Les pauvres et les exclus : des humiliés et des offensés

Source : Jean-Claude Guillebaud, journaliste, écrivain et essayiste, Humiliés et offensés, revue La Vie, 12/11/2018 ,http://www.lavie.fr/debats/bloc-notes/humilies-et-offenses-12-11-2018-94292_442.php

 

Il m’a semblé discerner assez nettement la contradiction entre, d’une part, cette uniformisation accélérée de la planète, sous l’empire du libre-échange, de la domination américaine hystérisée par Donald Trump, du cosmopolitisme marchand et, d’autre part, la quête identitaire des peuples, précipités dans une anxiété confuse, le recours à l’histoire nationale, à l’enracinement, à la spécificité culturelle comme autant de refuges.

Contradiction, en somme, entre ce grand tout universaliste et marchand de la mondialisation et le besoin qu’éprouvent les peuples de retrouver des repères, de se redéfinir, voire de se barricader. […] Aujourd’hui, la défense des plus démunis, la colère des pauvres et des exclus n’est plus prise en charge nulle part par des forces politiques capables de gouverner. On a l’impression que les affaires du monde sont maintenant prises en charge par une élite internationaliste, médiatique, vaguement arrogante, qui a fait de la « modernité » son credo et du commerce international son souci.

Les élites qui expriment cette nouvelle vulgate se trouvent en effet coupées du peuple, oublieuses des petits, des exclus, des retardataires. Elles s’impatientent des peurs de l’opinion qu’elles interprètent comme autant d’archaïsmes. Se lamenter de cette situation ne sert pas à grand-chose. Il faudrait s’interroger sur ce qui l’a rendue possible. On n’a jamais le droit de déraciner autoritairement les peuples, écrivait Simone Weil. Même pour leur bien.

[…]

De quoi se plaignent ces « pauvres » d’Occident, qui sont quatre fois plus riches que ne l’étaient leurs parents ? Tel fut l’éternel refrain pour combattre le « populisme ».

Un refrain idiot. Repensons au premier grand roman de Dostoïevski, Humiliés et offensés (1861). Il nous rappelle que la pire des souffrances humaines n’est pas toujours la pauvreté, mais trop souvent l’humiliation, l’offense, le mépris. Les technocrates de droite, de gauche ou du centre n’ont jamais compris cela.

Le revenu minimum garanti. Une mesure de lutte contre la pauvreté?

Source : Activités publiques, Centre justice et foi

Soirées de la revue Relations et du Centre justice et foi à Québec le 27 septembre 2016, à Montréal le 28 septembre 2016. Ciquez sur le lien ci-dessus pour en savoir plus.

 

 

Semaine d’actions pour une meilleure redistribution de la richesse – Février 2016 / ATTAC-Québec

La Coalition Main rouge appelle à organiser des actions dans toutes les régions du Québec entre les 21 et 27 février, sous le thème « Budget 2016 : (…)

Source : Semaine dactions pour une meilleure redistribution de la richesse – ATTAC-Québec

 

 

LA PAUVRETÉ N’EST PAS UNE FATALITÉ ET IL FAUT L’ÉLIMINER, SELON L’ONU.

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Source : Centre d’actualités de l’ONU: http://www.un.org/french/newscentre/

New York, 16 octobre 2015

A la veille de la Journée internationale pour l’élimination de la pauvreté, le Secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-moon, et la Directrice générale de l’Organisation des Nations Unies pour l’éducation, la science et la culture (UNESCO), Irina Bokova, ont tous les deux souligné que la pauvreté n’était pas une fatalité.

« Cette année, la pauvreté est célébrée au moment où le monde s’engage sur une voie nouvelle et ambitieuse, celle d’un avenir de dignité pour tous guidé par le Programme de développement durable à l’horizon 2030 », a déclaré M. Ban dans un message.

Le thème retenu cette année, « Construire un avenir durable : s’unir pour mettre fin à la pauvreté et à la discrimination », témoigne de la nécessité d’accorder une plus grande attention aux membres exclus et marginalisés de la famille humaine, a poursuivi le Secrétaire général, rappelant que plus de 900 millions de personnes continuent de vivre dans l’extrême pauvreté, et de nombreuses autres sont en danger.

