Affirmer la laïcité, un pas de plus vers l’égalité réelle entre les femmes et les hommes.

Affirmer la laïcité, un pas de plus vers l’égalité réelle entre les femmes et les hommes [de toutes religions ou sans religion, précise le Passeur de la Côte]

Par le Conseil du statut de la femme [du Québec], https://www.csf.gouv.qc.ca/wp-content/uploads/avis-affirmer-la-laicite-un-pas-de-plus-vers-legalite-reelle-entre-les-femmes-et-les-hommes.pdf, 2011

La laïcité ne naît pas naturellement au sein d‘un État, elle se bâtit. Le Québec est à l‘heure des choix.

Nous avons démontré que l‘affirmation solennelle que l‘État est areligieux est un exercice urgent à faire, absolument nécessaire, comme en témoignent les crises, les revendications citoyennes et les recours aux tribunaux, et qui doit être mené collectivement. On ne peut laisser les tribunaux – et la Commission des droits – définir chaque cas individuellement, en n‘ayant que la protection des droits individuels enchâssés dans les chartes à interpréter. Ne pas agir, c‘est continuer de s‘avancer vers la « laïcité ouverte » aux violations des droits des femmes.

Les frontières de l‘État québécois par rapport au religieux doivent être affirmées et décidées collectivement afin que toutes les consciences soient respectées. Car c‘est par l’adhésion citoyenne que ce nouveau pacte sera scellé, que les croyances religieuses de la majorité, comme celles des minorités, cèderont volontairement le pas au respect de toutes les consciences et de toutes les religions au sein des institutions publiques : « Au contraire des appartenances religieuses, qui par nature excluent l‘autre, l‘appartenance citoyenne est inclusive. Elle est encore plus nécessaire dans une société pluraliste »466. L‘exercice collectif est essentiel afin que chacune et chacun se responsabilise relativement aux choix qui seront faits. Ce ne sera plus « la faute aux chartes »467, si l‘on décide de cesser d‘imposer des rituels religieux et des signes manifestement visibles dans les lieux de l‘État, ce sera un choix collectif conscient. La laïcité québecoise sera garante d‘un espace institutionnel inclusif et exempt de discrimination.

Les mesures demandées par le Conseil visent à promouvoir l‘égalité entre les sexes. L‘engagement de l‘État envers la laïcité est fondamental afin de conserver les droits des femmes chèrement acquis au cours des années. Il est nécessaire aussi à la réalisation de l‘atteinte de leur égalité réelle. C‘est un exercice urgent, difficile, mais indispensable et le Conseil invite le gouvernement à ne pas reculer devant cette tâche. Ne pas agir, c‘est faire un choix. Choisir la laïcité, c‘est se rallier autour d‘un projet rassembleur pour le Québec qui chérit l‘égalité entre les sexes. Le Conseil est convaincu que ces choix sont requis pour faire avancer l‘égalité, tout comme il est conscient qu‘ils demandent une volonté politique forte.

 

466 D. GUILBAULT, op. cit., p. 86.

467 Le maire de Trois-Rivières, en réaction à l‘avis de la Commission des droits, disait que « [l]a fameuse

Charte nous dicte encore quoi faire. Il faut la revoir parce qu’il commence à y avoir des dérapages ».

M. FRANCOEUR, « La prière a disparu », Le Nouvelliste, [En ligne], 28 septembre 2010.

[www.cyberpresse.ca/le-nouvelliste/actualites/201009/28/01-4327220-la-priere-a-disparu.php].

Proposition destinée à atténuer les craintes et les peurs que des religions et des sectes suscitent. Réaction du Centre culturel islamique de Québec.

Lévis (Québec), le 21 mars 2019

Le 28 février 2019, j’ai soumis à la Conférence des évêques catholiques du Canada et au Centre culturel islamique de Québec une proposition destinée à atténuer les craintes et les peurs que des religions et des sectes suscitent (on le sait : des religions et des sectes inquiètent, certaines plus que d’autres); je leur ai suggéré de fixer sur un mur, dans leurs lieux de culte, une plaque, une affiche, portant cette inscription ou une inscription équivalente :

« Moi qui entre dans ce lieu de culte, je tiens à faire savoir,

sans rien dissimuler,

que j’adhère sincèrement et entièrement

à la Charte universelle des droits de l’Homme,

à la Charte canadienne des droits et libertés

et à la Charte des droits et libertés de la personne du Québec. »

( On trouvera cette proposition au https://lepasseurdelacote.com/. )

Hier, 20 mars 2019, le président du Centre culturel islamique de Québec, Monsieur Boufeldja Benabdallah, m’a appris dans un courriel qu’il ne mettrait pas en oeuvre ma suggestion. Je lui ai répondu ceci :

« Je suis désolé de devoir vous dire que votre rejet de ma suggestion (afficher dans les mosquées une déclaration d’adhésion à la Charte canadienne des droits et libertés) me surprend et me déçoit grandement : il aurait été si facile et si peu coûteux de la mettre en œuvre, sa mise en oeuvre aurait joué un rôle positif dans l’établissement et le maintien de relations saines entre les musulmans et les non-musulmans du Canada.

« Je vous reparlerai de votre rejet plus tard. J’espère vous convaincre changer d’idée.

« Je publierai la présente au http://www.lepasseurdelacote.com, de même que votre réponse (si vous voulez bien que notre échange se poursuive). M’autorisez-vous à rendre public le courriel que vous m’avez envoyé cet après-midi? »

À suivre.

Roger Martel, citoyen de Lévis