Attentat de Québec, 29 janvier 2017 – Le respect de la vie.

L’affirmation de la vie est l’acte spirituel par lequel l’homme cesse de se laisser vivre et commence à se dévouer avec respect à sa propre vie pour lui donner sa véritable valeur. Affirmer la vie, c’est rendre plus profonde, plus intérieure sa volonté de vivre et c’est aussi l’exalter.

L’homme qui pense éprouve le besoin de témoigner le même respect de la vie à toute volonté de vivre autre que la sienne. Il ressent cette autre vie dans la sienne. Il considère comme bon de conserver la vie et d’élever à sa plus haute valeur toute vie susceptible de développement. Il considère comme mauvais de détruire la vie, de nuire à la vie, d’empêcher de croître une vie susceptible de se développer. Tel est le principe absolu, fondamental de l’éthique, ainsi que le postulat fondamental de la pensée.

[Albert Schweitzer, Ma vie et ma pensée, Paris, Albin Michel, 1960)

Le monde regorge de beautés. Exemple : What a Wonderful World |

Cliquez sur le lien suivant (la vidéo, adorable ! irrrésistible ! est précédée d’un court message publicitaire, malheureusement) :

What a Wonderful World | Playing For Change – YouTube.

 

Les paroles de What a Wonderful World

WHAT A WONDERFUL WORLD

(George Weiss / Bob Thiele)

I see trees of green, red roses too

I see them bloom for me and you

And I think to myself, what a wonderful world

I see skies of blue and clouds of white

The bright blessed day, the dark sacred night

And I think to myself, what a wonderful world

The colours of the rainbow, so pretty in the sky

Are also on the faces of people going by

I see friends shakin’ hands, sayin’ « How do you do? »

They’re really saying « I love you »

I hear babies cryin’, I watch them grow

They’ll learn much more than I’ll ever know

And I think to myself, what a wonderful world

Yes, I think to myself, what a wonderful world

Oh yeah

(Source : http://www.mathematik.uni-ulm.de/paul/lyrics/louisa~1/whataw~1.html)

PAROLES FRANÇAISES

Quel monde merveilleux

J’aperçois des arbres verts

Des roses rouges également

Je les vois s’épanouir

Pour toi et moi

Et je me dis comme pour moi-même

« Quel monde merveilleux »

Je vois des cieux bleus

Et de blancs nuages

L’éclatant jour béni

La sombre nuit sacrée

Et je me dis comme pour moi-même

« Quel monde merveilleux »

Les couleurs de l’arc-en-ciel

Si jolies dans le ciel

Sont aussi sur les visages

Des passants

Je vois des amis se serrer la main

Se dire « comment vas-tu »

En réalité ils se disent « je t’aime »

J’entends des bébés pleurer

Je les vois grandir

Ils apprendront bien plus

Que je n’en saurai jamais

Et je me dis tout bas

Quel monde merveilleux

Je me dis comme pour moi-même

« Quel monde merveilleux »

{Traduction fournie par riri_22}

(Source http://www.paroles-musique.com/traduction-Louis_Armstrong-What_a_Wonderful_World-lyrics,t37364)

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« What a Wonderful World (de l’anglais signifiant littéralement « Quel monde merveilleux ») est une chanson de Bob Thiele et George David Weiss, enregistrée pour la première fois par Louis Armstrong et sortie sous forme de single au début de l’automne 1967. Elle a fait l’objet de nombreuses reprises.

« Dans les paroles, le narrateur décrit à la première personne les différentes choses de la vie quotidienne qu’il voit, et considère comme belles (les arbres et les roses, le ciel, la lumière du jour et la noirceur de la nuit, les couleurs de l’arc-en-ciel, les bébés qui grandissent et représentent l’avenir) avant de conclure avec optimisme, dans un refrain qui donne son titre à la chanson : « and I think to myself, what a wonderful world » (« et je me dis au fond de moi, quel monde merveilleux »).

« En 1993, Israel Kamakawiwo`ole en a réalisé un medley avec Over the Rainbow : Over the Rainbow / What a Wonderful World. La reprise « punk » de Joey Ramone a été utilisée pour des publicités en France, et figure dans la bande originale de la comédie française Moi, Michel G, Milliardaire, Maître du monde.

« À noter que cette chanson fut un succès au printemps 1968 (n°1 au hit-parade de la BBC) puis popularisée à nouveau vingt ans plus tard par le film Good Morning, Vietnam. »

(Wikipedia, http://fr.wikipedia.org/wiki/What_a_Wonderful_World)

 

What a Wonderful World

Le Passeur de la Côte vous propose d’aller voir un autre enregistrement  merveilleux :

http://www.youtube.com/embed/auSo1MyWf8g?rel=0

(Cliquez sur le lien ou, au besoin, tapez l’adresse dans votre moteur de recherche.)