« Les changements climatiques, les conflits violents et les catastrophes naturelles menacent de réduire à néant nombre de nos acquis », a déploré le chef de l’ONU, en référence aux avancées obtenues dans le cadre des objectifs du Millénaire pour le développement, lancé en 2000.

« Lors de l’adoption du Programme 2030, les dirigeants du monde ont pris un engagement assorti de délais pour mettre fin à la pauvreté sous toutes ses formes, partout dans le monde », a poursuivi M. Ban, ajoutant que les 17 Objectifs de développement durable (ODD) qui composent le Programme sont le fruit du processus le plus inclusif dans l’histoire l’ONU.

Afin de ne pas faire de laissés-pour-compte, le Secrétaire général a par ailleurs appelé à mettre un terme à la discrimination et aux atteintes dont fait l’objet la moitié de l’humanité, à savoir les femmes et les filles, mais aussi les minorités et les migrants.

« Notre génération peut être la première à connaître un monde sans pauvreté extrême, où tous les individus, et non pas seulement les puissants et les privilégiés — puissent participer et contribuer sur un pied d’égalité, à l’abri de toute discrimination et du besoin », a déclaré le chef de l’ONU.

De son côté, la Directrice générale de l’UNESCO, Irina Bokova, a appelé les Etat à prendre en compte toutes les dimensions de la pauvreté dans la mise en oeuvre du Programme de développement.

« La pauvreté est une réalité complexe mais ce n’est pas une fatalité. Elle est universelle et frappe aussi bien les pays du sud que ceux du nord –; mais sur tous les continents, ce sont les femmes et les filles qui en souffrent le plus », a déclaré Mme Bokova.

La Directrice générale a ajouté que pour l’UNESCO, l’élimination de la pauvreté est une pierre angulaire du combat pour les droits humains et pour la dignité humaine.

« La lutte durable contre la pauvreté suppose de doter chacun des moyens de l’autonomie, pour s’affirmer durablement comme acteur de sa propre vie — en mobilisant le potentiel de l’éducation, des sciences, de la culture et de l’information », a déclaré Mme Bokova.

Muhammad Yunus incite les jeunes à utiliser leur pouvoir et leur talent pour gagner beaucoup plus que de l’argent.

 

Et si les vraies affaires, c’était d’améliorer l’état du monde?

 

Muhammad Yunus incite les jeunes à utiliser leur pouvoir et leur talent pour gagner beaucoup plus que de l’argent.

 

Source : Le Devoir, http://www.ledevoir.com/economie/actualites-economiques/409383/revons-un-peu-et-si-les-vraies-affaires-c-etait-d-ameliorer-l-etat-du-monde vu le 28 mai 2014

Le Devoir, 28 mai 2014 |Mélanie Loisel | Actualités économiques

 

Muhammad Yunus : « Il est temps que les gens se demandent quels sont leurs véritables buts dans la vie. »

 

[ Muhammad Yunus est un économiste bangladais; il a fondé la Grameen Bank, qui a développé le microcrédit; il a reçu le prix Nobel de la paix en 2006. ]

 

Extraits – On trouve l’article au http://www.ledevoir.com/economie/actualites-economiques/409383/revons-un-peu-et-si-les-vraies-affaires-c-etait-d-ameliorer-l-etat-du-monde. Il est peut-être réservé aux abonnés du quotidien.

« Les plus jeunes générations ont des superpouvoirs », lance M. Yunus (…). « Elles sont très puissantes parce qu’elles ont accumulé des connaissances et maîtrisent parfaitement les technologies. Elles ont vraiment une force unique qui peut être utilisée pour aider à améliorer le sort du monde », dit-il.

Le fondateur de la Grameen Bank, qui a développé le microcrédit et a reçu le prix Nobel de la paix en 2006, était donc là pour les convaincre d’utiliser leurs « superpouvoirs » afin de créer des entreprises sociales dont le but n’est pas de faire le plus de profits, mais bien de résoudre des problèmes, que ce soit de santé, de logement ou d’environnement. En fait, il propose de créer autant des petites que des grandes entreprises où il n’y a ni perte ni dividende. Certes, les entreprises peuvent gagner de l’argent, mais leurs profits doivent être réinvestis afin d’améliorer l’accès, la qualité et le prix des produits offerts.

