Ils tuent au nom de leur religion.

« Toutes les religions sont susceptibles d’être violentes dans un contexte national, régional ou local particulier », explique le sociologue des religions Jean-Louis Schlegel. Aujourd’hui, les projecteurs sont braqués sur l’islam, en particulier sur les atrocités commises par des groupes terroristes comme Daech et Al-Qaïda. Pour autant, les autres religions ne sont pas en reste. En Israël, les juifs extrémistes qui colonisent les Territoires palestiniens pour reconstituer le « Grand Israël » biblique marquent clairement le conflit territorial israélo-palestinien du sceau religieux. Et même les traditions a priori les plus pacifistes peuvent faire preuve de violence, à l’instar de certains moines bouddhistes birmans qui s’attaquent à la minorité musulmane Rohingya. Depuis une trentaine d’années, l’Inde est également le théâtre de violents affrontements entre hindous et minorités religieuses. Chrétiens et musulmans y sont régulièrement la cible d’attaques, voire de lynchages. »

(Louise Gamichon, Ils tuent au nom de leur foi (dossier Le mal au nom de Dieu), Le Monde des religions, numéro 75, janvier-février 2016, p. 36, http://www.lemondedesreligions.fr/papier/2015/75/ils-tuent-au-nom-de-leur-foi-23-12-2015-5172_220.php)

Massacre de Haarlem (Pays-Bas), 1572 / Les troupes espagnoles catholiques massacrent des protestants.

Le député néo-démocrate Jagmeet Singh se trompe quand il affirme être en faveur de la séparation de l’État et de la religion.

Le 12 septembre 2017, Anne-Marie Dussault, animatrice de l’émission 24 heures en 60 minutes, mène une entrevue avec Jagmeet Singh, député qui aspire à devenir le chef du Nouveau Parti Démocratique du Canada (NPD). M. Singh, qui est sikh, a affirmé être en faveur de la séparation de l’État et de la religion (note 1).

Mme Dussault ne l’a pas interrompu pour lui demander s’il n’avait pas démontré dans le passé qu’il était CONTRE la séparation de l’État et de la religion quand, par exemple, il a déposé à l’Assemble législative de l’Ontario, en 2013, un projet de loi pour exempter les motocyclistes sikhs de l’obligation porter un casque sur les voies, et quand il a déclaré, dans la même enceinte, que « L’Ontario est une province diversifiée et nous devons respecter la diversité de croyances lorsqu’il s’agit d’éduquer nos enfants » (note 2). Étant donné que la vie quotidienne des sikhs doit s’ordonner selon trois préoccupations, dont celle-ci : accomplir honnêtement son travail (note 3), on peut dire que M. Singh a péché devant l’auditoire de Mme Dussault.

NOTES

1 http://ici.radio-canada.ca/tele/24-60/site/episodes/389591/jeanlouis-dufresne-jagmeet-singh-feux-alberta

2 Hélène Buzzetti – Jagmeet Singh nuirait aux chances du NPD au Québec, selon certains, Le Devoir, 11 juillet 2017, http://www.ledevoir.com/politique/canada/503137/la-foi-de-singh-sera-t-elle-un-obstacle-au-quebec).

3 Frédéric Castel (religiologue), Les sikhs du Québec, Relations, numéro 714, février 2007, http://cjf.qc.ca/revue-relations/publication/article/les-sikhs-du-quebec/

La naissance de la religion.

Source : Théo, L’encyclopédie catholique pour tous

Nihil obstat Paris le 4 février 1989 C. Chopin

Imprimatur Paris le 6 février 1989 M. Vidal, vicaire épiscopal

Paris, Éditions Droguet-Ardant/Fayard, 1992, p. 136

On considère aujourd’hui que l’homme (homo habilis) est apparu en Afrique orientale il y a 2 à 3 millions d’années, mais on ignore quand et comment la vie religieuse a pris naissance; on s’accorde aujourd’hui sur le fait que les Paléoanthropiens, dont on sait qu’ils avaient déjà domestiqué le feu 700 à 600 millénaires avant J.-C., avaient une religion; mais il est difficile et sans doute impossible d’en préciser le contenu. Les plus anciennes sépultures connues ne datent que de 100 millénaires, et sont le fait de l’homo sapiens; elles révèlent la pratique des rites funéraires (offrandes à côté des corps, parures, etc.) qui font supposer la croyance en une forme de survie.

