Lettre ouverte aux indépendantistes du Québec.

24 mai 2013 — Billet

Lettre ouverte aux indépendantistes

Par Amir Khadir, député de Mercier à l’Assemblée nationale du Québec

Le patronat québécois a été historiquement l’adversaire le plus farouche et le plus efficace de la souveraineté économique et politique du Québec. Nombre d’indépendantistes persistent cependant à entretenir l’espoir qu’une partie de l’élite économique donnera à nouveau un jour, comme en 1995, son feu vert à ceux qui comme la direction du PQ attendent son autorisation avant de solliciter le peuple au rendez-vous avec son avenir.

Force est de constater que les choses ont bien changé. Le segment nationaliste formé par certains barons du Québec Inc. tend à être de plus en plus ténu et isolé. Au cours des 15 dernières années, l’élite économique dominante du Québec a été si bien intégrée à celles de Bay Street et de Wall Street, qu’elle en épouse tous les grands desseins politiques. Il n’y a à mon avis aucune convergence possible entre cette élite et le projet indépendantiste.

Les incroyables compromis et acrobaties politiques effectuées par le Parti Québécois pour rendre service à l’empire médiatique Québecor (Amphithéâtre, Hydro-Québec) auront sans doute été accomplis dans l’espoir d’en faire un allié stratégique dans une éventuelle initiative indépendantiste à venir. Mais aussi exceptionnel et désintéressé que puisse être cet appui (ce qui reste bien entendu à prouver et éprouver), il représente une fraction très minoritaire du milieu patronal Québécois. L’essentiel des forces organisées du secteur privé agit de manière cohérente et constante pour maintenir le Québec dans le statu quo actuel qui lui convient parfaitement.

Pourtant, au cours de ses 8 mois de pouvoir, le PQ a soumis ses décisions, parfois de façon caricaturale, aux désidératas de l’élite d’affaires. Les indépendantistes progressistes qui ont donné leur appui au PQ depuis de très nombreuses années assistent avec découragement à l’incapacité de ce parti à décider de ses orientations en toute indépendance du secteur des affaires. Ceci a entrainé de nombreux revirements pénibles et controversés, qui coutent cher en appui populaire au PQ. Beaucoup se demandent alors comment le parti Québécois compte-t-il susciter l’enthousiasme de la population et obtenir l’appui nécessaire à une majorité, condition nécessaire pour agir de manière décidée et déclencher le processus devant mener à l’indépendance du Québec.

En effet, comment le Parti Québécois compte-t-il inspirer, mobiliser, convaincre la population de faire preuve du courage collectif nécessaire à la réalisation de la souveraineté après avoir renié une fois au pouvoir toutes ses promesses les plus essentielles sur la taxe santé, sur les droits miniers et l’impôt des riches de peur d’effaroucher le milieu des affaires?

Comment veut-il compter sur les couches populaires, après avoir coupé dans les maigres revenus des assistés sociaux sans tenir compte de l’avis contraire de tout le monde à l’exception de quelques animateurs de Radio-X? Comment veut-il attirer les classes moyennes après avoir coupé des centaines de millions en santé et continué à peu près en tout point les projets sournois de privatisation des services et les PPP lancés par les libéraux? Comment le Parti Québécois veut-il mobiliser les secteurs les plus actifs et les plus progressistes, après avoir nommé Pierre Karl Péladeau, adversaire primaire des droits sociaux et de la social-démocratie, si ce n’est de l’État lui-même, à la tête de la plus grande entreprise publique- de quoi faire rager de honte René Levesque dans sa tombe?

Comment veut-il rallier les écologistes, avec le clientélisme désolant qui consiste à troquer un des joyaux du patrimoine naturel du Québec à Val Jalbert pour garder l’appui de quelques caciques locaux et barons du génie-conseil et ce à grands frais pour les contribuables? Quel signal envoie le PQ aux vautours qui rodent alentour de nos ressources naturelles et au reste du monde? Que le PQ est aussi «disposé» que le PLQ de Jean Charest à solder nos ressources à vil prix. Qu’il n’est même pas capable de résister au lobby minier pour respecter un engagement aussi simple et facile que la date butoir de 2035 pour le 50 % de protection du territoire et 20 % du territoire nordique d’ici 2020, reniant du coup nos engagements internationaux.

