Le 50e Salon du livre de Rimouski, Victor-Lévy Beaulieu, Jacques Parizeau, les Afghans…

LE 50e SALON DU LIVRE DE RIMOUSKI

se déroulera du 5 au 8 novembre 2015 au Centre de congrès de l’Hôtel Rimouski

Les heures d’ouverture sont les suivantes :

jeudi et vendredi : 9 h à 21 h

samedi : 9 h à 20 h

dimanche : 9 h à 16 h

PRIX D’ENTRÉE

Membres du Salon du livre de Rimouski et du CLAC: gratuit

Vous pouvez devenir membre sur place au coût annuel de 10$ / 5$ pour les bénévoles du Salon

Adultes : 3 $ 
6 – 17 ans : 1 $ 
5 ans et moins : gratuit

POUR NOUS JOINDRE LORS DU SALON

Salon du livre de Rimouski
Centre de congrès de Rimouski
225, boulevard René-Lepage Est
Rimouski (Québec) G5L 1P2
Info-salon : 418 723-7456
Courriel : slrinfo@globetrotter.net

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LES ÉDITIONS TROIS-PISTOLES ONT LE PLAISIR

DE VOUS INVITER

À CÉLÉBRER LA PARUTION DE

AFGHAN ET MUSULMAN,

LE QUÉBEC M’A CONQUIS

de Zabi Enâyat-Zâda et Carolyne Jannard

ET DE

MONSIEUR PARIZEAU,

LA PLUS HAUTE AUTORITÉ

(ÉDITION RÉGULIÈRE ET ÉDITION DE LUXE)

de Victor-Lévy Beaulieu

AU MANOIR FRENCH

31 ROUTE NATIONALE EST

TROIS-PISTOLES

LE VENDREDI 6 NOVEMBRE

À 10 HEURES

Pour informations et réservations, Josephte Martinbeau: 418 851 8888 vlb2000@bellnet.ca

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VLB LANCE UN APPEL

À LA SOLIDARITÉ LINGUISTIQUE QUÉBÉCOISE

À L’OCCASION DE LA PARUTION DE

Monsieur Parizeau — la plus Haute Autorité

Monsieur Parizeau la plus haute autorite_VLB_a

Jacques Parizeau

« Je demeure convaincu que

le seul critère important quant à l’orientation du vote

sur la souveraineté, c’est la langue.

Ce n’est ni la race, ni la couleur,

C’est la langue. »

Le 5 juin dernier, à la suite du décès de Monsieur Jacques Parizeau, j’ai écrit une série de courts billets sur ma page Facebook – un recueillement sur que j’avais vécu avec lui, avec son père, Monsieur Gérard Parizeau, avec sa première femme Madame Alice Ponanska et avec Madame Lisette Lapointe, sa conjointe. Plusieurs de mes 75 000 lectrices et lecteurs m’ont suggéré de faire un livre de mes courts billets.

J’ai donc passé les mois de juin, juillet et août à réviser en profondeur mes textes, à leur ajouter tout ce que je n’avais pu écrire sur ma page Facebook, approfondissant ainsi mon recueillement sur la plus Haute Autorité.

Ceci étant dit, je tiens à vous rappeler que le Conseil des Arts du Canada a pénalisé les Éditions Trois-Pistoles en soustrayant 20 000 $ de notre subvention, soi-disant parce que nous n’avions pas payé les droits que nous devions à nos auteurs. C’était une erreur que le Conseil des Arts du Canada a reconnue… mais trop tard pour nous remettre le fameux 20 000 $ soustrait de notre subvention. Une décision pour le moins étonnante du Conseil des Arts fédéral quand on considère que les Éditions La Courte Échelle, en déposant leur bilan plus tôt cette année, avouaient devoir plus de 320 000 $ à leurs auteurs pour les années 2013 et 2014 tout en ayant reçu du Conseil des Arts les subventions promises! Cherchez l’erreur!

Je vous rappelle aussi que, selon une directive ministérielle de Parimoine Canadien, les éditeurs québécois qui reçoivent des subventions de cet organisme sont forcés d’en faire état en français et en ANGLAIS dans leurs ouvrages et par-devers tous leurs documents officiels. Je m’attendais à une levée de boucliers de la part des auteurs et des éditeurs québécois. L’Union des écrivains québécois est resté muette sur le sujet jusqu’à ce jour, tandis que l’Association des éditeurs a déjà obtempéré lâchement au chantage de Patrimoine Canadien, son site web en faisant foi.

Il semble donc que les Éditions Trois-Pistoles seront la seule maison à refuser ce bilinguisme qui contrevient à la Loi 101 faisant du français la langue officielle du Québec et sa seule langue d’usage.

Voilà pourquoi je fais appel, au-delà de toute partisanerie, à votre solidarité. Perdre ainsi de 30 000 $ à 60 000 $ pour l’année 2015 seulement représente une petite fortune pour une maison comme la nôtre. Mais la liberté a un prix et nous sommes prêts à le payer… en vous demandant votre collaboration.

En même temps que paraîtra au coût de 24,95$ l’édition régulière de Monsieur Parizeau — la plus Haute Autorité, le 4 novembre prochain, sortira des presses de notre imprimeur Marquis une édition de luxe de l’ouvrage : tirage hors commerce de 266 exemplaires, numérotés à la main, dorés sur tranches, avec coupe fil et boîtier estampillé or, autographiés personnellement. Cet ouvrage vous est offert au coût de 200 $ en souscription d’ici le premier décembre prochain. Après cette date, il en coûtera 250$ pour se procurer cet ouvrage somptueux.

Nous comptons sur votre appui. Il est temps, grand temps, de nous libérer du gouvernement fédéral qui, je le souligne une fois de plus, tient à la gorge les éditeurs et les auteurs québécois, puisque plus de 70% des subventions que ceux-ci reçoivent vient d’Ottawa.

