Pierre Perret chante Lily : « Dans un bateau plein d’émigrés… »

Accompagné par ses musiciens, Pierre PERRET, à la guitare, chante « Lily », un texte toujours d’actualité.

Source : Pierre Perret « Lily » – Vidéo Ina.fr

Drame des réfugiés syriens. L’Europe n’est pas envahie par les Arabes.

Drame des réfugiés syriens : L’Europe divisée –

Source : Drame des réfugiés syriens : L’Europe divisée – International – El Watan

Contrairement à l’idée complètement fausse (que la presse a grandement participé à fabriquer) selon laquelle l’Europe occidentale est assiégée de partout et qu’elle est envahie par des Arabes du Proche-Orient et les Subsahariens, le nombre de réfugiés syriens, qui ont pu accéder à l’espace Schengen depuis que leur pays est ensanglanté par la guerre financée par les pétrodollars saoudiens et qataris, est insignifiant.

Syrie : le nombre d’enfants affectés par le conflit a plus que doublé en un an

source : Centre d’actualités de l’ONU: http://www.un.org/french/newscentre/

New York, 11 mars 2014

Alors que le conflit en Syrie va bientôt entrer dans sa quatrième année, 5,5 millions d’enfants sont désormais affectés par ce conflit, soit un doublement en un an, affirme un nouveau rapport du Fonds des Nations Unies pour l’enfance (UNICEF) publié mardi.

Particulièrement touchés sont le million d’enfants bloqués dans les zones en état de siège ou difficiles d’accès pour l’aide humanitaire en raison de la violence continue.

Le rapport, qui est intitulé  « En état de siège –; Trois années d’un conflit dévastateur pour les enfants en Syrie », demande un arrêt immédiat des violences et une augmentation de l’aide pour ces enfants sinistrés.  

Ce rapport comporte des récits d’enfants dont la vie a été dévastée par trois années de guerre et souligne les traumatismes profonds que beaucoup ont subis. Des enfants comme Adnan, 4 ans, qui a fui avec sa famille au Liban ; il a le visage couvert de cicatrices suite aux blessures subis lors du bombardement de sa maison et sa détresse psychologique reste profonde. « Il pleure toute la nuit, affirme sa mère dans le rapport. Tout l’effraie et il a peur quand nous le laissons tout seul, ne serait-ce qu’une seconde. »  

L’UNICEF estime à 2 millions le nombre d’enfants comme Adnan qui ont besoin d’une aide ou d’un traitement psychologique.

« Pour les enfants de Syrie, les trois dernières années ont été les plus longues de leur vie », s’interroge le Directeur général de l’UNICEF, Anthony Lake. « Cette guerre doit se terminer pour que les enfants puissent retourner dans leurs foyers et reconstruire leurs vies en toute sécurité avec leurs familles et leurs amis. Cette année destructrice pour les enfants syriens, la troisième, doit être la dernière ».

Selon le rapport, l’avenir de 5,5 millions d’enfants se trouvant en Syrie et vivant comme réfugiés dans les pays voisins est en jeu alors que la violence, l’effondrement des systèmes de santé et d’éducation, une détresse psychologique intense et l’impact de la dégradation de l’économie sur les familles se combinent pour dévaster toute une génération.

Le rapport attire l’attention de la communauté internationale sur la souffrance vécue par les enfants et leurs familles qui, pendant des mois, ont été bloqués dans les régions en état de siège. Coupés de toute assistance, vivant dans des décombres et peinant à trouver de quoi manger, beaucoup d’enfants syriens se retrouvent sans protection, sans soins médicaux, sans assistance psychologique et sans accès, ou à peine, à l’éducation. Dans les cas les plus extrêmes, des enfants et des femmes enceintes ont été intentionnellement blessés ou tués par des tireurs embusqués.

Dans les pays d’accueil, on compte à présent 1,2 million d’enfants réfugiés syriens vivant dans des camps et des communautés d’accueil débordées et ils n’ont qu’un accès limité à de l’eau propre, à une alimentation nutritive ou à la possibilité d’étudier. L’UNICEF estime qu’un enfant réfugié sur dix travaille et qu’en Jordanie, une fille syrienne sur cinq est contrainte au mariage précoce.