Est-ce là l’inspiration pour le peuple à qui nous voulons donner le goût de la liberté et de l’indépendance?

Comment le PQ peut-il espérer convaincre notre peuple que la souveraineté est pour son bien, après avoir bafoué ses principes au point de s’en prendre aux plus damnés des mal pris en introduisant l’alcool dans les aires de jeu -connaissant pourtant le grand risque de jeu pathologique qui l’accompagne – ce que même les libéraux n’avaient pas osé faire?

Alors que sur des milliards de bénéfices déclarées les grandes entreprises ne paient que 2% d’impôt effectif au Québec; alors que 90 milliards de l’argent de québécois très nanties et de leurs entreprises se trouvent dans les paradis fiscaux, faute de courage politique et avec une myopie digne de Lucien Bouchard, le PQ a fait son déficit zéro en coupant dans les services et en alourdissant le fardeau des citoyens ordinaires. Pourquoi alors les gens devraient-ils prendre le risque de suivre un parti aussi insensible et timoré dans une aventure aussi engageante et «tumultueuse» que la marche vers l’indépendance?

Des leçons à tirer d’ailleurs

Dans un texte éclairant sur les résultats des élections récentes en Équateur, Atilio Boron, politicologue et sociologue argentin, tente de tirer quelques leçons de la victoire convaincante du président socialiste Rafael Correa qui pourraient bien nous servir. Après 6 années au pouvoir, et en dépit de la farouche opposition des élites d’affaires, des grands groupes médiatiques et même de l’Assemblée nationale, le président sortant Rafael Correa a réussi le tour de force d’accroitre son appui électoral en remportant 58% des voix au premier tour! Ceci est d’autant plus étonnant en apparence que Correa n’avait obtenu que 51% en 2009 et encore moins au premier tour des élections qui ont couronné la «Révolution Citoyenne» de 2006.

Selon Boron, le succès convaincant de Correa prouve « que si un gouvernement obéit au mandat populaire et met en place des politiques publiques dont bénéficient les majorités nationales – ce qui finalement est le sens de la démocratie – la loyauté de l’électorat peut être considérée comme sûre. La manipulation des oligarchies médiatiques, la conspiration des classes dominantes et les stratagèmes de l’impérialisme s’écrasent contre le mur de la fidélité populaire.» Le triomphe de Correa démontre aussi que «la thèse conformiste si répandue dans la pensée politique conventionnelle à savoir : que« le pouvoir use », est seulement valable en démocratie quand le pouvoir est exercé au bénéfice des minorités riches ou quand les processus de transformation sociale perdent leur consistance, hésitent et finissent par se diluer.»

Pour commenter sa victoire, le président équatorien a pris la peine lui-même d’insister sur l’importance d’agir avec détermination:«Ou nous changeons le pays maintenant ou nous ne le changeons plus…Le projet de créer un ordre social basé sur le « bon vivre » de nos peuples originaires, exige d’agir avec rapidité et détermination.» À l’opposé de Correa, malgré des milliers de sympathisants prêt à agir, enthousiastes de commencer à se mobiliser pour l’indépendance, le PQ s’emploie à gérer timidement une province, souvent dans les traces des libéraux.

Une grande majorité des députés du PQ vivent un profond malaise et doivent penser comme moi que nous méritons mieux comme horizon politique. La province, c’est pour les vaincus (pro vincia). Alors que pour l’indépendance, il nous faut vaincre les obstacles érigés par les adversaires de la souveraineté. Une question s’impose donc à celles et ceux qui avec sincérité et bonne foi continuent à attendre du PQ de faire l’indépendance : dans les conditions actuelles de la soumission de la direction du PQ au milieu des affaires, comment ce parti pourra-t-il poser les gestes audacieux qui devront accompagner la marche du peuple québécois vers son indépendance nationale?