Monsieur Parizeau – la plus Haute Autorité, n’est-ce pas là le plus beau des cadeaux de Noël qu’on puisse s’offrir et offrir… dans l’enthousiasme d’une liberté sans compromis, LA NÔTRE, celle de notre nation française, patriote et complice?

Vous pouvez commander l’édition de luxe de Monsieur Parizeau — la plus Haute Autorité en visitant notre site internet (editionstrois-pistoles.com), en consultant la page Facebook Victor-Lévy Beaulieu, par courriel (vlb2000@bellnet.ca), en téléphonant au 1 (418) 851-8888 ou par la poste à l’adresse ci-dessous.

Victor-Lévy Beaulieu

Éditions Trois-Pistoles

31 route Nationale est

Trois-Pistoles

GOL 4KO

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V.L. Beaulieu_Jacques Parizeau_Lisette Lapointe _9

Jacques parizeau, Victor-Lévy Beaulieu et Lisette Lapointe

Célébration des nouveaux ouvrages des Éditions Trois-Pistoles dans le grand Morial le 28 octobre 2015 !

(Morial, c’est Montréal, selon  Victor-Lévy Beaulieu, source sûre.)

COMMUNIQUÉ DES ÉDITIONS TROIS-PISTOLES, octobre 2015

 

CÉLÉBRATION DES NOUVEAUX OUVRAGES

DES ÉDITIONS TROIS-PISTOLES DANS LE GRAND MORIAL!

Nous sommes heureux de vous inviter à une fête-lancement des nouveaux ouvrages des Éditions Trois-Pistoles dans le Grand Morial

MERCREDI LE 28 OCTOBRE

À COMPTER DE 17 HEURES

AU

BAR VICES & VERSA

6631 BOULEVARD SAINT-LAURENT

(514) 272-2498

Y seront présentés les ouvrages suivants:

AFGHAN ET MUSULMAN, LE QUÉBEC M’A CONQUIS

de Zabi Élayât Zada et Carolyne Jannard

préface de Djemila Benhabib

LES CHRONIQUES D’UN FAUX DOCTEUR DE CAMPAGNE

de Pierre Landry

préface de Boucar Diouf

PAPIER-CUL

de Lison Beaulieu

LES TÊTES BRISÉES

d’Anick Fortin

LE BRUIT DU MOTEUR

de Pierre Demers

DANS UN GRAND CHAMP NU

de Monique Miville-Deschênes

MONSIEUR PARIZEAU- LA PLUS HAUTE AUTORITÉ (édition régulière)

de Victor-Lévy Beaulieu

MONSIEUR PARIZEAU-LA PLUS HAUTE AUTORITÉ (édition de luxe)

de Victor-Lévy Beaulieu

Ceux et celles qui voudraient partager le repas en compagnie des auteurs présents sont priés de réserver en communiquant avec les Éditions Trois-Pistoles à vlb2000@bellnet.ca au moins douze heures à l’avance.

Ce sera surabondant et resplendissant, comme le disait si bien Friedrich Nietzsche!

Bienvenue à toutes et à tous.

Pour informations, service de presse et entrevues : 

Josephte Martinbeau, détachée de presse

Éditions Trois-Pistoles

1 418 851 8888 vlb2000@bellnet.ca

Gilles Vigneault, Natashquan et Victor-Lévy Beaulieu : POUR LA MÉMOIRE DU PAYS.

Communiqué des Éditons Trois-Pistoles et de V.-L. Beaulieu, 13 juillet 2015

Victor-Lévy Beaulieu est heureux d’annoncer qu’il appuie la Fondation avecnatasquan.com vouée à la restauration du site patrimonial de Gilles Vigneault à Nastashquan en collaboration avec la communauté innue du village.

On sait tous les déboires qu’une première tentative de restauration a connus. Le projet fut même abandonné. Mais une telle entreprise ne pouvait pas renaître de ces cendres. Après tout, Gilles Vigneault n’est-il pas pour le Québec le grand poète, le grand conteur et le grand barde que Samuel Butler, prix Nobel de la littérature, a été pour l’Irlande ? Avec Butler, les écluses de la littérature irlandaise se sont ouvertes comme elles se sont ouvertes et continuent de l’être avec Gilles Vigneault.

Restaurer son site patrimonial, en faire un Haut Lieu de rencontres, de festivals et de fêtes, c’est dire que la mémoire ça commence d’abord par le présent, par la fierté de s’y trouver et de s’en éjouir, et cela dans l’un des plus beaux pays de la Côte-Nord.

Aussi, en appui à la Fondation avecnatashquan.com, Les Éditions Trois-Pistoles remettront 5 $ sur tous les exemplaires de 666-Friedrich Nietzsche qu’elles vendent sur leur site internet, soit editionstrois-pistoles.com/boutique. Chaque ouvrage vendu est autographié par VLB.

VLB lui-même s’engage à remettre à la Fondation 1 000 $ si 14 autres personnes acceptent d’en faire autant. Le pourquoi de ce 15 000 $ dont on a besoin dès cette semaine? La mise en marche des travaux de restauration, car une fois ceux-ci commencés, des commanditaires sont prêts à mettre la main à la pâte pour que le projet se rendre dans ses grosseurs.

Juste ce petit élan pour que du rêve, on passe enfin à la réalité. Voilà pourquoi VLB fait appel à toutes et à tous pour que la mémoire de Gilles Vigneault nous soit à jamais accessible, dans la fierté et la reconnaissance.

Pour joindre la fondation, on fait le avecnastashquan.com; pour joindre les Éditions Trois-Pistoles, c’est editionstrois-pistoles.com.

Solidarité! Solidarité! Solidarité! Elle seule nous mène à la complicité.

