La tâcheronnisation est-elle l’avenir du travail ?

Avec Antonio A.Casilli, sociologue, enseignant-chercheur à Télécom ParisTech et chercheur associé au LACI-IIAC de l’EHESS, pour « En attendant les robots. Enquête sur le travail du clic » (Seuil, janvier 2019).

Source : La tâcheronnisation est-elle l’avenir du travail ?

Un rapport de l’Organisation internationale du travail souligne le lien entre travail des enfants et chômage des jeunes.

Centre dactualités de lONU – Un rapport de lOIT souligne le lien entre travail des enfants et chômage des jeunes.

Extrait :

Le rapport, intitulé « Rapport mondial de l’OIT sur le travail des enfants », présente des données empiriques sur la façon dont le travail des enfants, quand il est combiné à une éducation limitée, conduit à une vulnérabilité accrue des jeunes et à de plus grandes difficultés à trouver un bon emploi, a déclaré l’agence de l’ONU dans un communiqué de presse.

Les conclusions du rapport se basent sur une collecte de données permettant l’analyse des trajectoires suivies par les jeunes pour entrer dans le monde du travail dans 28 pays à revenus faibles et moyens à travers le monde.

(…)

L’ensemble des données présentées dans le rapport attestent du fait que les défis auxquels sont confrontés les jeunes dans la recherche d’un travail décent ne sauraient être dissociés des défis posés par l’élimination du travail des enfants plus tôt dans le cycle de vie.

Le rapport conclut ainsi que l’élimination du travail des enfants doit être un objectif politique fondamental et un point de départ nécessaire pour la réalisation du travail décent pour tous.

Questions aux travailleurs

Travailleuse, travailleur,

Si tu vaux 10 $ l’heure, que penses-tu d’un salaire de 300 $ l’heure?

Si tu vaux 300 $ l’heure, que penses-tu d’un salaire de 10 $ l’heure ?

Tu es témoin d’un accident. Deux hommes sont blessés gravement. Pour déterminer qui tu vas secourir en premier, est-il important que tu saches lequel des deux blessés gagne le plus d’argent? Peux-tu te dire : « Celui qui reçoit 300 $ l’heure doit être un citoyen beaucoup plus important et utile que celui qui gagne 10 $ l’heure. Est-ce que je devrais m’assurer qu’il ne mourra pas avant de m’occuper du blessé qui ne touche que 10 $ l’heure? »

Quel devrait être le salaire du carrier aujourd’hui?

métier G. Courbet-casseurs-de-pierre 1315x800Gustave Courbet, Les casseurs de pierre, 1849

Sa figure a des rides creuses

Ses mains sont rêches et calleuses

Il est de velours habillé

Et son cou toujours débraillé,

Laisse voir un torse d’hercule

Où la vie intense circule.

D’un pas automatique et lourd

Il s’en va faire sa journée.

A l’inconduite il reste sourd

D’un bout à l’autre de l’année.

C’est un carrier, chien de métier,

Par tous les temps faut travailler

Se faire mouiller, se faire griller,

Chien de métier qu’être carrier !

( Paroles de Charles d’Avray )

 

Roger Martel, le Passeur de la côte

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LE TRAVAILLEUR

Quand l’anthropologue Marcel Mauss a publié son Essai sur le don, en 1923, la morale des marchands, comme il se plaisait à l’appeler, faisait déjà ses ravages dans la société. Cette morale réduit la vie sociale au calcul, à l’intérêt, au profit, traduisant les rapports sociaux en termes strictement abstraits, marchands et techniques, comme s’il s’agissait de rouages d’une machinerie sociale. La valeur monétaire s’imposait déjà comme l’étalon à l’aune duquel devait être jugée la vitalité de la société : « le triomphe de l’animal économique ». Mauss avait conscience du caractère subversif de la notion du don héritée des sociétés dites primitives, sans laquelle il ne peut y avoir de société humaine. Ce faisant, il soutenait « théoriquement » les brèches qui se creusaient dans la société capitaliste grâce aux luttes en faveur d’une solidarité sociale fondée sur le devoir du don. « Le travailleur a donné sa vie et son labeur à la collectivité d’une part, à ses patrons d’autre part, et, s’il doit collaborer à l’œuvre d’assurance, ceux qui ont bénéficié de ses services ne sont pas quittes envers lui avec le paiement du salaire, et l’État lui-même, représentant la communauté, lui doit, avec ses patrons et avec son concours à lui, une certaine sécurité dans la vie, contre le chômage, contre la maladie. Contre la vieillesse, la mort[1]. » Mauss appréhendait avec lucidité l’offensive néolibérale actuelle consistant à privatiser les services publics et à brader le bien commun.

  1. Marcel Mauss, Sociologie et anthropologie, Paris, PUF, 1950, p. 261

(Jean-Claude Ravet, La promesse du don, Relations, décembre 2013, p.12)

Glanures de lectures, 9 mai 2012

Comme dans un champ où on glane, on s’en va d’épi en épi, il s’en allait de chose en chose.

(C. F. Ramuz, Aimé Pache, 1911)

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VIE

« La vie m’était un cheval de race dont j’épousais tous les mouvements, mais c’était après l’avoir dressée. » (Marguerite Yourcenar, cité par Jacques Grand’Maison, Au nom de la conscience, une volée de bois vert. Montréal : Les Éditions Fides, 1999, 60 pp.)

