Réforme Barrette – Pro­jet de « Loi mo­di­fiant l’or­ga­ni­sa­tion et la gou­ver­nance du ré­seau de la san­té et des ser­vices so­ciaux »

Organisation moyenâgeuse

 

Par Yv Bon­nier Vi­ger

Mé­de­cin spé­cia­liste en san­té pu­blique et mé­de­cine pré­ven­tive

Can­di­dat de Qué­bec so­li­daire dans la cir­cons­crip­tion de Lé­vis

 

Texte publié dans le quotidien Le Soleil le 29 septembre 2014

 

Le pro­jet de «Loi mo­di­fiant l’or­ga­ni­sa­tion et la gou­ver­nance du ré­seau de la san­té et des ser­vices so­ciaux no­tam­ment par l’abo­li­tion des agences ré­gio­nales» pro­pose exac­te­ment le contraire de ce qu’il au­rait fal­lu faire pour amé­lio­rer la per­for­mance du sys­tème de san­té et les ser­vices à la po­pu­la­tion. Il fait même le contraire de ce que son titre évoque. Au lieu d’abo­lir les agences, il crée 24 su­per­a­gences, quatre éta­blis­se­ments su­pra­ré­gio­naux (tous à Mon­tréal) et un su­per­mi­nis­tère de la san­té et des ser­vices so­ciaux. Le pro­jet de loi abo­lit toute gou­ver­nance au ni­veau lo­cal, près des be­soins des ci­toyennes et des ci­toyens. Loin d’al­lé­ger la bu­reau­cra­tie, il la rend en­core plus lourde et contrô­lante. Les ef­fec­tifs du mi­nis­tère aug­men­te­ront de plus du double et le mode de ges­tion sug­gé­ré dans les éta­blis­se­ments exi­ge­ra une mul­ti­pli­ca­tion des cadres et des or­ganes de red­di­tion de comptes. Cette fa­çon moyen­âgeuse de conce­voir l’or­ga­ni­sa­tion des ser­vices va à l’en­contre des meilleures pra­tiques de ges­tion. La com­plexi­té des ser­vices de san­té et des ser­vices so­ciaux exige au contraire une ges­tion très souple, une ges­tion or­ga­nique, très près de la po­pu­la­tion et des per­sonnes, une or­ga­ni­sa­tion créa­tive et ap­pre­nante, tout le contraire de l’or­ga­ni­sa­tion cen­tra­li­sée et fi­gée qui est pro­po­sée par le gou­ver­ne­ment li­bé­ral. On peut donc s’at­tendre à re­prendre tout cet exer­cice d’or­ga­ni­sa­tion dans peu de temps. Pen­dant qu’on dé­pense toute cette éner­gie et toutes ces res­sources, qu’ar­rive-t-il des vrais ser­vices à la po­pu­la­tion?

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Un remède pire que le mal

 

Par Réjean Hébert – Professeur, Université de Sherbrooke et ex-ministre péquiste de la Santé |

 

Le Devoir, 30 septembre 2014 – http://www.ledevoir.com/politique/quebec/419766/reforme-barrette-un-remede-pire-que-le-mal

 

Extraits

La réforme annoncée par le Dr Barrette est une vaste opération de centralisation et de contrôle qui est aux antipodes de l’évolution actuelle des systèmes de santé. La décentralisation des structures et l’engagement des patients dans les soins et la gouvernance sont en effet de grands courants internationaux qui ont démontré leur efficience. []

 

Le Dr Barrette prétend faire disparaître les agences ; la réforme les conserve au contraire, en augmente le nombre (quatre de plus à Montréal) et en élargit les fonctions en leur confiant aussi la prestation des services. [] La participation citoyenne locale est complètement évacuée au profit d’une centralisation régionale et nationale. La démocratie est aussi abolie, car les membres des conseils d’administration des centres régionaux seront nommés par le ministre. [] une telle gouvernance ouvre la porte au favoritisme et aux ingérences politiques. Au sortir d’une commission Charbonneau, une telle approche est pour le moins téméraire. Le ministre nommera aussi les p.-d.g. et les p.-d.g. adjoints de ces centres, sans droit de regard du conseil d’administration qui devra se résoudre à entériner les décisions du ministre par p.-d.g. interposé : belle gouvernance !

Deux photos rares (uniques, pour vrai dire) de la rue Saint-Joseph, dans le secteur Lauzon de la ville de Lévis (Québec)

 

IMG_4320

 

Ces photos ont été prises le dimanche 30 mars 2014,  jour de printemps, temps d’hiver.

Heureusement, une bonne campagne électorale réchauffent les Québécois !

 

Lauzon Eglise St-Joseph_Amir Khadir QS 2014-03-30

 

Photos de Roger Martel