(30)

Victor-Lévy Beaulieu nous invite à désobéir et au lancement de son Désobéissez!

Communiqué des Éditions Trois-Pistoles

LES ÉDITIONS TROIS-PISTOLES

ONT LE PLAISIR DE VOUS INVITER

AU LANCEMENT DE

DÉSOBÉISSEZ!

de Victor-Lévy Beaulieu

LE MERCREDI 28 AOÛT 2013 À 10 H 30

AU MANOIR FRENCH

31 ROUTE NATIONALE EST

NOTRE-DAME-DES NEIGES

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VLB PROFITERA DE L’OCCASION POUR FAIRE LE POINT SUR LE CONFLIT QUI L’OPPOSE

À SON HONNEUR LE MAIRE

DE TROIS-PISTOLES

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POUR RÉSERVATIONS ET INFORMATIONS :

NORA LAJOIE :

1 418 851 8888

VLB2000@BELLNET.CA

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« La presse fait preuve d’une partialité révoltante et ne traite jamais que les mêmes sujets : les hommes politiques et les autres criminels. » Boris Vian

La tragédie de Lac-Mégantic : Victor-Lévy Beaulieu prend la parole

Le texte suivant a été diffusé par l’écrivain québécois Victor-Lévy Beaulieu le 25 juillet 2013.

Lac-Mégantic,

ô douleur, ô misère!

PAR VICTOR-LÉVY BEAULIEU

Lac-Mégantic. La mort s’un seul enfant innocent,

D’une seule femme innocente,

D’un seul homme innocent,

Est la mort de toute l’humanité, a dit Albert Camus.

Lac-Mégantic. L’humanité y est morte

Au moins cinquante fois

Assassinée par des locomotives

Devenues folles et déraillant

Sur une voie ferrée désuète.

Lac-Mégantic. Derrière les locomotives,

Des wagons-citernes non sécuritaires

Transportant des centaines de milliers de litres

De combustible hautement inflammable.

Lac-Mégantic. Explosion, destructions,

Corps carbonisés, souffrance et douleur.

Lac-Mégantic. Complicité meurtrière des gouvernements

Qui dérogent à leurs propres lois

Au nom d’un capitalisme sauvage

Pour lequel les marchandises

Passent avant le bien-être

Des enfants, des femmes et des hommes.

Lac-Mégantic. Ce n’est pas seulement les drapeaux

Du Québec et du Canada

Qu’on aurait dû mettre en berne pour la semaine,

Mais tous ces trains du capitalisme sauvage

Embrasant le ciel – ô tragédie!

Lac-Mégantic. Que s’éveille enfin notre conscience!

Que notre compassion devienne solidarité et action.

Aimer, c’est agir vraiment, c’est agir maintenant.

La mort d’un seul enfant innocent,

D’un seul homme innocent,

D’une seule femme innocente,

Est la mort de toute l’humanité.

Lac-Mégantic. Ô douleur, ô misère!

Victor-Lévy Beaulieu exige des excuses publiques du maire de Trois-Pistoles.

Communiqué de Victor-Lévy Beaulieu, écrivain, éditeur, 7 février 2013

On se souviendra qu’en juillet dernier, Jean-Pierre Rioux, maire de Trois-Pistoles et organisateur en chef du Parti Libéral du Québec dans la MRC des Basques, s’opposa à la présence de Gabriel Nadeau-Dubois au Festival ÉchoFête, menaçant ses organisateurs de leur couper les vivres si le représentant de l’ASSÉ y prenait la parole. Au nom de la liberté d’expression, je me montrai solidaire du Festival ÉchoFête. Pour que celui-ci puisse avoir lieu, je prêtai gratuitement à ses organisateurs le Caveau-Théâtre et le terrain appartenant aux Productions théâtrales.

Par vengeance politique, le maire de Trois-Pistoles, la MRC des Basques et leur directeur de conscience, le député libéral Jean D’Amour du district de Rivière-du-Loup, refusèrent d’accorder aux Productions théâtrales les subventions par-devers lesquelles ils s’étaient engagées officiellement. Les Productions durent déposer leur bilan en dépit du fait que 15 représentations auraient pu être jouées à guichets fermés.

Dans une longue lettre publiée dans Le Devoir, le maire de Trois-Pistoles nia avoir agi de concert avec Jean D’Amour par vengeance politique. Il m’accusa plutôt d’être un colporteur de mensonges, la ville de Trois-Pistoles ayant, selon ses dires, accordé plus de 750 000$ aux Productions théâtrales pendant les 20 ans de leur existence. Le maire, ne se gênant pas pour déformer les faits, laissait entendre dans sa lettre que les Productions et VLB, c’était la même chose. Les Productions étaient en réalité un organisme sans but lucratif, dont je n’ai jamais été administrateur, sauf pour l’année 2012 quand, pour sauver le Caveau-théâtre, on fit appel à moi. Je démissionnai comme président quand le gouvernement Charest fit voter la loi 78, loi antidémocratique, parce que je tenais à garder ma liberté d’expression et que les statuts qui régissent tout organisme à but non lucratif exigent du président un devoir de réserve quant à ses déclarations, de manière à ne pas nuire à la cause qu’il soutient.

Après sa lettre au Devoir, le maire de Trois-Pistoles ne cessa pas de s’en prendre à moi dans les journaux, à la télévision et à la radio, dans l’intention évidente de miner ma crédibilité, mon intégrité et ma réputation, invoquant chaque fois le fameux 750 000$ comme preuve, non de sa mauvaise foi, mais de la mienne.