Glanures de lectures, 9 mai 2012

Comme dans un champ où on glane, on s’en va d’épi en épi, il s’en allait de chose en chose.

(C. F. Ramuz, Aimé Pache, 1911)

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VIE

« La vie m’était un cheval de race dont j’épousais tous les mouvements, mais c’était après l’avoir dressée. » (Marguerite Yourcenar, cité par Jacques Grand’Maison, Au nom de la conscience, une volée de bois vert. Montréal : Les Éditions Fides, 1999, 60 pp.)

SERVITUDE

Quand la terre est cultivée par des esclaves :

« La terre se resserre avec une sorte d’indignation sous ces pieds enchaînés et ces mains liées qui la touchent. » (Pline l’Ancien, Histoire naturelle, XVIII, 7), cité par Roger Grand et Raymond Delatouche, L’Agriculture au Moyen Age, De la fin de l’empire romain au XVIe siècle, 1950, p. 14)

IL N’Y A PAS DE SOTTES BONNES ACTIONS

Soreno est une entreprise pharmaceutique suisse que l’allemand Merck vient d’acquérir (on prévoit que Merck procédera à une « restructuraion saignante »). « Les premiers succès de Serono remontent aux années 1940-1950, écrit Lyonel Kaufmann. Son origine : un traitement contre l’infertilité fondé sur une hormone présente dans l’urine des femmes ménauposées. La banque vaticane, alors copropriétaire avisée de l’entreprise, avait mis à disposition la matière première des couvents, abondante et gratuite. » (http://www.politis.ch/carnets/2006/09/22/serono-de-lurine-de-nonne-menopausee-a-lopa-internationale/)

 

NOUS POUVONS (VRAIMENT) VIVRE ENSEMBLE

 « Si l’on refuse ces deux logiques – la loi du plus fort et la victoire des meilleurs – il nous reste à rendre possible la troisième dynamique, celle de la solidarité et du dialogue. » (G. Aurenche, C. Deltombe, P.-Y. Madignier, P.Peugeot et F. Soulage, Nous pouvons (vraiment) vivre ensemble, Paris, Éditions de l’Atelier, 2012, p. 75)

LE CRI DE L’ABBÉ PIERRE. APPEL À LA SOLIDARITÉ.

On trouve le texte suivant au http://www.editionsatelier.com/index.php?ID=1017766&contID=1015271. Il parle de ce livre : Nous pouvons (vraiment) vivre ensemble, Paris, Éditions de l’Atelier, date de parution : 05/04/2012, auteurs : G. Aurenche, C Deltombe, P.-Y. Madignier, P.Peugeot, F. Soulage.96 p. 12 euros.

En 1954, l’Abbé Pierre avait lancé un cri d’alarme qui avait réussit à mobiliser la France entière dans un grand élan de solidarité. Aujourd’hui, plus qu’un appel ponctuel, les présidents des cinq organisations engagées au quotidien auprès des plus démunis parlent d’une même voix, pour dire ensemble et fermement, la nécessité de repenser les logiques actuelles qui menacent l’essence même de notre démocratie. Le contexte de crise et l’angoisse qu’elle génère associé à un durcissement politique inquiétant déconstruisent de plus en plus notre pacte social en stigmatisant les plus fragiles. Par ce livre, ils entendent en appeler aux convictions et aux responsabilités de chacun et plus particulièrement à la responsabilité des gouvernants ou aspirants gouvernants. Les auteurs insistent sur l’urgence d’un véritable retournement des politiques pour que la France renoue avec ses valeurs d’humanisme. Au‐delà d’une simple interpellation aux candidats, ce livre s’appuie sur la réalité des faits, sur l’enseignement des pratiques de terrain et sur l’affirmation de valeurs communes pour proposer d’autres voies, d’autres modèles.