Le rapport demande à la communauté internationale de prendre six mesures essentielles : mettre fin au cycle de la violence en Syrie dès maintenant ; permettre un accès immédiat au million d’enfants qui n’ont reçu que très peu d’aide à l’intérieur de la Syrie ; créer un environnement où les enfants seront protégés de l’exploitation et de la violence ; investir dans l’éducation des enfants ; aider les enfants à surmonter leurs traumatismes psychologiques grâce à une prise en charge et un soutien ; et appuyer les communautés d’accueil et les gouvernements pour atténuer l’impact social et économique du conflit sur les familles.

 

Nombre sans précédent de personnes déracinées en 2013

Le Haut-Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR) annonce un nombre sans précédent de personnes déracinées en 2013

Source : Centre d’actualités de l’ONU: http://www.un.org/french/newscentre/

20 décembre 2013 –

Dans un rapport publié vendredi, le Haut-Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR) prévient qu’en 2013 un nouveau record pourrait être atteint avec le plus haut niveau de déplacements forcés de population jamais observé, à cause du nombre exceptionnellement important de nouveaux réfugiés et de personnes nouvellement déplacées.

Selon le rapport, près de 5,9 millions de personnes ont été forcées de fuir leurs maisons durant le premier semestre 2013, en comparaison de 7,6 millions pour toute l’année 2012. Le pays ayant généré le plus grand nombre de personnes déracinées est la Syrie.

Le rapport statistique du HCR sur les tendances mondiales pour le premier semestre 2013 couvre les déplacements forcés de population qui se sont produits à cette période, selon les données collectées par les représentations du HCR dans plus de 120 pays. Il montre une forte hausse de plusieurs indicateurs importants, et notamment du nombre de nouveaux réfugiés qui atteint 1,5 million pour le premier semestre 2013 en comparaison de 1,1 million pour l’ensemble de l’année 2012.

Un autre indicateur concerne les personnes déplacées à l’intérieur de leur propre pays, avec quatre millions de déplacés internes enregistrés au premier semestre 2013, en comparaison de 6,5 millions pour toute l’année 2012. Par ailleurs, plus de 450.000 demandes d’asile ont été déposées, ce chiffre étant toutefois similaire à celui observé durant le premier semestre 2012. Le rapport décrit le premier semestre 2013 comme « l’une des pires périodes depuis des décennies pour le déplacement forcé. »

« Il est difficile de voir des chiffres si élevés sans demander pourquoi tant de personnes deviennent aujourd’hui des réfugiés ou des personnes déplacées internes », a indiqué le chef du HCR, António Guterres, dans un communiqué de presse.

« Les organisations humanitaires fournissent une assistance vitale, mais nous ne pouvons ni empêcher ni faire cesser les guerres. Ceci nécessite beaucoup d’efforts et de volonté politique, ce sur quoi doit se concentrer l’attention de la communauté internationale de façon bien plus concertée », a-t-il ajouté.

Le déplacement forcé – qui concernait 45,2 millions de personnes dans le monde à la fin 2012 – est déjà à son plus haut niveau depuis le début des années 1990, essentiellement du fait de l’escalade des nouveaux conflits. Ce chiffre n’est pas mis à jour dans ce tout dernier rapport statistique du HCR sur les Tendances mondiales pour le premier semestre 2013.

Toutefois, il le sera dans le rapport sur les Tendances mondiales pour 2013 qui sera publié à la mi-2014. Le rapport lance néanmoins une alerte sur le niveau du déplacement forcé global pour l’année 2013 qui pourrait être encore plus élevé qu’en 2012, principalement à cause de la poursuite d’afflux massifs depuis la Syrie et de nombreux déplacements de population à l’intérieur même de ce pays.

Le HCR travaille à aider les réfugiés dans les crises majeures à travers le monde, à l’exception des réfugiés palestiniens placés sous la responsabilité de l’Office de secours et de travaux des Nations Unies pour les réfugiés de Palestine dans le Proche-Orient (UNRWA) ainsi que des situations de déplacement interne où les déplacés bénéficient d’une aide directe assurée par les autorités de leur propre pays.