(…)

Si vous vous posez la question, Muhammad Yunus vous prévient déjà qu’avoir un bon emploi, une maison ou encore une voiture n’est pas un « but dans la vie. » « Si on veut avoir une bonne vie, être heureux, il faut oeuvrer à améliorer notre environnement pour qu’il soit sain », mentionne-t-il. Et tant que la pauvreté ne sera pas enrayée dans le monde, le Prix Nobel de la paix soutient que ce ne sera pas possible de l’être pleinement. « La pauvreté est la cause de tous les problèmes », lâche-t-il simplement.

 (…)

À son avis, il ne faut pas attendre après les gouvernements pour réussir à relever cet immense défi qui semble à première vue insurmontable.

« C’est aux gens à remettre en question et à changer les structures en place pour instaurer celles qu’ils désirent », indique-t-il. « Les plus jeunes générations se doivent de se débarrasser des vieilles façons de faire, des vieilles mentalités, si elles veulent créer un autre monde où il y aura moins de problèmes », ajoute-t-il.

Selon l’économiste bangladais, il devrait même y avoir un « point de rupture ». « Les jeunes vont devoir faire un grand saut s’ils veulent redéfinir leur vie et l’économie mondiale. S’ils essaient de faire les changements graduellement, ce ne sera pas possible, parce que les vieilles méthodes vont reprendre le dessus », pense-t-il.

 

Revue À Bâbord! : le numéro de février-mars 2014

À Bâbord! Revue sociale et politique du Québec (http://www.ababord.org/)

En kiosque le 14 février 2014

Présentation du dossier du no 53 (février-mars 2014) (Un dossier réalisé en collaboration avec ATTAC-Québec, http://www.quebec.attac.org/)

Après-crise ou crise permanente – Où en sommes-nous ?

Source : http://www.ababord.org/spip.php?article1752

Par Dominique Bernier, Michelle Monette, Claude Vaillancourt

Depuis la crise économique de 2007-2008, nous vivons une période difficile qui semble se maintenir. Les plans d’austérité appliqués partout dans le monde ont donné de piètres résultats et ne font qu’accentuer le mal. Les populations, qui doivent payer pour les excès des banquiers, voient la qualité des services publics se détériorer et leurs gouvernements se détacher de leurs responsabilités. L’économie mondiale s’enfonce dans une grande stagnation qui crée un climat morose.

Les partis politiques au pouvoir sont incapables de proposer des solutions audacieuses pour sortir de ces difficultés. Ils ne parviennent pas à concevoir l’économie autrement qu’à travers les principes néolibéraux, malgré leur inefficacité. La classe financière, quant à elle, profite à plein de la situation : ses profits sont considérables et elle accapare une portion toujours plus grande de la richesse. Comme le souligne Éric Pineault dans l’entrevue qu’il nous a accordée, elle n’a plus besoin de se préoccuper de la croissance pour s’enrichir, ce qui est beaucoup moins exigeant pour elle.

[]

Dans ce dossier, nous nous proposons de faire un diagnostic de ces temps difficiles. Nous avons cherché à la fois à bien cerner les causes des difficultés économiques que nous traversons et à envisager des solutions, mais sans négliger les obstacles qui se dressent devant elles. En espérant une fois de plus que mieux comprendre l’air du temps nous guide vers les changements à adopter.

A babord no 53 fevr-mars 2014

 …………..

Extrait de l’article Le diagnostic… mais pas le remède écrit par Claude Vaillancourt (À Bâbord! numéro 53, février-mars 2014, p. 33)

De plus en plus, chez les grands capitalistes, on reconnaît avec une certaine justesse les importants problèmes contemporains. []

Depuis trois ans [au Forum économique de Davos], les inégalités sont perçues comme l’un des plus importants facteurs de risque pour la stabilité sociale et pour la sécurité de la planète. []

Appliquer des solutions qui résoudraient radicalement les problèmes reviendraient à retirer de nombreux privilèges aux dominants. Rien dans leur expérience et dans leur formation intellectuelle ne leur permet d’envisager des changements hors du cadre strict et contraignant de leurs apprentissages. Les profits immédiats d,ue bonne affaite conclue à l’instant vaudront toujours mieux que des mesures prises à long terme pour la bonne santé des peuples et de la planète.