À l’Hôtel de ville de Trois-Pistoles, personne ne fut en mesure de me dire d’où venaient ces 750 000$ dont ne cessait de parler le maire. Je dus recourir à la loi sur l’accès à l’information afin de vérifier ses dires. Après une vérification serrée, le 750 000$ devint plutôt 250 000$, et cela sur une période de 20 ans, ce qui représente moins de 15 000$ par année déboursée par la ville de Trois-Pistoles. Deux études faites par la firme Desjardins Marketing de Québec ont établi que le Caveau-théâtre et le complexe culturel qui l’enveloppait apportaient à la ville de Trois-Pistoles et à ses environs rien de moins que 3 000 0000$ en retombées économiques par saison estivale !

J’ai demandé à ma firme comptable de vérifier combien, pour la même période de 20 ans, j’avais personnellement investi à fonds perdus dans le complexe culturel que j’ai créé. Douce ironie, la somme est de 750 000$. Si j’y ajoute les investissements, toujours à fonds perdus, que j’ai faits pour assurer la survie des Éditions Trois-Pistoles, celle du seul hôtel culturel de la ville et celle du traversier la reliant aux Escoumins, c’est 1 000 0000$ que j’ai engloutis dans ces aventures. J’aurais pu ne pas travailler 12 heures par jour et sept jours par semaine, et profiter comme tant d’autres des petits plaisirs inconséquents auquel l’argent gagné par son seul travail vous donne droit. Mais j’ai toujours cru que l’écrivain a un devoir social et, du mieux que j’ai pu, j’ai tenu à faire preuve de ce devoir-là.

En ne cessant pas de déblatérer sur mon compte, en me traitant encore aujourd’hui comme si j’étais une sangsue suçant le sang des contribuables, le maire de Trois-Pistoles a réussi à convaincre un bon nombre de citoyens de Trois-Pistoles et d’ailleurs que je n’ai toujours été qu’un vil profiteur qui n’a aucun droit au respect, à l’honorabilité et à quelque estime que ce soit, ce qui explique entre autre pourquoi on ne trouve pas encore mes œuvres à la bibliothèque de Trois-Pistoles qui devait les acquérir (à rabais !), ce qui n’a pas été fait, le maire y ayant opposé son veto.

Voilà pourquoi j’exige du maire de Trois-Pistoles qu’il me fasse des excuses publiques, à défaut de quoi je compte m’adresser à la justice contre lui, notamment pour diffamation, production de faux et abus de pouvoir, toutes choses dont j’ai dû subir les conséquences, surtout par-devers ma santé, ayant dû allonger de trois mois le repos auquel mon médecin m’avait forcé, tout cela parce que j’ai tenu à honorer les engagements moraux que j’avais pris envers les artisans et artistes de la région, à cause des subventions promises par la MRC des Basques, la ville de Trois-Pistoles et du député Jean D’Amour, engagements pour lesquels j’ai déboursé 30 000$, une somme dont les Éditions Trois-Pistoles auraient eu grand besoin pour stabiliser leur situation financière.

Le maire de Trois-Pistoles a 15 jours pour répondre à mon exigence. S’il ne devait pas y donner suite, j’entreprendrai aussitôt les procédures dont j’ai parlé ci-dessus.

Victor-Lévy Beaulieu

vlb2000@bellnet.ca

Lettres d’amour d’Honoré Mercier

Les Éditions Trois-Pistoles et Victor-Lévy Beaulieu annoncent la parution du livre suivant :

Dis-moi que tu m’aimes – Lettres d’amour d’Honoré Mercier à Léopoldine – 1863-1867

Un ouvrage inédit, puisé dans le plus pur romantisme de la deuxième moitié du XIXe siècle : Dis-moi que tu m’aimes – Lettres d’amour d’Honoré Mercier à Léopoldine – 1863-1867. Pour la toute première fois sont ici publiées les lettres d’amour d’un Premier ministre du Québec. Le texte, établi et annoté par Georges Aubin et Renée Blanchet, nous fait découvrir le jeune Honoré Mercier, alors étudiant en droit, vivant ses premières amours avec Léopoldine Boivin qu’il épousera, qui lui donnera un seul enfant et qui décèdera peu de temps après. Un beau et tendre chapitre de l’histoire du Québec comptant plus de 300 pages et disponible en librairie en février au prix de 29,95$.

Fruit d’un travail colossal échelonné sur plus de deux ans, le professeur-chercheur Aurélien Boivin de l’Université Laval, à Québec, nous livre un pavé dont la parution était attendue avec fébrilité : Contes, légendes et récits de l’île de Montréal – tome I. Plus récent titre de la collection « Contes, légendes et récits du Québec et d’ailleurs », ce premier tome est imposant en nombre de pages (900) comme par la diversité des thèmes abordés. Un document précieux, inédit, disponible en librairie à la fin du mois de mars au prix de 79,95$. Le tome II, tout aussi imposant en nombre de pages, devrait paraître dès l’automne.

Victor-Lévy Beaulieu annonce la mort du théâtre aux Trois-Pistoles

COMMUNIQUÉ transmis par Victor-Lévy Beaulieu, éditeur et écrivain,  le 30 juillet 2012

LA FIN DU THÉÂTRE AUX TROIS-PISTOLES:

UNE VENGEANCE POLITIQUE

Comme on sait maintenant, les Productions théâtrales ont dû annuler les représentations de La guerre des clochers et déposer leur bilan.

À titre personnel, permettez-moi de dire quelques mots là-dessus.

En me montrant solidaire du festival Échofête et en accueillant Gabriel Nadeau-Dubois aux Trois-Pistoles, je m’attendais bien que je devrais en payer le prix, au risque d’y perdre ma réputation et ma crédibilité. Mais la liberté d’expression, que j’ai défendue toute ma vie, me tient à cœur plus que tout et c’est pour cela que j’ai livré une guerre (des clochers) à M. Jean-Pierre Rioux, maire des Trois-Pistoles.

J’ai soupçonné dès le début que la tentative de censurer le représentant de la CLASSE ne venait pas seulement du maire des Trois-Pistoles, mais de plus haut.