Le rapport met en lumière, dans plusieurs régions, des hausses de populations « relevant de la compétence » du HCR. Il s’agit, par rapport au nombre de réfugiés à la fin 2012, d’une hausse de 600.000 personnes pour atteindre le nombre de 11,1 millions à la mi-2013 ainsi que d’une forte augmentation du nombre de déplacés internes relevant de la compétence du HCR depuis 17,7 millions à la fin 2012 à 20,8 millions à la mi-2013.

Par ailleurs, 189.300 réfugiés sont rentrés dans leurs pays d’origine durant les six premiers mois de 2013, alors que 33.700 autres ont bénéficié d’une réinstallation dans des pays tiers. Environ 688.000 personnes déplacées internes sont rentrées chez elles dans les pays où le HCR vient en aide à des déplacés internes. L’Afghanistan demeure le principal pays générant des réfugiés, soit 2,6 millions, et le Pakistan, le principal pays d’accueil, avec 1,6 million de réfugiés sur son sol.

Exil forcé, exilés et réfugiés. L’Instant du danger.

VIVRE ENSEMBLE, webzine _ http://www.cjf.qc.ca/fr/ve/numero_actuel.php

PLURALISME CULTUREL MIGRATION DIVERSITÉ RELIGIEUSE

HIVER 2013

RECENSION DE LIVRE L’instant du danger

PAR GREGORY BAUM, théologien et collaborateur du secteur Vivre ensemble

C’est un beau livre, infiniment triste, mais aussi source d’espoir. Les textes vous inquiètent, mais les photographies vous font sourire. L’auteur accuse l’humanité de cruauté, mais le photographe montre que les victimes restent capables d’aimer la vie.

L’INSTANT DU DANGER : RÉFLEXIONS D’UN PSYCHANALYSTE ET TÉMOIGNAGES SUR L’EXIL FORCÉ

Textes : Michel Peterson – Photographies : Charles-Henri Debeur

Montréal, les éditions du passage, 2012, 165 pages.

Michel Peterson est un psychanalyste montréalais. Depuis dix ans, il reçoit comme patients des demandeurs d’asile qui ont subi la persécution et la torture ou ont été témoins de massacres et de génocides. Il écoute leurs histoires, observe les blessures profondes dont ils souffrent et découvre les humiliations que beaucoup expérimentent dans les procédures légales menant à leur reconnaissance comme réfugiés par le gouvernement canadien. Par l’intermédiaire de ses patients, le psychanalyste découvre le monde souterrain des persécutions, des internements, de la torture et des meurtres organisés. Pour révéler au public les choses terribles que les humains font aux humains et pour exprimer son respect pour les victimes qui sont venus le voir, Michel Peterson décide de publier ce beau livre grand format. Il est l’auteur des textes, et Charles-Henri Debeur produit les photos.

Les textes de Peterson présentent des réflexions psychanalytiques et philosophiques sur les sujets qui touchent au sort de ces réfugiés. Il médite sur la violence organisée, la torture, la cruauté, le génocide, sur les exilés, les anonymes, les apatrides, la confusion des langues et les mensonges. Il cite des psychanalystes et des philosophes postmodernes comme Gilles Deleuze, Jacques Derrida, Michel Foucault et Félix Guattari. Toutes ses réflexions révèlent le côté sombre de la vie en société, une réalité dont nous préférons nier l’existence.

Avec la permission de certains de ses clients, Peterson présente des résumés de leur biographie accompagnée par une petite photo. Le lecteur qui ne veut pas accepter la sombre évaluation de l’humanité trouve dans ces pages des exemples concrets de ce qu’expérimentent les hommes et les femmes avant de devenir réfugiés. Mais les exilés veulent vivre. Ils résistent à la déprime et sont capables de sourire. Les grandes photographies en couleur de Debeur montrent que ces réfugiés, hommes et femmes, seuls ou avec leur famille, gardent leur dignité et s’accrochent à un grain d’espoir. Ce sont ces photographies qui protègent le lecteur de la dépression et rendent ce livre si beau. L’auteur et le photographe croient, tous les deux, que, caché dans l’humanité, malgré ses pratiques cruelles, il y a un mystère de vie qui continue à se manifester.