Le PQ attend de toute évidence une permission du milieu patronal qui ne viendra pas. Pour ceux d’entre nous qui voulons l’indépendance sans attendre cette permission, je signale en toute modestie mêlée d’enthousiasme qu’il y a d’autres choix politiques. Un choix qui s’impose naturellement quand on fait le bilan lucide du passé et du présent du PQ. Ce bilan a été effectué de manière répétée depuis 1997 et a donné naissance au RAP, puis à l’UFP et enfin à Québec solidaire. Il en a émergé ainsi un projet de société et une stratégie pour faire du Québec un pays.

Une stratégie pour l’indépendance

L’extraordinaire effervescence du « printemps québécois »en 2012 tout comme le soulèvement citoyen dans la vallée du St-Laurent contre l’exploitation des gaz de schiste en 2010 nous ont montré que les pratiques démocratiques de mobilisation populaire fondée sur des assemblées, discussions de cuisine, manifestations et débats publics suscitent une adhésion croissante de la population à une idée phare qui semblait peu répandue au départ. La lutte pour l’indépendance nationale, qui a été trop souvent réduite à la crainte de menacer la stabilité économique, ne pourra retrouver la pleine force de son potentiel social mobilisateur qu’en se liant à un large processus démocratique, sollicitant une large participation de la base. La stratégie et les objectifs d’accession à l’indépendance doivent être définis et reposer sur cette participation, ce qui constitue un exercice de la souveraineté populaire.

L’Assemblée constituante que propose Québec solidaire comme stratégie d’accès à l’indépendance, est le moyen par lequel le peuple québécois pourra librement reprendre en main son destin, en toute autonomie des pressions de l’Assemblée nationale, des oligarchies médiatiques et des milieux d’affaires qui défendent le statu quo. L’indépendance ne découlera pas du jeu de la classe politique, même si celle-ci est appuyée par une campagne de marketing ou un Sommet de deux jours – comme celui de l’Éducation – représentant des intérêts limités.

C’est du pouvoir citoyen, élu au suffrage universel pour représenter la pluralité de la société québécoise (équilibre hommes/femmes, communautés historiques, diversité des milieux socioéconomiques et culturels), que devra émerger un projet de pays rassembleur, capable de donner l’impulsion du changement et le goût de la liberté. Ce pouvoir citoyen, investi des moyens et des pouvoirs conférés par l’institution de l’Assemblée constituante, représente en plus un rapport de force insoupçonné, d’une ampleur qui a échappé au mouvement souverainiste depuis les 15 dernières années – depuis la Commission itinérante de 1995 et de ses partenaires de la souveraineté.

En effet, depuis 15 ans les forces fédéralistes se sont employées à «neutraliser» les principaux leviers du processus d’accession à l’indépendance (Caisse de dépôt, quelques têtes d’affiche du milieu des affaires, appui tacite de la France) et d’encombrer notre chemin de plusieurs autres obstacles dont la loi sur «la clarté» référendaire.

Ces manœuvres au sommet, au bénéfice des fédéralistes, expliquent en grande partie les atermoiements malheureux de ceux qui ont attendu d’illusoires «conditions gagnantes», habituellement comprises comme l’approbation des milieux économiques. Le succès de ces manœuvres au sommet indique également que la réponse doit se trouver à la base et que toute nouvelle stratégie d’accession à l’indépendance ne peut désormais reposer que sur un rapport de force populaire. La question cruciale à laquelle il faut donc répondre, c’est de savoir quelles conditions faut-il réunir pour recueillir le plus large appui possible des couches populaires ?

La réponse offerte à cette question par l’exemple de Correa en Équateur est que «si un gouvernement obéit au mandat populaire et met en place des politiques publiques dont bénéficient les majorités … la loyauté de l’électorat peut être considérée comme sûre». La preuve à contrario de cette affirmation se trouve dans le destin qu’a connu le PQ depuis son virage néolibéral des 15 dernières années. Un destin dont une illustration éloquente est donnée par la dégringolade du PQ dans l’appui populaire en raison de ses importants reculs en matière sociale depuis qu’il est au gouvernement.

Les classes moyennes et populaires, constituent après tout, l’ultime allié qui compte. Le grand nombre – la majorité – est l’allié dont le x sur le bulletin sera le plus déterminant le jour qui compte réellement: le jour où nous déciderons de notre indépendance.