Vendredi dernier, nous avons fait appel à M. Jean D’Amour, député de Rivière-du-Loup, afin qu’il verse aux Productions théâtrales le 25 000$ qu’il s’était engagé officiellement à leur attribuer dans le cadre des célébrations du vingtième anniversaire du Caveau-Théâtre. Monsieur Jean D’Amour a préféré renier sa parole plutôt que de faire face à son engagement.

La ville des Trois-Pistoles, par une décision irrévocable de son maire, a aussi refusé de venir en aide aux Productions théâtrales et de leur verser la subvention de 6 000 $ qu’on leur a officiellement promise. Il en a été de même pour le CLD des Trois-Pistoles, la SADC des Basques et la MRC des Basques, organismes qui devaient remettre 6 500 $ aux Productions, toujours dans le cadre des célébrations du Caveau-Théâtre.

Un mécène était prêt à investir 10 000$ si M. Jean D’Amour, la ville des Trois-Pistoles et les institutions d’aide acceptaient de collaborer pour que les Productions puissent continuer d’exister.

Il est évident qu’avec ce 42 500$, les Productions théâtrales auraient été dans la possibilité de faire face à leurs obligations.

Malgré l’engagement que j’avais pris par-devers les comédiens de payer personnellement leurs cachets pour une semaine, le temps que les fonds auxquels nous avions droit entrent, les artistes ont fait appel à leur Union qui nous a tout simplement placés face à cet ultimatum : si nous ne lui faisions pas parvenir un chèque visé dans les vingt-quatre heures, l’Union engagerait des poursuites contre les Productions. Devant le refus du député Jean D’Amour d’honorer son engagement, l’entêtement du maire des Trois-Pistoles et la fin de non-recevoir reçue des organismes des Trois-Pistoles, il n’était plus possible de continuer.

Évidemment, depuis l’annonce par les Productions théâtrales qu’elles feraient faillite, on a facilement trouvé en ma personne le bouc émissaire de cet échec. J’accepte d’emblée tous les blâmes qui ne manquent déjà pas de fuser à mon égard. On doit toujours faire mieux que ce qu’on fait, même si votre santé ne va pas bien et que plutôt que de vous reposer, vous passez deux mois à travailler avec acharnement « pour la cause » dès 4 heures le matin.

Mais je n’accepte pas la censure politique dont les Productions théâtrales ont été l’objet parce que je me suis montré solidaire du Festival Échofête.

On sait que toute cette histoire a commencé avec ce communiqué émis par M. Jean-Pierre Rioux, maire des Trois-Pistoles, M. Jean-Louis Gagnon, président de la Caisse Desjardins de l’Héritage des Basques, M. Jérôme Rouleau, vice-président du CLD des Basques, M. Bertin Denis, préfet de la MRC des Basques, M. Jacques Roy, président de la SADC des Basques et M. Jean-Marie Lafrance, maire de la municipalité Notre-Dame-des-Neiges. Dans ce communiqué envoyé aux journalistes le 20 juillet 2012, on y disait qu’à la suite d’une rencontre, qui avait eu lieu le 23 juillet, avec les organisateurs d’Échofête, on n’en continuait pas moins de penser qu’on avait le droit d’exercer « le droit à la censure ».

Ce communiqué écrit et envoyé aux médias trois jours avant la rencontre prévue avec les organisateurs d’Échofête me paraît tout à fait imputable aux yeux de la loi, comme fabrication d’un faux et diffusion d’un faux dans l’intention délibérée d’induire la population en erreur; et c’est pourquoi j’ai demandé à mes conseillers juridiques de l’étudier dans la perspective d’engager une action juridique contre ses auteurs.

J’ai fait la même demande à mes conseillers juridiques dans le cas du député Jean D’Amour : un homme politique a-t-il le droit, au nom de la censure politique, de renier un engagement officiellement pris?

J’ai aussi demandé à la ville des Trois-Pistoles, dans le cadre de la Loi sur l’accès aux documents d’un organisme public et sur la protection des renseignements personnels, qu’elle vérifie l’assertion, pour le moment gratuite puisque personne à l’Hôtel de ville ne peut valider la chose, que la ville des Trois-Pistoles a accordée aux Productions théâtrales (sous-entendu à moi-même) 750 000$.

De mon côté, j’ai exigé de mes comptables qu’ils fassent l’étude de tout l’argent que j’ai investi personnellement depuis vingt ans dans le Caveau-Théâtre, la Maison de l’écrivain et le Bric-à-brac de l’homme-cheval. Car Monsieur Jean-Pierre Rioux, maire des Trois-Pistoles, semble oublier que j’ai mis au moins quelques centaines de milliers de dollars dans cette affaire qui, selon deux analyses faites par le groupe Desjardins Marketing, apportait plus de trois millions de dollars chaque été en ces retombées économiques qui sont si chères à nos dirigeants.

Pour terminer, j’aimerais que M. Jean-Pierre Rioux, qui se vante d’être un modèle de vertu, réponde à cette question : depuis qu’il est maire des Trois-Pistoles, a-t-il reçu personnellement quelque argent que ce soit du Festival Échofête? Si oui, depuis combien de temps, pourquoi et combien?

Je tiens à répéter que j’agis en mon nom personnel. Les Productions théâtrales des Trois-Pistoles et le Festival Échofête n’ont rien à voir dans les actions que j’entreprends.

Victor-Lévy Beaulieu

1 418 851 8888

vlb2000@bellnet.ca

Le 30 juillet 2012

Victor-Lévy Beaulieu et le « démon » Gabriel

Communiqué

MERCI, GABRIEL!

