-espagne/2017-2018/pour-sa-poussette-sur-l-arbitre-ronaldo-risque-4-a-12-matches-de-suspension_sto6288437/story.shtml

Ligue nationale de hockey – Bravo pour votre match de jeudi dernier, Monsieur Subban! – Racisme aux USA?

Montréal a vaincu Boston jeudi dernier grâce entre autres à la belle performance de P.K. Dubban. Malheureusement, « Certains partisans des Bruins de Boston y sont allés de propos racistes à l’endroit du défenseur du Canadien de Montréal […] Le mot «Nigger» était notamment tendance à Boston, sur Twitter, après son premier filet de la rencontre. Selon Influence Communication, à 8 h 30 vendredi matin, plus de 17 000 messages avec le mot-clic #Nigger avaient été publiés sur Twitter, en lien avec Subban. » (TVA Sports, http://tvasports.ca/hockey/canadiens/des-mots-racistes-pour-subban-1052014)

SUBBAN P.K.-hockey

P.K. Subban

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Source : Canal Argent, Il reste encore beaucoup de chemin à faire pour les Noirs aux États-Unis, http://argent.canoe.ca/nouvelles/international/apres-50-ans-les-noirs-americains-toujours-plus-pauvres-28082013

Le 28 août 2013 à 15h19 | Caroline Pailliez / Argent

Mise à jour le 28 août 2013 à 18h30

Voilà 50 ans que le célèbre discours «I Have a Dream» de Martin Luther King résonnait à travers les États-Unis. Si le discours a donné naissance à un formidable mouvement de droits civiques, la situation économique des Noirs ne s’est pas forcément améliorée.

Avec un taux de 13,8 % en 2012, soit un taux deux fois plus important que celui des Blancs, les Noirs étaient toujours les plus grandes victimes du chômage aux États-Unis.

[…]

C’est encore plus marquant au chapitre de la pauvreté. Près de 24 % des Noirs de 18 à 64 ans vivaient en dessous du seuil de pauvreté aux États-Unis en 2011. Cette proportion était de 9,8 % pour les Blancs. En 1974, ce chiffre était de 22,8 % pour les Noirs contre 5,9 % pour les Blancs. Chez les Hispaniques, cette proportion était de 21,1 % en 2011.

[…]

Les écarts de richesse n’en finissent pas de se creuser. Le salaire annuel médian aux États-Unis était de 792 $ pour les Blancs en 2012. Cela correspond à un salaire annuel de 41 200$. Pour les Noirs, il était de 621 $ par semaine soit 32 300 $ par année.

…………………….

Extrait de Uncle’s Tom Cabin (La case de l’Oncle Tom), roman du milieu du dix-neuvième siècle dans lequel l’Américaine Harriett Beecher Stowe s’élève contre l’esclavage et défend les droits des Noirs. (On  trouvera la traduction en français plus loin.)

(Miss Ophelia est une belle Dame Nordiste, Topsy est une petite négresse.)

Miss Ophelia—Now I have a few questions to ask you before we set to work. How old are you, Topsy?

  Topsy (grinning)—Dunno, missis.

  Miss Ophelia—Don’t know how old you are! Did nobody ever tell you? Who was your mother then, child?

  Topsy (with another grin)—Never had none.

  Miss Ophelia—Never had any mother! What do you mean? Where were you born?

  Topsy—Never was born.

  Miss Ophelia (sternly)—You mustn’t answer me like that, child. I am not playing with you. Tell me where you were born and who were your father and mother.

  Topsy (emphatically)—Never was born, never had no father, nor mother, nor nothin’!

  Miss Ophelia—Topsy, how can you say such things! How long have you lived with your master and mistress?

  Topsy—Dunno, missis.

  Miss Ophelia—Is it a year, or more, or less? Try to answer properly, this time.

  Topsy—Dunno missis.

  Miss Ophelia—Worse and worse! Do you know nothing at all, I wonder! Have you ever heard of God, Topsy? (Topsy shakes her head.) Do you know who made you?