C’est pourtant à une élite obtuse et cupide, composée de richissimes gens d’affaires et de politiciens à leur service, que l’on a confié des pouvoirs qui dépassent l’entendement. L’évidence des cataclysmes qui s’accumulent force à poser de meilleurs diagnostics. Que faudra-t-il donc pour que l’on applique enfin les bons remèdes?

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 Sommaire du numéro 53 en kiosque le 14 février 2014

Actualité

Le Forum social des peuples 2014 / Roger Rashi

Il n’y a pas de mystère Labeaume / Pierre Mouterde

La consommation responsable / Frédéric Debrix

Le commerce de détail. Nouveau terrain de luttes syndicales ? / Jean-Pierre Larche

Les indécisions énergétiques du PQ / Jonathan Folco Durand

Le budget carbone du Québec / Philippe Hurteau

Croisé pitbull misogyne / Martine Delvaux

Leçons sur les devoirs / Normand Baillargeon

La lutte de la communauté sourde / P. Witcher, J. Chateauvert, G. Deguire, D. Lemay

Dossier : Après-crise ou crise permanente – Où en sommes-nous ?

Introduction

Une accumulation de la richesse sans croissance – Entrevue avec Éric Pineault / Claude Vaillancourt

L’illusion démocratique / Claude Vaillancourt

La précarité du travail. Peut-on inverser la tendance ? / Jan Frans Ricard

L’assujettissement à la finance / Ianik Marcil

L’économie solidaire d’abord / Nancy Neamtan

J.-F. Lisée et l’indépassable capitalisme / Jacques Pelletier

L’économie verte, un écran de fumée au service des puissants / Dominique Bernier

Quand la crise dure et perdure ! / Yvan Perrier

International

Sotchi – Jeux de puissance pour la Russie / Pierre-Mathieu Le Bel

Des partis pirates dans les parlements / Philippe de Grosbois

Phumzile Mlambo-Ngcuka. À la tête d’ONU-Femmes / Ghislaine Sathoud

Mémoire des luttes

Bataille autour du Code du travail en 1964-65 / Léa Fontaine, Yvan Perrier

Culture

Le film La Première – Une désolante hagiographie / Paul Beaucage

Ragoût de culture / Mark Fortier

Les livres du Printemps érable

À tout prendre / Ramon Vitess

Solidarité : nous connaissons le mot; pratiquons la chose qu’il désigne.

Journée internationale de la solidarité humaine

BAN KI-MOON SOULIGNE LE BESOIN DE DAVANTAGE DE SOLIDARITÉ POUR MIEUX LUTTER CONTRE LA PAUVRETÉ ET LES INÉGALITÉS

source : Centre d’actualités de l’ONU: http://www.un.org/french/newscentre/

New York, 20 décembre 2013

À l’occasion de la , le Secrétaire général des Nations Unies, Ban Ki-moon, a souligné vendredi l’importance d’un effort commun de la communauté internationale pour lutter contre la pauvreté, la faim et les inégalités.

       « À l’aube de ce siècle, les dirigeants mondiaux réunis au Sommet du Millénaire ont réaffirmé leur attachement à la paix et à la sécurité, aux droits de l’homme et à la bonne gouvernance », a rappelé M. Ban dans son message pour la journée.

Les dirigeants mondiaux sont convenus d’un ensemble d’objectifs assortis d’échéances, récapitulés dans les Objectifs du millénaire pour le développement (OMD), en vue d’éliminer d’ici à 2015 l’extrême pauvreté et la faim, ainsi que de lutter contre les maladies évitables et d’autres maux sociaux et économiques mondiaux.

Le Secrétaire général a rappelé que ces objectifs exigeaient de chacun d’entre nous le respect mutuel et le partage des responsabilités.

