Centre Justice et Foi – Campagne de financement 2014

Centre justice et foi

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« Le Centre justice et foi (CJF) est un centre d’analyse sociale qui pose un regard critique sur les structures sociales, politiques, économiques, culturelles et religieuses. Il publie la revue Relations et organise différentes activités publiques, notamment les Soirées Relations. Son secteur Vivre ensemble développe une expertise sur les enjeux d’immigration, de protection des réfugiés ainsi que sur le pluralisme culturel et religieux. » (source : http://www.cjf.qc.ca/fr/index.php)

 

Campagne de financement 2014

 

Don en ligne : http://cjf.qc.ca/fr/don.php

 

 

Vous croyez que le Centre justice et foi est une institution importante dont les activités nourrissent votre réflexion et vous permettent d’être en lien avec des personnes préoccupées de justice sociale?

 

Vous appréciez le rôle de vigilance et d’interpellation constante du secteur Vivre ensemble sur un grand nombre de questions d’actualité et son parti pris pour les exclus?

 

Vous considérez que la revue Relations remplit une mission cruciale : celle de proposer une analyse critique et des voies d’avenir pour le monde, la société et le christianisme?

 

Vous appréciez les Soirées Relations et les Journées d’étude qui permettent de mieux comprendre et approfondir les débats socio-politiques complexes que nous traversons?

 

Pour continuer à offrir toutes ces analyses et activités qui favorisent un regard différent sur l’actualité et qui nourrissent l’engagement, nous avons besoin de votre soutien.

 

 

Le numéro de décembre 2013 de la revue québécoise Relations vient de paraître. Son dossier s’intitule La promesse du don.

Site web de Relations : http://www.cjf.qc.ca/fr/relations/enkiosque.php?idp=133

 

Le numéro de décembre 2013 de la revue québécoise Relations vient de paraître. Son dossier s’intitule La promesse du don. Voici les premiers paragraphes du texte du rédacteur en chef, Jean-Claude Ravet :

Quand on parle de don, on pense communément au don de charité ou humanitaire et, en ce temps de Noël, à la guignolée par exemple. Mais le don renvoie aussi à un chemin de rencontre avec l’autre dans sa fragilité; c’est le don de soi par amour ou par compassion, qui s’exprime dans l’hospitalité, le partage et l’écoute, dans le souci sans compter des blessés de la vie, des humiliés ou des opprimés, qui peut aller jusqu’au sacrifice de soi.

 

Le don, dans toutes ses manifestations, témoigne d’une dimension éthique fondamentale de l’existence qui pose la présence de l’autre comme constitutive de soi. Je suis en quelque sorte le gardien de mon frère, de ma sœur en humanité. Protecteur de leur dignité. Leur souffrance et leur cri ébranlent à jamais ma quiétude, cherchent à arracher de moi une réponse, attisant la conscience du don, au nom de notre commune humanité. Grâce à cette conscience, je me tiens vivant, debout et vigilant. Cette attitude oblative et ce sentiment de responsabilité s’enracinent dans une manière d’habiter le monde, de faire société, dans laquelle le lien qui unit les personnes entre elles est plus fondamental que ce qui les unit aux choses et à l’argent.

 

Plus se déploie le monde technique et financier, et sa logique utilitaire et vénale qui atomise l’existence, plus nous sommes tentés d’esquiver notre devoir à l’égard des autres. Croire que le monde humain puisse survivre à cette fuite, à cette déliaison, est peut-être la plus tragique des illusions contemporaines qui nous livre, dans la plus grande insouciance, à la prédation financière et à la technicisation de l’humain. (Jean-Claude Ravet, La promesse du don, p. 11-12. On trouve le texte en entier au http://www.cjf.qc.ca/fr/relations/article.php?ida=3278.)

 

RELATIONS, Sommaire détaillé du numéro de décembre 2013

La promesse du don, Jean-Claude Ravet

La valeur du lien, Entrevue avec Jacques T. Godbout

La petite bonté, Bernard Émond

La force subversive du don, Paul Ariès

Le logiciel libre, cette drôle de marchandise, Cyrille Béraud

La générosité du receveur, Michel Métayer

La fragilité partagée, Patrice Bergeron

Le don d’une présence, Céline Dubé

Merci pour la tendresse*, Hélène Monette

Les fondations privées : pas si charitables, Catherine Caron

Artiste invitée

Ludmila Armata

Éditorial

Des citoyens qui ont des droits?, Catherine Caron

Actualités

Qui surveillera la police?, Dominique Peschard

Pétrolière canadienne sévèrement jugée en Colombie, Constance Vaudrin

Le Canada, terre d’accueil?, Faisal Alazem

Des journalistes précarisés, Nicolas Falcimaigne

Horizons

S’aider en aidant les autres, Julie Désilets

Le Carnet

Les villes invisibles, Naïm Kattan

Chronique littéraire

Tout cela, texte: Marie-Célie Agnant, illustration: Ronald Mevs

Ailleurs

El Salvador : les gains et les écueils du FMLN, Claude Morin

Débat – La gentrification, un mal pour un bien?

