La vérité.

La vérité

« 198 Les hommes sont tenus de façon particulière à tendre continuellement vers la vérité, à la respecter et à l’attester de manière responsable. Vivre dans la vérité revêt une signification spéciale dans les rapports sociaux: la vie en commun entre les êtres humains au sein d’une communauté est, en effet, ordonnée, féconde et correspond à leur dignité de personnes lorsqu’elle se fonde sur la vérité. Plus les personnes et les groupes sociaux s’efforcent de résoudre les problèmes sociaux selon la vérité, plus ils s’éloignent de l’arbitraire et se conforment aux exigences objectives de la moralité.

Notre époque requiert une intense activité éducative et un engagement de la part de tous, afin que la recherche de la vérité, qui ne se réduit pas à l’ensemble ou à une seule des diverses opinions, soit promue dans chaque milieu et prévale sur toute tentative d’en relativiser les exigences ou de lui porter atteinte. C’est une question qui touche en particulier le monde de la communication publique et celui de l’économie, dans lesquels l’usage sans scrupules de l’argent fait naître des interrogations toujours plus pressantes, qui renvoient nécessairement à un besoin de transparence et d’honnêteté dans l’action personnelle et sociale. »

(Source : Conseil pontifical « justice et paix », Compendium de la doctrine sociale , de l’église, à Jean-Paul II, maître de doctrine sociale, témoin évangélique de justice et de paix, http://www.vatican.va/roman_curia/pontifical_councils/justpeace/documents/rc_pc_justpeace_doc_20060526_compendio-dott-soc_fr.html vu le 5 avril 2016)

Guy Béart chante La Vérité :

https://www.youtube.com/watch?v=AfpSRnahQig

Fables, vérité, imposture

 

« Ah! s’il nous faut des fables,

 

que ces fables soient du moins l’emblème

 

de la vérité! 

 

J’aime les fables des philosophes,

 

je ris de celles des enfants,

 

et je hais celles des imposteurs. »

 

 

 

 

(Voltaire, L’ingénu, Paris, Garnier-Flammarion, 1966, p. 353)

 

La vérité

Le miroir de la vérité

Fable de Jean-Joseph Vadé (1719-1757)

 

Un jour, la Vérité, dans une grande place

Montrait, pour de l’argent, un magique miroir.

« Oh ! Oh ! dit le public, c’est une chose à voir ! »

Le monde y court. La merveilleuse glace

Avait entre autres le pouvoir,

Quand on fixait ses yeux sur la surface,

D’en apprendre bien plus qu’on n’en voulait savoir.

Le faux dévot, la coquette, la prude,

Le traître, l’ingrat, le méchant,

L’orgueilleux, le faquin, le brutal, le pédant,

Venaient des curieux grossir la multitude :

Bref, chacun y voyait ses défauts découverts.

On rougissait, on ne savait que dire :

« Mais ai-je les yeux bien ouverts ? »

On les frotte, on les ouvre, et puis on se remire.

Mêmes objets de nouveau sont offerts.

« Au diable le miroir ! on s’y voit de travers !

Bonsoir , la Vérité, gardez votre vitrage. »

Et puis, sans la payer, on lui dit : »Bon voyage ! »

Pour s’enrichir, la Vérité

Avait sans doute pris le change :

La fortune n’est pas pour la sincérité ;

Nous ne payons que la louange.

À Lévis, au Québec, est-il encore permis d’ôter son voile à la Vérité ?

La longue saison de la Charte des valeurs québécoises vient de commencer. Le vent souffle fort : voyez voler les voiles !

À Lévis, au Québec, est-il encore permis d’ôter son voile à la Vérité ?

Bien sûr que oui ! Qui voudrait s’interdire de le faire ?

Cochin fils_gravure_frontispice Encyclopédie Diderot_oter son voile a la verite

Cette gravure de Charles-Nicolas Cochin fils montre la Raison et la Métaphysique ôtant son voile à la Vérité (partie supérieure). 

Droiture, vérité, justice

« Je ne saurais vous dire ce que la droiture et la vérité font sur moi. [] [ Le spectacle] de l’équité me remplit d’une douceur, m’enflamme d’une chaleur et d’un enthousiasme où la vie, s’il fallait la perdre, ne me tiendrait à rien : alors il me semble que mon cœur s’étend au dedans de moi, qu’il nage ; je ne sais quelle situation délicieuse et subite me parcourt partout ; j’ai peine à respirer ; il s’excite à toute la surface de mon corps comme un frémissement ; c’est surtout au haut du front, à l’origine des cheveux qu’il se fait sentir ; et puis les symptômes de l’admiration et du plaisir viennent se mêler sur mon visage avec ceux de la joie, et mes yeux se remplissent de pleurs. Voilà ce que je suis quand je m’intéresse vraiment à celui qui fait le bien. »

Denis Diderot, lettre à Sophie Valland, 18 octobre 1760