« Nous marquons cette année la Journée internationale de la solidarité humaine en affirmant notre détermination à travailler ensemble à combler les lacunes qui subsistent pour atteindre les objectifs du Millénaire pour le développement et définir la voie à suivre après 2015 afin d’instaurer un avenir plus viable pour tous », a déclaré M. Ban.

 

Le chef de l’ONU a indiqué que chacun a un rôle à jouer pour relever les défis économiques, politiques, environnementaux et sociaux actuels et chacun doit contribuer selon ses moyens aux efforts à déployer afin d’assurer le développement durable, pour profiter selon les besoins de les avantages. C’est là le principe même de la justice et de l’équité et c’est le sens de la solidarité.

« En cette Journée internationale de la solidarité humaine, je demande à chacun, quel que soit son pays, sa confession, sa culture ou sa tradition, de faire cause commune pour que soit tenue la promesse faite au tournant du Millénaire et pour que les générations futures reçoivent la paix, la prospérité et le progrès durable en héritage », a déclaré M. Ban.

Parution du nunéro de septembre 2013 de la revue québécoise Relations

Le numéro 767, septembre 2013, de la revue québécoise Relations vient de paraître. Son dossier s’intitule « Lire entre les lignes de l’analphabétisme ».

 

Lire entre les lignes de l’analphabétisme , Emiliano Arpin-Simonetti

La pauvreté, berceau de l’analphabétisme , Nicole Jetté

Contre une perspective utilitaire , Christiane Tremblay

Le droit d’apprendre , Daniel Baril et Ronald Cameron

Vivre analphabète , Joane Bergeron

Un apprentissage mutuel , Richard Latendresse

Conjuguer alphabétisation et francisation , Joseph Sauveur

Alphabétisation populaire : regard Nord-Sud , Martine Fillion

Lire et écrire à l’ère du numérique , Hervé Fischer

Site web de Relations : http://www.revuerelations.qc.ca/

 

Extraits du sommaire

Artiste invitée

Artiste invitée : Muriel Faille

Éditorial : L’autre 11 septembre , Jean-Claude Ravet

Actualités

Converger vers la souveraineté populaire? , Emiliano Arpin-Simonetti

Journées sociales du Québec , Normand Breault

Vers une Politique nationale en itinérance , Pierre Gaudreau

Horizons

Pour une justice transitionnelle , Elias Omondi Opongo, s.j.

Le Carnet

À quoi sert la littérature? , Naïm Kattan

Soifs – Chronique littéraire

Sofialorène, si loin de la délivrance , texte: Marie-Célie Agnant, illustration: Ronald Mevs

Ailleurs

Tchétchénie : un conflit en mutation , Pierre Jolicoeur

Regard

Vieillir dans la rue , Jean Gagné et Mario Poirier

Débat – Le travail est-il un droit?

Évolutif et structurant, le droit au travail est un pilier de l’édifice des droits humains , Lucie Lamarche

Le travail dont le capital a besoin, fait d’exploitation et de concurrence entre salariés, ne peut être revendiqué comme un droit , Rolande Pinard

Multimédias

Huguette Oligny, le goût de vivre , réalisation: Pascal Gélinas

Livres

Spiritualités et biomédecine : enjeux d’une intégration , Guy Jobin, Jean-Marc Charron et Michel Nyabenda (dir.)

Les prostitueurs : Sexe à vendre… Les hommes qui achètent du sexe , Victor Malarek

Les répondantes diocésaines à la condition des femmes : 25 ans d’histoire 1981-2006. Tome V : Des questions de femmes qui interpellent , Denise Veillette (dir.)

Théologie pratique de libération au Chili de Salvador Allende , Yves Carrier

Spectacle-bénéfice avec la chanteuse Claire Pelletier le mercredi 30 octobre, à 20 h, à la salle du Gesù, à Montréal.

Pour la deuxième année consécutive, Relations a remporté le Prix d’excellence de la SODEP dans la catégorie meilleur dossier pour «La mémoire vivante» (no 758, août 2012).

Revue Relations / Centre justice et foi.