PAR VICTOR-LÉVY BEAULIEU

 

Depuis le début de la grève étudiante, le gouvernement et la plupart des éditorialistes et commentateurs ne cessent de s’en prendre à Gabriel Nadeau-Dubois, le leader de la CLASSE. Pourquoi donc? Parce qu’il est le seul à garder le cap sur la raison qui a amené les étudiants à entrer en grève : la hausse des frais de scolarité. Sans Gabriel Nadeau-Dubois, ce réveil des étudiants et, plus généralement, de la population québécoise, aurait-il lieu?

 

Permettez-moi d’en douter. Ce ne sont certainement pas les grandes centrales syndicales, devenues si veules, qui auraient pu marquer ce réveil. Quand le président de la FTQ se permet à la fin d’une conférence de presse de ridiculiser Gabriel Nadeau-Dubois, sous les rires gras des journalistes, le message me paraît clair : « Tasse-toi, le jeune. Mononque va prendre tout ça en main.  Mononque est habitué à négocier, c’est-à-dire à ménager le chou et la chèvre.»

 

Cette semaine encore, la FTQ et les autres centrales syndicales auraient voulu « contrôler » la grande manifestation de Montréal. Ça n’a pas marché vraiment, et toujours pour la même raison : même les grandes centrales syndicales ne veulent pas parler de la hausse des frais de scolarité. Évidemment, Jean Charest a tout de suite frappé sur son vieux clou rouillé : à l’entendre, seul Gabriel Nadeau-Dubois a vraiment défié la Loi 78!

 

Quant au PQ, il ne voit que le petit Léo dans sa soupe. Le petit Léo, qui semble si vulnérable, serait pour les accommodements raisonnables. Conseillé par mon ami Gilles Duceppe qui, par deux fois, a fait preuve de lâcheté en renonçant à faire la lutte à Matante Pauline, il garde un mutisme absolu sur la hausse des frais de scolarité.

 

Et que dire de la réaction de Michelle Courchesne hier? Son point de presse était de l’hystérie pure, à ce point qu’elle y a mis brutalement fin avant que les plombs ne sautent pour de bon! Évidemment, Michelle Courchesne s’est dite prête à « discuter » avec les leaders étudiants en exceptant toutefois Gabriel Nadeau-Dubois. Mais discuter de quoi? Pas des frais de scolarité ni d’un moratoire! Alors, de quoi? De rien, bien évidemment! Quand elle a été nommée ministre de l’Éducation, son mandat était de rencontrer les leaders étudiants pour « une simple mise en lieu » avant de faire rapport au premier ministre. On sait maintenant le pourquoi de cette initiative : le gouvernement de Jean Charest avait besoin d’une journée afin de peaufiner sa Loi 78!

 

Le nouvel appel lancé aux étudiants est aussi cousu de fils blancs : le gouvernement a besoin d’un peu de temps pour pouvoir incriminer les leaders de la CLASSE, et particulièrement Gabriel Nadeau-Dubois. Dans les entrevues accordées hier par les porte-parole de la police de Montréal, c’est ce qu’ils disaient, à mots à peine couverts. Encore une fois, le petit Léo va se faire rouler dans la farine par une ministre sournoise et hypocrite! Il n’en verra rien et le bon peuple non plus. Au contraire, la cote de popularité du bon petit Léo ne fera qu’augmenter : au Québec, on aime les leaders fragiles et vulnérables… un restant du temps que nos familles étaient nombreuses et qu’on prenait plus de temps à dorloter les enfants fragiles et vulnérables que les autres.

 

Aussi, vais-je le répéter : Merci, Gabriel. Comme l’a dit Jean-Paul Sartre, on n’est jamais assez radical, surtout quand on est jeune et qu’on a devant soi tous ces corps morts d’un passé révolu.

 

 

Victor-Lévy Beaulieu

23 mai 2012 

Contre l’interdiction de porter le masque lors d’une manifestation

LE FASCISME AU BOUT DE LA MATRAQUE

PAR VICTOR-LÉVY BEAULIEU

(Qui est M. Beaulieu? – Romancier, dramaturge, poète et essayiste prolifique, né au Québec en 1945. Éditeur important jusque dans les années 1980. Lauréat de nombreux prix : Prix du Gouverneur général du Canada (1974) pour Don Quichotte de la Démanche, Prix Québec-Paris pour Monsieur Melville (1979), Prix Arthur-Buies (1987), Prix Canada-Belgique (1980) et Prix Duvernay (1981) pour l’ensemble de son œuvre, Grand Prix de théâtre du Journal de Montréal (1993) pour Sophie et Léon. Le prix Athanase-David (2011) couronne l’ensemble de sa carrière littéraire.)

Depuis que les étudiants sont en grève, le pouvoir politique, les autorités policières et les « généraux » des escouades anti-émeute n’ont pas cessé de nous dire quel travail admirable policiers et escouades anti-émeute accomplissent « avec discipline, discernement et sans user de force excessive » », selon les mots mêmes du directeur de la Sûreté du Québec. Sauf quelques exceptions, les journalistes, commentateurs et chroniqueurs se sont rangés du côté de ce qu’ils ont appelé la nécessité de faire respecter la loi et l’ordre quand on vit en démocratie.

On a déjà oublié comment la violence a commencé : par des bidons d’essence soi-disant trouvés par la police devant les maisons de certains ministres, de faux cocktails Molotov lancés à l’intérieur des bureaux du gouvernement et des tas de briques jetés sur les rails du métro de Montréal. Les autorités policières et le pouvoir politique ont immédiatement associé les étudiants à ces actions « terroristes » et promis d’arrêter promptement les coupables de ces actions. Ce qui devrait nous sembler curieux, c’est que les autorités policières sont restés depuis absolument silencieuses là-dessus et, à ma connaissance, aucun journaliste ne s’est inquiété de la chose.