Revitaliser des quartiers en limitant les effets négatifs de la gentrification sur les plus pauvres est possible, Hélène Bélanger

La lutte contre la gentrification s’impose et passe par la remise en question du projet néolibéral qui transforme nos villes, Louis Gaudreau

Multimédias

Beat nation, Musée d’art contemporain de Montréal

Conservateurs : Kathleen Ritter, Tania Willard et Marc Lanctôt

Livres

Dans le ventre du Soudan, Guillaume Lavallée

Hollywood et la politique, Claude Vaillancourt

À la gauche du Christ : Les chrétiens de gauche en France de 1945 à nos jours, Denis Pelletier et Jean-Louis Schlegel (dir.)

La république québécoise. Hommages à une idée suspecte, Marc Chevrier

Dans les médias

«Cachez cette foi», lettre ouverte signée par notre rédacteur en chef, Jean-Claude Ravet, dans La Presse du 22 novembre. Le texte ayant été abrégé, voici la version intégrale avec son titre initial «Un projet de loi antipolitique».

Jean-Claude Ravet participe à chaque mois à l’émission Foi et turbulences à Radio Ville-Marie 91,3 FM. Prochaine émission : le 4 décembre de 9 h à 10 h. Les émissions passées.

Les Idées en revues publiait le 5 novembre dans Le Devoir : «Politique municipale : sortir de l’impasse» de Catherine Caron.

Anne Latendresse participait à l’émission spéciale de CIBL sur les élections municipales le 3 novembre dernier.

Catherine Caron présentait notre dossier sur la politique municipale sur les ondes de Radio-Canada Côte-Nord (23 octobre, 17 h 30), CISM Montréal (MAIS l’émission, 24 octobre) et CKRL Québec (Le Grain de sable, 26 octobre, 13 h 30).

Pierre J. Hamel était interviewé à Samedi et rien d’autre le 19 octobre (à 9 h 24) et notre dossier sur la politique municipale mentionné le 26 octobre (à 9 h 14).

Lire la suite

Prix d’excellence de la SODEP

Pour la deuxième année consécutive, Relations a remporté le Prix d’excellence de la SODEP dans la catégorie meilleur dossier pour «La mémoire vivante» (no 758, août 2012). Merci et bravo à tous les collaborateurs et collaboratrices de ce dossier! Feuilletez le numéro. Le communiqué de la SODEP

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EXTRAITS :

Pétrolière canadienne sévèrement jugée en Colombie

Le 18 août dernier [2013], le Tribunal populaire sur les politiques extractives en Colombie a jugé coupable la pétrolière canadienne Pacific Rubiales Energy de violations des droits humains, du travail et de l’environnement. (Constance Vaudrin, Pétrolière canadienne sévèrement jugée en Colombie, Relations, décembre 2013, p. 5)

Qui surveillera la police ?

« Le nouveau Bureau des enquêtes indépendantes ne dote pas le Québec d’un mécanisme de surveillance des forces policières indépendantes, efficace et transparent. (Article de Dominique Peschard, président de la Ligue des droits et libertés)

Le Canada, terre d’accueil?

Alors que la guerre en Syrie provoque une grave crise humanitaire, le Canada multiplie les embûches à l’accueil des réfugiés de cette région. (Article de Faisal Alazem, directeur de la section montréalaise du Conseil syrien canadien)

Le logiciel libre, cette drôle de marchandise

Le logiciel libre sera-t-il l’ultime contradiction qui fera imploser le capitalisme, comme l’annonce Slavoj Žižek dans son essai Vivre la fin des temps (Flammarion, 2011), ou bien permettra-t-il au capitalisme de se transformer en ne nouvelle forme plus humaine, fondée sur l’organisation en réseaux et la collaboration, comme le pressent Jeremy Rifkin [dans La troisième révolution industrielle, Paris, Éd. Les liens qui libèrent, 2012]?

Une manière de donner plus engageante

Mais il existe une autre manière de donner, indissociable celle-la d’un « recevoir », et qui invite à faire un pas de plus pour se lier à celui ou à celle à qui l’on donne. Cette manière de donner est plus engageante. À travers ce que l’on donne, c’est un peu de soi que l’on offre. Et lorsque le don est reçu avec plaisir et gratitude, on se sent reconnu et apprécié. Or, les gens seuls, fragiles, vulnérables et exclus ne reçoivent que très rarement de tels cadeaux. (Patrice Bergeron, doctorant en théologie et coordonnateur du Tisonnier, une communauté chrétienne de Québec.)