Une utopie à portée de main : un revenu garanti pour tous

Aperçu d’un article du mensuel Le Monde diplomatique, numéro 710, mai 2013,

tiré de http://www.monde-diplomatique.fr/2013/05/RIMBERT/49072 le 15 juin 2013

Une utopie à portée de main

Imaginer un revenu garanti pour tous

Inventer une autre vie, d’autres rapports sociaux, peut sembler hors de propos en période de crise. L’exercice n’a pourtant jamais été aussi nécessaire. En Europe, en Amérique latine, en Asie, l’idée d’un droit au revenu inconditionnel fait son chemin.

par Mona Chollet, mai 2013

Aperçu

On travaille, et, grâce à ce travail, on perçoit de l’argent. Une telle logique est si bien ancrée dans les esprits que la perspective d’instaurer un revenu inconditionnel, c’est-à-dire de verser à chacun une somme mensuelle suffisante pour lui permettre de vivre, indépendamment de son activité rémunérée, apparaît comme une aberration. Nous sommes encore persuadés de devoir arracher à une nature aride et ingrate les moyens de notre subsistance individuelle ; or la réalité est bien différente.

Bourses étudiantes, congés parentaux, pensions de retraite, allocations familiales, indemnités de chômage, régime français des intermittents du spectacle, minima sociaux : autant de prestations qui ont en commun de découpler revenu et travail. Si insuffisants, si attaqués que puissent être tous ces dispositifs, ils montrent que le revenu garanti est une utopie « déjà là ». En Allemagne, le revenu de la population ne provient directement du travail qu’à hauteur de 41 %, signalent Daniel Häni et Enno Schmidt dans leur film Le Revenu de base (2008). En France, en 2005, il dépendait à 30 % de la redistribution (allocations diverses) : « Malgré tous les discours idéologiques, malgré la liquidation de l’Etat-providence, vilipendé par les néolibéraux, la part des prélèvements obligatoires est montée inexorablement sous les présidents Mitterrand, Chirac et Sarkozy. » Et il ne serait pas très difficile de déplacer encore le curseur pour s’employer à ce que chacun soit à l’abri du besoin (lire « Financer l’allocation universelle »).

La première conséquence d’un revenu de base étant de faire disparaître le chômage comme problème — à la fois question de société et source d’angoisse individuelle —, on économiserait, pour commencer, les sommes engagées dans la poursuite de l’objectif officiel du plein-emploi. Plus rien ne justifierait les cadeaux faits aux entreprises pour les inciter à embaucher. (…)

(Cet article est réservé aux abonnés.)

 ………………………………………………

Dossier Une utopie à portée de main

 

 Pour lire les aperçus, allez au http://www.monde-diplomatique.fr/2013/05/RIMBERT/49072 l.

 

Assurer à chacun, sans conditions, une somme mensuelle suffisante pour vivre ? Impossible de balayer la proposition en arguant de son infaisabilité économique : il serait tout à fait envisageable de la mettre en œuvre. C’est surtout sur le plan philosophique que le revenu garanti pose des questions épineuses, puisqu’il implique de renoncer à (…)

Aperçu Financer l’allocation universelle

Baptiste Mylondo

« Mais ce serait impossible à financer ! » La première objection faite aux promoteurs d’un revenu universel déconnecté de l’emploi est sans doute aussi la plus faible. Toutefois, les modalités de ce financement (…)

Aperçu En Inde, l’expérience revitalise les villages

Benjamin Fernandez

Dans l’Etat indien du Madhya Pradesh, un syndicat de femmes a lancé en 2011 une expérience-pilote de revenu inconditionnel. La somme versée ne suffit pas pour se passer d’emploi, mais favorise les initiatives (…)

Aperçu De par le monde…

Aperçu Michel Foucault, L’Etat et les bons pauvres

Pierre Rimbert

Aperçu Plaidoyers

Aperçu A reculons

André Gorz

Bibliographie et sites Internet

Le revenu annuel des 100 personnes les plus riches suffirait à éradiquer quatre fois la pauvreté.

Nous ne pouvons plus prétendre que la création de richesses pour une poignée de privilégiés bénéficiera inévitablement au plus grand nombre – trop souvent, c’est le contraire qui est vrai.”