Les multiples croyances des peuples primitifs, telles qu’on les connaît actuellement peuvent être ramenées à quelques catégories fondamentales, plus ou moins combinées entre elles selon les religions :

croyance en l’âme (âme-souffle ou âme-ombre, le plus souvent considérée comme indestructible, d’où le culte des morts;croyance aux esprits, bienveillants ou hostiles, qui peuplent la nature et l’univers, et peuvent être influencés par les actes du culte ou de la magie;personnification de la nature;

animalisme (forme particulière de la croyance aux esprits);

croyance en une force mystérieuse, soit impersonnelle et magique, soit émanant d’êtres spirituels supérieurs;

croyance en n dieu suprême, personnel et spirituel, créateur de l’homme et du monde, parfait et éternel, placé au-dessus de tous les esprits, et recevant parfois le titre de Père;

polythéisme, croyance en une multitude d’êtres supérieurs, souvent hiérarchisés, souvent aussi rattachés aux forces de la nature, aux classes sociales, aux professions.

La croyance en la poursuite de l’existence humaine après la mort étant pratiquement partagée par toutes les religions…

 


 

Oh Bonne Mère ! Vous avez vu le drapeau européen ? On est obligé de supporter ça ?

« Le drapeau européen est le symbole non seulement de l’Union européenne, mais aussi de l’unité et de l’identité de l’Europe dans un sens plus large. Le cercle d’étoiles dorées représente la solidarité et l’harmonie entre les peuples d’Europe. […]  Les douze étoiles disposées en cercle symbolisent les idéaux d’unité, de solidarité et d’harmonie entre les peuples européens.» (http://publications.europa.eu/code/fr/fr-5000100.htm)

 

DRAPEAU EUROPÉEN

 

Le 20 juin 2017, en France, un nouveau député découvre l’Assemblée nationale et demande aussitôt, pointant le drapeau de l’Europe  : « On est obligé de supporter ça ? » Il ajoute : « C’est la République française ici, c’est pas… la Vierge Marie. » Ce député est Jean-Luc Mélenchon, chef du parti La France insoumise.

Explication :

Le drapeau européen a été conçu par Arsène Heitz. En 1989, Ce dernier révèle que « la petite médaille miraculeuse qui orne son cou est sa première source d’inspiration. L’objet – bien connu des fidèles de la chapelle Notre-Dame de la Médaille miraculeuse, lieu d’apparitions mariales situé rue du bac, à Paris – montre la Sainte Vierge couronnée d’un cercle d’étoiles qu’évoque l’Apocalypse de saint Jean. Arsène Heitz a aussi déclaré avoir été touché par un texte de la liturgie de la solennité de l’Assomption, célébrée le 15 août : « Un signe grandiose est apparu dans le ciel, une femme revêtue du soleil, la lune sous ses pieds, et sur la tête une couronne de douze étoiles. » (Sophie Lebrun, Drapeau européen et Vierge Marie : pourquoi Mélenchon a raison, La Vie, 21/06/2017, http://www.lavie.fr//debats/histoire/drapeau-europeen-et-vierge-marie-pourquoi-melenchon-a-raison-21-06-2017-83038_685.php)

 

Le drapeau européen été adopté en 1955 par le Conseil de l’Europe, le jour de la fête de l’Immaculée Conception… Depuis 1986, il représente aussi l’Union européenne.

 

Pas toujours facile de réaliser la nécessaire séparation de la religion et de l’État…


 

Levons notre chapeau à la reine du Royaume-Uni de Grande-Bretagne et d’Irlande, et du Canada,  Elizabeth II, qui n’a pas peur d’afficher ses couleurs.

Elizabeth II  en juin 2017

(Photo : https://mobile.twitter.com/MirrorPolitics/status/877487416050896896/photo/1?ref_src=twsrc%5Etfw&ref_url=http%3A%2F%2Fwww.bfmtv.com%2Finternational%2Froyaume-uni-le-chapeau-de-la-reine-elizabeth-aux-couleurs-de-l-europe-fait-reagir-1191900.htm)

Roger Martel, sujet d’Elizabeth II

Avoir une religion rend-il meilleur? Pour Platon, la vraie piété passe par une critique des croyances religieuses.