Les fondations privées : pas si charitables

Pour l’auteure des best-sellers Ces riches qui ne paient pas d’impôts (Méridien, 2004) et La crise fiscale qui vient (VLB, 2011), le constat est implacable : lorsqu’on demande à une collectivité privée d’aider la collectivité, c’est à nous tous que nous le demandons en réalité. C’est un mythe de penser que cs fondations apportent tant à la société. []Brigitte Alepin en a fait la démonstration, chiffres et lois de l’impôt à l’appui. (Catherine Caron, rédactrice en chef adjointe de Relations, Les fondations privées : pas si charitable, p. 27)

Le caractère subversif de la notion du don

Quand l’anthropologue Marcel Mauss a publié son Essai sur le don, en 1923, la morale des marchands, comme il se plaisait à l’appeler, faisait déjà ses ravages dans la société. Cette morale réduit la vie sociale au calcul, à l’intérêt, au profit, traduisant les rapports sociaux en termes strictement abstraits, marchands et techniques, comme s’il s’agissait de rouages d’une machinerie sociale. La valeur monétaire s’imposait déjà comme l’étalon à l’aune duquel devait être jugée la vitalité de la société : « le triomphe de l’animal économique ». Mauss avait conscience du caractère subversif de la notion du don héritée des sociétés dites primitives, sans laquelle il ne peut y avoir de société humaine. Ce faisant, il soutenait « théoriquement » les brèches qui se creusaient dans la société capitaliste grâce aux luttes en faveur d’une solidarité sociale fondée sur le devoir du don. « Le travailleur a donné sa vie et son labeur à la collectivité d’une part, à ses patrons d’autre part, et, s’il doit collaborer à l’œuvre d’assurance, ceux qui ont bénéficié de ses services ne sont pas quittes envers lui avec le paiement du salaire, et l’État lui-même, représentant la communauté, lui doit, avec ses patrons et avec son concours à lui, une certaine sécurité dans la vie, contre le chômage, contre la maladie. Contre la vieillesse, la mort[1]. » Mauss appréhendait avec lucidité l’offensive néolibérale actuelle consistant à privatiser les services publics et à brader le bien commun.

  1. M. Mauss, Sociologie et anthropologie, Paris, PUF. 1950, p. 261

(Jean-Claude Ravet, La promesse du don, Relations, décembre 2013, p.12)

Spectacle-bénéfice de soutien au Centre Justice et Foi et à la revue Relations de la chanteuse Claire Pelletier, à Montréal

Billets VIP à 100 $

(cocktail en présence de Claire Pelletier à 19 h et reçu pour fins d’impôt de 60 $)
Billets réguliers à 40 $

(frais de services en sus sauf si achat par le CJF)

Mercredi 30 octobre 2013
à 20 h
À la salle du Gesù
1200, rue de Bleury, Montréal

RENSEIGNEMENTS:

CJF: 514.387.2541, poste 234
spectacle@cjf.qc.ca ou www.cjf.qc.ca

ACHAT DE BILLETS :
Achat des billets en ligne (CJF)
Achat par la poste (formulaire d’inscription)
Gesù: 514.861.4036 / www.gesu.net
Réseau Admission

Au plaisir de vous y voir.

Votre appui nous est précieux!

Le Centre justice et foi (CJF) est un centre d’analyse sociale qui pose un regard critique sur les structures sociales, politiques, économiques, culturelles et religieuses. Il publie la revue Relations et organise différentes activités publiques, notamment les Soirées Relations. Son secteur Vivre ensemble développe une expertise sur les enjeux d’immigration, de protection des réfugiés ainsi que sur le pluralisme culturel et religieux.

http://www.cjf.qc.ca/fr/index.php

http://www.cjf.qc.ca/fr/relations/index.php

Au Québec – Politique municipale: sortir du cul-de-sac

Article de la revue québécoise Relations, numéro 768, novembre 2013 (Ce numéro contient un dossier sur la la politique municipale au Québec.)

http://www.cjf.qc.ca/fr/relations/article.php?ida=3268

 

Catherine Caron

 

« La société où nous vivons paraît tendue vers la plénitude ou du moins vers le plein (objets et biens durables, quantité, satisfaction, rationalité). En fait, elle laisse se creuser un vide colossal; dans ce vide s’agitent les idéologies, se répand la brume des rhétoriques. »

Henri Lefebvre, Le droit à la ville

 

 

La force avec laquelle des milliers de citoyens et de citoyennes peuvent se lever pour revendiquer leur place dans la vie démocratique de leur ville et du Québec peut être éloquente. Elle s’exprime dans le « À qui la rue? À nous la rue! » entendu lors du printemps 2012, le « maîtres chez nous » qui hante les mobilisations sur les enjeux énergétiques, notamment contre le gaz de schiste, en passant par le célèbre « Pas de casino dans notre quartier! » des résidents de Pointe Saint-Charles. Ces mobilisations sont toujours le signe d’une fissure, voire d’une rupture du lien, du contrat social unissant les citoyens à ceux et celles qui sont censés les représenter et protéger les droits fondamentaux et l’intérêt public. Bien au-delà des élections municipales du 3 novembre prochain, c’est ce lien à plusieurs égards brisé qui nous intéresse dans ce dossier; nous chercherons à en comprendre les causes et les voies de réparation.

 

Lorsque les débats qu’on cherche à étouffer éclosent grâce à l’action citoyenne ou au travail journalistique, l’imposture qui tient parfois lieu de « gouvernance » dans certaines municipalités est exposée. La commission Charbonneau en est un puissant révélateur. Les magouilles mafieuses et nauséabondes du film Réjeanne Padovani de Denys Arcand – tourné il y a 40 ans! – paraissent d’une désolante actualité et gangrènent encore des pans de la société québécoise. Sous l’influence de l’idéologie néolibérale – qui entraîne une dévalorisation de l’ensemble de la sphère publique et une légalisation de fraudes fiscales –, elles se transforment en un cocktail corrosif.