Mais l’effet de ces actions « terroristes » se sont rapidement répandus dans la population, particulièrement auprès des personnes plus ou moins âgées dont les sondages faits auprès d’elles révèlent ceci : les soins de santé et la sécurité à tout prix sont leurs priorités. Dans les foyers et les centres d’accueil qu’ils habitent, les gens préfèrent vivre comme des prisonniers (portes extérieures et intérieures fermées à clés 24 heures par jour, couvre-feu et gardien de sécurité en permanence), de sorte que leur univers est celui d’un camp concentrationnaire. La moindre violence dont ils entendent parler les remplit de terreur.

Aussi faut-il poser la question : les premiers actes de violence commis devant les maisons des ministres, leurs bureaux et dans le métro, de qui sont-ils l’œuvre? Des étudiants, des casseurs ou de la police elle-même? Ça ne serait pas la première fois qu’elle se livrerait ainsi à la provocation dans les conflits syndicaux!

Des dirigeants de la Sûreté du Québec et des escouades anti-émeute ont avoué devant les caméras de télévision que plusieurs de leurs agents avaient infiltré le milieu étudiant, aussi bien dans leurs assemblées que dans leurs manifestations. Posons donc une deuxième question : la première pierre lancée dans une vitrine de magasin l’a été par qui? Il est tout de même curieux qu’avec tous les moyens dont elles disposent, les forces policières n’aient pu remonter à ce premier casseur.

Il est aussi curieux que la Sûreté du Québec et les escouades anti-émeute, qui fichent depuis des années les membres des groupes radicaux, les ont d’abord laissé agir en toute impunité. Doit-on comprendre qu’elles se sont servi d’eux pour mieux avoir recours à une force excessive dans le but d’apeurer aussi bien les manifestants qu’une population qui mange mou et pense mou?

Tandis qu’on nous montrait à la télévision ces terribles images de policiers matraquant sans discernement des étudiants qui ne faisaient que crier des slogans, le directeur de la Sûreté du Québec déclarait que ses policiers et ses escouades anti-émeute « ne faisaient pas un usage excessif de la violence ». Sagement réfugié au quartier-général de ses troupes, ce n’était évidemment pas lui qu’on matraquait!

En regardant ces images et en entendant le directeur de la Sûreté du Québec, je me suis souvenu de ce jour où Maurice « Mom » Boucher a été arrêté. Ce criminel, responsable de plusieurs meurtres (dont ceux d’enfants et de gardiens de prison), est sorti de chez lui, escorté gentiment par des policiers dont certains lui ont même demandé des autographes! Et quand Maurice « Mom » Boucher est monté dans l’auto patrouille, un policier lui a délicatement mis la main sur la tête pour qu’il ne heurte pas le cadre de la portière! Qu’est-il advenu de ces policiers qui ont transgressé le code de la déontologie policière? Je ne crois pas qu’on en ait beaucoup parlé par la suite.

À mon avis, cela est fort éclairant sur notre système policier : quand nos escouades ont affaire à des bandits armés que rien n’arrête, surtout pas l’assassinat, ça file plutôt doux dans les quartiers-généraux de nos casernes! Mais quand on a devant soi de simples étudiants, on peut les gazer, leur lancer à bout portant des grenades assourdissantes, leur tirer au hasard des balles de caoutchouc, les poivrer à trois pieds de distance et les matraquer férocement comme s’ils étaient les pires gangsters qui soient!

À quoi cela tient-il? Pourquoi certains policiers acceptent-ils de faire partie d’une escouade anti-émeute? Comment les choisit-on? Quelle formation leur donne-t-on?

Quand je suis allé vérifier la chose sur le site web de la Sûreté du Québec, une surprise m’attendait : était hors d’usage l’onglet « Pelotons d’intervention », qui est la façon élégante que la SQ a de nommer ses escouades anti-émeute. Le lendemain de la manifestation de Victoriaville, une autre surprise m’attendait : non seulement l’onglet « Pelotons d’intervention » était-il hors d’usage, mais il avait complètement disparu de l’écran radar de la SQ.

Dans une communication faite à l’Université de Montréal sur le Troisième sommet des Amériques (avril 2001), Jean-Pierre Poirier de la Sûreté du Québec nous révèle que l’objectif ultime que l’on vise dans la formation des policiers qui feront partie des escouades anti-émeute est L’EFFICACITÉ (l’emploi des majuscules est de lui). Au fond, peu importe comment on s’y prend, c’est l’efficacité qui prime.

En 2004, le Code criminel du Canada a été réformé, notamment pour encadrer cette fameuse efficacité, autant chez les policiers que chez toute personne ayant autorité dans notre société :

« Il incombe à quiconque dirige l’accomplissement d’un travail ou l’exécution d’une tâche ou est habilité à le faire de prendre les mesures voulues pour éviter qu’il n’en résulte de blessures corporelles pour autrui. »

Malgré les recherches que j’ai entreprises, aucun policier ni aucun membre des escouades anti-émeute n’ont été poursuivis au nom de l’article 217.1 du Code criminel. Est-ce à dire qu’ils n’ont jamais rien à se reprocher? Que pas un seul parmi eux n’abuse du pouvoir qu’il a? Ce sont de bons pères de famille comme nous tous, a déclaré un représentant de la Sûreté du Québec après la manifestation de Victoriaville. De bons pères de famille sans doute, mais pourquoi deviennent-ils membres des escouades anti-émeute? Une première réponse : la paie qui est substantiellement plus élevée que ce qu’ils toucheraient s’ils étaient de simples policiers, et les alléchants bénéfices marginaux qui vont avec. Demandez à ces policiers qui sont leurs héros. Gandhi? Le Dalaï-lama? Ça serait plutôt Rambo, Terminator, Captain America ou Man of Steel. Psychologiquement, leur entraînement de soldat, nous dit encore Jean-Yves Major, leur apprend  « le pur respect des ordres

et de la ligne de commandement ». Autrement dit, le policier d’une escouade anti-émeute ne doit pas penser : ça réfléchit mal quand on est costumé et armé comme le sont Terminator et Man of Steel. On aura beau avoir reçu la meilleure des formations, il n’en demeure pas moins que personne ne peut être soldat s’il n’a pas en lui, sous le vernis de son éducation, une violence certaine. Les soldats américains en Irak et en Afghanistan en ont fait la preuve absolue.