Source : Le Devoir, 17 juin 2017, http://www.ledevoir.com/societe/le-devoir-de-philo/501501/avoir-une-religion-rend-il-meilleur

– François Doyon – L’auteur est professeur de philosophie au cégep de Saint-Jérôme et il a publié «Les philosophes québécois et leur défense des religions» aux Éditions Connaissances et Savoirs (2017). –

EXTRAITS

Dans un Québec où l’on associe encore l’éthique à la culture religieuse, il est pertinent de se rappeler que, pour le philosophe grec Platon, la religion est capable d’inspirer le meilleur comme le pire. Le plus célèbre élève de Socrate écrit que la croyance dans les dieux peut et doit servir à nous rendre meilleurs, mais elle doit auparavant être expurgée de tous ses éléments qui pourraient inciter à commettre l’injustice.

[…]

Pour Platon, la vraie piété passe par une critique des croyances religieuses traditionnelles.

[…]

Le Coran contient un certain nombre de passages susceptibles de justifier théologiquement le djihadisme. Plusieurs passages de l’Ancien Testament sont aussi très violents, de même que certaines déclarations du Jésus des Évangiles, qui dit ne pas être venu apporter la paix, mais le glaive (Matthieu 10, 34). Platon nous dirait qu’il faut améliorer les religions du Livre. Platon voulait purifier la tradition religieuse de son temps. Dans une cité juste, on ne laisse pas « les enfants écouter les premières fables venues, forgées par les premiers venus, et recevoir dans leurs âmes des opinions le plus souvent contraires à celles qu’ils doivent avoir, à notre avis, quand ils seront grands » (La République, 377 b). Il faut au contraire « veiller sur les faiseurs de fables, choisir leurs bonnes compositions et rejeter les mauvaises »(La République, 377b-c). Les jeunes, insiste Platon, doivent être exposés à des modèles de vertu et non pas de débauche ; les premiers modèles qui leur sont donnés laissent des traces permanentes sur leur caractère moral. « Mais qu’on raconte l’histoire d’Héra enchaînée par son fils, d’Héphaïstos précipité du ciel par son père, pour avoir défendu sa mère que celui-ci frappait, et les combats des dieux qu’Homère imagina, voilà ce que nous n’admettons pas dans la cité, que ces fictions soient allégoriques ou non » (La République, 378d). Platon reconnaît que les fables religieuses, y compris celles qu’il faut comprendre au sens figuré, peuvent inspirer des crimes.

[…]

Si le christianisme et l’islam étaient des religions respectant l’exigence de moralité de Platon, leurs adeptes les plus radicaux ne trouveraient pas dans la religion des justifications à leurs crimes. Or nous savons que les extrémistes chrétiens et musulmans peuvent aisément puiser dans la Bible ou le Coran des passages pour justifier des actes abominables. Que les passages soient mal compris par les auteurs de crimes n’est pas une excuse. Un texte sacré ne peut pas se permettre d’être équivoque en ce qui concerne la morale. Refuser d’admettre que les religions inspirent des comportements parfois inacceptables, c’est sombrer dans un angélisme naïf. Il reste plus sage de postuler que certaines religions peuvent inspirer le bien comme le mal. La foi est certes incapable de déplacer des montagnes, mais elle peut aussi lancer des pierres sur une femme sans défense ou jeter un homosexuel du haut d’un édifice.

14 avril 2017, Vendredi Saint – La Passion selon Corbeil.

Publicité de la Maison Corbeil publiée dans le quotidien Le Devoir de Montréal le vendredi 14 avril 2017

Pour le reste de cette page, la source est :   J. Dheilly, Dictionnaire biblique, Tournai (Belgique), Desclée & Co., © 1964, p. 241-242

Sens de la croix :

Jésus a accepté de mourir, mais dans un supplice déshonorant (Gal., 3, 13; Hébr. 12, 2).