 

L’emprise idéologique du néolibéralisme saute aux yeux lorsque des maires (Applebaum, Labeaume) parlent de leur ville comme d’une entreprise en concurrence avec d’autres et ayant les citoyens comme clientèle. Elle transparaît lorsque l’Union des municipalités du Québec confie la rédaction d’un projet aussi important que la Charte des municipalités à un cabinet privé, et non à des avocats de la fonction publique municipale. On la détecte aussi lorsque les élus municipaux omettent de mentionner la part de souveraineté qu’ils sacrifient de plus en plus sur l’autel du libre-échange, alors qu’ils revendiquent pourtant une véritable reconnaissance des municipalités en tant que gouvernements locaux – à cet égard, le Livre blanc : le monde municipal s’approprie son devenir, publié par l’Union des municipalités du Québec en 2012, contient une analyse et des propositions valables.

 

En effet, qu’adviendra-t-il lorsque des multinationales étrangères pourront obtenir, comme jamais auparavant, d’importants contrats publics municipaux grâce à l’Accord économique et commercial global entre le Canada et l’Union européenne? Ce ne sera pas un antidote sans failles contre les pratiques de collusion et de corruption des firmes locales – la multinationale européenne Veolia l’a déjà démontré en participant au cartel des égouts à Montréal. Cela signifiera cependant une perte de contrôle démocratique sur nos choix collectifs, car des règles strictes interdiront désormais à nos villes d’utiliser plusieurs contrats publics majeurs comme leviers de développement local. Les Veolia de ce monde veulent le champ libre pour se développer comme elles le souhaitent, pour le bénéfice prioritaire de leurs actionnaires, sans obligation d’assurer des retombées à une collectivité à laquelle, au fond, elles n’appartiennent pas.

 

De telles préoccupations ne viendront guère hanter les prochaines élections, dont il semble qu’il y ait peu à attendre dans un contexte où tant les suites de la commission Charbonneau et des enquêtes de l’Unité permanente anticorruption, que les négociations d’une nouvelle entente Québec-municipalités, restent à venir. Pour s’en convaincre, on peut réfléchir aussi à la « valse des milliards » à laquelle se livre le gouvernement québécois. D’un côté, il entend récupérer les milliards de dollars de profits engrangés par les firmes privées grâce à la collusion et à la corruption, de l’autre, il a offert des millions et de belles perspectives de profits à Québecor Media – dans le dossier de l’amphithéâtre de Québec – en mettant le contrat à l’abri de la contestation citoyenne et de la surveillance du pouvoir judiciaire. Voilà une éthique et une démocratie à géométrie bien variable. Ce faisant, on déshabille souvent Jean pour habiller Jacques, en laissant de plus en plus de citoyens et de citoyennes du Québec en haillons.

 

Un profond changement de culture politique et de culture des affaires s’impose pour que la démocratie municipale se transforme au Québec et pour que les citoyens y occupent la place qui leur revient. Un bon coup de vent est nécessaire pour balayer l’atmosphère et nous aider à voir les éclaircies, le travail courageux d’élus et de citoyens engagés ensemble, de Gaspé à Saint-Camille en passant par Lac-Mégantic, dans la poursuite de l’intérêt public.

 

À la ville comme à la campagne, nous subissons les effets d’une étrange situation : nous vivons dans ce pays du Québec qui n’en est pas vraiment un et dans des municipalités qui ne sont pas vraiment des gouvernements locaux. Étrange état d’incomplétude qui doit nourrir non pas le repli et la médiocrité, mais nos aspirations et nos désirs d’autonomie, de justice sociale et d’émancipation.

 

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Remarques concernant les élections du 4 septembre 2012 au Québec

Rermarques du rédacteur en chef de la revue Relations concernant les élections du 4 septembre 2012 au Québec

ARTICLE – REVUE RELATIONS, septembre 2012, numéro 759

L’urne démocratique

Par Jean-Claude Ravet

 

[]il faudrait instaurer des élections à date fixe. La prérogative du premier ministre de déclencher les élections à la date qui lui convient n’a pas de sens. Au printemps, à la question de journalistes lui demandant si la rumeur d’élections avant les vacances était plausible comme voie de sortie de la crise étudiante, Jean Charest avait répondu que cela aurait été « ignoble » et « grotesque »! Ce qui est ignoble et grotesque, n’est-ce pas plutôt de les avoir déclenchées le 1er août, en pleines vacances d’été alors qu’une bonne partie de la population se repose loin des médias d’information? Ce choix par contre n’est pas surprenant de sa part. Depuis longtemps Jean Charest nous a accoutumé au mépris qu’il affecte pour la démocratie (voir, entre autres, mon édito de février 2009, « L’intrus »). La diabolisation de « la rue » en est aussi un flagrant exemple. Il est vrai qu’il l’a opposée à la majorité silencieuse. Celle-ci, pense-t-il, lui serait acquise et, telle qu’il la conçoit, c’est lui faire une aubaine que de tenir des élections en été : elle lui évite la corvée des débats qu’elle exécrerait. Un simple vote, conquis grâce à des boniments dans lesquels excelle le chef libéral, suffit amplement. Or, si celui-ci devait avoir réussi ce pari, ce serait un triste jour pour la démocratie québécoise.