L’idée d’indépendance ne se limite pas à la défense nos intérêts économiques (qui sont souvent ceux d’une minorité possédante), ou à l’exaltation de notre fierté identitaire (dont la manière laisse parfois les nouveaux arrivants et les minorités visibles à l’écart…). L’indépendance repose sur la volonté collective de bâtir un monde commun dans lequel notre société pourra définir librement ses institutions, ses valeurs et son avenir politique. Tel est exactement le sens du principe d’autodétermination du peuple québécois, qui est au fondement de l’Assemblée constituante.

L’évolution politique en Équateur est un bel exemple de cette dynamique prometteuse. Le succès de Correa repose sur les espaces de liberté politique conquises par le peuple équatorien tout particulièrement grâce au processus de la constituante de 2008. Il constitue donc une preuve positive de l’efficacité stratégique que représente l’assemblée constituante pour donner un rapport de force aux mouvements sociaux et populaires pour affronter la puissance des défenseurs du statu quo.

Il s’agit là, de la stratégie la plus démocratique, inclusive, efficace et légitime qui permettra de rallier l’ensemble des forces agissantes et combatives de notre société. Ces forces sont le plus souvent issues du rang des artistes et des mouvements syndical, populaire, féministe, étudiant, écologiste et indépendantiste. Leur convergence est la seule vraiment nécessaire à l’élaboration collective d’une nouvelle dynamique politique, à l’avantage de la majorité de la population. À l’avantage du plus grand nombre, seul garant ultime de notre indépendance nationale.

Amir Khadir, député solidaire de Mercier

Source : http://www.quebecsolidaire.net/amir-khadir/articles/lettre-ouverte-aux-independantistes/

Rendez-vous Solidaire – Discussion avec Françoise David, à Québec le mercredi 11 février 2015

 

Les Rendez-vous solidaires sont de retour en 2015! Celui du mois de février met en vedette la députée solidaire Françoise David. Elle nous parlera de son expérience à l’Assemblée nationale depuis l’automne dernier et abordera les enjeux de l’actualité. Une rencontre inspirante pour les militantEs!

Chaque Rendez-vous se veut un espace d’échange et de prise de parole. C’est aussi l’occasion de faire la connaissance des membres de notre association locale, de réseauter et de se mobiliser.

Venez rencontrer votre co-porte-parole solidaire et discuter avec elle. Conviez vos amiEs !

*Et profitez-en pour casser la croûte. Le Babylone offre un menu succulent, créatif, dont plusieurs assiettes végétariennes.*

 

Évènement Facebook: http://www.facebook.com/events/319261768270687/

 

Café Babylone 181, rue St-Vallier Est, Québec, G1K 3P2

 

(Source : http://www.quebecsolidaire.net/taschereau/evenements/rendez-vous-solidaire-discussion-avec-francoise-david/)

Joseph Stiglitz appelle à la fin de l’austérité.

Le Devoir, 11 octobre 2014 | Marie Charrel – Le Monde | Actualités économiques

EXTRAITS

http://www.ledevoir.com/economie/actualites-economiques/420880/zone-euro-le-risque-d-une-decennie-perdue vu le 13-10-2014

Le Prix Nobel d’économie préconise une évolution institutionnelle de l’union monétaire et recommande un arrêt des politiques d’austérité. Pour Joseph Stiglitz, les politiques choisies par la zone euro conduisent celle-ci vers une décennie perdue. []

Alors que la croissance repart aux États-Unis, la zone euro s’enfonce dans la stagnation. Comment l’expliquer ?

Principalement à cause des politiques économiques choisies. Alors que les États-Unis ont laissé leur déficit se creuser pendant la crise, la zone euro a opté pour des mesures d’austérité qui, loin d’avoir permis de réduire les dettes publiques, ont contribué à les creuser. Pire, les règles institutionnelles de l’union monétaire, comme la limitation du déficit public à 3 % du PIB, sont contre-productives. Elles ne laissent aucune marge de manoeuvre aux États et accentuent les cycles récessifs.

Que peuvent faire les pays membres pour relancer la croissance ?

Il faudrait qu’ils renoncent à l’austérité. Puis que les pays proches de l’équilibre, comme l’Allemagne, mènent des politiques plus expansionnistes, avec une hausse des salaires. Il conviendrait surtout de revoir le fonctionnement même de la zone euro. En l’état, elle n’est pas viable.