SERVITUDE

Quand la terre est cultivée par des esclaves :

« La terre se resserre avec une sorte d’indignation sous ces pieds enchaînés et ces mains liées qui la touchent. » (Pline l’Ancien, Histoire naturelle, XVIII, 7), cité par Roger Grand et Raymond Delatouche, L’Agriculture au Moyen Age, De la fin de l’empire romain au XVIe siècle, 1950, p. 14)

IL N’Y A PAS DE SOTTES BONNES ACTIONS

Soreno est une entreprise pharmaceutique suisse que l’allemand Merck vient d’acquérir (on prévoit que Merck procédera à une « restructuraion saignante »). « Les premiers succès de Serono remontent aux années 1940-1950, écrit Lyonel Kaufmann. Son origine : un traitement contre l’infertilité fondé sur une hormone présente dans l’urine des femmes ménauposées. La banque vaticane, alors copropriétaire avisée de l’entreprise, avait mis à disposition la matière première des couvents, abondante et gratuite. » (http://www.politis.ch/carnets/2006/09/22/serono-de-lurine-de-nonne-menopausee-a-lopa-internationale/)

 

NOUS POUVONS (VRAIMENT) VIVRE ENSEMBLE

 « Si l’on refuse ces deux logiques – la loi du plus fort et la victoire des meilleurs – il nous reste à rendre possible la troisième dynamique, celle de la solidarité et du dialogue. » (G. Aurenche, C. Deltombe, P.-Y. Madignier, P.Peugeot et F. Soulage, Nous pouvons (vraiment) vivre ensemble, Paris, Éditions de l’Atelier, 2012, p. 75)

LE CRI DE L’ABBÉ PIERRE. APPEL À LA SOLIDARITÉ.

On trouve le texte suivant au http://www.editionsatelier.com/index.php?ID=1017766&contID=1015271. Il parle de ce livre : Nous pouvons (vraiment) vivre ensemble, Paris, Éditions de l’Atelier, date de parution : 05/04/2012, auteurs : G. Aurenche, C Deltombe, P.-Y. Madignier, P.Peugeot, F. Soulage.96 p. 12 euros.

En 1954, l’Abbé Pierre avait lancé un cri d’alarme qui avait réussit à mobiliser la France entière dans un grand élan de solidarité. Aujourd’hui, plus qu’un appel ponctuel, les présidents des cinq organisations engagées au quotidien auprès des plus démunis parlent d’une même voix, pour dire ensemble et fermement, la nécessité de repenser les logiques actuelles qui menacent l’essence même de notre démocratie. Le contexte de crise et l’angoisse qu’elle génère associé à un durcissement politique inquiétant déconstruisent de plus en plus notre pacte social en stigmatisant les plus fragiles. Par ce livre, ils entendent en appeler aux convictions et aux responsabilités de chacun et plus particulièrement à la responsabilité des gouvernants ou aspirants gouvernants. Les auteurs insistent sur l’urgence d’un véritable retournement des politiques pour que la France renoue avec ses valeurs d’humanisme. Au‐delà d’une simple interpellation aux candidats, ce livre s’appuie sur la réalité des faits, sur l’enseignement des pratiques de terrain et sur l’affirmation de valeurs communes pour proposer d’autres voies, d’autres modèles.


LA FORCE DU NOM

«On conseilla à un vieux juif russe de se choisir un nom bien américain que les autorités d’état civil n’auraient pas de mal à transcrire. Il demanda conseil à un employé de la salle des bagages qui lui proposa Rockfeller. Le vieux juif répéta plusieurs fois de suite Rockfeller, Rockfeller pour être sûr de ne pas l’oublier. Mais lorsque, plusieurs heures plus tard, l’officier d’état civil lui demanda son nom, il l’avait oublié et répondit, en yiddish : Schon vergessen (j’ai déjà oublié), et c’est ainsi qu’il fut inscrit sous le nom bien américain de John Fergus- son. » (Source : http://www.akadem.org/medias/programmes/0263.pdf)

« M. Katzmann change de nom en traduisant : Katz = chat, mann = l’homme. Il s’appelle désormais Chatlhomme. » (source : http://www.akadem.org/medias/programmes/0263.pdf)


LA COMMISSION DE TOPONYMIE DU QUÉBEC CÉLÈBRE SON CENTENAIRE EN 2012

Cliquez sur ce lien : http://www.toponymie.gouv.qc.ca/ct/100ans/index.html.

Mission et mandat de la Commission

Créée en 1977, en vertu de l’article 122 de la Charte de la langue française, la Commission de toponymie a pris le relais de la Commission de géographie (1912-1977).

La Charte définit la compétence, les devoirs et les pouvoirs de la Commission, qui est l’organisme responsable de la gestion des noms de lieux du Québec.

La Commission doit :

proposer au gouvernement les normes et les règles d’écriture à respecter dans la dénomination des lieux;

procéder à l’inventaire et à la conservation des noms de lieux;

établir et normaliser la terminologie géographique, en collaboration avec l’Office québécois de la langue française;

officialiser les noms de lieux;

diffuser la nomenclature géographique officielle du Québec;

donner son avis au gouvernement sur toute question que celui-ci soumet en matière de toponymie.

La Commission peut :

donner son avis au gouvernement et aux autres organismes de l’Administration sur toute question relative à la toponymie;

dans les territoires non organisés, nommer les lieux géographiques ou en changer les noms;

avec l’assentiment de l’organisme de l’Administration ayant une compétence concurrente sur le nom de lieu, déterminer ou changer le nom de tout lieu sur un territoire municipal local.

(Le texte précédent provient de http://www.toponymie.gouv.qc.ca/ct/a-propos-commission/mission-mandat/.)

CONSOMMATION

Les consommations des particuliers sont perpétuellement en rapport avec le caractère et les passions des hommes. Les plus nobles, les plus vils penchans y influent tour à tour; elles sont excitées par l’amour des plaisirs sensuels, par la vanité. (Jean-Baptiste Say, Traité d’économie politique ou simple exposition de la manière dont se forment, se distribuent ou se consomment les richesses, 1832, cité dans TLFI).