 

[] le mode de scrutin majoritaire uninominal à un tour devrait être changé pour un mode proportionnel adéquat qui mette un terme à l’opposition viciée entre le vote dit stratégique et le vote de conviction. Le mode actuel, valable dans un contexte de bipartisme, ne fait que renforcer le conservatisme et le conformisme, en plus d’être en porte-à-faux avec la pluralité politique et l’effervescence démocratique. Il étouffe les rêves essentiels au souffle de l’action politique.

 

Enfin, une dernière remarque. Peut-être la plus fondamentale. Le résultat du vote, quel qu’il soit, ne doit surtout pas signer la déresponsabilisation des citoyens et des citoyennes. Dans une manifestation nocturne, on pouvait lire récemment sur une pancarte : « Vos urnes sont trop petites pour contenir nos rêves ». Il faudra s’en souvenir. Ce qui ne veut pas dire se détourner des élections : il faut au contraire investir le processus électoral pour ne pas le laisser aux mains des opportunistes et des mesquins. Les élections demeurent une modalité importante dans l’exercice de la citoyenneté, mais celle-ci ne s’arrête pas là, contrairement à ce que voudraient nous le laisser croire ceux qui y cherchent leurs intérêts privés afin de permettre à la dictature du profit de se maintenir et à la servitude volontaire de se légitimer.

 

Plus qu’à toute autre époque, nous avons des défis immenses à relever pour contrecarrer la marchandisation effrénée du monde et du vivant livrés à la prédation maffieuse et boursière. L’approche affairiste des Charest, Legault et consorts ne permet pas de les affronter, pis encore, elle nous embourbe dans une impasse. L’économisme au service des transnationales et des financiers soutient la société comme la corde le pendu, pour paraphraser Bernanos. Il nous faut trancher cette corde et accoucher d’alternatives. Mais surtout ne pas cesser de créer des espaces de délibération, de questionnement, de libération de la parole et de l’imagination. Cette tâche radicale demande de la détermination et du courage. Il se peut que la convoitise revienne au pouvoir, mais elle rencontrera des hommes et des femmes pour défendre le bien commun et la solidarité sociale. Et pas seulement une fois aux quatre ans…

 

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La revue québécoise RELATIONS

Les textes suivants ont été publiés en 2011, dans un ancien espace web du Passeur de la Côte.

LA REVUE RELATIONS

« La revue Relations compte parmi les plus anciennes publiées au Québec. Pourtant, elle demeure plus jeune que jamais ! Elle aborde avec une audace qui ne se dément pas tous les grands thèmes de l’actualité. Elle porte un regard critique sur la culture, la politique, l’économie, les religions, etc. Une critique réfléchie, constructive et rafraîchissante qui va au fond des choses. On gagne immanquablement à lire Relations. »

(Guy Rocher, sociologue)

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ARTICLE DE LA REVUE RELATIONS, numéro 752, novembre 2011

ASSEZ, C’EST ASSEZ (extraits)*

Jean-Claude Ravet

Plusieurs études récentes signalent l’écart grandissant entre les riches et les pauvres un peu partout dans le monde. Le Canada est loin d’être épargné. […]

« C’est en créant plus de richesse que les pauvres s’enrichiront », entend-on souvent, pour justifier les privilèges fiscaux réservés aux riches. Or, cela s’avère être plus que jamais un mythe. Dans les faits, les riches ne se sont jamais autant enrichis, sans qu’on voie le moindre signe de partage. Au contraire, les pauvres pataugent dans leur misère – ce qui s’accroît, c’est leur nombre. Un scandale dans un monde si riche. Une vieille histoire qui n’est pas démodée : les riches s’enrichissent encore sur le dos des pauvres. Et ils sont à tel point choyés qu’il s’en trouve même qui ont un peu honte, et suggèrent à l’État de hausser leurs impôts… question de mettre des limites à l’obscénité.

[…]

Privatiser les profits, socialiser les pertes. Voilà la règle d’or de la religion néolibérale triomphante. Nous voyons actuellement en Europe ses fâcheuses conséquences. Et cela plane sur nos têtes. Une mise en tutelle des États par des dispositifs de contrôle et de surveillance financiers qui voient à ce que des politiques d’austérité – synonymes de démantèlement et de privatisation des services publics et sociaux – soient méticuleusement appliquées au nom d’une soi-disant gestion saine des budgets de l’État, jugée à l’aune des règles des institutions et des marchés financiers. Même si la dette publique, devenue critique dans différents pays, a été le fruit de la spéculation et des règles du jeu imposées par ces mêmes joueurs. Ce sont eux qui gouvernent et imposent leur loi implacable à la valetaille politique.