  Topsy (laughing)—Nobody as I knows on: ‘spect I grow’d. Don’t think nobody ever made me.

  Miss Ophelia (shocked)—Terrible! whatever shall I do with a child like this! Do you know how to sew, Topsy?

  Topsy—No, missis.

  Miss Ophelia—What can you do? What did you do for your master and mistress?

  Topsy—Fetch water, wash dishes, and clean knives and wait on folks.

(On trouve Uncle’s Tom Cabin au http://utc.iath.virginia.edu/saxon/servlet/SaxonServlet?source=utc/xml/media/childrn/cbplmba.xml&style=utc/xsl/utcprint.xsl&print=yes&clear-stylesheet-cache=yes)

 

TRADUCTION EN FRANÇAIS du texte précédent par Madame L. SW. BELLOC

Source: http://www.ebooksgratuits.com

La négrillonne écoutait ces obligeants commentaires de l’air humble, soumis, dolent, rivé sur son visage, et son regard furtif épiait de côté les ornements qui pendaient aux oreilles de Jane. 287

Quand elle fut enfin revêtue d’un costume décent et complet, quand sa tête fut rasée, miss Ophélia déclara, avec une nuance de satisfaction, que « la petite avait l’air plus chrétien ; » et, préoccupée déjà de ses plans d’éducation, elle s’assit, et commença l’interrogatoire. « Quel âge avez-vous, Topsy ? – Sais pas, maîtresse, dit l’image avec une grimace qui laissa voir toutes ses dents. – Quoi ! vous ne savez pas votre âge ?…, jamais personne ne vous l’a dit ? – Qui était votre mère voyons ? – Jamais eu de mère du tout, dit l’enfant, et elle répéta sa grimace. – Vous n’avez point eu de mère ! Que voulez-vous dire ? Où êtes-vous née ? – Jamais née, moi, » persista Topsy avec une autre contorsion diabolique. Pour peu que miss Ophélia eût été nerveuse, elle aurait pu se croire en possession de quelque noir gnome, sorti du pays des lutins. Mais Ophélia était positive, allait droit au but, et elle ajouta, avec quelque sévérité : « Vous ne devez pas me répondre sur ce ton, enfant ; je ne plaisante pas avec vous. Dites-moi où vous êtes née, et qui étaient vos parents, père et mère ? – Suis jamais été née, moi, répéta le petit être avec plus d’emphase, jamais eu ni père, ni mère, ni rien du tout. Un es- spéculateur m’a nourrie avec un tas d’autres, et vieille tante Soué prenait soin du tas. » L’enfant était évidemment sincère. « Seigneur, miss Phélie, dit Jane avec un ris moqueur, il y en a des masses de ceux-là ! les spéculateurs les achètent tout petits, à bon compte, et les élèvent pour le marché. –Combien avez-vous passé de temps avec vos derniers maîtres ? reprit miss Ophélia. – Sais pas, maîtresse. – Est-ce un an ? plus ? moins ? – Sais pas, maîtresse. – Seigneur ! miss, ces engeances-là ne peuvent pas ré- pondre ! ça ne connaît rien au monde, ni jour ni an, reprit Jane. Ils ne savent seulement pas leur âge, à eux-mêmes ! – N’avez-vous jamais entendu parler de Dieu, Topsy ? » L’enfant prit l’air effaré, et répéta sa grimace usuelle. 288

« Savez-vous qui vous a faite ? – Personne, bien sûr, » dit l’enfant avec un court éclat de rire. L’idée parut la divertir beaucoup, car ses yeux ronds brillèrent tandis qu’elle ajoutait : « Moi ai poussé, v’là tout ! je crois pas que personne m’a jamais faite. – Savez-vous coudre ? demanda miss Ophélia, convaincue qu’il fallait descendre à des questions terre à terre et plus positives. – Non, maîtresse ? – Que savez-vous faire ? – que faisiez-vous chez vos anciens maîtres ? – Je portais l’eau, je lavais les assiettes, je nettoyais les couteaux, et je servais le monde. – Étaient-ils bons pour vous ?