[]

C’est le manque de croissance qui crée des déficits, et non l’inverse. Sans croissance, les rentrées fiscales baissent et un cercle vicieux se met en place.

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Campagne électorale à Lévis (élection le lundi 20 octobre 2014)

Québec solidaire et son candidat dans la circonscription électorale de Lévis, Yv Bonnier Viger, proposent aux citoyens de :

Québec solidaire Levis oct 2014 - Version 2

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POLITIQUE D’AUSTÉRITÉ

Politique économique restrictive, dont le but est soit de casser l’inflation (par exemple en Italie dans les années1990), soit de réduire les déficits sociaux et/ou les déficits publics. Commentaire:
Parfois appelée politique de rigueur, ce type de politique économique s’efforce d’agir sur la dépense publique, en la comprimant, et sur la dépense sociale, en augmentant les cotisations et en limitant les prestations. Comme son nom l’indique, ce type de politique économique a pour effet de freiner l’activité économique, mais aussi –et surtout– de réduire la progression du pouvoir d’achat (et parfois de réduire le pouvoir d’achat tout court) notamment des bénéficiaires de prestations sociales, qui ne sont généralement pas les plus riches. La politique d’austérité a donc généralement pour conséquence d’accentuer les inégalités sociales. Date de mise à jour : 22/01/2010 (Texte tiré de L’Économie de A à Z, dict. en ligne d’Alternatives économiques, http://www.alternatives-economiques.fr/Dictionnaire_fr_52.html)

Adam Smith était bien plus conscient des limites du marché – notamment des menaces de la concurrence imparfaite – que ceux qui se prétendent aujourd’hui ses disciples. Il était aussi plus conscient du contexte social et politique dans lequel toute économie doit opérer. Pour qu’une économie fonctionne, la cohésion sociale compte. La violence urbaine en Amérique latine et la guerre civile en Afrique créent des environnements hostiles à l’investissement et à la croissance. Mais si la cohésion sociale peut avoir un impact sur l’économie, l’inverse est vrai aussi. Un recours excessif à l’austérité – qu’il s’agisse des politique budgétaires et monétaires restrictives en Argentine ou, aggravées par la réduction du soutien aux prix des produits alimentaires en Indonésie – va bien évidemment provoquer des troubles. Tout particulièrement quand on pense que l’injustice est massive, comme en Indonésie : des milliards pour les opérations de sauvetage des entreprises et des intérêts financiers, rien pour les citoyens réduits au chômage. (Joseph E. Stiglitz, La Grande Désillusion, p. 348)

Québec solidaire a déposé un projet de loi 190 visant la protection des personnes aînées locataires.

 

Le 27 mai dernier, j’ai eu l’honneur, au nom de Québec solidaire, de déposer à l’Assemblée nationale, le projet de loi 190 visant la protection des personnes aînées locataires. Vous vous rappelez? J’avais annoncé mon intention lors du débat des chefs à TVA. J’avais obtenu un appui de principe des chefs des autres partis politiques.

 

Que contient ce projet de loi? Vous le trouverez sur le site de l’Assemblée nationale. En gros, il oblige un propriétaire voulant reprendre possession d’un logement occupé par une personne aînée pauvre et en situation de vulnérabilité, à la relocaliser dans le même arrondissement ou la même petite ville. Et un-e locataire aîné-e ne peut être évincé de son logement en hiver lorsqu’il s’agit de reprise de possession.

 

Pourquoi ce projet de loi? Parce que dans les quartiers centraux des grandes villes québécoises, il est de plus en plus fréquent de voir des groupes de propriétaires s’unir pour acheter des immeubles locatifs, en évincer les locataires de diverses façons, et transformer ces logements en condos pour les revendre plus tard à prix fort. Qui est le plus menacé par ces évictions? Qui en subit les conséquences les plus dramatiques? Des personnes aînées qui habitent le même logement depuis des dizaines d’années, ne paient pas trop cher, ont leurs repères dans le quartier et vivent leur déménagement comme un déracinement.

 

Voilà pourquoi il faut intervenir et tabler sur la solidarité sociale pour mieux protéger les personnes aînées.