Les réfugiés mentionnés dans ce livre viennent tous de milieux religieux : chrétien, musulman ou bouddhiste. Mais l’auteur ne nous dit pas si ces exilés, après l’expérience de l’horreur, haïssent le Dieu auquel ils croyaient ou trouvent en lui la consolation. La seule allusion religieuse de l’auteur se résume à une remarque sur Jésus, persécuté, détesté, torturé et exécuté, le grand Exilé auquel croient les chrétiens.

L’ONU PROPOSE DES NOUVEAUX MÉCANISMES DE FINANCEMENT DU DÉVELOPPEMENT, 2012

Des taxes sur les émissions de gaz carbonique, le transport aérien ou les transactions financières pour développer le monde

New York, 5 juillet 2012

Dans l’édition 2012 du rapport sur la situation économique et sociale dans le monde, paru jeudi, les Nations Unies proposent une série de mécanismes financiers pour lever 400 milliards de dollars par an à l’appui du financement des besoins de développement, alors que de nombreux pays ont baissé leurs contributions en raison de la crise économique mondiale.

« Les pays donateurs n’ont pas rempli leurs engagements et l’aide au développement a par conséquent été en baisse l’an dernier. Les réductions budgétaires ont creusé un déficit d’un montant de 167 milliards de dollars », a expliqué l’auteur principal du rapport, Rob Vos, du Département des affaires économiques et sociales de l’ONU (DESA).

« Bien que les bailleurs de fonds doivent respecter leurs engagements, il est temps d’examiner d’autres façons de mobiliser les ressources pour financer les besoins de développement et faire face à des défis mondiaux, tel que les changements climatiques », a-t-il ajouté. « Nous proposons plusieurs solutions pour lever les fonds grâce à des mécanismes internationaux, tels que des taxes sur les émissions de gaz carbonique, le transport aérien ou les transactions financières ».

Le rapport indique que même si les initiatives de financement existantes fonctionnent, les perspectives de les renforcer et de les multiplier sont trop limitées pour répondre aux besoins de financement des projets de développement pour les décennies à venir.

« De telles taxes sont économiquement fondées, puisqu’elles contribuent à stimuler la croissance verte et à réduire l’instabilité des marchés financiers. Ces mécanismes aideront les bailleurs de fonds à surmonter leur historique de promesses non tenues pour le bien commun », a précisé M. Vos.

Selon le DESA, une taxe sur les transactions financières serait également utile pour réduire la marge de profit et donc le volume des transactions informatisées de haute fréquence qui peuvent être nocifs pour les marchés financiers. Une telle taxe permettrait également de taxer un secteur qui échappe largement à la contribution collective.

« La taxe sur les transactions financières est progressive, puisqu’elle touche moins les pauvres qui n’effectuent pas beaucoup de transactions avec les institutions financières que les personnes fortunées. Elle est techniquement faisable et économiquement justifiée. Selon le DESA, elle permettrait de lever les fonds nécessaires pour le développement au niveau mondial.

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Pour lutter contre la pauvreté : accélération des efforts en vue d’atteindre les objectifs de lutte contre la pauvreté; renforcement de l’aide au développement pour les pays qui en ont le plus besoin l’allègement des conditions pour obtenir de l’aide; renforcement de la transparence et la responsabilité; élargissement des engagements en faveur de la viabilité.

Conseil économique et social (ECOSOC) : UN FORUM DE DÉVELOPPEMENT CHERCHE À FAIRE DE L’INNOVATION UN VECTEUR DE LUTTE CONTRE LA PAUVRETÉ

New York, 5 juillet 2012

Le Forum des Nations Unies pour la coopération en matière de développement a entamé jeudi ses travaux à New York en mettant l’accent sur les partenariats entre pays, organisations de la société civile et secteur privé, identifiés comme un moyen privilégié de réaliser les objectifs de développement durable et d’éradiquer la pauvreté.

« Nous ne pourrons atteindre nos objectifs que par la coopération, la cohérence et les partenariats », a déclaré le Secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-moon, dans son allocution d’ouverture au Forum.