LA FORCE DU NOM

«On conseilla à un vieux juif russe de se choisir un nom bien américain que les autorités d’état civil n’auraient pas de mal à transcrire. Il demanda conseil à un employé de la salle des bagages qui lui proposa Rockfeller. Le vieux juif répéta plusieurs fois de suite Rockfeller, Rockfeller pour être sûr de ne pas l’oublier. Mais lorsque, plusieurs heures plus tard, l’officier d’état civil lui demanda son nom, il l’avait oublié et répondit, en yiddish : Schon vergessen (j’ai déjà oublié), et c’est ainsi qu’il fut inscrit sous le nom bien américain de John Fergus- son. » (Source : http://www.akadem.org/medias/programmes/0263.pdf)

« M. Katzmann change de nom en traduisant : Katz = chat, mann = l’homme. Il s’appelle désormais Chatlhomme. » (source : http://www.akadem.org/medias/programmes/0263.pdf)


LA COMMISSION DE TOPONYMIE DU QUÉBEC CÉLÈBRE SON CENTENAIRE EN 2012

Cliquez sur ce lien : http://www.toponymie.gouv.qc.ca/ct/100ans/index.html.

Mission et mandat de la Commission

Créée en 1977, en vertu de l’article 122 de la Charte de la langue française, la Commission de toponymie a pris le relais de la Commission de géographie (1912-1977).

La Charte définit la compétence, les devoirs et les pouvoirs de la Commission, qui est l’organisme responsable de la gestion des noms de lieux du Québec.

La Commission doit :

proposer au gouvernement les normes et les règles d’écriture à respecter dans la dénomination des lieux;

procéder à l’inventaire et à la conservation des noms de lieux;

établir et normaliser la terminologie géographique, en collaboration avec l’Office québécois de la langue française;

officialiser les noms de lieux;

diffuser la nomenclature géographique officielle du Québec;

donner son avis au gouvernement sur toute question que celui-ci soumet en matière de toponymie.

La Commission peut :

donner son avis au gouvernement et aux autres organismes de l’Administration sur toute question relative à la toponymie;

dans les territoires non organisés, nommer les lieux géographiques ou en changer les noms;

avec l’assentiment de l’organisme de l’Administration ayant une compétence concurrente sur le nom de lieu, déterminer ou changer le nom de tout lieu sur un territoire municipal local.

(Le texte précédent provient de http://www.toponymie.gouv.qc.ca/ct/a-propos-commission/mission-mandat/.)

CONSOMMATION

Les consommations des particuliers sont perpétuellement en rapport avec le caractère et les passions des hommes. Les plus nobles, les plus vils penchans y influent tour à tour; elles sont excitées par l’amour des plaisirs sensuels, par la vanité. (Jean-Baptiste Say, Traité d’économie politique ou simple exposition de la manière dont se forment, se distribuent ou se consomment les richesses, 1832, cité dans TLFI).


Le monde regorge de beautés ! Exemple : les bons moments avec ses proches.

Le monde regorge de beautés. Exemple : les mille milliards de beaux moments que vivent les enfants, les femmes, les hommes, année après année, et qui sont parfois rendus immortels grâce à une photographie. Une photo comme celle-ci :

Un très bon moment dans une famille du Québec dans les années 1950 ou 1960

Glanures de lectures 20 décembre 2011

Comme dans un champ où on glane, on s’en va d’épi en épi,

il s’en allait de chose en chose.

(C. F. Ramuz, Aimé Pache, 1911)

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INTERNET ET LES ENFANTS

Vous avez des enfants qui naviguent sur Internet? Consultez http://www.internetsanscrainte.fr/accueil.

 Voici un extrait du texte que contient le site susmentionné :

 Comment aider mon enfant à développer son sens critique ?

 Conseils clés :

Remettre en cause le statut même de l’internet n’est pas forcément une mauvaise idée. Internet, c’est comme la météo ou les informations au télé-journal, ça peut se tromper ou n’être pas totalement objectif…

Aider l’enfant à identifier et vérifier ses sources, à questionner la pertinence des informations trouvées lors d’une recherche, à se forger une opinion en croisant les informations

Publier avec eux : publier en ligne est parfois la meilleure manière de prendre de la distance avec les informations trouvées

Vérifier qu’il sait bien qui il accepte comme « ami » en ligne, et les raisons d’être du forum/ groupe qu’il souhaite rejoindre

Lui apprendre à sélectionner et à contrôler les informations personnelles qu’il met en ligne sur les sites, blogs, ou au sein des réseaux sociaux, notamment en y contrôlant les options de vie privée

L’inviter, avant de donner des informations sur un site, à se poser la question de leur utilisation… voire à lire la politique de celui-ci en matière de protection des données.