Jeremy Hobbs, Directeur général, Oxfam International

Publié le 19 Janvier 2013 au http://www.oxfam.org/fr/pressroom/pressrelease/2013-01-19/revenu-annuel-100-plus-riches-eradiquerait-pauvrete-4-fois

Selon Oxfam, les dirigeants doivent se fixer pour objectif d’au moins ramener les inégalités au niveau de 1990

L’explosion de la richesse extrême et des revenus colossaux exacerbe les inégalités et entrave la capacité du monde à combattre la pauvreté, comme l’explique aujourd’hui Oxfam dans un rapport publié en vue du Forum économique mondial de Davos, qui se tiendra la semaine prochaine.

Le revenu net des 100 milliardaires les plus riches s’élevait en 2012 à 240 milliards de dollars, ce qui suffirait à éradiquer quatre fois la pauvreté extrême, selon le rapport d’Oxfam intitulé « The cost of inequality: how wealth and income extremes hurt us all » (Le coût de l’inégalité : comment la richesse et les revenus extrêmes nous portent préjudice à tous). L’organisation exhorte les dirigeants mondiaux à endiguer les revenus extrêmes d’aujourd’hui et à s’engager à au moins ramener les inégalités au niveau de 1990.

Ces vingt dernières années, les revenus du pourcent le plus riche de la population ont augmenté de 60 %, une évolution que la crise financière contribue à intensifier, et non à freiner.

Oxfam souligne le fait que la richesse et les revenus extrêmes ne sont pas seulement contraires à l’éthique ; inefficaces sur le plan économique et destructeurs sur le plan politique, ils divisent la société et nuisent à l’environnement.

« Nous ne pouvons plus prétendre aujourd’hui que la création de richesses pour une poignée de privilégiés bénéficiera inévitablement au plus grand nombre – trop souvent, c’est le contraire qui est vrai », a averti Jeremy Hobbs, directeur général d’Oxfam International.

« La concentration des ressources entre les mains du pourcent le plus riche affaiblit l’activité économique et rend la vie de toutes les autres personnes plus difficile, en particulier au bas de l’échelle économique.

« Dans un monde où même les ressources les plus essentielles, telles que les terres et l’eau, se raréfient, nous ne pouvons pas nous permettre de concentrer les actifs entre les mains de quelques personnes et laisser le plus grand nombre se disputer les restes. »

Selon les estimations, les personnes appartenant au pourcent le plus riche émettent jusqu’à 10 000 fois plus de CO2 que le citoyen américain moyen.

Oxfam ajoute que les dirigeants mondiaux devraient tirer les enseignements des réussites actuelles observées dans des pays tels que le Brésil (qui a connu une croissance rapide accompagnée d’une baisse des inégalités), mais aussi des réussites historiques telles que le New Deal du président Franklin Roosevelt dans les États-Unis des années 1930, qui a permis de réduire les inégalités et de freiner les intérêts particuliers. De fait, Roosevelt avait déclaré : « l’égalité politique que nous avions su conquérir a perdu sa signification face aux inégalités économiques ».

Un « New Deal » mondial contre les inégalités

« Nous avons besoin d’un nouveau New Deal mondial pour renverser la croissance des inégalités constatée ces dernières décennies, a ajouté Jeremy Hobbs. Pour commencer, les dirigeants mondiaux devraient s’engager officiellement à ramener les inégalités au niveau de 1990.

« Dans les paradis fiscaux aux lois laxistes en matière d’emploi, les plus riches tirent profit d’un système économique mondial faussé qui joue en leur faveur. Il est temps que nos dirigeants réforment le système pour que celui-ci œuvre dans l’intérêt de l’ensemble de l’humanité et non d’une élite mondiale. »

La fermeture des paradis fiscaux, qui abriteraient 32 billions de dollars, soit un tiers de la richesse mondiale, pourrait générer un supplément de recettes fiscales de 189 milliards de dollars. Outre la lutte contre les paradis fiscaux, un nouveau New Deal mondial pourrait également viser à :

renverser la tendance actuelle à des formes de fiscalité plus régressives ;

instaurer un taux minimum d’imposition des sociétés à l’échelle mondiale ;

stimuler les revenus plutôt que le rendement des capitaux ;

accroître des investissements en faveur de services publics gratuits et de filets de sécurité sociale.