Organisé par le Conseil économique et social (ECOSOC), le Forum pour la coopération en matière de développement réunit des décideurs politiques, des parlementaires et des représentants d’autorités locales et d’ONG pour étudier les tendances en matière de coopération et discuter des moyens de renforcer l’efficacité et la qualité des partenariats.

« L’économie mondiale est fragile et le risque de nouvelles récessions demeure. Je suis préoccupé par les prix déjà élevés des denrées alimentaires et de l’énergie, ce qui représente un poids pour les populations déjà vulnérables », a affirmé M. Ban.

« Nous avons fait des progrès considérables dans la réduction de la pauvreté extrême, mais nous devons faire davantage pour éliminer ces conditions pénibles et ces inégalités considérables », a-t-il ajouté.

Le Secrétaire général a identifié cinq domaines prioritaires pour les participants au forum : l’accélération des efforts en vue d’atteindre les objectifs de lutte contre la pauvreté, le renforcement de l’aide au développement pour les pays qui en ont le plus besoin, l’allègement des conditions pour obtenir de l’aide, le renforcement de la transparence et la responsabilité et l’élargissement des engagements en faveur de la viabilité.

« Le troisième Forum pour la coopération en matière de développement est une occasion unique d’identifier les pratiques optimales et de préparer le terrain à une meilleure coordination et cohérence politiques. Ensemble nous devons nous devons améliorer l’aide au développement pour la rendre plus efficace », a souligné M. Ban.

Le Président de l’ECOSOC, Milos Koterec, a rappelé de son côté l’importance de la contribution de la coopération en matière de développement pour la mise en place d’un cadre cohérent pour préparer l’après-2015, lorsque sera atteinte l’échéance des Objectifs du millénaire pour le développement (OMD).

« Nous devons unir nos efforts en vue de réduire la pauvreté et être capables de nous adapter rapidement aux évolutions des besoins en matière d’;aide au développement », a indiqué M. Koterec. « Saisissons cette opportunité pour développer des solutions innovantes au problèmes connus et aux défis émergents ».

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La « responsabilité de la communauté internationale envers le peuple syrien est autant morale que politique », a rappelé le Général Robert Mood (de la Mission de supervision des Nations Unies en Syrie ou MISNUS) qui a ajouté : « Nous ne pouvons pas détourner les yeux des souffrances du peuple syrien et continuerons d’oeuvrer à la recherche d’une solution pacifique à la crise. »

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Selon le Haut Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR),

L’AIDE HUMANITAIRE AUX 200 000 RÉFUGIÉS SOUDANAIS APPROCHE DU POINT DE RUPTURE

New York, 5 juillet 2012

Le Haut Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR) a mis en garde mercredi quant à l’aggravation de la situation des Soudanais qui fuient les États du Sud-Kordofan et du Nil Bleu, devenue critique. Plus de 200 000 personnes sont désormais réfugiées dans les pays voisins, en Éthiopie et au Soudan du Sud, et les efforts de secours approchent du point de rupture.

« La combinaison entre les conditions difficiles et dangereuses au Soudan du Sud et l’arrivée massive de réfugiés mettent nos opérations à rude épreuve », a indiqué le Haut Commissaire António Guterres dans un communiqué de presse. « Et chaque jour, il y a de nouveaux arrivants, dont de nombreuses personnes souffrant de malnutrition ainsi que des groupes d’enfants non accompagnés. »

Les bureaux du HCR en Éthiopie et au Soudan du Sud ont enregistré, à ce jour, l’arrivée de 211 700 réfugiés en provenance des États soudanais du Nil Bleu et du Sud-Kordofan. Parmi eux, 36 700 personnes se trouvent dans la région éthiopienne d’Assosa.

Toutefois, la pression majeure de cet afflux affecte le Soudan du Sud, avec 62 000 personnes se trouvant dans l’État d’Unity et 113 000 autres dans l’État du Haut Nil –; la plupart dans des zones reculées et dépourvues d’infrastructures basiques. Les enfants et les adolescents jusqu’à 18 ans représentent 52% de la population réfugiée à Assosa, 44% dans l’État du Haut Nil et 65% dans l’État d’Unity.