CAPITALISME THÉRAPEUTIQUE

 […] comme c’est le cas de l’ensemble des avancées invincibles de ce qu’on appelle le néolibéralisme, les apparences n’ont même plus à être sauvegardées. Adaptation, motivation, coaching: le continuum entre la thérapeutique, la gestion de la main-d’oeuvre au travail et l’assistance sociale – destinée à ceux qui ont le devoir de se réintégrer, fût-ce imaginairement, dans les circuits du travail – est tel que l’on peut désormais parler d’un « capitalisme thérapeutique ». (Isabelle Stengers, récipiendaire du grand prix de philosophie de l’Académie française en 1993, préface au livre En finir avec le capitalisme thérapeutique. Soin, politique et communauté, écrit par Josep RAFANELL I ORRA, La Découverte, Collection : Les Empêcheurs de penser en rond, 2011.

DES TARIFS ENCORE PLUS ÉLEVÉS, TOUJOURS PLUS ÉLEVÉS CHEZ VIDEOTRON

« Des hausses justifiées? «Je ne crois pas que ces augmentations soient justifiées», soutient Richard Paradis, consultant en communications et télécommunications au Groupe CIC. Selon lui, les résultats financiers de Vidéotron au trimestre clos le 30 septembre 2011 parlent d’eux-mêmes. Sa marge de profit a été de 45 %, soit un bénéfice d’exploitation de 275 millions sur un chiffre d’affaires de 612 millions. Bref, l’entreprise semble très rentable. «Vidéotron est la vache à lait de Quebecor», dit M. Paradis.


«Les marges de profit dans ce secteur sont généralement de 30 à 40 %. C’est plus que chez les pétrolières et les banques», souligne Anthony Hémond, analyste d’Internet et des télécommunications à l’Union des consommateurs.

 (PROTÉGEZ-VOUS, 24 NOV. 2011, http://www.protegez-vous.ca/technologie/videotron-encore-une-hausse-de-tarifs.html)

CROISSANCE

« Ce que nous savons désormais est que si nous serrons les dents et continuons à avoir confiance dans la croissance, nous allons, comme on dit, « droit dans le mur ». (Isabelle Stengers, récipiendaire du grand prix de philosophie de l’Académie française en 1993, Au temps des catastrophes. Résister à la barbarie qui vient, Éditions La Découverte, Collection : Les Empêcheurs de penser en rond, 2009, p. 12)

EMPREINTE ÉCOLOGIQUE

Le consommateur est invité à mesurer son « empreinte écologique, c’est-à-dire le caractère irresponsable et égoïste de son mode de consommation ». (Isabelle Stengers, récipiendaire du grand prix de philosophie de l’Académie française en 1993, Au temps des catastrophes. Résister à la barbarie qui vient, Éditions La Découverte, Collection : Les Empêcheurs de penser en rond, 2009, p. 15)

ÉVOLUTION

 «Cessons de confondre évolution technologique à évolution biologique. En reculant dans le temps se dégage certes “une tendance qui va vers la bipédie toujours plus perfectionnée, un accroissement de la taille corporelle, une augmentation du volume cérébral et une réduction de la face”. Pourtant, tous ces caractères n’évoluent pas de concert. Il y a 60 000 ans à peine, les Néandertaliens, guère plus corpulents que nous, avaient un cerveau plus grand (de l’ordre de 200 cm3). Il en était de même pour les hommes de Cro-Magnon… L’homme de l’an 2000, utilisant Internet, n’est pas différent, et certainement pas plus intelligent que celui qui a peint Lascaux.»

(P. Picq, Les origines de l’homme, Paris, Tallandier, 2005, cité par Line Mc Murray, Les technologies et la vie, texte publié dans l’Encyclopédie de l’Agora (ce texte est extrait de La beauté des petites bêtes que personne n’aime, Coll. Figures libres, Montréal, Liber, 2006) : http://agora.qc.ca/Documents/Animal–Les_technologies_et_la_vie_par_Line_Mc_Murray)

LE MONDE REGORGE DE BEAUTÉS !

À Lévis, par exemple, très beau est l’acte de bravoure exceptionnel d’une jeune père de famille, M. Patrick Grondin. Ce citoyen, véritable héros, s’est porté avec succès à la défense d’une femme blessée et poursuivie par un homme muni d’une machette. Il a reçu la médaille du civisme à l’Assemblée nationale du Québec. Félicitations !

Le monde regorge de beautés ! Exemple : le journal québécois Le Devoir.

De beautés le monde est plein à craquer! Il y a Le Devoir, journal quotidien du Québec, par exemple. Journal indépendant fondé en 1910 par Henri Bourassa, Le Devoir informe et éclaire ses lecteurs intelligemment et respectueusement.