Depuis le début de la grève étudiante, les escouades anti-émeute l’ont aussi démontré : faire gicler du poivre de Cayenne en plein visage d’un manifestant qui se tient à quatre pieds de vous vous rend imputable selon l’article 217.1 du Code criminel; être au volant d’une auto patrouille et foncer à toute allure sur un groupe de manifestants (comme cela a été le cas à Victoriaville) vous rend imputable selon l’article 217.1 du Code criminel; lancer à ce point des gaz irritants sur des manifestants qu’on a failli (toujours à Victoriaville) évacuer l’hôtel où se tenait le congrès du Parti libéral, est imputable selon l’article 217.1 du Code criminel; utiliser des bombes assourdissantes et des balles de plastique (jugées trop dangereuses par les Américains, ce qui est tout dire), est imputable aussi selon l’article 217.1 du Code criminel.

Pourtant, à la conférence de presse donnée par la Sûreté du Québec le 15 mai dernier, aucun journaliste n’a fait état de l’article 217.1 du Code criminel. Quant à la Sûreté du Québec, elle a affirmé que les citoyens qui se croyaient lésés par les interventions des escouades anti-émeute pouvaient porter plainte dans le cadre du Code de déontologie policière. Évidemment, le porte-parole de la SQ a oublié de mentionner le décret 357-2012 du gouvernement du Québec du 4 avril dernier (autre hasard?) qui rend les procédures des plaintes présentées si compliquées et si bureaucratiques qu’il faut être vraiment naïf pour croire qu’un citoyen peut en bout de ligne avoir gain de cause, et d’autant plus que les policiers y sont en même temps juges et parties.

Depuis le début de la grève étudiante (qui est légale, rappelons-le), les média radiophoniques et télévisuels ont fait appel abusivement à tous ces prétendus experts issus des corps policiers qui n’ont cessé de faire l’éloge des escouades anti-émeute. Tous ces prétendus experts ont admis que les organisations étudiantes étaient infiltrées par des espions, qu’on les trouvait aussi au cœur des manifestations, que la majorité des membres des groupes radicaux étaient fichés depuis longtemps. Pourquoi alors les a-t-on laissé agir? Par stratégie? Pour que les manifestations étudiantes déraillent et qu’on puisse faire avaliser par cette grande partie de la population qui mange mou et pense mou toutes les actions de la police et des escouades anti-émeute?

Les sondages nous disent que cette stratégie a été fort efficace. Le dangereux sénateur Boisvenue voudrait qu’Ottawa punisse de dix ans de prison toute personne portant un masque dans une manifestation! L’hystérique maire de Montréal présentera vendredi prochain un « règlement anti masque » qui va interdire à tout manifestant d’avoir le visage couvert, par un masque, une cagoule ou… un simple foulard! L’hystérique maire de Montréal semble encore ignorer que les étudiants se sont mis à porter masques, cagoules et foulards pour assurer leur sécurité face à des escouades anti-émeute qui les poivraient et les gazaient de façon éhontée.

Souvenons-nous qu’au milieu des années 1960, cet autre maire hystérique que fut Jean Drapeau avait fait adopter un règlement anti-manifestations, règlement qui fut jugé anticonstitutionnel, et ne put donc être appliqué. Celui que propose l’hystérique maire de Montréal ne contrevient-il pas à nos chartes des droits et libertés et, bien loin de protéger les citoyens pacifiques, ne donne-t-il pas encore plus de pouvoir arbitraire à un système policier qui en a pourtant déjà trop?

Si ce règlement absurde devait être adopté, je m’engage, au nom de la liberté qui est le gage de la démocratie, à faire tout ce que je pourrai pour mettre en échec une telle initiative, y compris le recours aux tribunaux. J’invite donc toutes celles et tous ceux qui craignent pour l’avenir de notre démocratie à manifester activement leur désaccord. Devant l’injustice, l’iniquité et l’abus du pouvoir, on n’a pas le droit de rester les bras croisés. L’injustice, l’iniquité et l’abus du pouvoir sont les portes qui nous mènent tout droit au fascisme.

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Texte ajouté par le Passeur de la Côte :

La Ligue des droits et libertés défend le droit du port du masque ou du déguisement lors d’une manifestation, affirmant que leur usage est un plein exercice de la liberté d’expression.

Le président de la Ligue des droits et libertés, Dominique Peschard, explique que la liberté d’expression et le recours à divers moyens d’expression sont des droits fondamentaux qu’il faut protéger. À son avis, le masque est un moyen d’expression dans bien des cas.

Il craint qu’en cas de modification de la loi, les policiers auront le pouvoir d’arrêter les gens masqués même si ceux-ci n’ont aucune intention criminelle et de mettre fin à un rassemblement pacifique.

Quant à l’obligation de livrer à l’avance aux autorités le parcours d’une manifestation, il s’agit, selon la Ligue, d’une forme d’imposition de permis de manifester et une limite à la liberté d’expression. L’organisme rappelle que les manifestations peuvent se former spontanément, comme ce fut récemment le cas des travailleurs d’Aveos, à Montréal.

(Ce texte du journal La Presse se trouve au http://www.lapresse.ca/actualites/quebec-canada/national/201204/11/01-4514135-manifestations-la-ligue-des-droits-defend-le-port-du-masque.php)