Au Soudan du Sud, les problèmes concernant les faibles ressources en eau potable pour cette population deviennent particulièrement aigus, alors même que la saison des pluies a débuté. Ainsi, une large partie du camp de Jammam dans l’État du Haut Nil est recouverte d’eau à hauteur de la cheville, et pourtant la disponibilité de l’eau potable et le fonctionnement des installations sanitaires est bien inférieur aux besoins. Des puits ont été creusés sur place et dans d’autres camps, mais de nombreux réfugiés reçoivent, encore aujourd’hui, seulement un tiers –; voire moins –; du minimum requis en eau potable pour couvrir les besoins journaliers, avec les risques sanitaires qui peuvent en découler.

« La complexité de la crise au Soudan en fait une crise à part », a indiqué António Guterres. « Nous sommes aux prises avec une situation où beaucoup de nouveaux réfugiés arrivent dans un état de malnutrition déjà préoccupant, où il y a une forte menace liée aux maladies transmises par l’eau, où d’importantes populations réfugiées se trouvent dans des lieux clairement dangereux et où les routes inondées bloquent l’accès et la possibilité de transférer les réfugiés ailleurs –; même là où il y a de meilleurs sites. Davantage d’aide est plus que jamais nécessaire d’urgence. »

Le HCR a appelé les gouvernements des pays donateurs et le grand public à aider en versant des fonds supplémentaires pour la crise des réfugiés soudanais. Le 22 juin dernier, le HCR avait annoncé que les contributions reçues pour le Soudan du Sud étaient désormais épuisées. Ses besoins financiers pour aider les réfugiés soudanais en Ethiopie et au Soudan du Sud dépassent désormais 219 millions de dollars pour 2012. Actuellement, le HCR n’a reçu que 45,9 millions de ce montant.  

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Prise de position publique du Centre justice et foi – Faire barrage à la loi C-31 pour protéger les réfugiés

Par Élisabeth Garant et Mouloud Idir (respectivement, directrice générale et coordonateur du secteur Vivre ensemble du Centre justice et foi : http://www.cjf.qc.ca).

Le 13 février 2012, Jason Kenney, ministre de l’Immigration du gouvernement Harper, a présenté un énième projet de loi omnibus (connu sous le nom de C-31) visant à réduire encore davantage l’accès des réfugiés à la protection du Canada. Le projet de loi est déjà rendu en 2e lecture à Ottawa. Il est donc urgent de s’y opposer.

Rappelons qu’en juin 2011, le gouvernement Harper, revigoré par sa nouvelle majorité au parlement, avait déposé un projet de loi nommé Loi visant à empêcher les passeurs d’utiliser abusivement le système d’immigration canadien. Celui-ci est mieux connu sous le nom de C-4. Le titre, à dessein ambigu, visait davantage les réfugiés que les passeurs. Le projet législatif contenait des mesures répressives sans précédent à l’encontre des personnes qui, pour arriver au Canada, ont eu recours au service des passeurs. Ce sont surtout les personnes qui fuient la persécution, particulièrement les enfants, qui pâtissent le plus de ce type de mesures. Avec le projet de loi C-31 ces demandeurs d’asile seront soumis à une détention obligatoire minimale d’un an, sans possibilité de remettre en cause les motifs justifiant leur maintien en détention. Même si la détention ne s’applique pas obligatoirement aux enfants de moins de 16 ans, contrairement au projet de loi antérieur, la nouvelle mouture n’épargne pas leurs parents. Ce faisant, tout en étant libérés de la détention, les enfants demeureront séparés de leurs parents. Ces demandeurs d’asile seront également privés du droit d’appel en cas de décision négative et de la possibilité de recourir à la réunification familiale et de voyager pendant 5 ans, en cas de décision positive.

Les conservateurs vont plus loin sur d’autres plans. Ils ajoutent de nouvelles restrictions aux réfugiés classés dans la catégorie dite d’« étrangers désignés ». Une catégorie visant surtout les réfugiés provenant des pays jugés « sûrs et démocratiques » par les autorités canadiennes. Cependant, beaucoup de pays considérés comme «sûrs» se livrent à différentes formes d’exactions et d’abus, même de la part des agents de l’État. Pourtant, le projet de loi C-31 enlève l’obligation d’avoir un comité d’experts qui statue de façon plus autonome sur les critères qui établissent les pays « sûrs » et enlève le droit d’appel en cas de décision négative.