[…]

Des signes encourageants d’un ras-le-bol populaire à l’égard des règles du jeu actuelles pointent à l’horizon, comme en témoigne, entre autres, le mouvement des indignés qui se répand en Europe, non sans faire écho à ce qui ébranlait l’Amérique latine il n’y a pas si longtemps. Atteindra-t-il le Québec?

NOTE – IL FAUT LIRE L’ARTICLE AU COMPLET, à cette adresse : http://www.cjf.qc.ca/fr/relations/article.php?ida=2738

Site web de la revue Relations, faite au Québec : http://www.cjf.qc.ca/fr/relations/

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LE NUMÉRO DE NOVEMBRE 2011 DE LA REVUE RELATIONS

Extrait du sommaire

Dossier : La théologie de la libération, d’hier à aujourd’hui

La théologie de la libération, d’hier à aujourd’hui , Jean-Claude Ravet

Aux origines d’une théologie , Yves Carrier

Une influence universelle , Gregory Baum

Vers une théologie indigène , Nidia Arrobo Rodas

La Bible, une parole libératrice , Claude Lacaille

Au revers de l’histoire : les femmes , Carmiña Navia Velasco

La mouvance sociale chrétienne au Québec , Guy Côté

Pour un nouveau rapport à la nature , François Houtart

ACTUALITÉS

Le Plan Nord au bénéfice de qui? , Ugo Lapointe

La bataille des frais de scolarité , Gabriel Nadeau-Dubois

Le printemps marocain oublié , Osire Glacier

Assez indignés, les Portugais? , Luís Bernardo

CONTROVERSE – LES CENTRES D’INJECTION SUPERVISÉE (CIS)) EN DÉBAT

L’ouverture de tels centres est une question de respect des droits fondamentaux , Sébastien Harvey et Mariane Fradet

La mise en place de CIS ne remet pas en cause les structures d’exploitation au fondement du commerce de la drogue, ni l’approche gestionnaire de la toxicomanie , Amélie Descheneau-Guay

RELATIONS ET SES 42 BELLES PAGES SE VENDENT 5,50 $.

 OSONS DÉCLARER ILLÉGALE LA PAUVRETÉ

« Riccardo Petrella, altermondialiste bien connu, fondateur du Comité international pour un contrat mondial de l’eau, était récemment de passage au Québec. Comme à chacune de ses visites, il nous a incités à rompre avec ce conformisme. Il n’y a pas de fatalité. Il n’y a que des vendeurs de fatalité et des multitudes qui l’achètent, au plus grand bénéfice des rapaces de ce monde. « Il nous faut élargir l’espace des possibles », où nous confinent les dominants, nous disait-il, et oser déclarer illégale la pauvreté, comme on l’a fait un jour pour l’esclavage. La pauvreté dans un monde si riche est un véritable crime. Rendre illégale la pauvreté, c’est dénoncer les mécanismes structurels et institutionnels qui génèrent dans nos sociétés les inégalités entre les êtres humains, dressant un mur infranchissable entre ceux qui possèdent et ceux qui sont dépossédés. C’est rendre patent le fondement bancal d’un monde où quelques-uns sont plus humains que les autres. Cette fatalité est un mensonge. Cette inégalité, une injustice. Cet état de choses, une usurpation. »

Jean-Claude Ravet, ASSEZ, C’EST ASSEZ, dans Relations, numéro 752, novembre 2011 (Relations est publiée par le Centre Justice et foi, au Québec : http://www.cjf.qc.ca/fr/)

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REVUE RELATIONS, NUMÉRO 751, SEPTEMBRE 2011

EXTRAIT DU SOMMAIRE

 Dossier : Jeunes voix engagées

Jeunes voix engagées, Amélie Descheneau-Guay

La jeunesse altermondialiste, Table ronde avec Nathalie Guay, Maude Prud’homme, Simon Tremblay-Pepin et Alexandre Vidal

Engagé auprès des plus démunis, Yann Panneton

Sortir du modèle entrepreneurial, Éric Martin

Étudiants et militants, Alexandre Leduc

Parole d’une jeune poète, Hélène Matte

Génération sur le qui-vive, Noémie Delisle

Paroles féministes, Entrevue avec Barbara Legault

Jeunes chrétiens en recherche, Marco Veilleux

Éditorial : La montée de l’extrême droite, Jean-Claude Ravet

Actualités

Juger les crimes de Jean-Claude Duvalier, Francine Neméh

Du Maghreb au Québec, Yolande Cohen

La liberté d’expression en péril, Michel Seymour

Le féminisme dans tous ses états, Élisabeth Garant

EXTRAITS :

« La déclaration du maire d’Oslo au lendemain des attentats nous indique la voie à suivre : répondre à ce genre d’actes par encore plus de démocratie. C’est dans cette direction qu’il faut tendre. Opposer à la passion destructrice de la haine la passion sereine de la vie. Opposer à la peur de l’autre et au repli dans des blocs identitaires monolithiques et imperméables – terreaux fertiles aux idées d’extrême droite – la participation démocratique et la responsabilité citoyenne à l’égard du bien commun. À travers elles peut se forger une culture commune, en rassemblant et dépassant les différences dans la lutte collective pour une société juste. Nous comprenons pourquoi l’apolitisme ambiant, stimulé par la société capitaliste, est peut-être le plus sûr allié de l’extrême droite. » Jean-Claude Clavet (rédacteur en chef de Relations),