 

Où en sommes-nous? Le projet de loi 190 a été discuté à l’Assemblée nationale une première heure. Puis j’ai rencontré le ministre responsable de la Société d’habitation du Québec (SHQ) entourée d’experts de comités-logement. Le ministre Moreau a posé mille questions, semblant trouver ce petit projet de loi de deux articles bien compliqué à appliquer! Nous répondrons à ses questions d’ici à l’automne et nous ne lâcherons pas le morceau!

 

Quatre associations nationales d’aînés-es, dont la FADOQ forte de ses 300 000 membres, nous appuient. Mon petit doigt me dit que, devant un gouvernement peu sensible à la situation des personnes vulnérables (voyez toutes les coupures dans les services publics!), il faudra une belle mobilisation pour faire adopter un projet de loi protégeant réellement les personnes aînées locataires.

 

C’est un rendez-vous!

 

Françoise David

 

Manifestation contre les oléoducs et l’exploitation des hydrocarbures, à Montréal le samedi 7 juin 2014

APPEL À MOBILISATION!

 

Manifestation contre les oléoducs et l’exploitation des hydrocarbures

 

À l’initiative de La marche des peuples pour la terre-mère (http://www.peuplespourlaterremere.ca), une grande manifestation aura lieu le samedi 7 juin à Montréal.

 

 

Cette marche créative et festive vise à mettre un frein aux projets d’oléoducs d’Enbridge et de TransCanada, dans un esprit de solidarité entre les communautés et entre les peuples.

Joignez-vous aux marcheurs et marcheuses qui ont parcouru plus de 700 km, partant de Cacouna le 10 mai dernier pour se rendre à Kanesatake le 14 juin. En 34 jours, ce groupe de citoyen.e.s engagé.e.s s’est mis au défi d’aller informer les populations locales directement touchées par les projets d’oléoducs, et de leur apporter leur soutien afin de faire front commun contre ces projets destructeurs pour notre Terre Mère.

Nos député.e.s solidaires seront présent.e.s et nous souhaitons être nombreux et nombreuses à marcher pour défendre et faire connaître les positions de Québec solidaire.

Venez habillé.e.s d’un T-SHIRT NOIR avec en dessous un T-SHIRT DE COULEUR!

Venez en famille, invitez vos ami.e.s et voisin.e.s et joignez-vous à nous!

 

Quand : le samedi 7 juin, 14 h

Lieu : Square Victoria (contingent QS : coin St-Antoine et rue du square Victoria)

 

Événement facebook de QS: https://www.facebook.com/events/479707295497515/

 

Événement facebook de la marche des peuples : https://www.facebook.com/events/479707295497515/

 

Le travail en vue d’envoyer de nouveaux et nouvelles député.e.s solidaires à l’Assemblée nationale commence dès maintenant!

Soyez de la partie!

 

MOT DU PRÉSIDENT

 

L’élection du 7 avril dernier a donné lieu à une reconfiguration importante du paysage politique québécois. Pour Québec solidaire, l’augmentation de l’appui populaire et l’élection de Manon constituent des bases solides à partir desquelles nous pouvons construire ensemble un parti capable d’aller encore plus loin.

Il est donc essentiel de tirer dès maintenant un bilan exhaustif de notre campagne et des résultats. À cette fin, les comités électoraux ainsi que les candidates et candidats de la dernière campagne seront d’abord consultés. Ensuite, ce bilan sera soumis à la discussion de l’ensemble des militant.e.s dans les associations locales pour être finalement adopté lors du prochain Conseil national.

C’est dans le but de procéder rapidement à l’analyse collective de notre campagne et afin de dégager des perspectives d’action pour les prochaines 4 années de gouvernement libéral majoritaire que le Comité de coordination national (CCN) a procédé au remaniement de notre calendrier. Ainsi, le congrès prévu au mois de novembre de cette année deviendra un Conseil national et l’enjeu programmatique portant sur le féminisme, la famille et la diversité de genres sera plutôt traité au congrès du printemps 2015.