Pour ce faire, le projet de loi donne plus de pouvoirs discrétionnaires au ministre de Citoyenneté et Immigration. Ce dernier se réserve le droit de nommer, à sa guise, les pays d’origine désignés comme « sûrs ». L’abolition d’un mécanisme de surveillance pour les pays d’origine désignés « sûrs » transforme donc la prise de décision indépendante pour les réfugiés en geste relevant de calculs politiques ponctuels et arbitraires. Cela rendra l’actuel système décisionnel encore plus vulnérable aux intérêts partisans. Car les critères avec lesquels sont désignés les «bons» et les « mauvais » réfugiés demeurent souvent tributaires de considérations géopolitiques.

Par ailleurs, dans le projet de loi C-31, les délais pour préparer une audience devant la Commission d’immigration et du statut de réfugié (CISR) sont ramenés de 60 à 30 jours pour certains demandeurs d’asile. Un délai qui est définitivement trop court pour préparer un long dossier, amasser les preuves et qui ne tient absolument pas compte des traumatismes psychiques subis par les personnes demandant le refuge. Le système d’octroi de l’asile du Canada doit pourtant assurer une audience juste à tous

Le projet de loi C-31 revient aussi sur les concessions faites au mouvement d’opposition lors de la réforme de 2010, appelée C-11 à l’époque, alors que le gouvernement conservateur était minoritaire. Au nombre des compromis qui avaient été acceptés par les conservateurs figure l’accès à la section d’appel pour les demandeurs d’asile refusés. Les demandeurs d’asile avaient aussi conservé le droit à un sursis aux renvois pendant le contrôle judiciaire à la cour fédérale. Des gains qui sont menacés maintenant par le projet de loi actuel.

Un autre recul à relever : désormais, un changement à la situation politique dans le pays d’origine d’un réfugié donnera lieu à la perte de son statut de résident permanent et à son expulsion du Canada, et ce sans possibilité de droit d’appel. La vision sous-jacente au projet de loi C-31 est la volonté d’introduire, dans la loi, la notion de « résidence permanente conditionnelle ». Une telle mesure permettant de révoquer la résidence permanente nous semble inhumaine car elle insécurise toute une catégorie de migrants et leur enlève la possibilité de contribuer pleinement à la société canadienne. Cela s’ajoute aux nombreux obstacles à l’intégration des réfugiés et des résidents permanents réinstallés.

La juriste Idil Atak mentionnait, dans les pages du bulletin Vivre ensemble (édition automne 2011), à l’égard du projet de loi C-4 : « Si le texte est adopté, il est hautement probable que les tribunaux s’érigent contre certains dispositifs susceptibles de porter atteinte notamment au droit à l’égalité, à la liberté, à un procès juste et équitable, à la vie familiale et au principe de non- refoulement. L’incompatibilité avec la Charte canadienne des droits et des libertés de plusieurs mesures ne fait pas de doute». Ce commentaire s’applique tout autant sinon encore davantage au projet de loi C-31.

Autant d’exemples qui doivent nous indigner et nous amener à crier haut et fort notre opposition à ce projet de loi. Au moment où nous venons de souligner, en décembre dernier, les 60 ans de la Convention de Genève, il nous semble plus que jamais le moment d’exiger du Canada qu’il s’engage à améliorer les mesures de protection des réfugiés. Car au moment où nos autorités présentent cyniquement notre système comme permissif, il est important de rappeler que le nombre de personnes déracinées dans le monde s’élevait en 2010 à 44 millions de personnes. Le Haut Commissariat pour les réfugiés (HCR) confirme que ce chiffre est le plus élevé des 15 dernières années. Dans plus de 80 % des cas, c’est dans les pays en voie de développement que ces personnes trouvent refuge. Cela contraste avec les images et les discours brandis pas nos décideurs.

Montréal le 12 mars 2012

Centre justice et foi : www.cjf.qc.ca

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