La montée de l’extrême droite

« Les allégations qui circulent à travers le monde suggèrent que des entreprises canadiennes sont associées au pillage des ressources minières en Afrique et acoquinées à des chefs de gouvernement qui n’hésitent pas à déplacer violemment des populations entières au nom du développement économique. En 2003, 53 % des sociétés minières actives en Afrique étaient canadiennes. Leurs niveaux d’investissement ont atteint environ 14 milliards de dollars en 2010. Or, comme le révèle une étude réalisée pour le compte de ces mêmes entreprises, le tiers des litiges et controverses impliquant des sociétés minières à travers le monde visent celles qui sont d’origine canadienne. » Michel Seymour, La liberté d’expression en péril (L’auteur parle des poursuites-baîllons. Consulter : slapp.ecosociete.org.)

« On assiste en effet depuis quelques années à des attaques répétées contre le féminisme, mais aussi à sa récupération à d’autres fins que celles du respect des droits des femmes et de leur dignité. La montée des fondamentalismes politiques et religieux menace un des principaux acquis des dernières années, soit le fait d’être enfin reconnues, en tant que femmes, comme sujets à part entière, capables de choisir pour nous-mêmes. Les coupes majeures dans les subventions aux organisations de femmes, surtout celles chargées de la défense des droits et des luttes politiques, obligent à une importante remise en question de nos pratiques et des leviers dont nous disposons pour assurer la réalisation de l’égalité pour toutes. » Elisabeth Garant, Le féminisme dans tous ses états (Madame Garant est directrice du Centre justice et foi et de Relations)

« Ce n’est qu’en partant de notre histoire, réappropriée et vivante, que nous pouvons espérer bâtir un nouveau rêve de pays. «  Noémie Delisle, Génération sur le qui-vive (Madame Delisle est co-rédactrice de la revue Qui vive – Ouvroir d’indépendance. Consulter www.revue-quivive.net.)

« Le capitalisme financier triomphe en bousculant tout sur son passage, même les fondements de la vie. Il s’attaque à la biodiversité et à l’abondance des ressources en empruntant des moyens détournés, car il serait suicidaire d’affirmer que la biodiversité est sans valeur et l’abondance non désirée. C’est au nom de la croissance économique que se trament, dans l’ombre avant d’éclater au grand jour, l’appauvrissement des écosystèmes et la création de la rareté. Délégitimer ces pratiques afin de les contrer constitue le vrai défi. » Cécile Sabourin, Biodiversité, écosystèmes et big business (Madame Sabourin est professeure retraitée de l’Université du Québec en Abitibi-Témiscamingue)

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 DANS LE NUMÉRO D’AOÛT 2011 DE LA REVUE RELATIONS, ON PEUT LIRE :

Lire délivre , Catherine Caron

Parcours d’une lectrice engagée , Lorraine Guay

Savoir lire peut-il changer une vie? , Christiane Tremblay

Les promesses et périls du numérique , André Mondoux

Les Classiques des sciences sociales : lire des œuvres-phares , Amélie Descheneau-Guay

Les chefs d’État et la lecture , Claude Vaillancourt

Repérer son noyé et le hisser dans sa barque , Robert Lalonde

Livres sacrés , Jean-Claude Ravet

Développement et Paix dans le collimateur , Suzanne Loiselle

La mobilisation contre le gaz de schiste , Philippe Duhamel

La loi antisyndicale du Wisconsin , Sid Ahmed Soussi

Hongrie : la tentation de la théocratie néolibérale , Attila Jakab

Le développement industriel de l’Argentine , Gustavo Dans

CONTROVERSE – QUELS ACCÈS PUBLICS AVONS-NOUS AUX PLANS D’EAU? Au Québec, l’inaccessibilité s’aggrave , Léonce Naud

Saint-Camille : Les Irréductibles , réalisation : Isaac Isitan

Site web de Relations : http://cjf.qc.ca/fr/relations/index.php

EXTRAITS

« Certes, la lecture ne constitue pas à mes yeux un substitut à l’action, mais elle la nourrit et s’en nourrit en retour. » (Lorraine Guay)

« Le vent néodémocrate qui a emporté presque tout sur son passage au Québec [l’auteur parle de la dernière élection fédérale] révèle la dépolitisation rampante de la société québécoise. Comment expliquer autrement que l’on vote massivement pour un parti sans en connaître ni les députés, ni le programme, sinon par bribes mais le plus souvent que des slogans? […]

« Mais le revers de la dépolitisation d’une société est toujours sa massification et son uniformisation autour de consensus factices et fictifs, façonnables à souhait, reproduisant à peu de choses près le statu quo, fut-il intenable. Et il l’est en ces temps où le capitalisme triomphant se conjugue avec une rapacité et une déprédation des ressources sans vergogne, et un clivage social éhonté.