Bien que notre action parlementaire soit extrêmement importante (et vous allez voir Françoise, Amir et Manon à l’œuvre!), nous devons aussi être actives et actifs sur le terrain, dans les différentes luttes qui s’organisent quotidiennement un peu partout au Québec. Philippe Couillard entend accentuer les politiques d’austérité et de compression des services publics tout en approfondissant un développement économique fondé sur des projets hyperpolluants. Québec solidaire entend donc accompagner les différents mouvements sociaux dans leurs luttes pour un Québec juste, vert et libre. C’est parce que nous croyons que la mobilisation, à l’intérieur et à l’extérieur de Québec solidaire, est un gage de succès pour l’avancement de nos idées, que nous vous invitons à faire partie de cet effort collectif!

 

Merci et bon été!

 

Andrès Fontecilla

Président et porte-parole

Québec solidaire

 

Québec solidaire propose : Pour un véritable projet éducatif au Québec

 L’indispensable voix de Québec solidaire     L’indispensable voix de Québec solidaire      L’indispensable voix de Québec solidaire

 

Pour un véritable projet éducatif au Québec

Par Hélène Pigot

 

Source : http://blogue.quebecsolidaire.net/veritable-projet-educatif-au-quebec/ vu le 8 avril 2014

 

À Québec solidaire, nous croyons que l’éducation est indispensable pour former des citoyens et citoyennes capables de comprendre le monde dans lequel ils évoluent et de choisir leurs destinées et celles du pays.

 

Durant le printemps 2012, que nous nommons communément le printemps érable, les étudiants ont montré qu’une société forte était une société éduquée et que limiter l’accessibilité aurait des répercussions sur l’exclusion des personnes et orienterait le choix des études vers des disciplines plus payantes.

 

Dans ce sens, le rapport Parent donnait trois objectifs derrière l’accessibilité de l’éducation, du primaire à l’université. Le premier objectif était économique: il fallait former une main-d’œuvre plus instruite, dans un Québec qui se modernisait. Le deuxième était un objectif humaniste, car le système scolaire devait servir à l’épanouissement de chaque personne, tant aux plans intellectuel, social que personnel. Finalement, le troisième objectif était politique et démocratique. On visait la formation de citoyens éclairés, prêts à une vie sociale active.

 

Actuellement le gouvernement se désengage. Il dit réduire les impôts mais en fait il augmente les tarifs. Ceci avantage les gens riches au détriment des moins fortunés et de la classe moyenne. Par exemple, le PLQ et la CAQ proposent d’augmenter les frais de scolarité des universités en imposant une charge supplémentaire aux étudiant·e·s. Parallèlement, des étudiant·e·s boursiers voient actuellement leur bourse fondre après les impôts et se trouvent avec la même augmentation qu’en cas de hausse des frais de scolarité. Si le PQ a rejeté l’augmentation des frais de scolarité de la main droite, c’est pour mieux réduire les crédits d’impôts de la main gauche. Le résultat est le même : la situation est de plus en plus difficile pour les familles et les étudiant·e·s.

 

Ainsi, ce désengagement de l’État a des répercussions visibles sur l’éducation à tous les niveaux. Comment espérer réduire les inégalités et former un peuple capable de prendre de décisions éclairées au sujet de son avenir si l’éducation est menacée ?

 

Québec solidaire prévoit plusieurs mesures pour lutter contre ce problème de société. Québec solidaire vise à court terme l’accessibilité complète de la maternelle à l’université en supprimant notamment les frais scolaires qui se sont rajoutés partout sur le parcours d’un élève. À long terme, c’est la gratuité scolaire en cinq ans qui est visée. De plus, nous allons réinvestir dans le système scolaire afin d’augmenter la qualité de la formation et pour faire de l’école un milieu de vie accueillant et stimulant. Cela se traduira par l’embauche de plus de personnel enseignant et non enseignant au primaire et au secondaire et par l’ajout de plus de professeurs dans les universités, notamment. Ce n’est pas utopique. Ce projet est réalisable et même souhaitable. Car c’est à travers l’éducation que pourra se construire un Québec juste, écologique et solidaire.

 

L’auteure : Hélène Pigot enseigne à l’Université de Sherbrooke en informatique et est chercheure en ergothérapie. En 2014, elle a été la candidate de Québec solidaire dans Sherbrooke.