Jésus avait exigé du chrétien qu’il prît sa croix et le suivît pour être un vrai disciple (Mt., 16, 24). En effet, le baptisé est crucifié avec lui (Rom., 6, 6; Gal., 2, 19).

Crucifixion

Supplice déshonorant, inapplicable à un citoyen romain.

Après sa flagellation, le condamné, conduit par quelques soldats, est dirigé vers le lieu de supplice, portant le patibulum auquel ses bras sont attaché par des cordes. Il est étendu sur le sol, et on lui fixe les mains par un clou qui sans doute traverse le carpe (espace de Destot). C’est alors qu’on relève le condamné, qu’on le soulève et qu’on fixe le patibulum en haut du stipes. Alors on croise des pieds, le droit sous le gauche, et on les fixe par un clou qui les traverse en leur milieu (2e espace intermétatarsien). […]

Le titulus, ou planchette portant le motif de la sentence, et que le condamné avait porté à son cou durant le trajet, est alors fixé au-dessus de la tête du condamné.

Les bras peu à peu sont entraînés par le corps, les genoux fléchissent. La mort par asphyxie s’accompagne de tétanie des muscles. La tête pouvait s’infléchir vers l’avant.

Parfois on brisait les jambes des condamnés pour hâter leur fin. Les vêtements des condamnés appartenaient de droit aux soldats. Le corps des suppliciés pouvaient être réclamé par les familles.

Crucifixion de Jésus

Les détails précédents valent pour Jésus. On ajoutera ici seulement quelques précisions.

Il est probable, mais non certain, que le Christ, dépouillé de ses vêtements, gardait, selon l’usage, un « subligaculum », sorte de caleçon.

Le Christ fut certainement cloué à la croix (Jn, 20, 25).

Le titulus portait : « Jesus Nazarenus, rex Judaerum »; il était trilingue : hébreu, grec et latin (Jn, 19, 19).

D’après les Synoptiques, un passant fut réquisitionné afin d’aider Jésus sur la route du Calvaire (Lc, 23, 26).

 

Photo prise à l’église Saint-Joseph-de-la-Pointe-Lévy, en avril 2009, par Roger Martel.

Jules Joseph Scherrer (1867-1936) est l’auteur du chemin de croix de l’église Saint-Joseph-de-la-Pointe-Lévy, à Lévis (Québec).

Bizarre : le pape François doit commander la compassion aux fidèles de son Église.

Les médias nous apprennent que : « Dans sa traditionnelle homélie de Noël (2016), le pape François a lancé un appel à la compassion pour les enfants qui souffrent de la guerre et de la misère à travers le monde »; ils nous informent que le pape « a également critiqué “l’indifférence” des sociétés consuméristes où les fidèles se donnent “du mal pour les cadeaux” en restant “insensibles à celui qui est exclu”.

Pourquoi le pape croit-il nécessaire de demander aux fidèles de son Église d’être sensibles aux malheurs d’autrui? – La compassion, ça ne se commande pas.

Roger Martel, citoyen de Lévis en pays autrefois très catholique

 


Dans sa traditionnelle homélie de Noël, le pape François a lancé un appel à la compassion pour les enfants qui souffrent de la guerre et de la misère à travers le monde.

L‘évêque de Rome s’exprimait devant une dizaine de milliers de fidèles rassemblés dans la basilique Saint-Pierre de Rome et il a répété sa condamnation de l’avortement.

Le pape François : “Laissons-nous interpeller par les enfants qu’on ne laisse pas naître, par les enfants en pleurs parce que personne n’assouvit leur faim, par ceux qui n’ont pas des jouets, mais des armes entre leurs mains.”

Le souverain Pontife a également critiqué le “l’indifférence” des sociétés consuméristes où les fidèles se donnent “du mal pour les cadeaux” en restant “insensibles à celui qui est exclu.”

Source : http://fr.euronews.com/2016/12/25/noel-le-pape-francois-appel-a-la-compassion-pour-les-enfants vu le 25 décembre 2016

 

COMPASSION, subst. fém. Sentiment qui incline à partager les maux et les souffrances d’autrui.

 

cci25122016

Le Monde des religions, novembre-décembre 2016