« Comment ne pas constater cet apolitisme à l’œuvre dans la façon servile dont nos parlementaires réunis en commission se sont comportés en vulgaires valetailles, il n’y a pas si longtemps, devant le représentant de l’industrie gazière (Lucien Bouchard)? Ou dans le projet de loi privé faisant la part belle à un « généreux » pdg de l’industrie médiatique (Pierre-Karl Péladeau), exigeant le bradage du droit et le musellement des citoyens, au nom de l’amusement du peuple? Seuls quelques députés, à la suite d’Amir Khadir, se sont vraiment levés pour mettre un holà à ce cirque.

« Dans cet univers complaisant envers les puissants et les riches, ce qui brille par son absence et son oubli, c’est toute référence aux conflits sociaux, aux rapports de domination et aux intérêts de classes. Tant de vilains mots d’un autre âge! »

 « Il y a là quelque chose de désolant si l’on tient compte des enjeux énormes de notre époque. Les affronter nécessiterait une action politique vigoureuse et des changements radicaux – qui ne se contentent pas de faire payer les pauvres tout en les rendant coupables – à mille lieues de cette résignation devant un ordre social injuste et destructeur. Une insurrection démocratique en écho au printemps arabe! » (Jean-Claude Ravet. Pour lire tout le texte : http://cjf.qc.ca/fr/relations/article.php?ida=2694)

« Selon les données les plus récentes publiées sur le site web de l’Institut statistique de l’UNESCO, il y aurait dans le monde près de 796 millions d’adultes analphabètes, dont environ 64 % seraient des femmes. Comment un droit aussi fondamental peut-il être bafoué à ce point? » (Lorraine Guay)

« La distraction, si elle rend trop de place – et c’est le cas car elle est devenue systémique – est une dangereuse échappatoire qui fait esquiver les questions du sens de la vie, tout en nous jetant dans la gueule de l’insignifiance. Divertere signifie « se séparer de. Ne pas accepter la responsabilité. Ne pas accepter de voir. Ne as accepter d’être au monde » [l’auteur cite Bernard Émond, Il y a trop d’images, Textes épars 1993-2010].(Jean-Claude Ravet)

« C ‘est que les livres en général, et la littérature en particulier, ne peuvent se concevoir que dans une grande liberté et une parfaite indépendance d’esprit. Voilà pourquoi prétendre publiquement les aimer, comme certains chefs d’État l’ont fait, est ne sorte d’engagement à les défendre, si on veut faire preuve de cohérence, et à protéger ce qui vient avec, cette liberté farouche des citoyens qui nourrit un indispensable esprit critique. » (Claude Vaillancourt)

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Extrait du sommaire de la revue RELATIONS,

numéro 747,
mars 2011

La force de l’indignation

La force de l’indignation, Jean-Claude Ravet

Vitupérer l’époque, Bernard Émond

L’indifférence, Jean-François Lessard

La dignité, Vivian Labrie

L’intolérable braderie de la dignité humaine, Sylvie Paquerot

Ces porteurs d’éclairs, Hugo Latulippe

La source de mon engagement, Sarita Ahooja

Pour Hélène Pedneault, Pol Pelletier

Aminata Traoré : une femme porteuse de changement,

Entrevue réalisée par Mouloud Idir et Catherine Caron

Paroles indignées de Jésus, André Myre

Une fenêtre sur l’espérance, Amélie Descheneau-Guay

http://www.revuerelations.qc.ca/relations/archives/derniers_nos/747/747.htm

EXTRAITS

Catherine Caron écrit :

« Ainsi, il nous incombe d’exiger non seulement que le Canada retrouve la crédibilité qu’il a perdue en matière de défense des droits démocratiques et humains dans le monde, mais que le régime d’affaires international qu’il promeut cesse d’être fondé sur une prédation légalisée des ressources, d’une main-d’œuvre à bon marché, des contrats publics, etc. Ce système doit changer et placer en son cœur la primauté absolue des droits démocratiques, humains et environnementaux sur ceux des entreprises.

C’est dire que les forces démocratiques et sociales du monde arabe auront besoin de nous – mais nous aussi d’elles pour qu’ensemble nous disions aussi aux tenants du désordre économique global injuste qui brime la liberté des peuples : dégagez! »

José Ignacia Gonzalez Faus, s.j., écrit :

La « passion de l’argent nous a fait croire que celui-ci était, en soi, source et cause de la richesse, et non un simple instrument pour en créer. Là réside le fondamentalisme néolibéral. »

Georges Bernanos est cité :

« On méprise d’en bas, on ne saurait s’indigner qu’à partir d’une certaine hauteur où il faut se maintenir coûte que coûte, sauf à rougir de soi. Qui s’indigne ne peut échapper à la contrainte torturante de l’examen particulier dont la conclusion lui sera toujours défavorable puisque l’indignation n’est rien si elle n’est le cri spontané d’une conscience outragée par le scandale. »

(Bernanos, Les Enfants humiliés)

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