Pour voir, lisez cet éditorial de Josée Boileau, rédactrice en chef, à qui il a valu le prix Judith-Jasmin dans la catégorie Opinion le 26 novembre 2011 :

Affaire Cantat – Un choix tragique

Josée Boileau – 7 avril 2011

On a largement fait appel à la réhabilitation et au pardon pour expliquer l’invitation faite à Bertrand Cantat de participer à la prochaine mise en scène de Wajdi Mouawad. Mais on a oublié que la première est un principe, le second, une vertu. Ni l’un ni l’autre ne relèvent de l’automatisme. Et qu’il faut du temps pour les apprivoiser.

Si nous étions des dieux, ceux de la tragédie grecque, que rapporteraient les conteurs qui nous voient nous agiter autour de l’affaire Cantat? Insisteraient-ils sur le dieu qui tend la main à un ami pour l’aider à sortir du gouffre dans lequel il s’est lui-même enfoncé? Ou feraient-ils plutôt voir que ce dieu créatif, encensé de tout le panthéon, ne provoque la clameur que pour nourrir sa réputation de provocateur de génie.

Et la déesse bien vivante, bien vibrante, qui ouvre ses portes au duo vedette, apparaîtrait-elle comme bienveillante ou bien naïve? Quant aux pleureuses qui rappellent l’horrible mort d’une femme aimée, seraient-elles reléguées dans l’ombre ou bien le fil conducteur de la pièce qui se joue…

C’est celui qui raconte qui donne un sens à l’agitation. C’est là la force de l’art, comme le démontraient avec brio les textes de Francis Dupuis-Déri, avec Mélissa Blais, et Gilbert Turp que Le Devoir publiait hier dans sa page Idées. Sophocle lui-même, que Wajdi Mouawad mettra en scène au Théâtre du Nouveau Monde et ailleurs en y faisant participer Bertrand Cantat, guide la réflexion sur la place à donner ou pas à l’ancien chanteur de Noir Désir.

Mais nous ne sommes pas des dieux, nous sommes des humains que nul ne regarde. Et nous sommes pris entre le coeur, les principes, la justice, l’indignation — chacun de ces mots étant évoqués tant par ceux qui pleurent Marie Trintignant, battue à mort, défigurée, et à travers elle toutes les femmes battues d’hier et d’aujourd’hui, que par ceux qui croient que pour Bertrand Cantat, qui l’a tuée, la rédemption est possible, comme elle doit s’envisager chaque fois qu’un crime a été sanctionné.

Dans cette version moderne de la tragédie grecque, nous négligeons toutefois un facteur essentiel: le temps. Même une faute avouée n’est qu’à moitié pardonnée, souligne le proverbe. Le reste vient avec le recul. Justice et sentiment ne vont pas au même rythme.

Le Québec n’est pas contre la réhabilitation: personne n’a envie de lancer des pierres à Cantat. Mais ce qui est demandé au public, et imposé aux abonnés du TNM, c’est d’applaudir le Cantat qui sera sur scène, de surcroît dans un spectacle qui met en scène la force destructrice des hommes. C’est à juste titre source de malaise collectif. Car le sentiment au Québec, c’est de condamner avec force la violence faite aux femmes. Cela nous distingue, et il faut s’en féliciter, de bien d’autres sociétés, même de la France qui ne s’inquiète que depuis peu de ce problème, ce qui peut expliquer que là-bas on ait accueilli avec moins d’émoi le retour sur scène de Cantat. Les Québécois n’ont pas à s’excuser de leurs propres réticences.

On brise la carrière du chanteur, dit-on. Non. Il a brisé une vie, sa carrière est maintenant en suspens. D’autres gens qui ont posé des gestes criminels ne peuvent pas non plus redevenir les professeurs, médecins ou comptables qu’ils étaient avant. La réhabilitation est un long processus, exigeant pour la société mais aussi pour l’auteur du crime. C’est à lui de prouver par des mots, des engagements, des «gestes continus de bonté», disait cette semaine à la télévision Michel Dunn, lui-même meurtrier et repenti, que la société peut l’accepter. Le retour en grâce, qui ne fera par ailleurs jamais l’unanimité, existe, mais certainement pas dans la précipitation.

 Ici, Bertrand Cantat ne parle pas, Wajdi Mouawad nous bouscule, Lorraine Pintal dénonce vertement les réactions, au nom de l’art comme catharsis. Mais il est trop tôt pour l’exorcisme auquel on nous invite. Que les intéressés l’admettent rapidement pour en contrer la récupération politique et la transformation en affaire d’État.

(http://www.ledevoir.com/culture/actualites-culturelles/320555/affaire-cantat-un-choix-tragique)

Le Devoir raconte son histoire dans cette page : http://www.ledevoir.com/le-devoir/histoire.